Chapitre d’ouvrage

IV. La polyphonie interne de la liberté

Pages 91 à 104

Citer ce chapitre


  • Sellier, E.
(2026). IV. La polyphonie interne de la liberté. Bergson ou l'identité en création (p. 91-104). Hermann. https://shs.cairn.info/bergson-ou-lidentite-en-creation--9791037047014-page-91?lang=fr.

  • Sellier, Emile.
« IV. La polyphonie interne de la liberté ». Bergson ou l'identité en création, Hermann, 2026. p.91-104. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/bergson-ou-lidentite-en-creation--9791037047014-page-91?lang=fr.

  • SELLIER, Emile,
2026. IV. La polyphonie interne de la liberté. In : Bergson ou l'identité en création. Paris : Hermann. Hors collection, p.91-104. URL : https://shs.cairn.info/bergson-ou-lidentite-en-creation--9791037047014-page-91?lang=fr.

Notes

  • [1]
    E., p. 34.
  • [2]
    Id., p. 64-65.
  • [3]
    A. Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation, trad. A. Burdeau, Paris, PUF, 2015, p. 1189.
  • [4]
    E., p. 75.
  • [5]
    A. Bouaniche, Bergson – Une philosophie de la nouveauté, op. cit., p. 75.
  • [6]
    Ph. Soulez, F. Worms, Bergson, op. cit., p. 20.
  • [7]
    Id., p. 21.
  • [8]
    Ibid.
  • [9]
    C., p. 1484. « 23 décembre 1934 - Bergson à Comtesse Murat ».
  • [10]
    M., p. 844. « “Une heure chez Henri Bergson” par Georges Aimel ».
  • [11]
    C., p. 1558. « 20 décembre 1936 – Bergson à A. Suarès » : « […] on ne pénètre tout à fait dans sa musique que si on la prend simple et indivisible comme un absolu, indépendante par conséquent de ce qui a pu la préparer. »
  • [12]
    Ibid.
  • [13]
    « Il y a donc enfin des tons différents de vie mentale, et notre vie psychologique peut se jouer à des hauteurs différentes, tantôt plus près, tantôt plus loin de l’action, selon le degré de notre attention à la vie. » MM., p. 7.
  • [14]
    Id., p. 115.
  • [15]
    V. Jankélévitch, Bergson, op. cit., p. 9.
  • [16]
    P. Quillier, « Entre ars et scienza : enjeux du contrepoint en musique, et de la musique au poème », Littérature, t. 180, n° 1, 2015, p. 17.
  • [17]
    Ibid.
  • [18]
    Id., p. 18.
  • [19]
    Je tiens ici à remercier très vivement Julien Nay, professeur d’éducation musicale en collège, pour les apports essentiels en technique solfégique qu’il a pu conférer à nos analyses.
  • [20]
    La Fughetta à un clavier, variation 10 des Variations Golderbg, nous donne un bel exemple de contrepoint fleuri. Les voix s’éveillent les unes après les autres (la basse, le ténor, puis le soprano, et enfin l’alto). Dans un second temps, on retrouve un « contrepoint brisé » car deux voix s’expriment simultanément (basse et soprano).
  • [21]
    D. Tchalik, « Harmonie et Contrepoint », dans Éléments d’esthétique musicale, dir. C. Accaoui, Arles, Actes Sud, 2011, p. 204.
  • [22]
    A. François, Bergson, op. cit., p. 14.
  • [23]
    DSI., p. 41-42.
  • [24]
    Id., p. 47.
  • [25]
    E., p. 150.
  • [26]
    PM., p. 11, « Mouvement rétrograde du vrai » ;
  • [27]
    G. Guertin, « Glenn Gould : “archilecteur” des Variations Goldberg », Horizons philosophiques, t. I, n° 2, 1991, p. 100.
  • [28]
    Ibid.
  • [29]
    P. Quillier, « Entre ars et scienza : enjeux du contrepoint en musique, et de la musique au poème », art. cit., p. 22.
  • [30]
    V. Jankélévitch, Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien, Paris, Seuil, 1980, p. 175.
  • [31]
    E. p. 79.
  • [32]
    Id., p. 95.
  • [33]
    Id., p. 79
  • [34]
    Ibid.
  • [35]
    Id., p. 64.
  • [36]
    E., p. 75., id., p. 77-78 et p. 93 ; PM., p. 11, « Mouvement rétrograde du vrai » ; id., p. 76. « De la position des problèmes » ; id., p. 164., p. 166 et p. 170, « La perception du changement ».
  • [37]
    DSI., p. 47.
  • [38]
    E., p. 6.
  • [39]
    Ibid.

Au crépuscule de cette première partie sur l’Essai, la durée nous apparaît comme la polyphonie interne de notre liberté. L’image la caractérisant au mieux – la moins traître – serait celle du contrepoint, à l’exemple de son emploi dans la fugue. La durée se réalise comme liberté, en tant qu’elle est hétérogénéité indistincte d’éléments qui s’entremêlent, qui s’entre-pénètrent, qui s’entre-révèlent. La fugue – par sa technique contrapuntique – incarne elle aussi une multiplicité hétérogène, notons que la forme, comme tout fini, participe pleinement à la mise en exergue des variations internes, d’une création polyphonique indéfinie. Pour Bergson, « le son resterait qualité pure, si nous n’y introduisions l’effort musculaire qui le produirait, ou la vibration qui l’explique », et c’est d’ailleurs par l’intermédiaire d’une analyse de la perception des sons, ceux-ci ne nous parvenant jamais comme des voix uniques, mais au contraire comme une masse polyphonique que seul un effort d’attention rétrospectif dissociera, qu’il établit la différence capitale entre les deux types de multiplicités : un milieu homogène où se succèdent abstraitement des sons distincts et une polyphonie aussi indéfinie que réelle n’étant autre que la durée. Le son comme « qualité pure » illustre très précisément ce qu’est le qualitatif. En ce sens, il désigne un absolu.
Toutefois, la musique n’est pas chez Bergson l’expression directe et ultime d’une réalité qui s’impose à nous, à l’instar de Schopenhaue…


Date de mise en ligne : 17/04/2026

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