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5 - Les services de la confédération

Pages 117 à 154

Citer ce chapitre


  • Andolfatto, D.
  • et Labbé, D.
(1997). 5 - Les services de la confédération. La C.G.T. : organisation et audience depuis 1945 (p. 117-154). La Découverte. https://shs.cairn.info/c-g-t-organisation-et-audience--9782707127723-page-117?lang=fr.

  • Andolfatto, Dominique.
  • et al.
« 5 - Les services de la confédération ». La C.G.T. : organisation et audience depuis 1945, La Découverte, 1997. p.117-154. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/c-g-t-organisation-et-audience--9782707127723-page-117?lang=fr.

  • ANDOLFATTO, Dominique
  • et LABBÉ, Dominique,
1997. 5 - Les services de la confédération. In : La C.G.T. : organisation et audience depuis 1945. Paris : La Découverte. Recherches, p.117-154. URL : https://shs.cairn.info/c-g-t-organisation-et-audience--9782707127723-page-117?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Voir à ce sujet : Marcel DAVID, Témoins de l’impossible. Militants du monde ouvrier à l’université, Paris, Les Éditions ouvrières, 1982. Ce dernier raconte sa rencontre avec B. Frachon et G. Monmousseau lorsqu’il proposa, dans les années 1950, d’accueillir des syndicalistes en formation à l’université. Il témoigne également du rôle de M. Piolot et de A. Barjonet. Tout en se ralliant au projet de M. David, qu’il estimait à même de développer les « qualités indispensables à un bon militant ouvrier » (p. 68) et qu’il percevait comme un rapprochement des intellectuels et de la classe ouvrière, B. Frachon indiqua néanmoins d’emblée : « Le souci d’objectivité, ça n’entre pas dans nos catégories, ou plutôt nous doutons fort qu’il puisse correspondre à autre chose qu’à l’idéologie bourgeoise » (p. 54).
  • [2]
    Voir par exemple, Marc PIOLOT : « Pour de nombreuses écoles du soir » (LP, 410, 15 juin 1952), « Les écoles syndicales du soir » (495, 15 novembre 1955) et un article non signé : « Éducation syndicale : une expérience instructive, l’école du soir de l’assistance publique de Paris » (505, 15 avril 1955).
  • [3]
    Voir par exemple : « Les méthodes pédagogiques (les principaux exercices au niveau élémentaire) », LP, 689, 1-15 novembre 1963.
  • [4]
    Il demeure néanmoins quantitativement important : Pierre Roger, le directeur du CCEO, indique que, pour l’année 92-93, 80 000 adhérents ont suivi une formation, soit un dixième des effectifs (« Formation syndicale : réflexion à voix multiples », LP, 1418-19, 12 octobre 1995, p. 48).
  • [5]
    Par exemple, le calendrier des stages pour 1965-66 est publié dans le LP 756, 1-15 août 1965.
  • [6]
    Voir le programme des stages CCEO pour l’année 1994-95 (LP, 1383, 3 février 1994). De même, les brochures remises aux stagiaires permettent de juger du contenu encore fortement influencé par la vulgate marxiste.
  • [7]
    Jean BRUHAT, Marc PIOLOT, Esquisse d’une histoire de la CGT, Paris, Centre confédéral d’éducation ouvrière-CGT, 1967 (1re édition : 1958). Cet ouvrage a fait l’objet d’une présentation qui permet de comprendre la philosophie dans laquelle a été entreprise cette publication : Achille BLONDEAU, « L’esquisse de l’Histoire de la CGT : un livre précieux, d’un prix et d’un contenu populaires qu’il faut diffuser largement » (LP, 568, 15 décembre 1958).
  • [8]
    Pierre ROGER, « Formation syndicale : réflexion à voix multiples », LP, 1418-19, 12 octobre 1995, p. 48.
  • [9]
    Jean-Claude Laroze a présenté un rapport à ce sujet lors du CCN des 25-26 juin 1985 (Texte reproduit dans LP, 1200, 11 juillet 1985).
  • [10]
    En 1971, les deux tiers des stagiaires du CCEO ont suivi une formation à la demande expresse de leur organisation (Jean MAGNIADAS, Les militants de la CGT en formation syndicale, Paris, CCEO, sd, p. 55-56).
