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III. La crise de 1830 et ses suites

Pages 81 à 99

Citer ce chapitre


  • Felkay, N.
(1987). III. La crise de 1830 et ses suites. Balzac et ses éditeurs, 1822-1837 : Essai sur la librairie romantique (p. 81-99). Éditions du Cercle de la Librairie. https://shs.cairn.info/balzac-et-ses-editeurs-1822-1837--9782903181628-page-81?lang=fr.

  • Felkay, Nicole.
« III. La crise de 1830 et ses suites ». Balzac et ses éditeurs, 1822-1837 Essai sur la librairie romantique, Éditions du Cercle de la Librairie, 1987. p.81-99. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/balzac-et-ses-editeurs-1822-1837--9782903181628-page-81?lang=fr.

  • FELKAY, Nicole,
1987. III. La crise de 1830 et ses suites. In : Balzac et ses éditeurs, 1822-1837 Essai sur la librairie romantique. Paris : Éditions du Cercle de la Librairie. Histoire du livre, p.81-99. URL : https://shs.cairn.info/balzac-et-ses-editeurs-1822-1837--9782903181628-page-81?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Cf. Le catalogue de « 1830 », exposition organisée par le musée Carnavalet, 1980, p. 24.
  • [2]
    Voir la célèbre gravure La Lecture des ordonnances.
  • [3]
    De Vaulabelle, Histoire des deux Restaurations, t. VIII, 1887, p. 201.
  • [4]
    Cf. le petit libelle, Lettres d’un lapin de Saint-Cloud [où Charles X résidait alors] à Charles X sur les inconvénients de trop aimer la chasse. Louis XVI était aussi à la chasse le 14 juillet 1789.
  • [5]
    P. Chauvet, Les Ouvriers du livre, 1964, p. 646. L’auteur a eu le mérite de publier in extenso ce mémoire de Ladvocat conservé aux Archives nationales, F18 567. Ce texte est tout à l’honneur du grand éditeur de la Restauration, connu surtout comme dandy et arriviste. Il défend ici les ouvriers : « Il est celui qui leur a le plus procuré de travaux avantageux, il sait qu’il en est aimé. […] » Ladvocat sera ruiné par la Révolution de 1830 (cf. chap. x).
  • [6]
    V. Fabre, Histoire la révolution de 1830, t. I, p. 131.
  • [7]
    Texte d’Amaury Duval du 15 août 1830, publié dans « 1830 », numéro spécial de Romantisme, 1980, p. 10.
  • [8]
    Chauvet, ouvr. cité, p. 98.
  • [9]
    Ibid., p. 647.
  • [10]
    Extrait d’un article (rédigé par un ancien imprimeur) du Précurseur, 5 février 1831, p. 10.
  • [11]
    Le Corsaire, 19 août 1830.
  • [12]
    Id., 20 août 1830.
  • [13]
    A.N., F12 5284 : enregistrement de la correspondance adressée au ministre du Commerce (dont dépendait alors la Direction de la librairie).
  • [14]
    A.N., F18 567.
  • [15]
    Aux archives de la Préfecture de police, nous n’avons trouvé, dans un dossier d’aide au commerce de 1830 (Da1 I), que des avances d’argent à l’imprimeur Ducessois (6 000 F) : les autres noms cités sont ceux de manufacturiers ayant reçu des sommes plus importantes.
  • [16]
    A.N., F18 567.
  • [17]
    Id., F17 29041 Le 11 juillet 1833, M. Guéry, libraire, demande quelques-uns de ces livres ; il ne peut les estimer au-dessus de 1,50 F : « Tous sont anciens et sont inférieurs à des ouvrages plus modernes qui traitent le même sujet. L’exécution typographique est incorrecte et les éditions antérieures se trouvent dans le commerce à fort bas prix. […] »
  • [18]
    A.N., F.1d3 39 : liste des décorés de Juillet.
  • [19]
    Juste Olivier, Paris en 1830, 1951, p. 235, cité par R. Chollet, Balzac journaliste, 1983, p. 235.
  • [20]
    N. Felkay, « Barbier et Éverat », dans L’Année balzacienne, 1978, p. 236, note 1 (et cf. chap. xi, ici même).
  • [21]
    Ibid., p. 229.
  • [22]
    Hanotaux et Vicaire, La Jeunesse de Balzac, 1903, p. 148.
  • [23]
    Arch. de Paris, D 11 U 3, faillite du 3 sept. 1830 : ce document a déjà été exploité dans notre article « Les quatre faillites du libraire Mame », dans L’Année balzacienne, 1973. Cf., ici même, chap. vi.
  • [24]
    Sur tout cela, cf. Hervé-J. Donnard, Les Réalités économiques de » La Comédie humaine », 1961, pp. 287-288.
  • [25]
    Cf., plus haut, chap. i.
  • [26]
    Arch. de Paris, D10 U3 9 : enregistrement des faillites de 1830.
  • [27]
    La liste complète des œuvres de cet écrivain prolifique (1786-1864) figure dans son dossier de demande de secours (A.N., F17 3172). Cf., dans les annexes, la note qui est consacrée à Lamothe-Langon.
  • [28]
    On retrouve beaucoup d’exemplaires de cet ouvrage dans le dossier de la faillite.
  • [29]
    Les détails de la faillite Mame sont décrits au chap. vi.
  • [30]
    Il y avait déjà eu, sous l’Empire, des prêts faits aux manufactures (cf., sur ce sujet, un article de La Revue des études napoléoniennes, 1912), mais la librairie avait été alors oubliée.
  • [31]
    Le Moniteur, 19 octobre 1830.
  • [32]
    Le Journal des Débats. 19 octobre 1830.
  • [33]
    Mention de transmission dans A.N., F 4103.
  • [34]
    A.N., F18 567 : lettre du ministre de l’Intérieur au comte Mollien.
  • [35]
    Id., F12 4639.
  • [36]
    Malheureusement, les « papiers » de la commission de commerce ont disparu.
  • [37]
    Ce document est conservé avec la pétition des libraires éditeurs de décembre 1835, que nous évoquerons plus loin dans ce chapitre.
  • [38]
    On peut consulter la plupart des actes de prêt, passés devant Me Chodron, le notaire du roi, entre le 15 novembre 1830 et le 31 mars 1831 (A.N., minutier central, étude xv, liasses 1786 à 1789).
  • [39]
    Selon la circulaire, déjà citée, du 11 novembre 1830, ce libraire était responsable des livres déposés et devait verser une caution de 20 000 F.
  • [40]
    En 1829, le célèbre libraire s’était séparé de son associé Dufey et établi à cette nouvelle adresse.
  • [41]
    En réalité, il avait cédé cette propriété à son associé Dufey.
  • [42]
    Gazette des tribunaux, 7 décembre 1829.
  • [43]
