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La population indigène

Pages 20 à 21

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  • Pervillé, G.
(2024). La population indigène. Atlas de la guerre d'Algérie : De la conquête à l'indépendance (p. 20-21). Autrement. https://shs.cairn.info/atlas-de-la-guerre-dalgerie--9782746747951-page-20?lang=fr.

  • Pervillé, Guy.
« La population indigène ». Atlas de la guerre d'Algérie De la conquête à l'indépendance, Autrement, 2024. p.20-21. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/atlas-de-la-guerre-dalgerie--9782746747951-page-20?lang=fr.

  • PERVILLÉ, Guy,
2024. La population indigène. In : Atlas de la guerre d'Algérie De la conquête à l'indépendance. Paris : Autrement. Atlas, p.20-21. URL : https://shs.cairn.info/atlas-de-la-guerre-dalgerie--9782746747951-page-20?lang=fr.

La population dite indigène, ou musulmane, a évolué à l’inverse des prévisions des colonisateurs. En 1847, Tocqueville constatait la fuite et la diminution de la population des territoires conquis : « L’élément arabe s’isole de plus en plus et peu à peu se dissout. La population musulmane tend sans cesse à décroître, tandis que la population chrétienne se développe sans cesse. » Ainsi, les colonistes croyaient submerger 3 millions d’Arabes par un afflux d’immigrants issus d’une France onze fois plus peuplée. Pourtant, tous les recensements après celui de 1872 attestent une augmentation de leur nombre, de plus en plus rapide après la Première Guerre mondiale.
Après avoir longtemps nié l’augmentation du nombre des indigènes, les apologistes de la colonisation inversent leur interprétation et voient dans le « pullulement » de ceux-ci la preuve des bienfaits de la colonisation française, qui les avait appelés à la vie en créant les ressources alimentaires nécessaires à leur subsistance : « Il n’est pas inexact de dire que près de quatre millions d’indigènes, les deux tiers ou peu s’en faut de la population totale, ont été appelés à la vie par la colonisation, ils n’existeraient pas sans elle », écrivait Émile-Félix Gautier en 1939. En réalité, la population musulmane a été multipliée par trois de 1830 à 1954, passant de 3 à 9 millions, et par quatre de 1876 à 1962 (de 2,5 à 10 millions), sans que son niveau de vie augmente en proportion équivalente. L’œuvre française a permis une baisse continue de la mortalité (sauf dans les périodes 1866-1871, 1914-1921 et 1940-1945) et une hausse de la natalité très rapide après la Première Guerre mondiale, qui élève le taux d’accroissement naturel à 2,5 % par an avant 1954 et à plus de 3 % après 1962…


Date de mise en ligne : 02/10/2025

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