Chapitre d’ouvrage

Corps, voix et plumes : paroles rhizome

Pages 63 à 88

Citer ce chapitre


  • Lamko, K.
(2025). Corps, voix et plumes : paroles rhizome. Arts Soins : Les frontières imaginées (p. 63-88). La Pensée sauvage. https://shs.cairn.info/arts-soins--9782859193652-page-63?lang=fr.

  • Lamko, Koulsy.
« Corps, voix et plumes : paroles rhizome ». Arts Soins Les frontières imaginées, La Pensée sauvage, 2025. p.63-88. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/arts-soins--9782859193652-page-63?lang=fr.

  • LAMKO, Koulsy,
2025. Corps, voix et plumes : paroles rhizome. In :
  • MESTRE, Claire
  • et GÉRY, Marion,
Arts Soins Les frontières imaginées. Grenoble : La Pensée sauvage. Petite bibliothèque de L’autre, p.63-88. URL : https://shs.cairn.info/arts-soins--9782859193652-page-63?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Ce poème est repris dans La Phalène des collines.
  • [2]
    Il s’agit d’une correspondance de Valentine Rugwabiza.
  • [3]
    Correspondance et poème de Palmira Telesforo Cruz.
  • [4]
    En 1998, sous l’impulsion de Nocky Djedanoum et Maimouna Coulibaly, directeurs de Fest’Africa, et Théogène Karabayinga journaliste producteur à RFI, une dizaine d’écrivains s’est rendue au Rwanda pour un séjour d’un ou deux mois, dans le but d’apporter leur témoignage de solidarité au peuple rwandais victime du génocide des Tutsi quatre ans plus tôt. Ce séjour a donné lieu à un certain nombre de textes de fiction, de poésie, ou essais et des réalisations filmiques. Ce sont :
    Diop, BB. (2000, 2011). Murambi, Le livre des ossements. Paris : Stock ; Zulma.
    Ilboudo, M. (2000). Murekatete. Bamako/Lille : Le figuier/Éditions de Fest’Africa.
    Lamko, K (2000, 2002). La Phalène des collines. Paris : Le serpent à plumes.
    Monenembo, T. (2000). L’aîné des orphelins. Paris : Seuil.
    Rurangwa, J.M.V. (2000). Le génocide des Tutsi expliqué à un étranger. Bamako/Lille : Le figuier/Éditions de Fest’Africa.
    Kayimaye, Vénuste
    Tadjo, V. (2000). L’ombre d’Imana, Voyages jusqu’au bout du Rwanda. Arles : Actes Sud.
    Waberi, A. (2000).Terminus. Textes pour le Rwanda, Moisson de crânes. Paris : Le serpent à plumes.
    Djedanoum, N. (2000). Nyamirambo. Bamako/Lille : Le figuier/Editions de Fest’Africa. Mwangui Meja, Great Sadness.
    Woukoache, F. (2000). Nous ne sommes plus morts, long métrage.
    Ndiaye Félix, Samba.
  • [5]
    Il faut dire que nous avons reçu à maintes reprises des témoignages de reconnaissance et de soutien de bien de Rwandais : amis, artistes, chercheurs et hommes politiques pour nos actions. Il s’agit ici de textes et analyses critiques.
  • [6]
    Correspondance de Josias Semujanga.
  • [7]
    Il s’agit de populations du sud du Tchad ; mais l’on peut observer également un certain nombre de ces éléments dans les traditions funéraires mwaga au Burkina Faso.
  • [8]
    Implacable histoire du pillage de l’Amérique Latine que l’on peut suivre sur un parcours de plusieurs siècles et qui met en lumière l’action des multinationales, monstres hybrides des temps modernes, exerçant sans foi ni loi toutes les formes de violences directes ou interposées, reliée par des dictatures militaires et autres hégémonies impérialistes sous le regard et avec la bénédiction intéressée des Etats-Unis.
  • [9]
    Extrait de Césaire A. Cahier d’un retour au pays natal. Paris : Présence afri-caine ; 1939.
  • [10]
    Entretien avec Michel Bamia, directeur de l’ESPACE BADJIALA, Centre d’art contemporain de Ségou, Mali, 2009.

Depuis une décennie, le mois d’avril demeure pour moi un temps figé, un hors-scène, une parenthèse accrue de malaises et de douleurs et à l’instar de ce qu’il est pour beaucoup de mes amis rwandais, une saison que remue inlassablement les larmes et les interrogations enfouies, difficilement réprimées. Et cela en dépit d’une certaine fidélité quant à organiser des activités artistiques et culturelles de commémoration du génocide des Tutsi au Rwanda, ou à défaut, à prendre part à des conférences, colloques et autres rencontres du souvenir, organisés dans d’autres pays que le mien. Je pense avoir fait miennes, à jamais, les paroles de ces femmes rescapées du génocide et qu’elles prononçaient, un sanglot étreignant la voix, au stade Amahoro de Kigali, le 6 avril 1999 et qui disaient ceci (si tant est que la traduction du kinyarwanda au français soit fidèle) :Ibuka, n’oublie pas les journées d’infortune, les courses poursuites,l’angoisse de l’attente de la mort, Ibuka,Ibuka, n’oublie pas l’horreur, les coups de machettes, les femmeséventrées, les bébés écrasés, les viols des chairs et des âmes, Ibuka,Ibuka, n’oublie pas le silence lourd sans voix, le vide autour de toi,Ibuka,Ibuka, n’oublie pas, souviens-toi, Ibuka,Mais se souvenir de quoi ? de l’hécatombe ?des têtes tranchées ?des corps en lambeaux dans l’eau du fleuve ?des corps en tas dans les églises ?des amoncellements d’ossements et de crânes blanchis ?Se souvenir et attendre ?Mais attendre quoi ?un pas, une silhouette qui ne revient jamais …


Date de mise en ligne : 06/02/2026

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