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Chapitre 23 / La restauration monétaire Lituanienne (1989-1993)

Pages 581 à 616

Citer ce chapitre


  • Blanc, J.
(2016). Chapitre 23 / La restauration monétaire Lituanienne (1989-1993) Dans
  • O. Feiertag
  • et M. Margairaz
Les banques centrales et l’État-nation (p. 581-616). Presses de Sciences Po. https://doi.org/10.3917/scpo.feier.2016.01.0581.

  • Blanc, Jérôme.
« Chapitre 23 / La restauration monétaire Lituanienne (1989-1993) ». Les banques centrales et l’État-nation, Presses de Sciences Po, 2016. p.581-616. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-banques-centrales-et-l-etat-nation--9782724619102-page-581?lang=fr.

  • BLANC, Jérôme,
2016. Chapitre 23 / La restauration monétaire Lituanienne (1989-1993) In :
  • FEIERTAG, Olivier
  • et MARGAIRAZ, Michel,
Les banques centrales et l’État-nation. Paris : Presses de Sciences Po. Mission historique de la Banque de France, p.581-616. DOI : 10.3917/scpo.feier.2016.01.0581. URL : https://shs.cairn.info/les-banques-centrales-et-l-etat-nation--9782724619102-page-581?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/scpo.feier.2016.01.0581


