Chapitre d’ouvrage

2. L'aire transitionnelle, un espace hors conflit ?

Pages 43 à 81

Citer ce chapitre


  • Catheline, N.
  • et Marcelli, D.
(2011). 2. L'aire transitionnelle, un espace hors conflit ? Ces adolescents qui évitent de penser : Pour une théorie du soin avec médiation (p. 43-81). érès. https://shs.cairn.info/ces-adolescents-qui-evitent-de-penser--9782749213576-page-43?lang=fr.

  • Catheline, Nicole.
  • et al.
« 2. L'aire transitionnelle, un espace hors conflit ? ». Ces adolescents qui évitent de penser Pour une théorie du soin avec médiation, érès, 2011. p.43-81. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/ces-adolescents-qui-evitent-de-penser--9782749213576-page-43?lang=fr.

  • CATHELINE, Nicole
  • et MARCELLI, Daniel,
2011. 2. L'aire transitionnelle, un espace hors conflit ? In :
  • MARCELLI, Daniel
  • et CATHELINE, Nicole,
Ces adolescents qui évitent de penser Pour une théorie du soin avec médiation. Toulouse : érès. La vie devant eux, p.43-81. URL : https://shs.cairn.info/ces-adolescents-qui-evitent-de-penser--9782749213576-page-43?lang=fr.

Notes

  • [1]
    B. Chouvier (sous la direction de), Les processus psychiques de la médiation, Paris, Dunod, 2002.
  • [2]
    R. Kaës, « Médiation, analyse transitionnelle et formations intermédiaires », dans B. Chouvier (sous la direction de), Le processus psychique de la médiation, op. cit., p. 11-12.
  • [3]
    R. Roussillon, Le jeu et l’entre-je(u), Paris, puf, coll. « Le fil rouge », 2008.
  • [4]
    Notons au passage qu’il s’agit d’une sorte de pléonasme, puisque le « narcissisme » représente le noyau identitaire et que « l’identité » reflète la qualité de l’investissement narcissique…
  • [5]
    R. Roussillon, Le jeu et l’entre-je(u), op. cit., p. 4.
  • [6]
    C’est nous qui soulignons.
  • [7]
    J.-P. Vernant, Œdipe sans complexe, Paris, Les temps moderne, 1966.
  • [8]
    À l’adolescence, le « conflit narcissico-objectal » est précisément invoqué comme l’origine habituelle des divers états pathologiques propres à cette période de la vie, conflit narcissico-objectal qui entrave la créativité de l’adolescent, ne lui laissant souvent d’autres issues que celle de la destructivité et de l’autosabotage. Toutes les actions de soin auprès des adolescents visent à leur rendre une capacité de créativité.
  • [9]
    J. Laplanche, J.-B. Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse, Paris, puf, 1973, p. 92-93.
  • [10]
    F. Jullien, Un sage est sans idée, Paris, Le Seuil, 1998, p. 18.
  • [11]
    F. Jullien, Les transformations silencieuses, Paris, Grasset, 2009, p. 42.
  • [12]
    Ibid., p. 42.
  • [13]
    Ibid., p. 34.
  • [14]
    Voir G. Jeanmart, L’art du combat dans la philosophie occidentale, Le Télémaque, 2007, p. 31, 34-50.
  • [15]
    Au sens propre du terme : comment le psychisme peut-il être « affecté » ?
  • [16]
    En particulier Vygotski, dans J.N. Galifret-Granjon, L’évolution des praxis idéomotrices, thèse, Paris X, 1979.
  • [17]
    E. Tronick, H. Als, L. Adamson, S. Wise, T.B. Brazelton, « The infant’s response to entrapment between contradictory message in face to face inter-action », J. of Am. Acad. Child Psy, n° 17, 1978, p. 1-13.
  • [18]
    D. Stern, Le monde interpersonnel du nourrisson, Paris, puf, 1989.
  • [19]
    N. Georgieff, « L’empathie aujourd’hui : au croisement des neurosciences de la psychopathologie et de la psychanalyse », Psychiatrie enf., vol. 51, n° 2, 2008, p. 357-393.
  • [20]
    C. Trévarthen, J. Aitken, « Introduction à la biologie interpersonnelle du développement humain », Devenir, vol. 15, n° 4, 2003, p. 309-428.
  • [21]
    S. Baron-Cohen, Mindblindness. An essay on autisme and theory of mind, Cambridge, mit Press, 1995.
  • [22]
    D. Stern, « L’enveloppe pré-narrative », Journal de la psychanlyse de l’enfant, n° 14, 1993, p. 13-65.
  • [23]
    R. Simas, B. Golse, « Empathie(s) et intersubjectivité(s). Quelques réflexions autour de leur développement et de ses aléas », La psychiatrie de l’enfant, vol. 60, n° 2, 2008, p. 339-356.
  • [24]
    F. Jullien, Un sage est sans idée, op. cit., p. 99.
  • [25]
    J. Laplanche, « Vers la théorie de la séduction généralisée », Nouveaux fondements pour la psychanalyse, Paris, puf, 1987, p. 89-148 ; rééd. Quadrige, 1994.
    J. Laplanche, « Les forces en jeu dansle conflit psychique », Entre séduction et inspiration : l’homme, Paris, puf, 1999, p. 127-146.
  • [26]
    D. Stern, Le monde interpersonnel du nourrisson, op. cit.
  • [27]
    Pour de plus amples développements, voir le travail de D. Marcelli, « “La transsubjectivité”, ou comment le psychisme advient dans le cerveau », Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence, vol. 58, n° 6-7, 2010, p. 371-378.
  • [28]
    Voir l’ouvrage de D. Marcelli, Les yeux dans les yeux, l’énigme du regard, Paris, Albin Michel, 2006.
  • [29]
    N. Georgieff, op. cit.
  • [30]
    D. Marcelli, « La transsubjectivité », ou comment le psychisme intervient dans le cerveau », op. cit. ; Les yeux dans les yeux, l’énigme du regard, op. cit.
  • [31]
    G. Gergeley, J. Watson, « Early social development : contingency perception and the social bio-feedbak modal », dans P. Rochat (sous la dir. de), Early social cognition : understanding others in the first months of live, Mahwah, Erlbaum N.J., 1999, p. 101-136.
    J. Nadel, J. Decety, Imiter pour découvrir l’humain, Paris, puf, 2002.
  • [32]
    W. Bion, Aux sources de l’expérience (1962), Paris, puf, 1979.
    W. Bion, Réflexion faite (1967), Paris, puf, 1983.
  • [33]
    L’un de nous a fait de cette immaturité la possible explication de l’absence de détournement du regard chez le bébé à la naissance. Voir sur ce thème, D. Marcelli, Les yeux dans les yeux, op. cit.
  • [34]
    Voir D. Marcelli, J. Nadel, J.-L. Roubira, A. Pézé, C. Kervalla, A. Paget, S. Boinard, D. Reservat-Plantey, A. Lorthiois, « Interactions mère déprimée-bébé (âgé de 2 mois). Étude à partir d’un protocole vidéoscopique en direct et en différé », La psychiatrie de l’enfant, 1997, vol. 40, n° 2, p. 505-531. Et aussi D. Marcelli, C. Tourrette, S. Boinard, M.A. Kasolter, V. Barbe, M.F. Crète, « Des interactions comportementales dans la première année aux interactions verbales à trois ans : les dyades mère déprimée-bébé se distinguent-elles des autres ? », La psychiatrie de l’enfant, 2000a, vol. 43, n° 2, p. 509-539.
  • [35]
    Précisons que par facilité nous disons « la mère » là où en toute rigueur nous devrions écrire : « le personnage interactif habituel ».
  • [36]
    J. Lacan, « Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je » (1949), Écrits 1, Paris, Le Seuil, 1966, p. 89-97. Il convient aussi de reconnaître que la dimension supposée jubilatoire de cette expérience est tout sauf évidente : comme les travaux de R. Zazzo l’ont bien montré, face à son image le jeune enfant semble, au contraire, longtemps habité par une perplexité certaine, et préfère tourner son regard vers l’image du parent quand celle-ci apparaît dans le miroir.

