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Introduction. L’anarchie organisée : le mode de gouvernance de la métropole parisienne

Pages 7 à 49

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  • Artioli, F.
  • et Le Galès, P.
(2023). Introduction. L’anarchie organisée : le mode de gouvernance de la métropole parisienne. Dans
  • F. Artioli
  • et P. Le Galès
La métropole parisienne, une anarchie organisée (p. 7-49). Presses de Sciences Po. https://doi.org/10.3917/scpo.artio.2023.01.0007.

  • Artioli, Francesca.
  • et al.
« Introduction. L’anarchie organisée : le mode de gouvernance de la métropole parisienne ». La métropole parisienne, une anarchie organisée, Presses de Sciences Po, 2023. p.7-49. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-metropole-parisienne-une-anarchie-organisee--9782724641707-page-7?lang=fr.

  • ARTIOLI, Francesca
  • et LE GALÈS, Patrick,
2023. Introduction. L’anarchie organisée : le mode de gouvernance de la métropole parisienne. In : La métropole parisienne, une anarchie organisée. Paris : Presses de Sciences Po. Académique, p.7-49. DOI : 10.3917/scpo.artio.2023.01.0007. URL : https://shs.cairn.info/la-metropole-parisienne-une-anarchie-organisee--9782724641707-page-7?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/scpo.artio.2023.01.0007


Notes

  • [1]
     Ministère des Solidarités et de la Santé, arrêté du 1er octobre 2021.
  • [2]
     Entre mars et avril 2020, elle a été de 134 % en Seine-Saint-Denis contre 114 % pour les Hauts-de-Seine, et 99 % pour Paris, voir Institut national d’études démographiques (INED), « Surmortalité due à la Covid-19 en Seine-Saint-Denis : l’invisibilité des minorités dans les chiffres », 2020.
  • [3]
     Pour suivre les évolutions de longue durée pour la région parisienne et la France, voir, entre autres, les travaux de Jacques Friggit (www.friggit.eu/).
  • [4]
     Entre autres, Frédéric Gilli et Jean-Marc Offner (2009), Xavier Desjardins (2010), Marc Wiel (2011), Jean-Pierre Orfeuil et Marc Wiel (2012), Philippe Subra (2012), Frédéric Gilli (2014), Theresa Enright (2016), Christian Lefèvre (2017), Patrick Le Lidec (2018), Patrick Le Galès (2020a), Jeanne Chauvel (2021), Clément Lescloupé (2021), cités en bibliographie.
  • [5]
     Voir notamment les travaux de Deborah Galimberti, Gilles Pinson, Emmanuel Négrier, Fabien Desage, Rémy Le Saout, Thomas Frinault, Christophe Parnet, ainsi que les vifs débats qu’ils suscitent.
  • [6]
     L’histoire de cette période particulière a été largement documentée. On peut mentionner de façon non exhaustive les travaux de Jeanne Chauvel (2021), Daniel Béhar et Aurélien Delpirou (2020), Xavier Desjardins (2010), Theresa Enright (2016), Frédéric Gilli (2014 ; 2009) et Jean-Marc Offner (2009), Christian Lefèvre (2017), Patrick Le Galès (2020b), Patrick Le Lidec (2018), Clément Lescloupé (2021), Pierre Mansat et Christian Lefèvre (2021), Jean-Pierre Orfeuil et Marc Wiel (2012), Philippe Subra (2012), Annie Fourcaut, Emmanuel Bellanger et Mathieu Flonneau (2007), cités en bibliographie.
  • [7]
     Voir Collectif Des plumes dans le goudron, Résister aux grands projets inutiles et imposés. De Notre-Dame-des-Landes à Bure, Paris, Textuel, « Petite encyclopédie critique », 2018 ; Collectif Saccage, « Saccage 2024 : petite encyclopédie de l’héritage à venir en Seine-Saint-Denis », janvier 2021.
  • [8]
     Voir sur ce point les travaux pluriannuels du séminaire de recherche « Ancrages politiques et territoires », organisé depuis 2017 par Emmanuel Bellanger, Jean-Louis Briquet et Laurent Godmer.
  • [9]
     Robert Dahl, Who Governs ? Democracy and Power in an American City, New Haven, Yale University Press, 1961 [trad. fr., Qui gouverne ?, Paris, Armand Colin, 1971].
  • [10]
     Le modèle de loose coupling est défini par James D. Orton et Karl E. Weick (1990, p. 203) ainsi : « une situation dans laquelle les éléments se répondent, mais […] préservent également l’identité et la preuve de la séparation ». Ils soulignent que « la faible interdépendance est évidente lorsque les éléments s’influencent mutuellement de manière soudaine (plutôt que continue), occasionnelle (plutôt que constante), négligeable (plutôt que significative), indirecte (plutôt que directe), et à terme (plutôt qu’immédiatement) ».
  • [11]
     La sociologie des sciences et des technologies ira beaucoup plus loin dans cette déconstruction avec les concepts d’assemblage (Michel Callon, Bruno Latour, John Law) et d’agencement (Michel Callon, Fabian Muniesa).
  • [12]
     Il nous semble nécessaire de rappeler l’importance de la capacité d’action (agency) de ces groupes, ces organisations, voire ces réseaux. Comme James Mahoney l’analyse précisément : « le principe de capacité d’action (agency) suggère un comportement intentionnel, conscient et souvent orienté vers le changement. Un acteur exerce son pouvoir en délibérant explicitement sur certains objectifs et en les poursuivant. En présence d’une forte capacité d’action, la poursuite des objectifs est consciente, plutôt rationnelle et volontaire qu’inconsciente, aléatoire et/ou habituelle. Les manifestations les plus puissantes de l’action impliquent peut-être des efforts conscients et coûteux pour transformer les structures ou pour changer les comportements habituels. Cela dit, un certain degré d’action est aussi impliqué dans la reproduction la plus routinière des modèles existants », voir James Mahoney, « Agency and Nation-State Making in Latin American History », Latin American Research Review, 58 (2), 2023, p. 477-489.

Dans les grandes métropoles, la concentration de populations, d’interactions, d’infrastructures, de réseaux, de constructions, la multiplication des échanges et des flux de personnes, de marchandises, de capitaux, de services renvoient presque toujours à deux perspectives. D’un côté, Metropolis (en référence au célèbre film de Fritz Lang), la face noire de l’exploitation, de la pauvreté, du manque de logements et du logement insalubre, d’infrastructures défaillantes, de services de santé pas toujours accessibles, la ville des inégalités, de la pollution, des farouches défenseurs de la valeur de leurs biens immobiliers, des discriminations, des enclaves protégées pour les riches, des embouteillages, des heures de transport pour les plus éloignés des zones d’emploi. La ville des trafics illégaux de drogue, des voitures volées, des oligarchies, des gangs, des violences, de la criminalité, de la peur, de la corruption, la ville des révoltes parfois. De l’autre côté, le vieux dicton médiéval européen « l’air de la ville rend libre », l’énergie, le dynamisme économique, les mouvements sociaux progressistes, le marché de l’emploi et ses multiples opportunités à tous les étages, de la mobilité sociale, des réseaux sociaux potentiellement multiples et divers, un grand marché des rencontres amicales et amoureuses, des créations culturelles, des innovations multiples, des centres sociaux et des équipements, du logement social, des technologies, des modes de vie variés, des infrastructures, une espérance de vie plus longue parfois – Hong Kong, métropole dense et inégale, …


Date de mise en ligne : 13/11/2023

https://doi.org/10.3917/scpo.artio.2023.01.0007

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