Chapitre d’ouvrage

Engelbert Dollfuss. L’homme qui a dit non à Hitler

Vienne, 25 juillet 1934

Pages 297 à 330

Citer ce chapitre


  • Buisson, J.-C.
(2021). Engelbert Dollfuss. L’homme qui a dit non à Hitler Vienne, 25 juillet 1934. Assassinés (p. 297-330). Perrin. https://shs.cairn.info/assassines--9782262100261-page-297?lang=fr.

  • Buisson, Jean-Christophe.
« Engelbert Dollfuss. L’homme qui a dit non à Hitler : Vienne, 25 juillet 1934 ». Assassinés, Perrin, 2021. p.297-330. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/assassines--9782262100261-page-297?lang=fr.

  • BUISSON, Jean-Christophe,
2021. Engelbert Dollfuss. L’homme qui a dit non à Hitler Vienne, 25 juillet 1934. In : Assassinés. Paris : Perrin. Tempus, p.297-330. URL : https://shs.cairn.info/assassines--9782262100261-page-297?lang=fr.

Notes

  • [1]
    En janvier 1927, après de violentes bagarres entre milices nationalistes et socialistes, un homme et un enfant avaient été tués. Au terme du procès qui avait suivi, les militants nationalistes suspectés d’être à l’origine des deux morts avaient été acquittés, provoquant la colère d’une partie de la population viennoise qui était descendue dans la rue pour protester contre cette « injustice ». Mais la manifestation avait échappé au contrôle de ses organisateurs et avait dégénéré en émeute. Après l’incendie du ministère de la Justice, l’armée avait été appelée pour rétablir l’ordre. Elle l’avait fait dans le sang : plusieurs dizaines de morts et six cents blessés.
  • [2]
    Âgé de trente-sept ans, militant catholique, élu député du parti chrétien-social depuis 1927, ministre de l’Instruction publique, Kurt von Schuschnigg est un proche de Dollfuss à qui il succédera au poste de chancelier jusqu’à l’Anschluss… qui lui sera imposé de force par Hitler en mars 1938.

Le 13 mai 1933, un avion en provenance de Berlin se pose sur l’aérodrome de Vienne, la capitale autrichienne. À son bord, Hans Frank. L’homme n’a que trente-trois ans mais une vie déjà bien remplie. Après la défaite du Reich en 1918, il a rejoint les corps francs, ces milices paramilitaires formées par d’anciens officiers déterminés à combattre le péril bolchevique naissant. Raciste convaincu, membre de la société de Thulé, matrice sectaire du nazisme à laquelle appartiennent Rudolf Hess et Hermann Göring, il a adhéré à vingt ans au tout récent Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), intégré ses redoutées troupes d’assaut (les SA) et participé au putsch manqué d’Adolf Hitler à Munich en 1923. Dans les années suivantes, devenu avocat, il s’est spécialisé dans la défense de ses camarades jetés en prison par les tribunaux de la république de Weimar. En dix ans, le jeune fauve du Führer est devenu un cadre nazi hors pair.En récompense de son abnégation, le tout nouveau chancelier allemand l’a nommé ministre de la Justice de la Bavière. Il lui a aussi demandé d’œuvrer pour accomplir le rêve qu’il caresse depuis quinze ans : l’Anschluss, c’est-à-dire la réunion des États allemand et autrichien en une seule entité. Dès la première page de son livre Mein Kampf, Hitler l’a précisé : « L’Anschluss est le but de ma vie à poursuivre par tous les moyens. » Le plus apte à l’atteindre, en ce printemps 1933, lui semble être Hans Frank.
À sa descente de l’avion, le jeune ministre allemand est attendu par un comité d’accueil musclé…


Date de mise en ligne : 18/11/2022

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