  • [11]
    Cf. Jean MAGNIADAS, op. cit, p. 61-65. À la même époque, une enquête de Sabine Erbès-Séguin montrait que plus des deux tiers des militants attendaient de la formation syndicale qu’elle leur fournisse les moyens d’une « meilleure analyse personnelle » et de « mieux organiser » l’échelon dont ils étaient responsables. Seuls 30 % souhaitaient « approfondir la doctrine » de leur organisation (Sabine ERBÈS-SÉGUIN, Dé mocratie dans les syndicats, Paris, Mouton, 1971, p. 70-71).
  • [12]
    T. Poupon a d’abord travaillé au « secteur femmes » puis elle est devenue responsable du service « questions sociales » en 1978. Elle en a assuré l’intérim après la démission de J. Lambert mais elle ne siégeait pas officiellement au BC et sa candidature ne pouvait être présentée avant le congrès puisque, étant communiste orthodoxe, son élection aurait « déséquilibré » le bureau (voir chapitre VI).
  • [13]
    Sur le détail de ces activités, voir le document annexé à notre entretien avec G. Alezard.
  • [14]
    Elle tient sa première assemblée générale le 17 février 1983. L’article 25 des statuts confédéraux stipule que tout adhérent de la CGT est membre de droit de l’INDECOSA.
  • [15]
    Voir à ce sujet le témoignage de A. Obadia. À sa suite, M. Demons puis G. Delahaye ont occupé le « siège » de l’UGICT au BC.
  • [16]
    La création de l’Institut est annoncée dans LP, 1124, 16-31 janvier 1982. Il est placé sous la responsabilité de J.-C. Laroze (chargé de la formation). L’une des premières actions publiques de cet institut sera de passer un accord de « coopération » avec l’Académie des sciences de l’URSS (LP, 1140, 16-30 septembre 1982). Il publie les Cahiers de l’Institut CGT d’Histoire sociale. Dans l’organigramme de 1989, les deux services sont placés sous la responsabilité de J.-C. Laroze chargé de la formation. Dans l’organigramme de 1992, l’Institut d’histoire sociale est supervisé par A. Deluchat, responsable du Peuple, et les archives ne sont plus mentionnées. Ne disposant pas des organigrammes détaillés de 1982 et de 1985, il n’est pas possible de savoir où ils étaient rattachés.. Comme pour la recherche en général, il ne semble pas y avoir de doctrine cohérente à ce propos.
  • [17]
    André BARJONET, La CGT, Paris, Seuil, 1968, p. 164-165.
  • [18]
    Sur la carrière de P. Le Brun et sur le secteur économique de la CGT dans les années 1950, voir la note annexée à l’entretien avec M. Dufriche.
  • [19]
    Voir son intervention lors du 45e congrès confédéral (LP, 1424-26, 4 janvier 1996, p. 98).
  • [20]
    T. HIRSZBERG, LP, 1370-71, 27 mai 1993, p. 53.
  • [21]
    Cette idée a été exprimée dans les années 1950, notamment contre P. Le Brun et ses amis. Elle demeure très vigoureuse jusqu’à la fin des années 1980. On lira à ce propos le rapport d’A. Obadia à la CE du 1er avril 1987 : « La bataille idéologique aujourd’hui », LP, 1239, 9 avril 1987, p. 3-12.
  • [22]
    LP, 1370-71, 27 mai 1993, p. 63-64. Sur cet incident, voir le témoignage de J.-C. Le Duigou.
  • [23]
    Henri KRASUCKI, Un syndicalisme moderne ? Oui !, Paris, Messidor, 1987.
  • [24]
    Léon ROUZAUD, « Complément à la discussion sur le projet de programme d’action », LP, 482, 20 mai 1955.
