Chapitre 1. Les salons ou la douceur de vivre au xviiie siècle
- Par Anne-Marie Lugan
Pages 13 à 20
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- LUGAN, Anne-Marie,
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- Lugan, A.-M.
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Cinq femmes et deux hommes dans un salon. L’un est au centre du tableau : il tient entre ses mains fines un livre ouvert dont la lecture semble intéresser les quatre femmes qui l’entourent. Beau justaucorps de velours gris rebrodé d’argent, chemise blanche et manchettes de fines dentelles.
Dans ce tableau de Jean-François de Troy, intitulé Lecture dans un salon, la lecture est un moment suspendu, et le regard du lecteur, dirigé vers l’une des dames. On peut imaginer qu’elle vient de commenter un passage du texte lu. Sa tête légèrement inclinée lui donne un air pensif et concentré, les doigts jouent avec un éventail fermé. Les trois femmes du premier plan sont assises dans de larges fauteuils bas, tapissés de riches tissus savamment étalonnés aux couleurs des vêtements élégants que portent les sept personnages.
La femme assise tout à droite, éventail déployé sur le décolleté, est vêtue d’une ample robe de velours bleu nuit. Un pied élégamment chaussé apparaît avec la naissance de la cheville, juste au-dessous d’un fragment de jupon blanc qui dépasse de la robe légèrement relevée par le bras du fauteuil. Le regard est tourné dans notre direction comme si notre arrivée dans le salon l’intéressait tout particulièrement. Elle a la peau très blanche, comme c’était la mode alors – les femmes dépensaient des fortunes en maquillage : pour le blanc qui servait à « pâlir » leur teint, pour le rouge à poser sur les joues et pour les « mouches » de velours noir à placer judicieusement selon des conventions bien établies…
Date de mise en ligne : 06/06/2025
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