La péninsule coréenne, un conflit gelé ?
- Par Pascal Boniface
Pages 100 à 101
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En 1953, c’est un cessez-le-feu qui était signé à Panmunjeom et non une véritable paix. Les deux Corée vont continuer à vivre en état de guerre, l’une soutenue et protégée par les Américains et l’autre par les puissances communistes soviétique et chinoise.
Alors que la Corée du Sud va connaître un spectaculaire développement économique, grâce à la mobilité de la population, l’accent mis sur l’éducation et l’ouverture des marchés américains, qui va lui permettre de multiplier par 100 son PIB par habitant entre 1950 et 2000, la Corée du Nord va stagner, les maigres ressources étant réservées à l’appareil militaire et aux forces de sécurité. Cette dernière va même connaître une grave famine en 1996.
Dans les années 1980, le développement de la société civile entraîne une réelle démocratisation de la Corée du Sud, alors que la Corée du Nord demeure un État totalitaire. L’organisation des Jeux olympiques de 1988 est perçue comme la reconnaissance internationale du succès de Séoul. La Corée du Nord, quant à elle, ne choisit pas la voie de l’ouverture économique prise par la Chine, mais va développer une capacité nucléaire et balistique, qui l’amène à se retirer du Traité de non-prolifération (TNP) en 2003. En 1998, un ancien dissident, Kim Dae-jung, est élu à la présidence sud-coréenne : il va lancer la sunshine policy, afin d’apaiser les tensions avec Pyongyang. En 2000, après une visite de la secrétaire d’État américaine, Madeleine Albright, l’accord de dénucléarisation semble proche…
Date de mise en ligne : 05/04/2023
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