Vers une reconstruction de l’Irak ?
- Par Pascal Boniface
Pages 92 à 93
Citer ce chapitre
- BONIFACE, Pascal,
- Boniface, Pascal.
- Boniface, P.
Citer ce chapitre
- Boniface, P.
- Boniface, Pascal.
- BONIFACE, Pascal,
À la suite de la guerre du Golfe de 1991, l’Irak fut soumis à un strict embargo, décidé par l’ONU à la demande des États-Unis. Le pays, riche en pétrole, qui était en 1980 au niveau de l’Espagne, disposant d’une puissante base industrielle et d’une solide agriculture, va être ramené des décennies en arrière, et va sombrer dans le chaos à partir de l’intervention américaine en 2003.
Si la nation est exsangue, ce n’est pas le cas de Saddam Hussein qui maintint la répression de son régime. L’embargo lui permit même de renforcer le contrôle sur sa population. Des inspections internationales furent mises en place pour vérifier que l’Irak ne rétablissait pas son programme de fabrication d’armes de destruction massive (ADM). Le pays demeure néanmoins perçu comme une menace existentielle par les États-Unis et Israël et comme un paria par les autres pays. Les néoconservateurs américains plaidèrent dès 1996 pour le renversement de S. Hussein, sans parvenir à convaincre la Maison-Blanche.
Les attentats du 11 septembre 2001 vont fournir un argument de poids aux néoconservateurs : ils convainquirent le président George W. Bush (élu sur un programme non interventionniste) des liens – en réalité factices – entre Saddam Hussein et Al-Qaïda, et de la poursuite par ce dernier d’un programme de développement d’ADM. Ils jouèrent à la fois sur l’effet de peur (que se passerait-il si un nouvel attentat était commis avec des ADM ?) et sur le souhait de vengeance du peuple américain.
Une vaste campagne de désinformation est lancée pour justifier la guerre…
Date de mise en ligne : 05/04/2023
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
16,99 €