Chapitre d’ouvrage

François-Ferdinand d’Autriche. Le dernier jour de l’Europe

Sarajevo, 28 juin 1914

Pages 211 à 263

Citer ce chapitre


  • Buisson, J.-C.
(2021). François-Ferdinand d’Autriche. Le dernier jour de l’Europe Sarajevo, 28 juin 1914. Assassinés (p. 211-263). Perrin. https://shs.cairn.info/assassines--9782262100261-page-211?lang=fr.

  • Buisson, Jean-Christophe.
« François-Ferdinand d’Autriche. Le dernier jour de l’Europe : Sarajevo, 28 juin 1914 ». Assassinés, Perrin, 2021. p.211-263. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/assassines--9782262100261-page-211?lang=fr.

  • BUISSON, Jean-Christophe,
2021. François-Ferdinand d’Autriche. Le dernier jour de l’Europe Sarajevo, 28 juin 1914. In : Assassinés. Paris : Perrin. Tempus, p.211-263. URL : https://shs.cairn.info/assassines--9782262100261-page-211?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Héritiers des hérétiques bogomiles ou de Serbes convertis à l’islam pour échapper aux persécutions antichrétiennes des pachas locaux.
  • [2]
    Membres d’une société secrète créée au début du xixe siècle prônant, par des méthodes violentes, le renversement des monarques autrichiens à la tête des petits États de l’Italie du Nord et l’avènement de l’unité italienne sous une bannière républicaine. Dès 1830, Mazzini en est son principal chef.
  • [3]
    Le mot serbe yug, qui se prononce youg, signifie « sud » en français.
  • [4]
    Une erreur fut commise lors de son inscription sur les registres paroissiaux où un fonctionnaire étourdi, incompétent ou ivre nota qu’il était né le 13 juin 1894. C’est pourquoi Princip manquera de peu d’être condamné à mort au terme de son procès en octobre 1914. Né effectivement à cette date, il aurait eu plus de vingt ans le jour de l’assassinat de François-Ferdinand et aurait donc été passible de la peine capitale. Ses avocats finiront par apporter la preuve qu’il était bien né le 13 juillet 1894 et qu’il était mineur au moment des faits, lui permettant d’échapper de justesse à la pendaison.
  • [5]
    Le 28 juin 1389, jour de la Saint-Guy (Vidovdan), une bataille épique opposa armées chrétiennes et armées ottomanes au champ des Merles, au cœur du Kosovo, berceau historique de la civilisation serbe. De nombreux princes et chevaliers serbes s’y comportèrent avec héroïsme, donnant lieu à une geste chantée par les plus grands poètes et écrivains dans les siècles suivants. Après plus de six siècles d’occupation, le Kosovo est libéré en 1913 après la première guerre balkanique. Le 28 juin 1914 marque donc pour tous les Serbes le premier anniversaire de la reconquête de ce territoire sacré.
  • [6]
    Plusieurs d’entre eux seront jugés et condamnés à des peines de prison pour complicité lors du procès des conjurés en octobre 1914.
  • [7]
    François-Ferdinand n’en était pas moins conscient qu’une telle initiative ulcérerait la Hongrie qui perdrait son accès à la mer et accepterait très mal que l’Empire austro-hongrois devienne une triple monarchie. C’est sans doute pour cette raison qu’il ne soutint jamais publiquement ni avec beaucoup de force cette proposition.
  • [8]
    Des sept conjurés de Sarajevo, seul Mehmed Mehmedbašić parvint à échapper à la justice autrichienne en s’enfuyant au Monténégro le jour même de l’attentat. Danilo Ilić, le seul autre majeur du groupe, fut condamné à mort et pendu en février 1915 ; Popović fut condamné à treize ans de prison ; Čubrilović à seize ; Grabež, Čabrinović et Princip à vingt. Enfermé dans la forteresse de Theresienstadt, Gavrilo mourut des suites de la tuberculose le 28 avril 1918.

La Miljacka est une rivière paisible qui traverse Sarajevo d’est en ouest. Sur sa rive droite, au nord, s’étend la vieille ville, son immense bazar, ses ruelles tortueuses, ses magasins de beignets gros comme des roues de charrettes, ses maisons basses que dominent les dizaines de mosquées élevées à partir du xve siècle, une fois la cité conquise par les Ottomans. De ce côté-ci de la Miljacka, où un muezzin mélancolique rappelle chaque matin qu’Allah est grand et Mahomet son seul prophète, le quai Appel longe la rivière sur plusieurs centaines de mètres. Aussi rectiligne que les sévères boulevards des villes autrichiennes, large d’une trentaine de mètres, flanqué de deux trottoirs où l’on peut se croiser à trois de front, il relie la gare de Sarajevo à l’Hôtel de Ville.
Ce matin du 28 juin 1914, sept hommes, âgés de dix-sept à vingt-huit ans, sont disposés le long du quai Appel. Le brouillard qui enveloppait les lieux aux premières heures de l’aube s’est totalement dissipé et il commence même à faire chaud. Il est un peu plus de 10 heures. Comme la foule agitée au milieu de laquelle ils se sont glissés, les sept hommes attendent, avec une fébrilité croissante, le cortège de voitures où ont pris place l’archiduc François-Ferdinand de Habsbourg, neveu de l’empereur François-Joseph et héritier présomptif de la couronne austro-hongroise, sa femme, Sophie Chotek, duchesse de Hohenberg, le maire musulman de la ville, Fehim Effendi Čurčić, le gouverneur de la Bosnie-Herzégovine, Oskar Potiorek, et une dizaine d’autres dignitaires civils et militaires autrichiens…


Date de mise en ligne : 18/11/2022

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