XXVI. Charles Sorel et le « Parnasse galant »
- Par Delphine Denis
Pages 523 à 546
Citer ce chapitre
- DENIS, Delphine,
- Textes rassemblés par BURY, Emmanuel,
- et édités par VAN DER SCHUEREN, Éric,
- Denis, Delphine.
- Denis, D.
- Textes rassemblés par E. Bury,
- et édités par É. Van der Schueren
https://doi.org/10.3917/herm.bury.2017.01.0523
Citer ce chapitre
- Denis, D.
- Textes rassemblés par E. Bury,
- et édités par É. Van der Schueren
- Denis, Delphine.
- DENIS, Delphine,
- Textes rassemblés par BURY, Emmanuel,
- et édités par VAN DER SCHUEREN, Éric,
https://doi.org/10.3917/herm.bury.2017.01.0523
Notes
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[1]
Au premier chef, Émile Roy qualifiant Sorel d’écrivain précieux dans une partie entière de sa monographie, La vie et les œuvres de Charles Sorel, sieur de Souvigny (1602-1674) !
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[2]
L’édition de 1633 déplace au livre VI cette séquence.
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[3]
Éd. A. Adam (texte de 1623), dans Romanciers du XVIIe siècle, 1958, p. 242 et 243.
-
[4]
« Les Bourgeois blasmoient nos galanteries, les hommes de courage les approuvoient, chacun en parloit diversement, et selon sa passion ; au Louvre, au Palais et aux festins, nos exploits sont les entretiens ordinaires […] » (ibid., p. 244).
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[5]
Ibid., p. 246.
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[6]
Voir Roger Zuber, « Grandeur et misère du style Nervèze », Les émerveillements de la raison, 1997, p. 83-95.
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[7]
Histoire comique de Francion, op. cit., p. 248.
-
[8]
Ibid., p. 1297 (ajout de l’édition de 1626).
-
[9]
Le berger extravagant, L. VI, 1627-1628, p. 823.
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[10]
« Puis que c’est beaucoup en amour, d’estre d’un gracieux abord, & que la contenance charme quelquefois plus que les paroles, il faut que tu prennes garde à bien regler la tienne, quand tu seras devant ta bergere » (ibid., p. 824).
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[11]
Ibid., p. 825.
-
[12]
Ibid., p. 826.
-
[13]
Id.
-
[14]
Ibid., p. 828-829.
-
[15]
Ibid., p. 830-831.
-
[16]
Ibid., p. 831.
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[17]
Ibid., p. 832.
-
[18]
Il faudrait ajouter aux deux textes cités L’Orphyse de Chrysante (1626) qui dresse lui aussi un catalogue des expressions en vogue auprès des dames de la cour. Le Role des presentations faictes au Grand Jour de l’eloquence françoise (mars 1634), republié en 1650 à la suite de la Comédie des académistes, fait comparaître, au milieu d’une théorie de plaideurs ridicules, « muguets », galants et belles dames, soucieux de défendre le beau langage.
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[19]
Émile Roy, La vie et les œuvres de Charles Sorel, op. cit., p. 261.
-
[20]
La référence à ces deux modèles inversés par Sorel est explicite à l’article IV du texte : « Il faut que chacun sçache que le parfaict courtisan qu’un Italien a voulu descrire, & l’Honeste Homme, que l’on nous a dépeint en François, ne sont autre chose qu’un vray Galand, tellement que toutes les bonnes qualitez que l’on a souhaittees à d’autres separement, doivent estre toutes reünies en luy, mais outre cela il doit avoir la somptuosité, la magnificence, & la liberalité en un degré souverain, & pour y fournir il doit avoir un grand revenu » (« Les loix de la galanterie », loc. cit., p. 6-7).
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[21]
Il reparaît en 1658, avec de nombreuses corrections et quelques additions, dans le premier volume du « Sercy en prose » : le lecteur trouvera, en annexe de cette contribution, le texte intégral de la version de 1644, avec l’intégralité des variantes de sa réédition.
-
[22]
« Les loix de la galanterie », loc. cit., p. 1-2.