  • [25]
    Il n’y a pas d’ouvrage d’ensemble sur l’activité internationale de la CGT. En 1980, René DUHAMEL, ancien secrétaire confédéral chargé du secteur, a publié un livre de souvenirs et de réflexions (Aux quatre coins du monde, Paris, Éditions sociales, 1981. 224 p.). Bien que son auteur soit non communiste, son livre illustre surtout l’alignement de la CGT sur le PCF et sur le « camp socialiste ». On trouvera une brève synthèse dans : Denis BONVALLOT, « La politique et l’activité internationale de la CGT » in Guillaume DEVIN dir., Syndicalisme : dimensions internationales, La Garenne-Colombes, Erasme, 1990, p. 381-404.
  • [26]
    P. Gensous a été membre du comité central du PCF de 1970 à 1979. J. Galland a été présenté comme « militant chrétien ». Son adhésion au PCF est reconnue depuis 1989.
  • [27]
    Les arguments en faveur de cette position « équilibrée » ont été présentés dans : LP, 1038, 16-31 mai 1978 et 1039, 1-15 juin 1978. Sur les relations de la CGT avec la FSM, voir notamment nos entretiens avec G. Alezard, L. Brovelli et A. Obadia.
  • [28]
    Seul G. Gaumé a protesté et ce serait l’une des raisons qui l’auraient poussé à la démission, le 3 octobre 1986. Il a exposé ses raisons lors du CCN du 19 novembre 1986 : parmi les désaccords, il cite le retour de la CGT dans l’instance dirigeante de la FSM (LP, 1229-1230, 4 décembre 1986, p. 46).
  • [29]
    La CGT a pris encore une part active au congrès de Moscou de l’été 1990 (LP, 1319, 29 novembre 1990).
  • [30]
    Cf. Dominique ANDOLFATTO, « Les syndicats et l’Europe », Regards sur l’actualité, 205, novembre 1994, p. 45-56.
  • [31]
    Cette création est annoncée dans LP, « La CGT créé un Centre d’étude, de recherche et coopération internationale », 975, 15-31 octobre 1975.
  • [32]
    D’après les organigrammes, les secrétaires suivants ont été chargés de la « propagande » : A. Bertheloot jusqu’en 1974, R. Buhl jusqu’en 1980, J.-C. Laroze jusqu’en 1985, B. Lacombe jusqu’en 1992 et, enfin A. Obadia. Pour B. Lacombe, le seul indice à notre disposition réside dans l’hommage rendu par L. Viannet lors du départ de B. Lacombe : « Il a impulsé le secteur propagande de la confédération jusqu’au 43e congrès » (LP, 1346-48,27 février 1992, p. 125). En fait, l’essentiel de l’activité de B. Lacombe a résidé dans la « lutte pour la paix » et en faveur de « l’appel des 100 » contre les euro-missiles américains.
  • [33]
    LP, 1026, 1-15 décembre 1977. Cette initiative ne semble pas avoir eu de suite.
  • [34]
    A. Barjonet avait fait ce même constat : des moyens considérables sont mis en œuvre pour la presse syndicale et pourtant, « la CGT semble négliger la propagande, en tant qu’activité spécifique pour “propager” ses idées dans les masses ». Selon lui, le paradoxe vient de ce que la propagande imprègne l’ensemble des activités confédérales (A. BARJONET, op. cit., p. 76-77).
  • [35]
    La fonction de porte-parole, était à haut risque : A. Obadia a été contraint à la démission à la suite d’une conférence de presse au cours de laquelle il a révélé la réalité des effectifs de la CGT qui venaient d’être communiqués et débattus dans la CE.
  • [36]
    Voir le rapport présenté au CCN de mai 1994 par F. Duteil (LP, 1390-91, 16 juin 1994, p. 35-42). F. Duteil a indiqué que la diffusion du « dernier numéro » était de 47 000 exemplaires.
  • [37]
    Le secteur organisation a publié régulièrement des tableaux de la diffusion de la VO par UD ; le nombre de postes de diffuseurs de la VO était une donnée presqu’aussi importante que le nombre de « bases nouvelles ». Lors des congrès, il est de tradition de recenser les lecteurs et les diffuseurs de la VO et d’appeler les délégués à se « mettre en règle », c’est-à-dire à s’abonner et à diffuser la VO.
  • [38]
    Pour la diffusion 1994-95 : LP, 1422-23, 23 novembre 1995, p. 58.
