Conclusion. La patience de la justice
- Par Jérôme Michel
Pages 111 à 116
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- MICHEL, Jérôme,
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Notes
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[1]
« Lettre à Léon Blum », 29 septembre 1945, in Œuvres complètes, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », p. 627.
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[2]
Discours de Stresa », in L’Œuvre (1947-1950), op. cit., p. 179.
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[3]
Colette Audry, Léon Blum ou la politique du Juste, Julliard, collection « Les temps modernes » dirigée par Jean-Paul Sartre, 1955.
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[4]
« Discours de Stresa », in L’Œuvre (1947-1950), op. cit., p. 179.
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[5]
Nouvelles Conversations de Goethe avec Eckermann, in L’Œuvre (1891-1905), op. cit., p. 335.
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[6]
Sur les « fous de la République », voir le livre de Pierre Birnbaum, Histoire politique des Juifs d’État de Gambetta à Vichy, Le Seuil, collection « Points », 1992.
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[7]
René Cassin, préface à L’AIU et la renaissance juive contemporaine, d’André Chouraqui, PUF, 1965, p. 19.
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[8]
Léon Blum fut un sympathisant actif de la cause sioniste, dans laquelle il voyait une incarnation spécifique du socialisme. Sur le « sionisme » de Blum, voir principalement la biographie d’Ilan Greilsammer, Léon Blum, op. cit., notamment les pages 291-303 et 517-524.
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[9]
Dans un discours prononcé le 15 mai 1936, à quelques jours de son accession à la présidence du Conseil, il devait rappeler la reconnaissance qu’il éprouvait, en tant que juif, pour la République émancipatrice : « Je ne me suis jamais targué, mais je ne me suis jamais caché non plus d’appartenir à une race qui a dû à la Révolution française la liberté et l’égalité humaines et qui ne devrait jamais l’oublier », cité par Léon Vichniac, Léon Blum, Flammarion, 1937, p. 11.
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[10]
Emmanuel Levinas, Difficile Liberté, Le Livre de poche, collection « Biblio-Essais », p. 238.
Le juriste en politique ne peut pas tout. Pariant, par principe, sur la raison et la délibération, il restera désarmé face à la part nocturne de l’humanité et à la déraison des États. Il nous enseigne, en revanche, que rien ne peut se construire sur l’alternative du « tout ou rien », de l’émancipation définitive ou de l’asservissement éternel, que rien ne s’édifie sans des médiations permettant de réconcilier « l’ordre avec le droit, la justice avec la liberté, l’organisation collective de la société avec la pleine intégrité des individus, l’indépendance des nations avec la solidarité internationale et la fraternité humaine ».
Les juristes sont peut-être, selon la formule de Pierre Legendre, des « artistes de la raison ». Ils ne peuvent pas être, en revanche, des rêveurs de l’absolu. Tout au plus sont-ils des orfèvres du relatif. Tout juriste, en effet, apprend de la pratique du droit – et il n’est de connaissance réelle du droit que celle de sa pratique – que toute assertion souffre une assertion contraire, que le pro ne prend sens que par son contra, que toute vérité ne se dégage qu’à l’issue d’une disputatio.
En 1955, en un temps où l’on pouvait encore croire que la violence était la grande accoucheuse de l’Histoire, Colette Audry qualifia avec condescendance Léon Blum de « Juste », soulignant ainsi l’irréalisme de sa politique : « Quand on a décidé d’être un Juste, de réaliser la justice socialiste selon les seuls principes de la justice universelle, et d’être reconnu pour un Juste par le tribunal universel des consciences, il vient toujours un moment où, par crainte d’être traité d’escroc, de fusilleur et de tyran, par crainte de déchaîner une violence incontrôlable qui ne peut aller sans excès, on choisit de changer plutôt ses désirs que l’ordre du monde…
Date de mise en ligne : 02/08/2019
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