-
[23]
« […] les vrais Galands seront curieux de dresser un Almanach où ils verront en quelle saison l’on va promener à Luxembourg, & en quelle autre aux Tuilleries ; Quand commence le Cours hors la porte S. Antoine, & quand c’est que celuy de la Reyne Mere a la vogue ; Quelle longueur de jour peut permettre de visiter les belles maisons d’autour de Paris, & à quelle heure il faut partir pour toutes ces promenades » (ibid., art. XII, p. 29-30).
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[24]
« S’il s’imprime quelque Comedie, ou quelque Roman, il faut tascher d’en avoir des feuilles à quelque prix que ce soit, dés auparavant mesme que les dernieres soient achevees, afin de contenter les Dames qui aiment la lecture. Que s’il y a des pieces curieuses qui ne s’impriment point, il faut en avoir la copie bien escritte, soit que ce soit de mesdisance ou sur autre sujet, d’autant que l’on oblige une maistresse luy en faisant la lecture, & l’on se divertit & s’instruit pareillement » (ibid., art. XIII, p. 34).
-
[25]
Ibid., art. XIV, p. 36-37.
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[26]
Cette ultime rubrique est ajoutée dans la seconde édition du texte (1658) : « Au reste pour montrer le credit que vous avez parmy les Gens d’esprit, il faut tousjours avoir ses pochettes pleines de Sonnets, Epigrammes, Madrigaux, Elegies, & autres Vers, soit qu’ils soient Satyriques, ou sur un sujet d’amour. Par ce moyen vous entretiendrez les compagnies aux despens d’autruy, lors que vous n’aurez pas dequoy payer de vous mesme » (Recueil de pieces en prose les plus agreables de ce temps, t. 1, p. 91). Balzac et Voiture y sont nommément désignés comme ceux « que l’on doit tenir aujourd’huy pour les meilleurs Autheurs de la Langue Françoise, si l’on ne se veut mettre au hazard de passer pour Heretique en fait d’Eloquence » (ibid., p. 91-92).
-
[27]
Ibid., p. 42.
-
[28]
Ibid., p. 45. La clausule est prolongée dans la version de 1658 : « de s’aviser, & qui est tant exaltée dans les plus beaux Romans de nostre Siecle » (ibid., p. 96).
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[29]
Au livre I, ch. 5 à 12. Le texte en est repris dans le Nouveau recueil de 1644. Voir Delphine Denis, Le Parnasse galant. Institution d’une catégorie littéraire au XVIIe siècle, 2001, p. 246-248.
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[30]
La maison des jeux […], 1657, t. 1, p. 542.
-
[31]
Alain Viala, « La littérature galante : histoire et problématique », 1994, p. 100-113.
-
[32]
À l’exception de quelques pièces, Sorel s’avoue indirectement l’auteur de ce tome 1 du « Sercy en prose », mais dénie toute responsabilité dans la préparation des quatre volumes suivants : « On pretend que tout est d’un seul Autheur ; mais il en faut excepter les Billets d’une Dame, & quelques autres petites Pieces sur la fin ; & en ce qui est des autres Volumes suivans, c’est s’abuser de croire qu’il y ait aucune Piece du mesme : il faut s’assurer que ce sont tous Ouvrages d’autres divers Autheurs » (La bibliothèque françoise, 1667, p. 360).
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[33]
Voir Myriam Maître, Les précieuses. Naissance des femmes de lettres en France au XVIIe siècle, 1999.
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[34]
Que Sorel présente, dans sa Bibliothèque françoise, comme « la veritable seconde partie du Nouveau Recueil de Pieces en prose » (p. 362).
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[35]
Sur ce texte, voir les analyses d’Alain Viala, Naissance de l’écrivain. Sociologie de la littérature à l’âge classique, 1985, p. 153-156, et Mathilde Bombart, « La production d’une légitimité littéraire. Classements et hiérarchisation des auteurs dans la fiction allégorique critique : La Nouvelle allégorique d’A. Furetière », 1997, p. 99-114. Et aussi Le Parnasse galant, op. cit., p. 57-64 pour les analyses qui vont suivre.
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[36]
Nouvelle allégorique ou histoire des derniers troubles arrivés au royaume d’éloquence [1658], 1967, p. 56.
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[37]
Relation veritable de ce qui s’est passé au royaume de Sophie […], 1659, p. 69-70.