  • [39]
    Avec 70 000 abonnés, ce bimestriel est la publication de la CGT la plus largement diffusée...
  • [40]
    Sur l’activité « jeunes » au début des années 1960, voir l’entretien avec R. Lomet. Plusieurs « conférences nationales » ont été organisées à partir de février 1959. Le Centre confédéral de la jeunesse (CCJ) a été créé en 1968. Placé sous la responsabilité d’A. Allamy, il comptait deux collaborateurs dont A. Sainjon. Depuis, il a toujours été placé sous la responsabilité du secrétaire chargé des questions de formation. Cette activité a été relancée en 1990.
  • [41]
    Madeleine COLIN, Ce n ’est pas d’aujourd’hui Femmes, syndicats, luttes de classe, Paris, Éditions sociales, 1975. Cet ouvrage est très orthodoxe ; la préface de H. Krasucki accuse encore le trait.
  • [42]
    Déclaration de C. Rogerat devant le CCN du 20 janvier 1982 (Le Peuple, 1124, 16-31 janvier 1982, p. 17-18). Voir également le numéro d’Antoinette de mars 1982, sorte de « testament » de l’équipe.
  • [43]
    Le journal le Monde s’en fait l’écho le 30 janvier 1982 (« Les malheurs d’Antoinette »).
  • [44]
    Voir « Krasucki gifle Antoinette », Libération, 4 mai 1982 et « Antoinette normalisée », Le Matin de Paris, 7 mai 1981.
  • [45]
    LP, 555, 1er mai 1958. Il a été renouvelé en mars 1983 (LP, 1152, 1-15 avril 1983) et janvier 1991 (LP, 1326, 28 mars 1991). Voir Michel DREYFUS, « L’action de la CGIL dans l’immigration italienne en France : l’Istituto nazionale confederale di assistenza (INCA) », in A. BELLOCHINI, M. DREYFUS, P. MILZA, L’immigration italienne en France, Bruxelles, Complexe, 1995.
  • [46]
    Sur l’histoire du secteur « immigration » dans la CGT, voir également nos entretiens avec M. Apostolo, M. Dufriche, R. Lomet.
  • [47]
    LP, 206, 29 juillet-5 août 1948. Voir le cas de la Moselle dans : ANDOLFATTO, 1995, p. 18-19.
  • [48]
    Marcel DUFRICHE, « La commission de l’immigration », LP, 587, 1-15 août 1959.
  • [49]
    La municipalité communiste avait évacué de force un foyer de 300 travailleurs immigrés. Voir la note annexée à l’entretien avec M. Apostolo (p. 37-38).
  • [50]
    La conférence de décembre 1986 est annoncée dans LP, 1224, 25 juillet 1986. Elle ne fera l’objet d’aucun compte rendu et nous n’en avons pas trouvé trace dans la presse de l’époque.
  • [51]
    Intervention de R. Vaillant devant le CCN, LP, 1431-32, 14 mars 1996, p. 43-44. Cette préparation a été évoquée lors d’une réunion du conseil de la Fédération des métaux en janvier 1996. Le rapporteur indiquait notamment que les listes CGT aux élections professionnelles sont parfois préparées en évitant les noms à consonance maghrébine, par crainte de perdre des « électeurs nationaux » (AF, 368, 12 janvier 1996, p. 4).
  • [52]
    M. DUFRICHE, « La commission de l’immigration », LP, 587, 1-15 août 1959.
  • [53]
    Pour la fédération et les syndicats parisiens des métaux, voir le témoignage de Roger LINET, CGT : lendemains de guerre, 1944-1947, Paris, Hachette-pluriel, 1995.
  • [54]
    LP, 273, 13-20 octobre 1949.
  • [55]
    Voir par exemple, LP, 656, 1-15 juillet 1962 ou 830, 1-15 octobre 1969. On peut se reporter au CC du 15 novembre 1978 qui présente un rapport sur « notre politique de cadres syndicaux » : en bibliographie sont cités les principaux articles de LP qui abordent la question depuis les années 1960.
  • [56]
    Cette politique est présentée devant le CCN des 7 et 8 décembre 1976 (LP, 1-15 février 1977). Voir également : LP, 1110, 1-15 avril 1977 et 1012, 15-30 avril 1977.
