Introduction
- Par Agustín Colombo
Pages 7 à 15
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- COLOMBO, Agustín,
- Colombo, Agustín.
- Colombo, A.
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Notes
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[1]
L’interprétation des termes « provenance » ou « souche » (Herkunft) et « émergence » (Entstehung) est au cœur de la manière dont Foucault s’approprie la perspective généalogique de Nietzsche. Aux yeux de Foucault, ces deux termes marquent mieux qu’Ursprung (origine) l’objet propre de la généalogie. Le terme Herkunft met en évidence « toutes les marques différentes », permettant ainsi de retrouver « sous l’aspect unique d’un caractère, ou d’un concept, la prolifération des événements à travers lesquels (grâce auxquels, contre lesquelles) ils se sont formés ». Entstehung, en revanche, désigne le point de surgissement « le principe et la loi singulière d’une apparition ». Ce faisant, il s’oppose à l’idée de continuité historique et de téléologie et met en lumière le fait que l’apparition d’un caractère, d’un objet ou d’un concept implique toujours « le jeu hasardeux des dominations » et « un certain état de forces ». Foucault Michel, « Nietzsche, la généalogie, la morale », in Dits et écrits I 1954-1975, éd. Daniel Defert, François Ewald avec la collaboration de Jacques Lagrange, Paris, Gallimard, coll. « Quarto », 2001, p. 1008-1014. En problématisant de cette manière la généalogie, Foucault déploie une perspective alternative de l’origine entendue comme la recherche du « déploiement métahistorique des significations idéales et des indéfinies téléologies » (id., p. 1004). Cette perspective s’oppose notamment à l’approche phénoménologique de l’origine (« Pourquoi Nietzsche généalogiste récuset-il, au moins en certaines occasions, la recherche de l’origine (Ursprung) ? Parce que d’abord on s’efforce d’y recueillir l’essence exacte de la chose, sa possibilité la plus pure, son identité soigneusement repliée sur elle-même, sa forme immobile et antérieure à tout ce qui est externe, accidentel et successif ». Id., p. 1006). Sur ce point voir, Han Béatrice, L’Ontologie manquée de Michel Foucault, Entre l’histoire et le transcendantal, Grenoble, Jérôme Million, coll. « Krisis », 1998, p. 110-112.
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« Là où il y a pouvoir, il y a résistance et […] pourtant, ou plutôt par là même, celle-ci n’est jamais en position d’extériorité par rapport au pouvoir ». Foucault Michel, Histoire de la sexualité 1, La volonté de savoir, Paris, Gallimard, coll. « TEL », 1994, p. 125-126.
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[3]
À partir d’une relecture de l’opuscule de Kant Was ist Aufklärung ? Foucault propose une approche de la critique entendue comme « critique permanente de notre être historique », laquelle constitue une « interrogation philosophique qui problématise à la fois le rapport au présent, le mode d’être historique et la constitution de soi-même comme sujet autonome ». Foucault Michel, « Qu’est-ce que les Lumières ? », in Dits et écrits II 1976-1988, éd. Daniel Defert et François Ewald avec la collaboration de Jacques Lagrange, Paris, Gallimard, coll. « Quarto », 2001, p. 1390.
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[4]
Senellart Michel, Les Arts de gouverner. Du regimen médiéval au concept de gouvernement, Paris, Seuil, coll. « Travaux », 1995, 320 p. Comme nous le verrons, c’est pourtant Michel Senellart qui fut un des premiers à remarquer l’importance du christianisme comme chantier de problématisation de la question de la subjectivité chez Foucault.
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[5]
Chevallier Philippe, Michel Foucault et le christianisme, Lyon, ENS Éditions, coll. « La croisée des chemins », 2011.
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[6]
Carrette Jeremy, Foucault and Religion, Spiritual Corporality and Political Spirituality, New York, Routledge, 2000, 232 p.
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[7]
Bernauer James, Carrette Jeremy, Foucault and Theology, The Politics of Religion Experience, Aldershot, Ashgate, cop. 2004, 304 p.