-
[38]
Ibid., p. 95.
-
[39]
Ibid., p. 99.
-
[40]
Ibid., p. 101.
-
[41]
Ibid., p. 122-123.
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[42]
Œuvres diverses, ou discours meslez […], 1663, p. 3.
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[43]
Ibid., p. 26.
-
[44]
Ibid., p. 25-26.
-
[45]
Ibid., p. 29-30. On voudra bien me pardonner cette référence déjà faite ailleurs au texte de Sorel (notamment dans « “Sçavoir la carte” : voyage au Royaume de Galanterie », 2002) : de cette étape importante dans l’évolution des positions de Sorel face au « Parnasse galant », il m’a semblé impossible de faire ici l’économie.
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[46]
La bibliothèque françoise, op. cit., p. 362.
-
[47]
Ibid., p. 170.
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[48]
Ce syntagme pourtant n’est pas nouveau à cette date, puisqu’il se rencontre en particulier dans la longue remarque que Vaugelas consacre au mot galant, par le biais d’une allusion transparente à Voiture.
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[49]
« L’ordre et l’examen des livres attribuez à l’autheur de la Bibliotheque françoise ».
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[50]
La bibliothèque françoise, op. cit., p. 373. Pour une analyse d’ensemble des jugements de Sorel sur sa production littéraire, voir Hartmut Stenzel, « Discours romanesque, discours utile et carrière littéraire. Roman et “anti-roman” chez Charles Sorel », 2002, p. 235-250.
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[51]
Le roman bourgeois, 2001, p 161.
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[52]
Ibid., p. 166.
-
[53]
Il résumera, dans le premier chapitre du traité De la connoissance des bons livres (« Du jugement des livres par les titres, par les noms des autheurs, ou par leur credit, & par toutes les premieres aparences »), les divers « Secrets pour faire valoir les Livres » (p. 18-22). On rapprochera encore les discours prêtés par Furetière à Charoselles de cette remarque glissée dans La bibliothèque françoise : « Aussi à en parler sans feinte, ce qui donne le plus de cours aux livres, c’est un certain Titre qui touche l’esprit, c’est le nom connu d’un Autheur qui plaist, c’est une certaine caballe, c’est une réputation mandiée, c’est la rencontre d’un Libraire qui sait faire valoir ce qu’il vend, & enfin c’est je ne sais quelle fatalité dont il serait malaisé de décider. Il ne faut point s’attendre à des choses si fresles & en espérer de grands avantages : Avec tout cela le credit des livres passe bientôt, parce que les uns semblent chasser les autres continuellement. »
Observateur impénitent des mœurs de ses contemporains, critique avisé des pratiques littéraires du temps, Sorel ne pouvait pas manquer de repérer la place croissante prise par la sphère mondaine, des années 1620-1630 au dernier tiers du siècle où s’étend sa propre période d’activité. Cinquante années qui furent aussi celles de la lente, mais sûre émergence du « Parnasse galant », à l’intérieur des territoires jusque-là indivis de la République des Lettres savantes : de cette redistribution des frontières et des rôles, où se jouèrent de nouveaux rapports de pouvoir et d’influence littéraires, l’homme de « doctrine » se révolte en Sorel, mais l’auteur entendit aussi profiter du même mouvement, à la recherche d’un public élargi à conquérir, ou mieux, à réformer. Position éminemment ambiguë que celle de Sorel, érudit relégué – à son corps défendant ? – en terres galantes, avocat opiniâtre de la cause de Sophie – « Sagesse universelle » – devant les prétentions scandaleuses de l’usurpatrice Rhétorique, et pourtant fournisseur patenté des lectures divertissantes des gens du monde. La complexité même de cette attitude, de longtemps notée par la critique, nous a paru mériter une enquête un peu approfondie. Nous nous proposons ainsi d’en examiner les étapes majeures, des premières satires aux analyses plus nuancées du milieu du siècle : entre démystification et séductions du modèle galant, le regard attentif de Sorel en dit long sur les mutations esthétiques du siècle, et révèle le prix à payer pour trouver, si possible, les termes les plus appropriés d’un nécessaire mais coûteux compromis entre savoir et galanterie…
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