  • [57]
    A. Allamy a dirigé la rédaction d’une brochure : Centre confédéral d’éducation ouvrière de la CGT, Réflexions pour une politique de cadres syndicaux, Montreuil, 1984 et une réflexion collective qui a débouché sur une série d’articles parus à partir d’août 1983 sous le titre : « Concevoir et impulser à tous les niveaux une politique ambitieuse et dynamique de promotion des cadres syndicaux ». On notera que, tous les auteurs de ces articles, à part G. Moineau, étaient des responsables communistes.
  • [58]
    On ne connaît qu’une exception à cette règle : en 1992, H. Krasucki et la majorité du BC sont parvenus à imposer M. Demons contre le vœu de G. Marchais.
  • [59]
    Certains attribuent ce déclin à l’action du « secteur organisation » et au sectarisme des communistes. Par exemple, selon A. Allamy, le secteur organisation a fait « main basse sur les cadres dans un but partisan » et « son comportement a eu des conséquences catastrophiques : aujourd’hui, la CGT manque de cadres de valeur ». D’autres estiment que cette dégradation touche tout le mouvement syndical. C’est le cas de J.-C. Le Duigou pour qui « le mouvement syndical souffre d’une baisse de la qualité dans son recrutement du haut en bas des organisations. Cela se manifeste aussi par la difficulté à renouveler les équipes syndicales ».
  • [60]
    En 1966, à l’occasion de la démission de P. Le Brun, H. Krasucki a reçu les « questions du plan ». Lors du départ de J. Schaeffer, il a ajouté à ses responsabilités : l’emploi, la formation professionnelle, le chômage, les ASSEDIC et l’UNEDIC. Il était également membre du conseil de la FSM puis vice-président, ce qui lui a permis de nouer des contacts directs avec les organisations du « camp socialiste ». Enfin, il était membre du CC et du BP du PCF, ce qui en faisait l’égal de G. Séguy.
  • [61]
    CC, 358, 23 octobre 1974. Cette réflexion conduira également à une refonte du secteur juridique (cf. ci-dessous).
  • [62]
    Plusieurs témoins nous ont affirmé que, lors du congrès de Grenoble (1978), H. Krasucki s’est vu confier, par le secrétaire général du PCF, la reprise en main de la CGT avec l’appui de l’appareil du parti et le soutien notamment de M. Warcholak (secteur organisation) et de T. Hirzsberg (UGFF) qui venaient d’être promus au comité central du parti.
  • [63]
    La direction de la VO (L. Viannet) est détachée de l’action revendicative, elle-même séparée de l’emploi et du chômage. L’« animation des luttes » revient à R. Lomet, chargé de la coordination du bureau confédéral (sous la supervision du secrétaire général), qui contrôle également le service d’ordre dirigé par M. Lourdez.
  • [64]
    Dans son numéro 1123 du 1-15 janvier 1982, LP fait paraître un « bilan des luttes en novembre 1981 ». Untel « bilan » paraîtra irrégulièrement au cours de l’année 1982 dans le Peuple et dans le CC.
  • [65]
    La consultation des index de LP est éclairante : depuis 1985, et aujourd’hui encore, la rubrique « luttes » occupe de très loin le plus d’espace.
  • [66]
    Daniel Angleraud (1937-1993) : secrétaire général de l’Action catholique ouvrière et membre du PS, il a pris la succession de G. Gaumé au BC et à la tête du secteur juridique de 1986 à 1989. Un portrait en est tracé dans : Félix LACAMBRE, Daniel Angleraud, la passion rebelle, Paris, Les Éditions de l’atelier, 1994. L’ouvrage est essentiellement composé d’extraits de ses carnets. Il y a peu de choses sur son passage au BC de la CGT — où il se voit « otage des communistes, sans nul doute, mais également témoin d’une autre approche de la vie, de l’homme, de la société » (p. 64) — sinon quelques notations symptomatiques : « Le poids du PCF dans le mouvement rend illusoire tout infléchissement sérieux des idées » (p. 66) et : « Chez les militants “chevronnés” (PCF) s’est développée une véritable phobie des “autres” » (p. 67).
