Analyse des principales études italiennes sur l’épistémologie de Bachelard
Pages 203 à 222
Citer ce chapitre
- BONICALZI, Francesca,
- GAYON, Jean,
- WUNENBURGER, Jean-Jacques
- et LECOURT, Dominique,
- Bonicalzi, Francesca.
- Bonicalzi, F.
- J. Gayon,
- J. Wunenburger
- et D. Lecourt
https://doi.org/10.3917/puf.gayon.2000.01.0203
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- Bonicalzi, F.
- J. Gayon,
- J. Wunenburger
- et D. Lecourt
- Bonicalzi, Francesca.
- BONICALZI, Francesca,
- GAYON, Jean,
- WUNENBURGER, Jean-Jacques
- et LECOURT, Dominique,
https://doi.org/10.3917/puf.gayon.2000.01.0203
Notes
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[*]
Università degli Studi della Calabria, Italie.
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[1]
Je ne parle pas des traductions italiennes et de la réception de la pensée de Bachelard, Bachelard vivant, puisque c’est l’objet de la communication de Vinti. Je considère la réception de l’épistémologie bachelardienne après les années 70. Je privilégie l’analyse des volumes consacrés à Bachelard en ne relevant que les articles qui ont contribué au développement du débat. Deux revues italiennes contiennent des numéros spéciaux sur Bachelard très significatifs : en 1974, Nuova Corrente paraît avec le titre de Bachelard e la scienza et en 1984, à l’occasion du centenaire de la naissance, Il Protagora publie un numéro intitulé Bachelard. Bilancio critico.
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[2]
Dans la préface de la deuxième édition de la traduction du Nouvel esprit scientifique (1978) on lit ces lignes conclusives : « Le fait de se rapporter à l’épistémologie de Bachelard implique aujourd’hui, pour nombre de philosophes italiens, le fait de s’engager dans l’étude de la connaissance scientifique et de son histoire en dehors de tout schéma préconçu, qu’il soit idéaliste ou positiviste ; il faut avoir sérieusement à l’esprit ce que cette connaissance a été dans le passé et ce qu’elle est actuellement et il faut être conscients de son importance pour la civilisation humaine » (Ludovico Geymonat et Pietro Redondi, Prefazione a Il Nuovo Spirito Scientifico, Bari, Laterza, 1978, p. XLI-XLII).
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[3]
« Jusqu’en 1967, l’année de la traduction italienne de Pour Marx de Louis Althusser, le nom de Bachelard est à peu près absent dans le débat culturel italien..., ce n’est qu’après la traduction de Pour Marx, d’abord, et de Lire le capital ensuite, que s’éveille la curiosité pour l’épistémologie de Bachelard. La curiosité et l’intérêt naissent au début du fait que dans les deux textes partant d’Althusser le nom de Bachelard est associé au concept de rupture épistémologique, c’est-à-dire au concept le plus nouveau et le moins acceptable pour une culture oscillant entre hégélianisme et positivisme » (Franco Lo Piparo, Introduzione à G. Bachelard, Epistemologia a cura di Lecourt, Bari, Laterza, 1975, p. VI-VIII). L’introduction fait une vaste et intéressante comparaison entre Bachelard et le groupe des épistémologues poppériens et postpoppériens. Mon analyse ne va pas au cœur de la comparaison entre les deux épistémologies, même si d’intéressantes analyses ont comparé la philosophie du non avec la théorie de la falsification de Popper et ont assimilé la communauté scientifique bachelardienne à celle de Kuhn. Outre l’importante contribution de Lo Piparo, je signale Marcello Pera, « La scienza ha una dimensione ? Un esame delle epistemologie di G. Bachelard e K.R. Popper », Nuova Corrente, 1974, p. 287-288 ; G. Polizzi, « Sul metodo nella storia delle scienze. Note per una lettura delle metodologie di Bachelard et Kuhn », Nuova Corrente, 1981, p. 349-376.
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[4]
Dominique Lecourt, L’epistemologia storica dans Georges Canguilhem et Dominique Lecourt, L’epistemologia di G. Bachelard, Milano, Jaca Book, 1969, 1997. Lecourt accentuera l’aspect critique de sa lecture en ce qui concerne la philosophie dans ses contributions successives. Son Pour une critique de l’épistémologie, paru en France en 1972, sera traduit en italien l’année suivante et paraîtra chez Dedalo de Bari, 1973, avec l’introduction de F. Fistetti.
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[5]
Georges Canguilhem, Études d’histoire et de philosophie des sciences, Paris, Vrin, 1968.
