Chapitre d’ouvrage

Écrire pour les sans-voix

Pages 143 à 146

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  • Bertho, E.
(2023). Écrire pour les sans-voix. Dans
  • P. Singaravélou,
  • A. Asseraf,
  • G. Blanc,
  • N. Kisukidi
  • et M. Lamotte
Colonisations (p. 143-146). Le Seuil. https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0143.

  • Bertho, Elara.
« Écrire pour les sans-voix ». Colonisations, Le Seuil, 2023. p.143-146. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/colonisations--9782021494150-page-143?lang=fr.

  • BERTHO, Elara,
2023. Écrire pour les sans-voix. In :
  • SINGARAVÉLOU, Pierre,
  • ASSERAF, Arthur,
  • BLANC, Guillaume,
  • KISUKIDI, Nadia Yala
  • et LAMOTTE, Mélanie,
Colonisations. Paris : Le Seuil. L'Univers historique, p.143-146. DOI : 10.3917/ls.singa.2023.01.0143. URL : https://shs.cairn.info/colonisations--9782021494150-page-143?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0143


Ouvriers sénégalais à Paris, jeunes militantes algériennes, partisans de l’indépendance camerounaise peuplent les romans du monde francophone : face à une histoire qui a été longtemps racontée du point de vue des vainqueurs, les écrivains se sont senti le devoir de raconter autrement le moment colonial dans toute sa complexité, avec ses trous, ses ombres et, surtout, ses persistances contemporaines. Écrire pour les sans-voix, écrire pour ceux qui ont été évacués du récit hégémonique de l’ancienne métropole : cette contre-histoire, ce writing-back des écrivains permet de faire entendre d’autres narrations depuis les années 1960. Pour cela, les écrivains disposent des armes de la fiction : leurs intrigues racontant l’histoire impériale, ils mettent en scène des archives coloniales, certes, mais ils les reconfigurent, en montrent la violence symbolique, l’arrogance et les impensés, et les tournent en dérision. Humour, décalage, ironie, autant de manières de travailler le passé. Ces hommes et ces femmes qui prennent la plume ont également en commun de mettre en récit l’affect, la mémoire, l’expérience vécue de la situation coloniale : raconter un point de vue, de l’intérieur, dans la matérialité de l’émotion. Ces écrivains, enfin, à partir de la fin des années 1990, se proclament « enfants de la postcolonie » et entendent mettre la France face à ses responsabilités quant à la mémoire coloniale, trop vite oubliée, manifeste dans des inégalités d’exercice de la citoyenneté sur le territoire français, et quant aux persistances néocoloniales d’un jeu diplomatique et économique biaisé…


Date de mise en ligne : 31/03/2026

https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0143

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