  • [67]
    CC n° 164 du 22 avril 1976. Dans la suite de ce développement, nous nous inspirons essentiellement de ce document.
  • [68]
    La commission se compose d’un représentant pour : UGICT, UGFF, Verre, Agriculture, Cheminots, Textile, Ports et Docks, UGFF, Services publics, Industries chimiques, Métallurgie, Poste, Employés, UGICT (bis), Bois, Papier-carton, Police, Transports ; 12 représentants des principales UD (elles ne sont pas nommées) ; 3 représentants des syndicats nationaux spécialisés (Agents des cours et tribunaux, Personnels de → l’administration et des services extérieurs du travail et de la Sécurité sociale) ; 8 conseillers prud’homaux ; 8 représentants des secteurs confédéraux concernés (comités d’entreprise, centre confédéral de la jeunesse, éducation, main d’œuvre féminine, main d’œuvre immigrée, politique revendicative, secteur social).
  • [69]
    Ce qui est un effectif considérable pour un exécutif spécialisé. Plusieurs de ces membres travaillaient auparavant dans le secteur juridique ou y collaboraient : outre J. Schaeffer et M. Cohen — J. Schaeffer partira définitivement à la retraite en 1978. M. Cohen était professeur de Droit à la faculté de droit de Paris et directeur de la Revue pratique de droit social — il s’agit de J. Gaubert, M. Jacek, J. Potdevin et J.-C. Wartel. Pour les autres, il semble qu’ils aient été désignés à cause de leurs fonctions da ns l’appareil de la CGT et non de leurs compétences dans les questions juridiques et judiciaires.
  • [70]
    Nous avons reconstitué les compétences du secteur confédéral en recensant les principaux documents qu’il a fait paraître dans le CC jusqu’en 1992 et, secondairement grâce à la rubrique « questions d’organisation » de LP. Nous avons soumis ce document aux principaux responsables, notamment aux anciens secrétaires à l’organisation qui ont bien voulu confirmer son exactitude. Voir également, les témoignages de A. Allamy, J.-C. Chaumeron, M. Dufriche, M. Caille, R. Lomet, P. Masson, M. Warcholak. Si les faits n’ont pas été contestés, plusieurs de nos interlocuteurs ont remis en cause la philosophie du contrôle politique que nous pensons avoir décelée et sur laquelle nous revenons plus bas.
  • [71]
    A. Allamy, M. Dufriche, M. Caille et R. Lomet confirment que c’est lui qui a développé le secteur organisation dans la confédération. Les témoignages sont discordants : M. Dufriche le décrit autoritaire, cassant et craint dans la CGT ; A. Allamy et M. Caille en parlent plutôt positivement comme d’un homme soucieux d’aider les responsables des UD et des fédérations et de limiter l’autoritarisme. En fait, il laisse un « bon » souvenir à cause des pratiques ultérieures du secteur organisation qui, par contraste, ont amélioré son image.
  • [72]
    Tous les témoins interrogés nous ont affirmé que cette commission des conflits prévue à l’article 16 des statuts n’a jamais fonctionné. Il existe pourtant des conflits entre organisations notamment sur l’affiliation fédérale des syndicats. La manière dont ces conflits sont réglés n’est pas claire.
  • [73]
    D’après A. Allamy, ces réunions n’ont pas toujours « débouché sur des décisions positives du fait que les uns et les autres étaient gênés par des considérations secondaires mais qui devenaient un obstacle énorme. Par exemple : l’affiliation à telle ou telle fédération » (A. ALLAMY, « Réflexions sur les structures fédérales », LP, 1-15 juillet 1966). Le souvenir de cette commission semble s’être perdu.
  • [74]
    Le « service central élection » est créé par la CE en octobre 1973 (LP, 929, 15-30 novembre 1973. Ce même numéro publie un questionnaire que doivent renvoyer les sections et les syndicats).
  • [75]
    « La représentativité de l’UGICT parmi les ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise », LP, 1002, 1-15 décembre 1976.
