Chapitre d’ouvrage

Alexandre II. La chasse au tsar

Saint-Pétersbourg, 1er mars 1881

Pages 155 à 184

Citer ce chapitre


  • Buisson, J.-C.
(2021). Alexandre II. La chasse au tsar Saint-Pétersbourg, 1er mars 1881. Assassinés (p. 155-184). Perrin. https://shs.cairn.info/assassines--9782262100261-page-155?lang=fr.

  • Buisson, Jean-Christophe.
« Alexandre II. La chasse au tsar : Saint-Pétersbourg, 1er mars 1881 ». Assassinés, Perrin, 2021. p.155-184. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/assassines--9782262100261-page-155?lang=fr.

  • BUISSON, Jean-Christophe,
2021. Alexandre II. La chasse au tsar Saint-Pétersbourg, 1er mars 1881. In : Assassinés. Paris : Perrin. Tempus, p.155-184. URL : https://shs.cairn.info/assassines--9782262100261-page-155?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Cette date du 1er mars est celle du calendrier julien, qui est alors encore en vigueur en Russie. Elle correspond au 13 mars de notre calendrier grégorien.
  • [2]
    Après la mort du dernier tsar de la dynastie Riourikide, Fédor Ier, la Russie s’était enfoncée dans quinze années de troubles alimentés parl’absence de pouvoir central légitime et l’irruption de plusieurs prétendants au trône. Ce n’est qu’en 1613 et avec l’arrivée de Michel Romanov que le pays avait pu retrouver une stabilité politique durable.
  • [3]
    En décembre 1825, trois mille mutins emmenés par le prince Serge Troubetzkoï avaient tenté de prendre d’assaut le palais d’Hiver afin de rallier la garde impériale à leur cause et d’imposer au futur empereur, le grand-duc Nicolas Ier, une Constitution et des réformes. Le coup d’État avait finalement échoué et une terrible répression s’était abattue sur les putschistes dont plusieurs centaines avaient été déportés en Sibérie. À la Cour, l’événement avait moins suscité la colère que l’ironie, comme chez la princesse Rostopchine : « À Paris, les cordonniers, on le comprend, se soulèvent pour prendre la place des seigneurs ; chez nous, ce sont les nobles qui font la révolution : sans doute ont-ils envie de tâter de la cordonnerie. »
  • [4]
    C’est dans ce même palais que se réuniront, en février 1945, Staline, le tsar rouge, Roosevelt et Churchill pour décider du partage de l’Europe d’après guerre.

Jusqu’à ce matin-là, son séjour à Paris se déroulait le mieux du monde. Invité avec tous les grands monarques européens à passer les premiers jours de juin 1867 dans la capitale française à l’occasion de l’Exposition universelle, Alexandre II avait eu droit aux plus grands égards de la part de Napoléon III. Soucieux de s’assurer de l’alliance russe dans la perspective (et la crainte) d’un conflit contre la Prusse de Bismarck, l’empereur des Français avait même accepté que le tsar réside à l’Élysée. Comme Alexandre Ier – son oncle – un demi-siècle plus tôt, après le défilé sur les Champs-Élysées de ses cosaques victorieux de Napoléon Ier – l’oncle de son hôte…Chaque soir, une invitation lui parvenait : au théâtre, à l’opéra, au bal. C’est au cours de l’un d’entre eux que Théophile Gautier l’avait croisé. Au contraire de Flaubert qui avait écrit à George Sand avoir vu en lui un « pignouf », l’auteur du Capitaine Fracasse avait dessiné d’Alexandre II un portrait enthousiaste, presque amoureux, lui trouvant « des traits d’une stupéfiante régularité, à croire qu’ils ont été sculptés. Un front haut et noble. […] Une expression douce et tendre. […] De grands yeux bleus […] une bouche dont le dessin évoque les statues grecques ».
L’écrivain français exagérait un peu. Le tsar était sans conteste encore bel homme et plusieurs années d’exercices militaires (notamment dans le rude Caucase) lui avaient jadis permis de se forger un corps d’athlète – et une réputation de séducteur. Mais il approchait désormais de la cinquantaine et sa belle barbe rousse n’était plus qu’un souvenir aussi heureux que lointain…


Date de mise en ligne : 18/11/2022

Ce chapitre est en accès conditionnel

Acheter cet ouvrage

9,99 €

512 pages, format électronique (HTML et feuilletage, par chapitre)

Acheter ce chapitre

5,00 €

30 pages format électronique (HTML et feuilletage)
Membre d'une institution cliente ?