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[8]
Jordan Mark D, Convulsing Bodies, Religion and Resistance in Foucault, Stanford, Stanford University Press, 2015, 272 p.
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[9]
Candiotto Cesar, De Souza Pedro, Foucault e o Cristianismo, Belo Horizonte, Autêntica Editora, 2012, 160 p.
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[10]
Quant à la réception des Aveux de la chair, il faut notamment mentionner Büttgen P., Chevallier P., Colombo A., Sforzini A., Foucault, les Pères, le sexe, Autour des Aveux de la chair, Paris, Éditions de La Sorbonne, coll. « La philosophie à l’œuvre », 2021, 285 p. et le numéro spécial de la revue Foucault Studies « History of Sexuality vol. 4. Confessions of the Flesh » que nous avons édité avec Edward McGushin. Foucault Studies, Issue 29, April 2021.
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[11]
Foucault Michel, « À propos de la généalogie de l’éthique : un aperçu du travail en cours », in Dits et écrits II, op. cit., p. 1437.
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[12]
Foucault Michel, Le gouvernement de soi et des autres, Cours au Collège de France 1982-1983, éd. Frédéric Gros, Paris, Seuil/Gallimard, coll. « Hautes études », 2008, p. 4-5. Dans le même sens, Histoire de la sexualité 2, L’Usage des plaisirs, Paris, Gallimard, coll. « TEL », 1997, p. 10.
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[13]
Foucault Michel, Le gouvernement de soi et des autres, op. cit., p. 5-6.
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[14]
Foucault Michel, Le courage de la vérité, Le gouvernement de soi et des autres II, Cours au Collège de France 1984, éd. Frédéric Gros, Paris, Seuil/Gallimard, coll. « Hautes études », 2009, p. 10.
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[15]
Foucault Michel, Le gouvernement de soi et des autres, op. cit., p. 6. Dans le même sens Foucault évoque les « techniques de gouvernementalité » dans Le courage de la vérité, op. cit., p. 10 et les « types de normativité » dans L’Usage des plaisirs, op. cit., p. 10.
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[16]
Foucault Michel, Le gouvernement de soi et des autres, op. cit., p. 6. Foucault évoque « les formes des pratiques de soi » dans Le courage de la vérité, op. cit., p. 10. Dans le même sens, L’Usage des plaisirs, op. cit., p. 10.
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[17]
Foucault Michel, Le courage de la vérité, op. cit., p. 10.
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[18]
Foucault Michel, « Qu’est-ce que les Lumières ? », op. cit., p. 1394-1395.
Les références au christianisme dans les recherches de Michel Foucault sont nombreuses. L’intérêt du philosophe à l’égard d’un vaste et hétérogène ensemble d’auteurs et de phénomènes chrétiens émerge tôt comme en témoigne la lecture des textes qu’il écrit dans les années 1960. Dans les années 1970 la mention aux références chrétiennes s’accentue pour finir par constituer un véritable chantier d’exploration notamment pour les recherches consacrées à l’Histoire de la sexualité. Dans les années 1980, Foucault se consacrera à l’étude précise de certaines références chrétiennes – en particulier les Pères de l’Église, comme en témoignent Les Aveux de la chair – afin d’approfondir les analyses sur la sexualité même si celle-ci ne formera pas le champ exclusif de ses recherches sur le christianisme.
Cette étude aborde les investigations de Foucault sur le christianisme afin d’interroger le rôle que celui-ci joue dans la réflexion que le philosophe mène à propos de la subjectivité. Pour ce faire, nous nous concentrons sur une des principales lignes de force des recherches de Foucault sur le christianisme : comprendre la valeur que celui-ci engage vis-à-vis de la formation de la subjectivité moderne. En d’autres termes, nous nous focalisons sur le rôle généalogique que Foucault attribue au christianisme à l’égard de la subjectivité et nous tâcherons par conséquent de comprendre quelle est l’importance de celui-ci en tant que foyer historique dans lequel se forge une série d’éléments fondamentaux permettant de saisir la « provenance » et « l’émergenc…
Date de mise en ligne : 15/05/2024
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