  • [76]
    LP, 1006, 15-31 janvier 1977. La statistique de la CGT porte sur 820 800 suffrages exprimés (elle en recueille 580 276 soit 58,5 %). Pour moitié environ, ces statistiques portent sur les élections des DP et des CE. Or pour la même année, la statistique du ministère du travail, établie sur les seules élections aux comités d’entreprise, porte sur 1,9 million de suffrages et en attribue plus de 750 000 à la CGT (Monique CREUTZ, « Les résultats des élections aux comités d’entreprises en 1976 », Revue française des affaires sociales, 1979-1, janvier-mars 1979, p. 173-284). Pour l’autre moitié, la statistique de la CGT porte sur des grandes entreprises nationales, comme la SNCF et EDF, qui ne sont pas incluses dans la statistique du ministère du travail. Le service central des élections n’a donc recueilli qu’une petite partie des résultats du secteur privé.
  • [77]
    « Sections syndicales d’entreprise 1970-77 », Travail information, 10, 1989. Les années 1978-1981 sont publiées dans la Revue française des affaires sociales (1981-3, 1983-1, 1984-1, 1984-2). La publication a été interrompue car la méthode du recensement permanent était trop peu fiable. Ces chiffres sont des maxima : les sections recensées n’ont jamais existé toutes en même temps. Quoi qu’il en soit, la confédération n’était pas très bien renseignée.
  • [78]
    Le rapport d’activité pour le 45e congrès indique que « seulement un tiers des résultats des élections professionnelles parviennent à la confédération » (LP, 1410-11, 15 juin 1995, p. 46).
  • [79]
    Par exemple, la conférence de presse du 28 février 1991 au cours de laquelle M. Warcholak a présenté les résultats des élections en 1990 : « Première centrale syndicale : la CGT », LP, 1326, 28 mars 1991. Ou B. Vivant, « Les élections professionnelles : au cœur du renouveau syndical », LP, 1422-23, 23 novembre 1995, p. 47-48.
  • [80]
    Sur les notions d’implantation et d’audience, voir : Dominique LABBÉ, « Élections aux comités d’entreprise : le déclin des syndicats ? », Travail et emploi, 53, 1992/3, p. 40-55, et : « Comités d’entreprise : les configurations électorales », Travail et emploi, 59, 1994/2, p. 64-73.
  • [81]
    Par exemple : « La CGT progresse au détriment de FO aux élections professionnelles », Le Monde, 1er mars 1996.
  • [82]
    Comme pour chacun des secteurs, une « commission d’organisation » a fonctionné jusqu’à la fin des années 1970. Il en existe aucune trace dans le CC et l’on ne sait rien de sa composition ni de son fonctionnement. D’après le témoignage de M. Warcholak, elle a été supprimée, peu après son arrivée, et remplacée par des cellules plus petites constituées au coup par coup. Le secteur n’aurait fait que précéder de quelques années une évolution, conduisant dans l’ensemble de la CGT, à l’effacement des commissions et à leur remplacement par des collectifs restreints.
  • [83]
    Voir notamment : « Éléments de réflexion sur le rôle du secrétaire et de la commission d’organisation d’une UD », CC, 9, 4 mai 1964. Sauf référence contraire, les citations suivantes sont extraites de ce document qui résume les centaines d’articles et de rapports, présentés à cette époque sur les questions d’organisation.
  • [84]
    Cette expression a son importance. Dans le jargon du PCF, elle signifie « placé sous la direction de militants communistes désignés par le parti ». Au nom du « caractère de classe » des organisations, il a existé une véritable nomenclature des postes réservés aux communistes (dans les municipalités comme dans les « mouvements de masse » contrôlés par le parti). De même, une « position de classe » signifiait que la position en question était conforme à la ligne du parti communiste. Dans la CGT, le « contrôle de conformité » — à la nomenclature des emplois et à la ligne — était l’apanage du secteur à l’organisation.
  • [85]
    Dans la collection du CC, le premier document de préparation du congrès confédéral paraît le 31 mars 1965, et porte en titre : « Propositions faites par les fédérations pour la désignation des délégués au 35e congrès » (celui-ci doit se tenir à Ivry-sur-Seine trois mois plus tard). En fait, 15 fédérations seulement figurent dans ce tableau. Pour certaines, comme le « sous-sol », le document donne la répartition par UD ; pour d’autres la répartition est régionale. Sur certaines lignes, figurent également des mentions comme « femme », « jeune », « immigré », « cadre » ou « retraité ». Le secteur sera plus prolixe pour les congrès suivants, ce qui permet également de comprendre comment fonctionne le mécanisme qui aboutit à la composition du congrès.