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[6]
V. Cotesta, « Bachelard filosofo del nuovo spirito scientifico », Nuova Corrente, 1974, p. 246-273 ; F. Fistetti, « Per una critica materialista dell’epistemologia di G. Bachelard », Nuova Corrente, 1974, p. 339-365, et Introduzione à Dominique Lecourt, Per una critica dell’epistemologia, Bari, Dedalo, 1973, p. 9-42 ; R. Dionigi, G. Bachelard. La (filosofia » come ostacolo epistemologico, Padova, 1973.
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[7]
Ludovico Geymonat et Pietro Redondi, Prefazione à G. Bachelard, Il Nuovo Spirito Scientifico, cité p. XXXVI-XXXVII.
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[8]
« Toutefois, puisque dans l’histoire de la philosophie ce ne sont pas les vraies paternités qui comptent, mais, au contraire, les affiliations, la reprise de Bachelard de la part de l’épistémologie matérialiste a donné une contribution positive à la philosophie marxiste française, qui a pu ainsi dépasser les positions sociologiques et existentialistes sur lesquelles elle s’était appuyée ; mais surtout elle a contribué, de façon plus générale, à concentrer le discours philosophique contemporain sur le problème de la science, de son histoire, de sa philosophie. En outre, il ne faut pas négliger l’importance que l’on doit accorder au fait que cela s’est passé au sein d’une certaine philosophie, celle de la recherche intellectuelle guidée par le doute et en face de laquelle on doit respecter tout système philosophique et scientifique préconçu, ce qui est peut-être le sens le plus important de l’œuvre de Bachelard » (Ludovico Geymonat, Storia del Pensiero Filosofico e Scientifico, Milano, Garzanti, 1976, p. 9-39).
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[9]
Ibid., p. 38.
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[10]
Ibid., p. 29, « La proposition de Bachelard de centrer l’étude de la science sur la genèse psychologique plutôt que sur sa structure logique nous laissait très perplexes. »
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[11]
G. Sertoli, Le immagini e la realtà. Saggio su Gaston Bachelard, Firenze, La Nuova Italia, 1972.
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[12]
« La science en tant que construction d’un monde pur » est le titre de la partie de son œuvre Le immagini e la realtà, consacrée à l’épistémologie (voir n. 11).
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[13]
Au bonheur, le seul objet digne de l’homme et inhérent à ces actes éthiques, Sertoli consacre l’article « G. Bachelard o la felicità », Nuova Corrente, 1971, p. 30-96.
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[14]
Le texte édité par Sertoli, G. Bachelard, La ragione scientifica (Verona, Bertani, 1974), se présente comme une anthologie très riche avec une vaste introduction et présentation des textes recueillis par champs problématiques dans des sections différentes.
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[15]
L’épistémologie bachclardicnne « en ce qui concerne la science et sa raison ne manifeste aucun décalage, c’est-à-dire qu’elle ne s’attribue aucune possibilité de critique. Elle ne le pourrait certes pas... Bachelard, en effet, ayant toujours identifié la raison avec la science ne peut que conclure qu’en dehors d’elle n’existe que seulement l’irrationnel (l’imagination donc : la rêverie et la poésie). Entre les deux termes il n’y a pas de tertium : c’est-à-dire qu’il n’y a pas un espace à l’intérieur duquel pourraient se constituer une autre connaissance et un autre savoir, qui ne soient pas scientifiques (la rêverie et la poésie ne correspondent pas à la connaissance et au savoir, comme on le sait). Cela n’est pas – comme nous voulons le préciser ici – un lieu de la philosophie, d’une philosophie qui comporte jugement (c’est-à-dire critique) et recherche – c’est-à-dire une attribution de sens de la science et de son intelligibilité » (G. Sertoli, La Ragione Scientifica, Verona, Bertani, 1974).
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[16]
Ibid., p. 41.
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[17]
G. Sertoli, « Produzione scientifica, ideologia e filosofia (A proposito di un libro su Bachelard) », Il Cristallo, 1974, I, p. 67-84 ; II, p. 45-62.
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[18]
« Certes, Bachelard n’est pas la seule voix qui pose les bases du structuralisme, mais il est certain que sans son épistémologie le phénomène structuraliste ne serait pas suffisamment compréhensible, et l’on pourrait en dire autant de l’autre composante fondamentale, la linguistique d’origine saussurienne » (F. Botturi, Struttura e soggettività. Saggio su Bachelard et Althusser, Vita e Pensiero, Milano, 1976, p. 5).
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[19]
« Une censure ou de certaines options philosophiques présupposées trop hâtivement » (ibid., p. 171).
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[20]
« Dans des termes plus généraux, elle (c’est-à-dire la rupture épistémologique) repropose, dans l’âme du plus scientiste des marxistes occidentaux, le problème de la subjectivité humaine du marxisme, et donc de la “philosophie” marxiste considérée dans son origine et dans ses conditions d’élaboration. »
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[21]
Mario Castellana, Il surrazionalismo di Gaston Bachelard, Napoli, Glaux, 1974.