Notes

  • [1]
    Jérôme Blanc, « Les conditions d’établissement d’un currency board : l’exemple lituanien, 1990-1994 », Revue d’études comparatives Est-Ouest, 35 (3), 2004, p. 119-145.
  • [2]
    Selon le recensement de 1989, la population russe représentait 9,4 % de la population de la république (30 % en Estonie et 33 % en Lettonie), tandis que la population du groupe ethno-linguistique dominant représentait en Lituanie 80 % de la population, contre 61,5 % en Estonie et 52 % en Lettonie (Pascal Lorot, Le réveil balte, Paris, Hachette, coll. « Pluriel Intervention », 1991, p. 22).
  • [3]
    Julien Greimas Algirdas et Saulius Zukas, La Lituanie. Un des pays baltes, Vilnius, Baltos Lankos, 1993.
  • [4]
    Eric Hobsbawm, L’Âge des extrêmes. Histoire du court xx e siècle (1914-1991), Bruxelles, Complexe, 1999 [1994], p. 624.
  • [5]
    « Supreme Council – Reconstituent Seimas 1990-1992 », Seimas of the Republic of Lithuania, site web.
  • [6]
    « Conseil suprême de la république de Lituanie. Acte. Sur le rétablissement de l’État de Lituanie », dans « Supreme Council – Reconstituent Seimas », Seimas of the Republic of Lithuania, site web.
  • [7]
    « Supreme Council – Reconstituent Seimas », Seimas of the Republic of Lithuania, site web.
  • [8]
    Ritsa Panagiotou (« Estonia’s Success : Prescription or Legacy ? », Communist and Post-Communist Studies, 31, 2001, p. 261-277) rappelle combien l’Estonie était en pointe du mouvement pour les réformes (économiques) en URSS depuis déjà les années 1970, introduisant des mesures nouvelles qui ont pu être reprises par le pouvoir soviétique pour l’ensemble de l’URSS. Selon cet auteur, cela conféra à l’Estonie une expérience qui fut extrêmement utile lors de l’indépendance et contribua à la réussite rapide de la transition estonienne.
  • [9]
    Siim Kallas, Tiit Made, Edgar Savisaar et Mikk Titma, « Ettepanek : kogu Eesti NSV täielikule isemajandamisele », Edasi, 26 septembre 1987 (« Proposition : autonomie complète pour la RSS d’Estonie »). Voir ce qu’en disent Kalev Kukk (« Five Years in the Monetary Development of the Baltic States : Differences and Similarities », Eesti Pank Bulletins, 5 (32), 1997) et Siim Kallas et Mart Sõrg (« Currency Reform », dans Olev Lugus et George A. Hachey Jr (eds), Transforming the Estonian Economy, Tallinn, Institute of Economics, 1995, p. 52-70), ainsi que « Eesti Pank 1919-1999 : 1919-1924, Establishment of Eesti Pank, operation of the Bank as a state bank » (Eesti Pank Bulletins, 5 (32), 1997), ou encore Seija Lainela et Pekka Sutela (The Baltic Economies in Transition, Helsinki, Bank of Finland, 1994, p. 40).
  • [10]
    La Gosbank, Banque d’État de l’URSS qui agissait aussi comme banque centrale ; la Sberbank, Caisse d’épargne s’adressant aux particuliers ; la Vneshekonombank, Banque du commerce extérieur ; la Stroibank, Banque de la construction.
  • [11]
    Iikka Korhonen, « Banking sectors in Baltic Countries », Review of Economies in Transition (Bank of Finland), 3, 1996, p. 41.
  • [12]
    Article 19 des « Fondements de l’autonomie économique de la république socialiste soviétique de Lituanie ». Le texte estonien et le texte letton parlent d’une monnaie propre à la RSS et du rouble comme monnaie commune de l’URSS (article 9 des « Fondements de l’autonomie économique de la république socialiste soviétique d’Estonie » et article 11 du texte « Sur l’autonomie économique de la république socialiste soviétique de Lettonie »).
  • [13]
    Kalev Kukk, « Five Years in the Monetary Development of the Baltic States : Differences and Similarities », art. cité.
  • [14]
    Sur ces propositions, voir Martin Malia, La tragédie soviétique. Histoire du socialisme en Russie, Paris, Seuil, 1995, p. 584-587.
  • [15]
    Plan synthétisé dans Transition, juin 1991, p. 6. Les six républiques manquant à l’appel sont les trois républiques baltes, la Moldavie, la Géorgie et le Kirghizstan.
  • [16]
    Seija Lainela et Pekka Sutela, The Baltic Economies in Transition, op. cit., p. 90-91 ; Kalev Kukk, « Five Years in the Monetary Development of the Baltic States : Differences and Similarities », art. cité.
  • [17]
    Le tout est évoqué par Kalev Kukk, « Five Years in the Monetary Development of the Baltic States : Differences and Similarities », art. cité.
  • [18]
    Siim Kallas et Mart Sõrg, « Currency Reform », art. cité.
  • [19]
    Les étapes lituaniennes et estoniennes en la matière sont très proches. Voir Siim Kallas et Mart Sõrg, « Currency Reform », art. cité.
  • [20]
    Cependant, les pièces du xiv e siècle ainsi que les monnaies de l’entre-deux-guerres portaient un autre symbole, le Gedimino Stulpai, signe de la dynastie régnante de Gediminas, qui n’apparaît plus dans les monnaies des années 1990. On peut y voir un refus, matérialisé par le régime parlementaire des années 1990, de la personnification du pouvoir qui avait conduit à une dérive très autoritaire à partir de 1926 sous la main de fer de Smetona.
  • [21]
    En Russie, ces difficultés engendrent, durant la première moitié des années 1990, des organisations alternatives des paiements parfois improprement appelés « troc » (voir notamment David M. Woodruff, Money Unmade. Barter and the Fate of Russian Capitalism, Ithaca (N. Y.), Cornell University Press, 1999).
  • [22]
    Dès 1989, en Lettonie, on demande la carte de résident pour les achats de biens chers dans les magasins d’État ; à Léningrad et en Biélorussie, on demande un justificatif de domicile pour certains achats.
  • [23]
    Jérôme Blanc, Les Monnaies parallèles. Unité et diversité du fait monétaire, Paris, L’Harmattan, 2000.
  • [24]
    Kurt Schuler, George A. Selgin et Joseph Sinkey, « Replacing the Ruble in Lituania : Real Change versus Pseudoreform », Cato Institute Policy Analysis, 163, 28 octobre 1991.
  • [25]
    Iikka Korhonen, « Banking sectors in Baltic Countries », art. cité, p. 41.
  • [26]
    Kurt Schuler, George A. Selgin et Joseph Sinkey, « Replacing the Ruble in Lituania », art. cité.
  • [27]
    Kurt Schuler, George A. Selgin et Joseph Sinkey Jr (« Replacing the Ruble in Lituania », art. cité) reprennent des critiques de ce dispositif faites par Elena Leontjeva, alors professeure d’économie à l’Université de Vilnius et bientôt présidente du Lithuanian Free Market Institute, think tank très libéral. L’Estonie a quant à elle évité l’étape des coupons : le Parlement a étudié la question lors de l’été 1991, puis l’a rejetée en considérant que cela compliquerait l’introduction d’une monnaie nationale.
  • [28]
    Business Eastern Europe, 4 mars 1996. À l’époque, l’écart est de l’ordre de 3,1 pour la France.
  • [29]
    BBC Summary World Broadcast, 9 janvier 1993.
  • [30]
    BBC Summary World Broadcast, 2 novembre 1992.
  • [31]
    Siim Kallas et Mart Sõrg, « Currency Reform », art. cité.
  • [32]
    Business Eastern Europe, 23 novembre 1992.
  • [33]
    À propos des modalités d’articulation des monnaies, voir Jérôme Blanc, « Unpacking Monetary Complementarity and Competition : A Conceptual Framework », Cambridge Journal of Economics, 2016.
  • [34]
    East/West, 15 avril 1994.
  • [35]
    Kustaa Äimä, « Central Bank Independence in the Baltic Countries », Review of Economies in Transition (Bank of Finland), 4, 1998, p. 19-20.
  • [36]
    BBC Summary World Broadcast, 2 avril 1993.
  • [37]
    Le mémorandum du Comité litas publié le 1er novembre 1992 prévoyait un taux de un pour un, à un moment où le dollar valait environ 260 talonas. La résolution du Comité litas est publiée à un moment où le dollar vaut 530 talonas.
  • [38]
    BBC Summary World Broadcast, 18 juin 1993.
  • [39]
    Résolution no 562 du gouvernement, 23 juillet 1993 : « Sur l’indexation des épargnes de la population ».
  • [40]
    « On the compliance of the provision “by applying coefficient 10” of the 23 july 1993 Resolution No 562 of the Government of the Republic of Lithuania “On indexation of people’s savings” with the constitution of the Republic of Lithuania », Case no 6/95, Constitutional Court of the Republic of Lithuania, Ruling.
  • [41]
    Elles seront vendues à un prix fixé par la Lietuvos Bankas et différent de cette valeur faciale.
  • [42]
    BCC Summary of World Broadcast, 18 juin 1993.
  • [43]
    Iikka Korhonen, « Banking Sectors in Baltic Countries », art. cité, p. 42.
  • [44]
    Vilnius in your Pocket, 10 (2-3-4/94).

