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« Mission civilisatrice » : une rhétorique mobilisatrice

Pages 394 à 397

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  • Conklin, A.-L.,
  • Traduit de l’anglais par Dutheil de La Rochère, C.
(2023). « Mission civilisatrice » : une rhétorique mobilisatrice. Dans
  • P. Singaravélou,
  • A. Asseraf,
  • G. Blanc,
  • N. Kisukidi
  • et M. Lamotte
Colonisations (p. 394-397). Le Seuil. https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0394.

  • Conklin, Alice L..,
  • et al.
« “Mission civilisatrice” : une rhétorique mobilisatrice ». Colonisations, Le Seuil, 2023. p.394-397. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/colonisations--9782021494150-page-394?lang=fr.

  • CONKLIN, Alice L.,
  • Traduit de l’anglais par DUTHEIL DE LA ROCHÈRE, Cécile,
2023. « Mission civilisatrice » : une rhétorique mobilisatrice. In :
  • SINGARAVÉLOU, Pierre,
  • ASSERAF, Arthur,
  • BLANC, Guillaume,
  • KISUKIDI, Nadia Yala
  • et LAMOTTE, Mélanie,
Colonisations. Paris : Le Seuil. L'Univers historique, p.394-397. DOI : 10.3917/ls.singa.2023.01.0394. URL : https://shs.cairn.info/colonisations--9782021494150-page-394?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0394


Tout comme la politique royale d’assimilation justifia l’expansion coloniale du xviie siècle, au xixe siècle c’est l’idée d’une « mission civilisatrice » propre à la France qui légitima une nouvelle ère de conquête coloniale. Il va de soi qu’à cette époque toutes les puissances industrielles déclaraient faire œuvre de civilisation dans leurs territoires d’outre-mer. Les Britanniques mettaient en avant « le fardeau de l’homme blanc », les États-Unis vantaient l’idée qu’ils avaient une « destinée manifeste », le Japon était le chantre du « panasiatisme », mais seule la France de la IIIe République a hissé le devoir de « civiliser » au rang de doctrine impériale officielle. Rappelons que les Français avaient inventé le terme « civilisation » au siècle des Lumières et que, depuis, le pays ne cessait de célébrer sa vision du monde. La notion de « mission civilisatrice » participait de l’idéologie coloniale : de ce point de vue, c’était un assortiment de convictions plus ou moins élastiques affirmant la supériorité de la culture française, l’infériorité morale des sujets de la France et l’aptitude de ceux-ci à être « civilisés ». En même temps, les réactions des colonisés aux mesures introduites par les Français font partie intégrante de l’histoire de cette « mission civilisatrice » telle qu’elle fut pratiquée. Ces réactions allaient de la rébellion ouverte à l’appropriation sélective de ces mesures à des fins propres à certains groupes.
L’idée de mission civilisatrice moderne reposait sur un certain nombre d’hypothèses…


Date de mise en ligne : 31/03/2026

https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0394

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