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[22]
Mario Castellana, « Introduzione », Il Protagora, 1984, p. 9-16.
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[23]
Mario Castellana, L’epistemologia debole. Bachelard, Desanti, Raymond, Verona, Bertani, 1985.
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[24]
Mario Castellana, « Enriques e Bachelard : due epistemologie razionaliste », Il Protagora, 1973, p. 50-65, et Introduzione à F. Enriques, Il razionalismo sperimentale, Lecce, Milella, 1975, p. 7-21.
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[25]
Carlo Vinti, L’epistemologia francese contemporanea, Roma, Città Nuova, 1977.
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[26]
« Contre cette conception rigide de la logique du progrès scientifique, le mérite principal et l’actualité de la pensée bachelardienne demeurent ceux de l’exigence d’une épistémologie différenciée et libre de toute forme d’a priori ; de là la possibilité de rendre compte des processus cognitifs réalisés par les sciences à partir de la conscience que la logique ne préexiste pas aux sciences et à leur développement, mais qu’elle en dérive » (Pietro Redondi, Epistemologie e storia della scienza. Le svolte storiche da Duhem a Bachelard, Milano, Feltrinelli, 1978).
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[27]
G. Polizzi, Forme di sapere e ipotesi di traduzione. Materiali per una storia dell’epistemologia francese, Milano, Franco Angeli, 1984.
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[28]
« Tout le débat naît de l’équivoque selon laquelle Bachelard se laisserait délimiter par le matérialisme ou bien par l’idéalisme, tandis que c’est lui qui, en construisant son épistémologie, les délimite et cela parce qu’il ne se préoccupe pas de prendre position en philosophie, mais de tracer les contours d’un mouvement originel de la raison » (Francesca Bonicalzi, La Ragione Cieca. Teoria della storia della scienza e comunità scientifica, Milano, Jaca Book, 1982, p. 37). L’adjectif aveugle (cieca) ne veut pas suggérer une sorte d’irrationalisme, mais il met en jeu la cité scientifique : « au contraire, la communauté scientifique, en tant que lien théorique, semblerait être le point aveugle grâce auquel l’activité scientifique peut se constituer et peut fonctionner » (p. 50).
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[29]
Gaston Bachelard. Bilancio critico di una epistemologia, a cura di Mario Castellana, Il Protagora, 1984.
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[30]
« La notion de structure s’insinue dans le dispositif du consensus de la cité scientifique, qui assure aux sciences naturelles (à travers la mise en relief de la solidité de leur nature institutionnelle) la continuité des valeurs et des normes » (v. Ancarani, Struttura e mutamenti nelle scienze. L’epistemologia storica di Gaston Bachelard, Milano, Franco Angeli, 1981, p. 110).
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[31]
L’analyse du concept de structure menée par Castellana est plus intéressante : il conduit la structure dans le domaine mathématique (Mario Castellana, « L’epistemologia strutturale di G. Bachelard », Il Protagora, 1972, p. 18-26). Sur l’emploi des mathématiques chez Bachelard, qu’on se réfère aux importantes contributions de G.A. Piazza, « Filosofia e filosofia della matematica nel pensiero di Gaston Bachelard », Acme, 1978, p. 443-473, et « Costruzione matematica e spiegazione fisica nella filosofia di Gaston Bachelard », Epistemologia, 1982, p. 137-160.
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[32]
La publication de R. Fadda remonte à la même année, Pedagogia ed epistemologia. Saggio su Bachelard, Teramo, Lisciani e Giunti, 1983.
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[33]
A. Piromallo Gambardella, Pedagogia tra ragione e immaginazione. Riflessioni sul pensiero di Bachelard, Napoli, Liguori, 1983, p. 155.
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[34]
Carlo Vinti, « Bachelard. Ragione e realtà nella chimica contemporanea » dans AA.VV., Philosophers in the Laboratory, Roma, Musis, 1996, p. 181-218 ; Il soggetto qualunque. Gaston Bachelard fenomenologo della soggettività epistemica, Napoli, Edizioni Scientifiche Italiane, 1997 ; A. De Regibus, La filosofia di G. Bachelard tra scienza e immaginazione, Firenze, Le Lettere, 1997 ; Francesca Bonicalzi, La ragione pentita e il soggetto della città scientifico, Introduzione a G. Canguilhem – D. Lecourt, L’epistemologia di Gaston Bachelard, Milano, Jaca Book, 1997 (2e éd.) ; Francesca Bonicalzi, « Oltre la fenomenologia : la genesi del sapere scientifico nell’epistemologia di Gaston Bachelard », Bollettino Filosofico, Cosenza, Brenner, 1997, p. 77-106. Il est intéressant de souligner que dans ces années paraît la traduction italienne de FES, G. Bachelard, La formazione dello spirito scientifico (traduction et postface par E. Castelli Gattinara), Milano, Cortina, 1995.