En juin 1993, la Lituanie, formellement indépendante depuis presque deux ans, établit une monnaie nationale appelée litas. Le nom de cette monnaie a le même radical que celui du pays, c’est aussi le même nom que la monnaie du grand-duché de Lituanie, référence historique glorieuse de la nation lituanienne et de la Lituanie de l’entre-deux-guerres lorsque, issus de l’Empire russe recomposé à la suite de la première guerre mondiale et de la révolution russe, trois républiques baltes accédèrent à l’indépendance. Ce texte reconstitue les éléments de cette situation, plutôt rare dans l’histoire, de restauration monétaire conçue comme un élément de la restauration des marques de souveraineté, laquelle fut engagée en Lituanie dès 1988. Dans ce processus, le vote d’une loi établissant la Banque centrale, le 13 février 1990, constitue une étape intermédiaire. La question se pose des raisons pour lesquelles la monnaie a été restaurée si tardivement : moins de deux ans, certes, après la formalisation de l’indépendance lituanienne sur les ruines de l’URSS (août 1991), mais plus de trois ans après la création de la Banque centrale et près de six ans après le début des débats allant dans ce sens dans les républiques baltes soviétiques. Cette histoire étonnante se prolonge par l’énigme de l’adoption d’un régime monétaire formellement contraire à la souveraineté monétaire dès avril 1994  ; ce texte n’en traitera cependant pas et se concentrera sur les conditions dans lesquelles s’est construite cette restauration et les conséquences de l’idée de restauration…


Date de mise en ligne : 10/09/2016

https://doi.org/10.3917/scpo.feier.2016.01.0581

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