    Le 8 janvier 1830, on voit Balzac. Canel et Levavasseur régulariser entre eux le traité pour la Physiologie du mariage (cf. Corr., t. I, p. 441). Le traité pour Le Dernier Chouan est du 15 janvier 1829, et seulement entre Balzac, Canel et Latouche (ibid., p. 369). Mais Levavasseur dut racheter des exemplaires à Canel.
  • [44]
    Sur Levavasseur, cf. M.-A. Fleury et A. Doyon, Nouvelle Correspondance stendhalienne, dans Stendhal-Club. 1970.
  • [45]
    Ouvr. cité, 1860, p. 109.
  • [46]
    N. Felkay, « La deuxième édition de la Physiologie du mariage », dans L’Année balzacienne, 1973, pp. 374-380.
  • [47]
    Le 27 février 1832 (arch. de Paris. D10 U3 11).
  • [48]
    Il ne devait rembourser que 10 000 F sur les 40 000 F prêtés.
  • [49]
    Le Feuilleton du journal de la librairie, septembre 1832.
  • [50]
    Publiée dans Corr., t. II, pp. 567-568.
  • [51]
    D’après le tableau des prêts de A.N., F12 4639, il semble toutefois que Canel ne reçut jamais cette somme.
  • [52]
    Cinquième supplément, février 1823, p. 23. Cet ouvrage était inscrit au Catalogue de Pigoreau de décembre 1823 sous le n° 96, ainsi que Jean-Louis, sous le n° 262. Pigoreau a rendu compte, dans sa feuille d’annonces, de presque tous les romans de jeunesse de Balzac (cf., plus loin, chap. iv).
  • [53]
    Arch. de Paris, D11 U3 86, faillite 6948.
  • [54]
    Tous les détails que nous avons donnés précédemment sont extraits de ce rapport.
  • [55]
    A.N., C 753.
  • [56]
    Arch. de Paris, registre de déclaration de ventes des commissaires-priseurs, 1834.
  • [57]
    A.N., C 753.
  • [58]
    Le marchand de papier Auzou a remboursé la moitié de son prêt : 20 000 francs sur 40 000, mais c’est une exception.
  • [59]
    Extrait de l’article du Précurseur, déjà cité à la note 10 de ce chapitre. Durant cette année 1831, il est bien fait mention dans les journaux (le 18 juin, notamment) de la création d’une commission chargée de réviser la législature de la librairie et de l’imprimerie, composée de conseillers d’État et de deux imprimeurs, Firmin-Didot et Crapelet, mais l’on n’en connaît pas les résultats.
  • [60]
    A.N., F12 5821.
  • [61]
    Id., min. centr., étude lxxvi.
  • [62]
    Id., ibid., I. 692, 16 juillet 1831. Cf., plus loin, chap. viii.
  • [63]
    Id., F17 2900.
  • [64]
    Id., F18 567. Guyot obtiendra une souscription de cinquante exemplaires de l’Histoire de la philosophie au xixe siècle de Damiron et une autre de douze exemplaires de la Collection complète des lois par J.-B. Duvergier (A.N., F 4103).
  • [65]
    Id., ibid.
  • [66]
    Id., F 4160.
  • [67]
    Id., F 4163.
  • [68]
    Courtes Observations de M. Bossange père à MM. les membres de la Chambre des députés relatives au prit fait à la librairie, Paris, 1833, in-8°.
  • [69]
    Le Journal des Débats, 25 mars 1833.
  • [70]
    B. Gille, dans La Banque et le Crédit en France, 1959, p. 152, indique que Laffitte avait fait des avances considérables aux frères Bossange. On peut en effet vérifier cela et nous l’avons fait tout à l’heure en étudiant la faillite Bossange.
  • [71]
    Nouvelles Observations de M. Bossange père relatives au prêt fait à la librairie […], Paris, 1833, in-4°.
  • [72]
    Rappel : chap. i et cf., plus loin, chap. viii. Bien que la préfecture de police l’ait interdit, il semble donc qu’il ait continué.
  • [73]
    Il est certain que les noms des secourus sont ceux des dirigeants des maisons parmi les plus importantes mais aussi les plus sûres politiquement. Dans sa réponse au libraire Würtz qui avait, dès septembre 1830, demandé la création de bibliothèques publiques, le ministre spécifiait :« De fortes sommes ont été avancées à des libraires qui présentaient des sûretés convenables pour la garantie des intérêts du Trésor. […] » (A.N., F18 567.)
  • [74]
    Dans une deuxième brochure, Encore un mot sur la proposition de M. Laffitte, 5 juin 1833, il écrit : « Le but de la loi du 17 septembre 1830 était de venir au secours de la classe ouvrière et de calmer l’effervescence des ouvriers par le travail. Il fallait distribuer l’argent à un grand nombre de petites maisons et non pas aux plus importances.
  • [75]
    L’imprimeur Dupont, auteur d’un ouvrage de référence sur l’histoire de l’imprimerie, a commenté le document en ces termes : « Cette requête des libraires qui n’avaient pas participé au prêt […] est une preuve solennelle de la bonne harmonie qui, de tout temps, a régné entre les membres de la librairie parisienne et qui est une des plus louables traditions de son ancienne organisation. […] » (Histoire de l’imprimerie, t. I, 1854, p. 328.)
  • [76]
    Le Moniteur, 17 juillet 1833.
  • [77]
    D’après les registres de ventes des commissaires-priseurs conservés aux archives de Paris, évoqués plus haut.
  • [78]
    Le dernier livre paru chez Canel, en avril 1835, est Cécile d’Eugène Sue.
  • [79]
    A.N., F17 3116.
  • [80]
    Il s’agit de l’incendie des magasins de la rue du Pot-de-Fer, le 13 décembre 1835, que nous avons évoqué au chapitre i.
  • [81]
    A.N., C 2145. La liste des noms des pétitionnaires est également tirée de cette cote.
  • [82]
    À Messieurs les membres de la Chambre des députés (au sujet du prêt fait en 1830) par le Trésor au commerce de la librairie).
  • [83]
    Martin Bossange (1765-1865) fut le seul centenaire de la librairie. En 1837, il avait cédé son fonds au libraire Avenarius de Leipzig.
  • [84]
    Cf. N. Felkay : « Mme Béchet », dans L’Année balzacienne, 1977, et, ici même, le chapitre vii.
  • [85]
    Conservés dans la série A.N., F17.
  • [86]
    A.N., F17 3400.
  • [87]
    Cet article spirituel signé L. Gz. (Léon Gozlan) n’est pas conforme à la vérité. Pour retrouver les détails de la distribution des livres dans les bibliothèques, il faudrait consulter la presse locale.