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[35]
Francesca Bonicalzi, La ragione pentita e il soggetto della città scientifica, Introduzione a G. Canguilhem - D. Lecourt, op. cit., p. 9-53.
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[36]
Carlo Vinti, « L’epistemologia militante di Gaston Bachelard », dans AA.VV., Le più recenti epistemologie, Padova, Gregoriana, 1974, p. 357-368.
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[37]
Carlo Vinti, « L’uomo di scienza », Il Protagora, 1984, p. 125-148. Il reprendra cette thématique et l’élargira par rapport à d’autres épistémologies dans « Struttura della soggettività e nozione di persona nell’epistemologia contemporanea », dans AA.VV., Soggetto e Persona, Roma, Anicia, 1988, p. 147-170.
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[38]
Carlo Vinti, « La “normalità” della ragione scientifica : Bachelard e Korzobski », dans AA.VV., Linguaggio, ragione, follia, Napoli, Edizioni Scientifiche Italiane, 1990, p. 235-260.
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[39]
« La tâche que nous nous sommes assignée dans la relecture du texte bachelardien consiste dans le fait de suivre de près – et parfois de façon servile – les moments divers de cette enquête phénoménologique sur la subjectivité connaissante, sur la conscience du rationalisme ; nous courons ainsi – volontairement – le risque d’aggraver avec notre insistance sur certains points ou sur certains textes, le ton psychologique qui caractérise parfois le discours bachelardien » (ibid., p. 48).
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[40]
« Le résultat ultime et décisif de la topologie philosophique réside donc dans la prise de conscience épistémologique du statut et de la structure de l’acte de la connaissance ; un tel acte s’exprime, en dernière instance, sous la forme d’une “organisation rationnelle de l’expérience”, dans laquelle on ne peut pas trouver l’ “assurance” garantie par l’intuition immédiate de l’objet, ni la “clarté” garantie au sujet seulement par la conscience de l’identité de ses aperceptions. » Vinti conclut : « la référence critique à Kant est évidente » (Carlo Vinti, Il soggetto qualunque, cité p. 357).
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[41]
Ibid., p. 527.
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[42]
Cet argument fait l’objet de la troisième partie du volume (p. 669-841). Pluralité et discontinuité ; division et identité continuée ; intersubjectivité et spécialisation : voilà les formes de la subjectivité épistémique que Vinti repère, tout en ajoutant les livres, l’écriture et le langage du sujet de la science.
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[43]
Ibid., voir en particulier, p. 747-763.
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[44]
« Ce qui empêche Bachelard de retenir son attention sur une sociologie de la communauté, c’est qu’il sait très bien – comme il a été plusieurs fois souligné – que, même dans la cité scientifique et dans le moment dialogique, relationnel, intersubjectif, la raison scientifique demeure une valeur autonome, dont la constitution et le développement dans la communauté ne sont pas contaminés ou empêchés par des facteurs extérieurs. Ce sont exclusivement les valeurs de la rationalité qui déterminent en premier lieu le caractère social de celle-ci » (ibid., p. 761).
Si l’on relit les contributions italiennes à la compréhension de la pensée de Bachelard, on ne peut pas ne pas remarquer que le plus grand nombre des publications remonte aux années 70 et qu’elles se raréfient dans les années 80, avant de renaître vers la fin des années 90. Or, puisque ces données me semblent symptomatiques, elles serviront de lignes directrices dans mon analyse.
L’intérêt pour les études bachelardiennes se manifeste en Italie dans un climat culturel profondément marqué, d’un côté, par l’influence du structuralisme français et par la lecture structuraliste de Marx, promue par l’œuvre d’Althusser, et, de l’autre, par l’exigence d’une reformulation théorique de la science en dehors de l’opposition entre positivisme et idéalisme, dont l’héritage survivait dans la culture italienne dans les termes du néopositivisme et du débat marxiste entre la science et la société. Dans son introduction à l’édition italienne (1975) de l’anthologie des textes de Bachelard, Épistémologie (édité par Dominique Lecourt), Franco Lo Piparo souligne l’importance de la lecture althussérienne en ce qui concerne la réception de Bachelard en Italie : « Fino al 1967, anno della traduzione italiana di Pour Marx di Louis Althusser, il nome di Bachelard è pressoché assente nel dibattito culturale italiano... solo dopo la traduzione di Pour Marx prima, e di Lire le capital dopo, incomincia la vera curiosità per l’epistemologia di Bachelard. La curiosità e l’interesse inizialmente nascono dal fatto che in entrambi i testi althusseriani il nome di Bachelard viene associato al concetto di rottura epistemologica, cioè al concetto più nuovo e meno accettabile per una cultura sostanzialmente oscillante tra hegelismo e positivismo…
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