Chapitre d’ouvrage

Chapitre 6. Une histoire sans fin

L’inégale expérience de l’épidémie de Covid-19 chez les étudiants et étudiantes

Pages 135 à 148

Citer ce chapitre


  • Amsellem-Mainguy, Y.
  • et Vuattoux, A.
(2022). Chapitre 6. Une histoire sans fin L’inégale expérience de l’épidémie de Covid-19 chez les étudiants et étudiantes. Dans
  • Coordonné par Y. Amsellem-Mainguy
  • et L. Lardeux
Jeunesses : D’une crise à l’autre (p. 135-148). Presses de Sciences Po. https://doi.org/10.3917/scpo.amsel.2022.01.0135.

  • Amsellem-Mainguy, Yaëlle.
  • et al.
« Chapitre 6. Une histoire sans fin : L’inégale expérience de l’épidémie de Covid-19 chez les étudiants et étudiantes ». Jeunesses D’une crise à l’autre, Presses de Sciences Po, 2022. p.135-148. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/jeunesses--9782724638554-page-135?lang=fr.

  • AMSELLEM-MAINGUY, Yaëlle
  • et VUATTOUX, Arthur,
2022. Chapitre 6. Une histoire sans fin L’inégale expérience de l’épidémie de Covid-19 chez les étudiants et étudiantes. In :
  • Coordonné par AMSELLEM-MAINGUY, Yaëlle
  • et LARDEUX, Laurent,
Jeunesses D’une crise à l’autre. Paris : Presses de Sciences Po. Académique, p.135-148. DOI : 10.3917/scpo.amsel.2022.01.0135. URL : https://shs.cairn.info/jeunesses--9782724638554-page-135?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/scpo.amsel.2022.01.0135


Notes

  • [1]
    Les auteur·e·s tiennent à remercier Quentin Francou pour sa contribution à l’exploitation de l’enquête EpiCov et à la relecture de cette contribution, ainsi que Pauline Blum pour son aide dans la réalisation des entretiens qualitatifs.
  • [2]
    Mouvements sociaux de la fin 2019 puis fermeture des bâtiments en raison de la crise sanitaire jusqu’à l’été 2020.
  • [3]
    L’enquête EpiCov (« Épidémiologie et conditions de vie liées au Covid-19 »), menée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) depuis le début de la crise sanitaire, a notamment pour objectif de mesurer les liens entre les conditions de vie et l’exposition au virus. Elle porte sur 135 000 personnes représentatives de la population âgées de 15 ans ou plus en 2020, en France métropolitaine, en Martinique, en Guadeloupe et à La Réunion, à l’exception des personnes détenues en prison ou résidant en Ehpad. L’exploitation développée ici concerne la première vague (mai 2020) avec pour objectif de documenter la situation des jeunes âgés de 18 à 24 ans. Les auteurs tiennent à remercier l’ensemble de l’équipe conceptrice d’EpiCov.
  • [4]
    Dans la perspective de comprendre les effets de la crise sanitaire sur les parcours de vie des jeunes, nous avons mené au cours du printemps 2021 48 entretiens d’une durée de 1 h 30 à 3 h 30 (30 jeunes femmes et 18 jeunes hommes âgés de 16 à 30 ans, inscrits en études supérieures [BTS, IUT, DUT, licence ou master universitaire], répartis sur l’ensemble du territoire national). Les jeunes interrogés sont issus de tous les milieux sociaux. Les entretiens ont porté à la fois sur leurs expériences des confinements, leurs conditions de vie et de logement, leur situation économique, leurs expériences professionnelles ou encore leurs relations amicales, familiales, amoureuses au cours de cette période.
  • [5]
    Si aux jeunes âges, hommes et femmes vivent régulièrement en France avec au moins un de leurs parents (92 % des hommes et 82 % des femmes de 18 à 19 ans), ils vivent en revanche très majoritairement dans un autre domicile à partir de 20 ans : plus de la moitié sont dans cette situation dès 20-24 ans et, passé cet âge, seuls 15 % des hommes et 11 % des femmes de 25-29 ans vivent encore avec au moins un de leurs parents.
  • [6]
    Le volet quantitatif de l’enquête EpiCov permet de rappeler que 66 % des étudiants de 18-24 ans vivaient avec leurs parents avant le premier confinement, et 17 % sont « retournés » chez leurs parents à cette occasion, après avoir quitté le domicile familial.

« Pour moi, être étudiante ça voulait dire partir de chez les parents, rencontrer des gens, sortir et faire la fête, avoir des petits boulots, manger des pâtes et du riz et puis aussi bien sûr aller en cours à la fac, faire des stages, aller en amphi... Eh bien c’est pas du tout ça que j’ai vécu. »
Le début de l’année universitaire 2019-2020 a été marqué par l’immolation d’Anas K., étudiant de 22 ans, devant le CROUS de Lyon. Il dénonçait par écrit, en parallèle de son geste, ses difficultés financières. Ce drame a déclenché une médiatisation de la précarité d’une partie des étudiants et de mobilisations et revendications étudiantes parmi lesquelles on peut retenir l’augmentation du nombre et du montant des bourses ainsi que des aides au logement.
Quelques mois plus tard, l’université allait traverser une période d’importants mouvements sociaux de lutte sur des sujets aussi divers que ceux liés à la réforme des retraites, la sélection à l’entrée de l’université, le manque de moyens alloués aux établissements, aux enseignant·e·s et aux étudiant·e·s, la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers extracommunautaires, ou encore à propos d’une loi de programmation de la recherche (LPR) faisant craindre un affaiblissement de l’université comme service public. Dans les faits, une grande partie des campus a été « à l’arrêt » à partir du 5 décembre 2019, et des semaines de grève suivirent, de décembre à janvier, voire début février dans certains cas.
C’est au cours de cette année 2019-2020 déjà perturbée que s’inséra donc l’épidémie de Covid-19 et ses conséquences pour les universités : une fermeture brutale des campus…


Date de mise en ligne : 03/03/2022

https://doi.org/10.3917/scpo.amsel.2022.01.0135

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