Conclusion
- Par Pierre Cosme
Pages 113 à 118
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La partie était sans doute déjà perdue pour Antoine et Cléopâtre quand Quintus Dellius a dévoilé leur plan de bataille à Octavien. Leur défaite était en fait consommée quand leur flotte s’est trouvée isolée dans le golfe d’Ambracie. Marc Antoine a commis l’erreur de la laisser rassemblée au nord-ouest de la Grèce, même quand il avait manifestement renoncé à tenter de débarquer en Italie. Ses navires se trouvaient ainsi à portée des incursions d’Agrippa, qui avait acquis, en combattant Sextus Pompée et les Dalmates, une expérience de la guerre sur mer dont ne pouvait se prévaloir Marc Antoine. Doit-on pour autant en déduire que ce dernier n’avait pas totalement abandonné toute idée de débarquement ? C’est peu probable, et il est plus vraisemblable qu’il se soit fait surprendre par les opérations d’Agrippa au sortir de l’hiver avant d’avoir pu envisager le moindre mouvement.L’historien doit certes se garder de trop céder à l’uchronie en se demandant si le cours des événements aurait pu être différent. On peut néanmoins être surpris d’observer que Marc Antoine n’a pas cherché à profiter de la profondeur stratégique que lui offrait l’alliance lagide, profondeur stratégique dont n’avaient bénéficié avant lui, rappelons-le, ni Pompée contre César, ni les assassins de César contre les triumvirs. Après tout, Octavien avait déclaré la guerre à la seule Cléopâtre : que se serait-il passé si la puissante armée rassemblée à Éphèse l’avait attendu à Alexandrie et s’était tenue prête à reculer jusqu’à la dernière cataracte du Nil …
Date de mise en ligne : 01/12/2015
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