Chapitre d’ouvrage

6. Extrait de la lettre du caporal Berg adressée au colonel Jeanningros

Pages 175 à 176

Citer ce chapitre


  • Comor, A.-P.
(2012). 6. Extrait de la lettre du caporal Berg adressée au colonel Jeanningros. Camerone : 30 avril 1863 (p. 175-176). Tallandier. https://shs.cairn.info/camerone--9782847348507-page-175?lang=fr.

  • Comor, André-Paul.
« 6. Extrait de la lettre du caporal Berg adressée au colonel Jeanningros ». Camerone 30 avril 1863, Tallandier, 2012. p.175-176. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/camerone--9782847348507-page-175?lang=fr.

  • COMOR, André-Paul,
2012. 6. Extrait de la lettre du caporal Berg adressée au colonel Jeanningros. In : Camerone 30 avril 1863. Paris : Tallandier. L’Histoire en batailles, p.175-176. URL : https://shs.cairn.info/camerone--9782847348507-page-175?lang=fr.

Au bivouac, 1er mai 1863
Mon colonel,
Au nom de mes camarades, je vous rends compte des événements qui ont eu lieu, hier 30 avril. […] Aussitôt entrés, le capitaine Danjou nous fit retrancher derrière les deux grandes portes et les deux fenêtres qui donnaient sur le patio. Il fit poster une escouade à la porte gauche, une autre sur la droite et le reste tout autour des murs intérieurs. Le feu commença immédiatement. Le capitaine Danjou était splendide par son ardeur et son sang-froid. Il allait d’un côté à un autre et sûrement, si l’un d’entre nous n’avait pas eu le courage, il l’aurait acquis rien qu’en le regardant. On avait trois ou quatre blessés. Le capitaine Danjou fut blessé par une balle qui l’a touché au milieu du dos, ressortant au-dessous de la tétine gauche. Notre pauvre capitaine a souffert encore une heure, avant d’expirer dans les bras des sous-lieutenants Vilain et Maudet. Le feu continuait, vif et nourri de part et d’autre. Nous comptions une vingtaine d’hommes hors de combat. Le feu ennemi se croisait de tous les côtés, par les deux portes de la maison, ainsi que par les fenêtres qui étaient déchiquetées. Nous avions ouvert des meurtrières dans les murs. […]
Vers cinq heures environ, nous avons dû faire face au dernier assaut. Les portes furent enfoncées. C’était magnifique de voir le sous-lieutenant Maudet, seul à la tête de quelques hommes, tirer au fusil comme un soldat quelconque. Il ne voulait pas se rendre et au moment de tomber, il venait encore de faire feu. De tous côtés, les Mexicains nous criaient de nous rendre, que l’on ne nous ferait pas de mal, « qu’ils étaient des soldats comme nous et pas des guérilleros ». Le sous-lieutenant Maudet eut la cuisse déchiquetée par une balle. Nous avons déposé nos armes croyant avoir fait le maximum pour l’honneur du drapeau et la gloire du régiment. […]
Nous avons, mon colonel, l’honneur, avec mes respects, d’être vos subordonnés.
Pour tous,
S. Berg, caporal

Date de mise en ligne : 01/12/2015