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Conclusion. Notre culture et le transsexualisme

Pages 259 à 275

Citer ce chapitre


  • Chiland, C.
(1997). Conclusion. Notre culture et le transsexualisme. Changer de sexe (p. 259-275). Odile Jacob. https://shs.cairn.info/changer-de-sexe--9782738104779-page-259?lang=fr.

  • Chiland, Colette.
« Conclusion. Notre culture et le transsexualisme ». Changer de sexe, Odile Jacob, 1997. p.259-275. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/changer-de-sexe--9782738104779-page-259?lang=fr.

  • CHILAND, Colette,
1997. Conclusion. Notre culture et le transsexualisme. In : Changer de sexe. Paris : Odile Jacob. Hors collection, p.259-275. URL : https://shs.cairn.info/changer-de-sexe--9782738104779-page-259?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Turtle G. (1963), Over the Sex Border, Londres, Gollancz. Mercader P. (1994), L’Illusion transsexuelle, Paris, L’Harmattan.
  • [2]
    Garapon A. (1996), Le Gardien des promesses. Justice et démocratie, Paris, Odile Jacob.
  • [3]
    Chiland C. (1996), « Origine du sexe », in M. Soulé, Origines, identités, destinées, Paris, ESF, p. 81-88.
  • [4]
    Ebaugh Fuchs H. R. (1988), Becoming an Ex. The Process of Role Exit, Chicago-Londres, The University of Chicago Press, p. 137-138.
  • [5]
    Ricœur P. (1995), La Critique et la conviction. Entretien avec François Azouvi et Marc de Launay, Paris, Calmann-Lévy. Ricœur P. (1995), Réflexion faite. Autobiographie intellectuelle, Paris, Éditions Esprit.
  • [6]
    Chiland C. (2007), Sois sage, ô ma douleur. Réflexions sur la condition humaine, Paris, Odile Jacob.
  • [7]
    Ruffié J. (1986), Le Sexe et la mort, Paris, Odile Jacob. Langaney A. (1987), Le Sexe et l’innovation, Paris, Seuil.
  • [8]
    Jonas H. (1979), Das Prinzip Veranwortung, Versuch einer Ethik für die technologische Zivilisation, Francfort, Insel Verlag ; traduction française J. Greisch, Le Principe responsabiblité. Une éthique pour la civilisation technologique, Paris, Cerf, 1992, p. 39.
  • [9]
    Georges Canguilhem a insisté sur la normativité comme un des sens du mot normal : l’homme malade a perdu la capacité de changer de normes et fait une « réaction catastrophique » si on lui impose de changer de normes. Le Normal et le Pathologique, 1943, Paris, Les Belles Lettres ; réédité : Paris, PUF, 1966, 1972.
  • [10]
    Garapon A. (1996), Le Gardien des promesses. Justice et démocratie, Paris, Odile Jacob, p. 20.
  • [11]
    Delcourt M. (1944), Œdipe ou la légende du conquérant, Liège, Faculté de philosophie et lettres.
  • [12]
    Freud S. (1913), Totem und Tabu, GW, 9 ; Totem and Taboo, SE, 13 ; Totem et Tabou, nouvelle traduction française par M. Weber, Paris, Gallimard.
  • [13]
    Godelier M. (1996), « Meurtre du père. Sacrifice de la sexualité », in M. Godelier, J. Hassoun (éds), Meurtre du père, sacrifice de la sexualité. Approches anthropologiques et psychanalytiques, Strasbourg-Paris, Arcanes, p. 21-52.
  • [14]
    Malinowski B. (1927), Sex and Repression in Savage Society ; traduction française par S. Jankélévitch, La Sexualité et sa répression dans les sociétés primitives, Paris, Payot, 1932, 1967. Bertand Pulman consacre un chapitre de son livre, Anthropologie et psychanalyse : Malinowski contre Freud, Paris, PUF, 2002, à « Œdipe aux Trobriand ». Il semble que mon point de vue soit proche de celui d’Ernest Jones.
  • [15]
    Pour le lecteur qui n’est pas psychanalyste, il est utile d’expliciter ce que recouvre cette formule : l’expérience vécue que la soumission au père n’entraîne pas la destruction, mais permet de faire sienne la force du père ; que le renoncement à la maîtrise, qui est liée à l’analité, permet la libération de la génitalité ; c’est donc l’expérience que le pénis n’est pas destructeur. Il ne s’agit pas que le père pénètre effectivement le fils ou la fille avec son pénis, ce qui serait une effraction déstructurante. Il s’agit d’un travail des désirs et des fantasmes dans la relation transférentielle à l’analyste, qui comporte un éprouvé dans le corps.
  • [16]
    Chiland C. (1974), « Dans une lumière nouvelle à la faveur d’une rencontre », intervention au Colloque : « Construction et reconstruction en psychanalyse », Revue française de psychanalyse, 38 (2-3), p. 213-215.
  • [17]
    Ricœur P. (1990), Soi-même comme un autre, Paris, Seuil.
  • [18]
    Stern D. (1993), « L’enveloppe “prénarrative”. Vers une unité fondamentale d’expérience permettant d’explorer la réalité psychique du bébé », Journal de la psychanalyse de l’enfant, 14, p. 13-65.
  • [19]
    Stern D. (1985), The Interpersonal World of the Infant, A View from Psychoanalysis and Developmental Psychology, New York, Basic Books ; traduction française A. Lazartigues et D. Pérard (1989), Le Monde interpersonnel du nourrisson. Une perspective psychanalytique et développementale, Paris, PUF, p. 223.

Le transsexualisme, au sens strict du terme, se caractérise par une double demande contradictoire en ses termes et est un produit de notre culture contemporaine.
J’ai montré au cours de cet ouvrage que les transsexuels formulent une double demande, la demande d’occuper la place de l’autre sexe dans le registre des échanges symboliques et la demande d’attester de cette appartenance symbolique à l’autre sexe par une marque dans le corps. Par la première demande, le transsexuel se situe au-delà de la biologie et affirme le primat de la reconnaissance symbolique. La deuxième demande montre l’insuffisance de toute référence symbolique puisque le transsexuel se réclame d’une marque corporelle pour attester la vérité de son discours. Ainsi, le transsexuel dénie la réalité biologique, tout en voulant obtenir de la biologie une preuve de la vérité de son discours.
Pour qu’une telle demande puisse se formuler, il fallait croire le changement de sexe d’une part possible, d’autre part permis.
Les progrès techniques de la médecine donnent l’illusion d’un changement corporel possible, ce que les médias orchestrent : « Aujourd’hui on peut changer un homme en femme, une femme en homme », alors que le changement ne porte que sur l’apparence et l’état civil. On peut devenir un homme social (ou une femme sociale), on ne devient pas un mâle (ou une femelle). La position de ceux qui reconnaissent qu’ils ne sont pas en tout point comparables à un homme né homme biologique ou à une femme née femme biologique est différente de la position de ceux qui ne le reconnaissent pas…


Date de mise en ligne : 12/06/2025

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