Pour éclairer de l’intérieur les réalités économiques de la librairie au temps de Balzac, nous avons pensé bon d’examiner dans le détail l’octroi du fameux prêt à la librairie de 1830 : du point de vue considéré, peut-on trouver un meilleur révélateur ?
C’est une assez noble intention, il faut l’en créditer, qui inspire à la monarchie, issue des Trois Glorieuses, son projet d’aide générale aux gens du livre. Au bilan de la réalisation, cependant, les effets enregistrés ne sont pas très glorieux. On constate bien, après 1835, un certain rétablissement économique de la librairie, mais il sera de courte durée. En 1839, la nouvelle dépression qui s’ouvre déclenche une vague de ruines de libraires aussi importante sinon plus que celle de 1829 : n’est-ce pas là la sanction de l’incapacité ou du manque de volonté de la monarchie du « Roi-Citoyen » à réformer les lois-cadres de cette activité commerciale ?
Au passage, la narration — du reste succincte — des journées insurrectionnelles de juillet 1830 nous permettra d’affiner par une touche complémentaire notre peinture du milieu du livre à l’époque romantique, en esquissant les liens qui existaient alors entre patrons libraires (et imprimeurs) et les ouvriers qui confectionnent les ouvrages de librairie. Les typographes et les pressiers, comme les journalistes mais à un autre plan, tinrent un rôle majeur dans la révolution de Juillet, cet aspect politique d’une crise économique profonde (dont la librairie ne fut pas la seule victime)…


Date de mise en ligne : 27/01/2019

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