Chapitre 3. Des jeunes à distance de l’État
Les effets de la crise épidémique
- Par Marion Maudet
- et Alexis Spire
Pages 85 à 101
Citer ce chapitre
- MAUDET, Marion
- et SPIRE, Alexis,
- Coordonné par AMSELLEM-MAINGUY, Yaëlle
- et LARDEUX, Laurent,
- Maudet, Marion.
- et al.
- Maudet, M.
- et Spire, A.
- Coordonné par Y. Amsellem-Mainguy
- et L. Lardeux
https://doi.org/10.3917/scpo.amsel.2022.01.0085
Citer ce chapitre
- Maudet, M.
- et Spire, A.
- Coordonné par Y. Amsellem-Mainguy
- et L. Lardeux
- Maudet, Marion.
- et al.
- MAUDET, Marion
- et SPIRE, Alexis,
- Coordonné par AMSELLEM-MAINGUY, Yaëlle
- et LARDEUX, Laurent,
https://doi.org/10.3917/scpo.amsel.2022.01.0085
Notes
-
[1]
La catégorie des jeunes a été construite en s’inspirant de la définition de l’Insee et des Nations unies qui regroupe ensemble les 15-29 ans. Pour limiter la variabilité des situations scolaires des jeunes, et parce que les moins de 18 ans sont peu nombreux dans l’enquête, on considérera dans cet article que les jeunes sont toutes les personnes âgées de 18 à 29 ans.
-
[2]
Le plan « 1 jeune, 1 solution » a été annoncé en juillet 2020. Doté d’une enveloppe de 6,7 milliards d’euros, il comporte une série de mesures pour aider les jeunes à sortir de la crise, en favorisant notamment leur insertion professionnelle.
-
[3]
Cette contribution s’insère dans le projet « La confiance dans les institutions étatiques et scientifiques à l’épreuve du coronavirus » (CIESCO) financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR-20-COVI-000).
-
[4]
La somme de 2 300 euros correspond au revenu médian du ménage (mesuré par tranches) parmi les jeunes enquêtés.
-
[5]
N = nombre d’individus dans l’échantillon.
Durant la crise épidémique de Covid-19, les jeunes sont souvent apparus comme les grands oubliés du gouvernement qui, en voulant protéger la santé des anciens et préserver la croissance économique, les aurait sacrifiés. De fait, les mesures adoptées ont accentué les vulnérabilités sociales, relationnelles et les difficultés matérielles de celles et ceux qui ont entre 18 et 29 ans, et l’État a tardé à prendre en compte certaines des difficultés spécifiques à la jeunesse (Chevalier et Loncle, 2021). En dépit de propositions leur étant spécifiquement destinées, à l’instar du plan « 1 jeune, 1 solution » censé favoriser leur insertion professionnelle, les jeunes ont été particulièrement touchés et fragilisés par la pandémie (Duvoux et Lelièvre, 2021).
L’objectif de cette contribution est de montrer dans quelle mesure les politiques de santé publique adoptées dans le sillage du confinement et du couvre-feu pour juguler la crise épidémique pèsent sur le rapport des jeunes aux institutions étatiques. Plusieurs travaux ont montré que les jeunes votent peu (Muxel, 2018 ; Tiberj, 2018), mais s’engagent de manière concrète sur des « problèmes nouveaux » (Amsellem-Mainguy et Vuattoux, 2018, p. 65). L’implication dans des causes telles que la défense du climat ou dans des formes alternatives de vie sociale se traduit par un activisme qui met davantage à distance les institutions étatiques et politiques (Pleyers, 2016). Avant même la crise épidémique, leur rapport à l’égard de ces institutions était déjà plus lâche que celui de leurs aînés (Tiberj, 2017), avec toutefois des différences fortes selon les pays (Papuchon, 2020), le statut d’emploi et le niveau de diplôme (Chevalier, 2018)…
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