Réputation
Pages 473 à 490
Citer ce chapitre
- CHAUVIN, Pierre-Marie,
- CHAUVIN, Pierre-Marie,
- GROSSETTI, Michel
- et ZALIO, Pierre-Paul,
- Chauvin, Pierre-Marie.
- Chauvin, P.-M.
- P. Chauvin,
- M. Grossetti
- et P. Zalio
https://doi.org/10.3917/scpo.chauv.2015.01.0473
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- Chauvin, P.-M.
- P. Chauvin,
- M. Grossetti
- et P. Zalio
- Chauvin, Pierre-Marie.
- CHAUVIN, Pierre-Marie,
- CHAUVIN, Pierre-Marie,
- GROSSETTI, Michel
- et ZALIO, Pierre-Paul,
https://doi.org/10.3917/scpo.chauv.2015.01.0473
Notes
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[1]
Le célèbre article d’Akerlof (1970), « The Market for Lemons : Quality Uncertainty and the Market Mechanism », part de l’hypothèse que l’acheteur potentiel d’une voiture d’occasion en sait moins sur les caractéristiques de l’automobile que le vendeur. Dans cette situation d’asymétrie d’information, seuls des « signaux de qualité » permettent aux transactions de se réaliser. La réputation du vendeur (parmi d’autres signaux comme les garanties sur les véhicules d’occasion) est l’une des solutions potentielles pour résoudre les « crises de l’échange » (Hatchuel, 1995).
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[2]
Fombrun et Van Riel (1997, traduit par nous) définissent par exemple la réputation d’une entreprise comme « une représentation collective de [ses] résultats et de [ses] actions passées ».
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[3]
Origgi (2007) propose une épistémologie de la réputation en définissant cette dernière de quatre façons : 1) crédibilité historique (passion de l’utile) ; 2) forme de réalisation de soi (passion de la gloire) ; 3) identité qu’un individu présente aux autres en se conformant à un ensemble hétérogène de normes de conduite (vertu morale) ; 4) signal de statut qui oriente nos choix dans des situations d’incertitude (repère cognitif).
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[4]
Les travaux de Joel Podolny (1993 et 2005) sont à cet égard ambigus : si Podolny cherche à s’éloigner des définitions purement économiques de la réputation comme représentation de la somme des actions passées, en privilégiant la notion sociologique de statut, c’est notamment pour « assouplir » le lien entre la qualité perçue (le statut) d’une entité et sa qualité réelle. Selon lui, les économistes proposent en général une conception trop rigide et en quelque sorte « réaliste » de ce lien, assimilant la qualité intrinsèque à la qualité perçue. Cependant, deux éléments compliquent sa conception de la réputation : d’une part, le terme est parfois utilisé de manière interchangeable avec celui de statut dans certains de ses textes ; d’autre part, sa définition du statut est flottante, le considérant soit comme la qualité perçue et relative à d’autres concurrents, soit comme une question d’affiliation relationnelle ou institutionnelle. Nous avons pour notre part (Chauvin, 2010a) choisi de distinguer la réputation et le statut à partir de la plus ou moins grande institutionnalisation de leurs critères et de leurs formes, le statut pouvant être considéré comme une forme plus cristallisée de considération sociale, issue d’une position dans une hiérarchie institutionnalisée. D’autres distinctions ont été proposées dans une perspective assez proche, notamment celle de Washington et Zajac (2005), voyant dans la réputation et le statut deux formes d’images externes positionnant les organisations dans une hiérarchie sociale, d’un côté à partir des représentations de leurs actions passées, d’un autre à partir de leur position hiérarchique assignée et non nécessairement « gagnée ».
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[5]
Pour Deephouse, la source généralement retenue pour mesurer la réputation des entreprises dans les études américaines, à savoir le classement produit par la revue Fortune des entreprises les plus estimées, est insuffisante et comporte certains biais d’échantillon (ne ciblant que les cadres dirigeants, grands actionnaires et analystes pour leurs questionnaires). C’est pourquoi il propose une conception élargie de la réputation médiatique, entendue comme l’ensemble des productions médiatiques publiées à propos d’une entreprise. Selon lui, l’arène médiatique est un espace où les entreprises et les parties prenantes débattent de ce qui constitue une « bonne entreprise » et quelles firmes peuvent être dotées d’une « bonne réputation ».
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[6]
« Bien que la littérature existante fournisse des arguments favorables à la fois pour les explications en termes d’obligation sociale et celles fondées sur les avantages des transferts d’information, nos données suggèrent fortement que le mécanisme primordial à travers lequel les liens sociaux opèrent dans les décisions de capital-risque est le transfert d’information. Par conséquent, nous prédisons que l’information à propos de la réputation de l’entrepreneur constituera une médiation des effets des liens sociaux sur les décisions de capital-risque » (Shane et Cable 2002, p. 371, nous traduisons).
Depuis les années 1990, les phénomènes de réputation sont de plus en plus souvent appréhendés comme des objets de recherche, à la fois en sociologie, en économie et en sciences de gestion et du management. Devant le caractère polysémique de la notion, une définition minimale interdisciplinaire peut être proposée. À cette fin, rappelons tout d’abord l’étymologie du mot : « réputation » vient du latin reputatio qui signifie « évaluation ». À un premier niveau, la réputation peut donc être considérée comme le produit d’activités d’évaluations sociales. Ce produit est provisoire et localisé, aucune réputation n’étant éternelle ou universelle. Mais la fragilité des réputations n’en fait pas pour autant un simple agrégat d’opinions individuelles : les réputations sont dotées d’une certaine consistance sociale, prenant la forme de représentations collectivement partagées par des communautés plus ou moins conscientes d’elles-mêmes et plus ou moins organisées (Chauvin, 2013). Par ailleurs, cette définition minimale ne dit rien des critères d’évaluations, variables selon les milieux d’appartenance et le type d’« entités » réputées (individus, produits, organisations). Dans le champ entrepreneurial, un entrepreneur, un projet de création d’entreprise ou encore une entreprise « historique » peuvent être dotés d’une « réputation » plus ou moins significative. En quoi la réputation est-elle pertinente pour penser ces différentes dimensions des activités entrepreneuriales ?
Tout d’abord, la réputation constitue une notion importante pour expliquer comment les acteurs économiques gèrent les situations d’incertitude…
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