Chapitre d’ouvrage

Arracher sa liberté de circulation à la frontière maroco-espagnole

Pages 100 à 101

Citer ce chapitre


  • Tyszler, E.
  • et Bacon, L.
(2022). Arracher sa liberté de circulation à la frontière maroco-espagnole. Dans
  • . Migreurop,
  • . Migreurop
  • et S. Casella Colombeau
Atlas des migrations dans le monde : Libertés de circulation, frontières et inégalités (p. 100-101). Armand Colin. https://doi.org/10.3917/arco.migre.2022.01.0100.

  • Tyszler, Elsa.
  • et al.
« Arracher sa liberté de circulation à la frontière maroco-espagnole ». Atlas des migrations dans le monde Libertés de circulation, frontières et inégalités, Armand Colin, 2022. p.100-101. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/atlas-des-migrations-dans-le-monde--9782200632823-page-100?lang=fr.

  • TYSZLER, Elsa
  • et BACON, Lucie,
2022. Arracher sa liberté de circulation à la frontière maroco-espagnole. In :
  • MIGREUROP,,
  • MIGREUROP,
  • et CASELLA COLOMBEAU, Sara,
Atlas des migrations dans le monde Libertés de circulation, frontières et inégalités. Paris : Armand Colin. Hors collection, p.100-101. DOI : 10.3917/arco.migre.2022.01.0100. URL : https://shs.cairn.info/atlas-des-migrations-dans-le-monde--9782200632823-page-100?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/arco.migre.2022.01.0100


Aux frontières de Ceuta et Melilla, le contrôle migratoire affecte de façon particulièrement violente les personnes d’Afrique Centrale et de l’Ouest. L’expression « subsahariens » témoigne de la construction d’une catégorie racialisée d’indésirables, associant une couleur de peau – noire – à un statut d’illégalité. Depuis les années 1990, les processus de racisation se matérialisent notamment par la traque militaro-policière qu’ils et elles subissent et la destruction systématique des campements où ils et elles se cachent et s’organisent. Il leur est rendu impossible d’approcher les points de passage autorisés de la frontière.
Pour conquérir leur liberté de mouvement, trois techniques principales sont déployées : franchir les barrières, se cacher dans un véhicule pour entrer par un poste-frontière, traverser par la mer. Le mode de passage dépend du capital économique disponible. Les plus fortuné·e·s tentent la traversée par la mer ; ou (plus coûteuse) en voiture. En effet, ces modes de passage impliquent de payer plusieurs centaines à plusieurs milliers d’euros à des intermédiaires et passeurs. Les plus pauvres se rabattent sur le franchissement des barrières, qui les expose à une répression potentiellement létale, sous les coups des militaires marocains et espagnols. Ces tentatives de passage de la frontière, pratiques de résistance à l’ordre migratoire imposé, sont façonnées par l’imbrication des processus de racisation, des rapports de classe et de genre.
Érigeant une figure noire du danger migratoire, les discours politico-médiatiques dépeignent les sauteurs de barrière comme une masse animalisée utilisant son corps de façon primitive à l’assaut des enclaves espagnoles…


Date de mise en ligne : 11/04/2023

https://doi.org/10.3917/arco.migre.2022.01.0100

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