Les psychanalystes lyonnais, René Kaës d’abord, puis à sa suite Bernard Chouvier, et surtout René Roussillon sont parmi les auteurs ceux qui ont le plus théorisé cet espace intermédiaire, ce lieu de transition et cette dimension de médiation, travaux regroupés dans un ouvrage collectif intitulé précisément Les processus psychiques de la médiation. Dès les premières lignes de cet ouvrage, la référence à D.W. Winnicott est implicite même si tout au long des textes on constate une tension entre d’un côté les auteurs qui portent une attention centrée sur l’objet de la médiation, sa fonction, et de l’autre ceux dont l’attention privilégie le processus en tant que tel. D’où deux approches opposées : la première qui cherche à extraire de chaque objet une spécificité susceptible de rendre compte des particularités de son effet médiateur. Le présupposé est celui d’une recherche la plus rigoureuse possible concernant une indication quasi médicale de tel ou tel médiateur dans telle ou telle pathologie : dans cette optique, le médiateur pourrait faire l’objet d’une quasi « prescription thérapeutique ». La deuxième approche, au contraire, aborde en priorité le processus de médiation, transcendant les particularités de l’objet, pour en proposer une conception générale afin d’en dégager des règles de fonctionnement quelle que soit la situation ou l’objet. Cette tension provient assurément de la proposition initiale de R. Kaës, le plus ancien des auteurs et celui qu’on peut considérer comme le chef de file…


Date de mise en ligne : 01/04/2012

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