  • [86]
    Pour le 45e congrès confédéral, cf. LP, 1416-17, 28 septembre 1995.
  • [87]
    Grâce aux tableaux de 1969 et de 1975, on voit que, grosso-modo, le délégué direct est acquis quand le syndicat atteint les 800 membres en 1969 et environ 600 en 1975. Cela concerne donc quelques dizaines de très grands syndicats qui sont d’ailleurs « suivis » de près à la fois par la fédération et par le parti. La majorité des syndicats sont donc représentés par des délégués « groupés ».
  • [88]
    LP, 1207-1208-1209, 19 décembre 1985, p. 127-129.
  • [89]
    On trouve la même idée dans la conclusion du rapport de B. Vivant présenté au CCN des 3 et 4 octobre 1994. Annonçant le lancement de la préparation du congrès confédéral de décembre 1995, B. Vivant affirme que « la composition du congrès devrait traduire notre volonté de reconquête du salariat tel qu’il est aujourd’hui. La représentation des jeunes, des femmes, devrait être particulièrement soignée, comme celle des précaires, des privés d’emploi ». Enfin, il ajoute que la préparation du congrès « devrait nous permettre une connaissance précise de ce que sont les syndiqués » (LP, 24 novembre 1994, p. 16).
  • [90]
    L’article 8 des statuts actuels stipule que : « Chaque organisation représentée au congrès a droit à un nombre de voix calculé sur la base des cotisations perçues pendant l’année précédant le congrès dans les conditions ci-après : actif : 1 voix pour 10 cotisations mensuelles ; retraité : 1 voix pour 12 cotisations trimestrielles » (les retraités ont obtenu le droit de vote au congrès de 1972. Auparavant, toutes les fédérations n’avaient pas de cotisations spéciales pour les retraités : on se contentait de leur vendre 4 timbres par an au lieu de 12, ce qui explique la règle 3 retraités = 1 voix).
  • [91]
    Miniou (secrétaire général de la Fédération nationale des syndicats d’officiers de la marine marchande), « L’action organisée des travailleurs pour la défense de leurs conditions d’existence », Tribune libre pour le 30e congrès confédéral, LP, 482, 20 mai 1955.
  • [92]
    Voir par exemple le compte rendu de la rencontre nationale des secrétaires à l’organisation d’une centaine d’UD et de fédérations en avril 1991 (LP, 1329, 23 mai 1991, p. 32-34).

Dans le précédent chapitre, nous avons montré le gonflement et la « présidentialisation » de la confédération. Ces tendances peuvent être rattachées à l’une des conclusions de la première partie : l’unité de la CGT est l’un des principes fondamentaux de son organisation. La confédération est à la fois le symbole et le garant de cette unité, ce qui l’a amenée à jouer un rôle comparable à celui de l’État central dans un processus d’unification nationale. Le centre a progressivement rassemblé entre ses mains les principales décisions, il a édicté des normes valables sur l’ensemble du territoire et il a imposé un modèle administratif unique. Mais surtout, il est devenu une référence : les solutions qu’il a adoptées ont été copiées partout quelle que soit l’indépendance formelle des autorités concernées.
Nous avons déjà signalé la tendance consistant à voir dans les unions départementales, des « succursales » de la confédération, tandis que les unions locales seraient des déconcentrations de l’UD. La réalité de cette construction pyramidale est attestée par la ressemblance frappante des appareils administratifs. En effet, les UD et les fédérations sont non seulement dotées des mêmes organes mais aussi d’une structure administrative semblable. Dès qu’elles atteignent une certaine taille, on retrouve en leur sein les mêmes divisions administratives qu’au siège de la confédération et ces « secteurs » fédéraux ou départementaux sont les correspondants de leurs homologues confédéraux…


Date de mise en ligne : 01/01/2017

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