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Des figurines de chair et de sang (sur l'échiquier de la passion), d'après une mise en scène de Daniel Mesguich : La Seconde Surprise de l'amour de Marivaux

Pages 111 à 119

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  • Lenglet, S.
(2009). Des figurines de chair et de sang (sur l'échiquier de la passion), d'après une mise en scène de Daniel Mesguich : La Seconde Surprise de l'amour de Marivaux. Dans
  • A. Mussou
  • et S. Troche
Le jeu d'échecs comme représentation : Univers clos ou reflet du monde ? (p. 111-119). Éditions Rue d'Ulm. https://doi.org/10.3917/ulm.musso.2009.01.0111.

  • Lenglet, Sébastien.
« Des figurines de chair et de sang (sur l'échiquier de la passion), d'après une mise en scène de Daniel Mesguich : La Seconde Surprise de l'amour de Marivaux ». Le jeu d'échecs comme représentation Univers clos ou reflet du monde ? Éditions Rue d'Ulm, 2009. p.111-119. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/jeu-d-echecs-comme-representation--9782728835904-page-111?lang=fr.

  • LENGLET, Sébastien,
2009. Des figurines de chair et de sang (sur l'échiquier de la passion), d'après une mise en scène de Daniel Mesguich : La Seconde Surprise de l'amour de Marivaux. In :
  • MUSSOU, Amandine
  • et TROCHE, Sarah,
Le jeu d'échecs comme représentation Univers clos ou reflet du monde ? Paris : Éditions Rue d'Ulm. Actes de la recherche à l’Ens, p.111-119. DOI : 10.3917/ulm.musso.2009.01.0111. URL : https://shs.cairn.info/jeu-d-echecs-comme-representation--9782728835904-page-111?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ulm.musso.2009.01.0111


Notes

  • [1]
    Spectacle créé à La Métaphore, Centre dramatique national de Lille, en novembre 1991.
  • [2]
    Université Lille III.
  • [3]
    Acte I, scène 1.
  • [4]
    Technique qui vise à limiter provisoirement le processus naturel de putréfaction des cadavres.
  • [5]
    En effet, ce spectacle sera repris huit années consécutives et fera le tour de l’Europe et du Moyen-Orient entre 1991 et 1999.
  • [6]
    « D’un côté, cette chose-là (mais le mot chose est peut-être encore trop précis ?) qui a été répétée lors des “répétitions” et dont une part, lors des “représentations”, reste ; part qui, littéralement, se “re-présente” ; part finie, passée, passive, part morte : le texte appris par cœur et déjà su, les mouvements de mise en scène déjà accomplis, les “effets attendus” – attendus sans espoir, sans qu’il soit besoin de les espérer : ils viendront, puisque d’une certaine manière ils étaient déjà là, il suffit de les rappeler –, c’est la part passée du présent ; c’est l’écrit, le cuit, la trace. De l’autre, alors même qu’acteurs et metteur en scène s’accordent à dire qu’ils sont enfin “prêts”, que tout a été répété, cette chose-ci, qui, gisant au sein même des actes déjà accomplis par l’acteur, s’en vient excéder lors de la “représentation” ce qui, précisément, s’était “répété” : c’est la part événementielle pure, l’écriture théâtrale en train de s’écrire ; c’est l’écume – la part inaliénable – du présent ; présence irreprésentable qui est là, devant nous, sur la scène, “pour de vrai” ; part informe, informelle, instable, instantanée, instante, insistante, de l’acte théâtral ; tache aveugle de la “concentration” de l’acteur, “distraction” fondamentale de son être-en-scène ; c’est le présent même de la “représentation”, c’est la cruauté, le cru, le cri », Daniel Mesguich, L’Éternel éphémère, Paris, Le Seuil, 1991, p 19.
  • [7]
    « Les minutes audiovisuelles du théâtre 1 : La Seconde Surprise de l’amour de Marivaux », réalisation Pascal Bouchez, Lille, Image et Métaphores, 1992.
  • [8]
    Ibid.
  • [9]
    Et c’est dans ce presque-là que réside tout l’intérêt de l’existence des figurines en tant qu’intermédiaires entre l’être et l’Autre.
  • [10]
    Cet affrontement entre le Chevalier et le Comte préexiste dans le texte de Marivaux, et repose sur une jalousie maladive entre les deux personnages, tous deux épris de la Marquise.
  • [11]
    Si la partie entre le Chevalier et le Comte sur la scène est mobile, sa réplique, au lointain, ne l’est pas. Néanmoins, le simple fait que toutes les répliques prononcées soient dédoublées et superposées nous permet d’affirmer que les deux parties ne font qu’une.

Dans La Seconde Surprise de l’amour, Marivaux a choisi de représenter une marquise, récemment séparée de son mari (la mort de celui-ci précédant le début de la pièce), qui a décidé de rompre avec tous les hommes. « Eh ! Que m’importe qu’il reste des hommes », dit-elle en s’adressant à sa suivante, Lisette. Pour remédier à son désespoir, la Marquise a engagé un bibliothécaire, Hortensius, une figure de pédant, chargé de lui enseigner les belles-lettres, la morale et la philosophie. Alors arrive le Chevalier, avec lequel la bien-aimée Angélique, qui se destine au cloître, vient de rompre. Au fil de la pièce, à mesure que l’intrigue se déploie, l’image du Marquis s’estompera au profit d’un amour pour le Chevalier. Dans sa mise en scène (datant de 1991), Daniel Mesguich propose une métaphore de l’échiquier sentimental (ainsi qu’en témoigne le décor) associée à la surprenante présence du Marquis mort et thanatopraxié tout au long de la pièce. Ainsi, dans ce spectacle qui connut un franc succès, le souvenir dudit Marquis, figure d’un amour passé, est présent. Installé quelque part à l’avant-scène cour, le Marquis, en chair et en os (ou, du moins, ce qu’il en reste) observe le spectacle de cette seconde, et néanmoins prévisible, surprise amoureuse et, surtout, préside au devenir de la fable. En effet, sur une table disposée devant lui, un petit échiquier sert de piédestal aux figurines des personnages de la pièce. Plus largement, la scène est recouverte d’un autre échiquier, beaucoup plus grand, sur lequel évoluent les personnages de chair et de sang, les mêmes, mais en « cru »…


Date de mise en ligne : 02/07/2014

https://doi.org/10.3917/ulm.musso.2009.01.0111

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