Henri III. Le moine et le « tyran »
Saint-Cloud, 1er août 1589
Pages 51 à 74
Citer ce chapitre
- BUISSON, Jean-Christophe,
- Buisson, Jean-Christophe.
- Buisson, J.-C.
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- Buisson, J.-C.
- Buisson, Jean-Christophe.
- BUISSON, Jean-Christophe,
Notes
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[1]
Après le massacre de la Saint-Barthélemy, dans la nuit du 23 au 24 août 1572, des libelles circulent en France, dénonçant la monarchie absolue française comme source de tyrannie. Leurs auteurs, protestants (Théodore de Bèze, Hubert Languet, François Hotman…), sont raillés par l’Anglais William Barclay qui les baptise « monarchomaques », voyant en eux des partisans de la fin de la monarchie. Ils s’en défendent, assurant ne la critiquer que dans la mesure où elle glisse vers la tyrannie.
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[2]
Philosophe, juriste et penseur qui théorisa notamment la notion de souveraineté politique dans Les Six Livres de la République, son œuvre majeure. Il est l’auteur de la célèbre formule : « Il n’y a ni richesse ni force que d’hommes. »
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[3]
Cet amiral de France se convertit au protestantisme après la mort du roi Henri II et sa mise à l’écart des affaires du royaume par les Guises. Rallié au prince de Condé au début de la guerre entre le parti catholique et le parti protestant en 1562, il devint rapidement un des chefs militaires huguenots les plus redoutés.
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[4]
On ignore aujourd’hui l’emplacement exact de cette maison qui a disparu au profit du château de Saint-Cloud, lui-même en partie détruit durant la guerre franco-prussienne de 1870-1871.
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[5]
Son cadavre subira ensuite le châtiment réservé aux régicides sous l’Ancien Régime : l’écartèlement.
« Tuer le tyran ». Ce matin de janvier 1589, tandis qu’il célèbre à Paris sa première messe dans l’église des Mathurins, Jacques Clément, moine bourguignon de vingt-trois ans, est animé, à l’encontre du roi Henri III, d’un véritable désir de meurtre. Une pensée singulièrement peu chrétienne pour un homme de Dieu ? Certes. Mais en ordonnant quelques semaines plus tôt, à Blois, l’assassinat des deux princes de Lorraine – Henri, duc de Guise, et son frère Louis, cardinal de Guise –, le souverain français n’est-il pas sorti lui-même de la communauté chrétienne ? N’a-t-il pas, par sa meurtrière démarche, perverti la dignité royale, violé le serment du sacre et, de ce fait, abandonné ses habits de lieutenant de Dieu sur la terre, oint du Seigneur, pour endosser ceux d’un tyran pur et simple ? C’est ce qu’estime alors la majorité du peuple catholique de France, ses représentants ecclésiastiques inclus.Or, plusieurs textes de l’Ancien Testament, mais aussi d’Aristote, de saint Paul, de saint Augustin, de saint Thomas d’Aquin ou de tous les monarchomaques, qui pullulent en Europe occidentale depuis le début du xvie siècle, fournissent moult arguments philosophiques légitimant le tyrannicide. Qu’on appelle parfois, doux euphémisme, « justice providentielle ». Il n’est guère à l’époque que le sage Jean Bodin pour en refuser l’augure, quel que soit le « crime » commis par le souverain, et prôner, en toute circonstance, la patience et le respect de l’origine légitime du roi. Afin d’éviter, dit-il, des maux encore plus grands……
Date de mise en ligne : 18/11/2022
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