Article de revue

La sobriété, vecteur de puissance ?

Pages 77 à 86

Citer cet article


  • Hache, E.
(2022). La sobriété, vecteur de puissance ? Revue internationale et stratégique, 128(4), 77-86. https://doi.org/10.3917/ris.128.0077.

  • Hache, Emmanuel.
« La sobriété, vecteur de puissance ? ». Revue internationale et stratégique, 2022/4 N° 128, 2022. p.77-86. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-internationale-et-strategique-2022-4-page-77?lang=fr.

  • HACHE, Emmanuel,
2022. La sobriété, vecteur de puissance ? Revue internationale et stratégique, 2022/4 N° 128, p.77-86. DOI : 10.3917/ris.128.0077. URL : https://shs.cairn.info/revue-internationale-et-strategique-2022-4-page-77?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ris.128.0077


Notes

  • [1]
    La neutralité carbone se comprend comme la volonté d’atteindre zéro émission nette, c’est-à-dire que les États s’engagent à contrebalancer chaque tonne de gaz à effet de serre supplémentaire émise par la séquestration d’une tonne équivalente dans des puits de carbone naturels (forêts, sols, etc.) ou technologiques (captage et séquestration dans le sous-sol).
  • [2]
    Voir Emmanuel Hache, Samuel Carcanague, Clément Bonnet, Gondia Sokhna Seck et Marine Simoën, « Vers une géopolitique de l’énergie plus complexe ? », La Revue internationale et stratégique, n° 113, IRIS Éditions – Armand Colin, printemps 2019, p. 73-81.
  • [3]
    Voir Clément Bonnet, Samuel Carcanague, Emmanuel Hache, Gondia Sokhna Seck et Marine Simoën, « The Nexus between Climate Negotiations and Low-Carbon Innovation: A Geopolitics of Renewable Energy Patents », Working Paper, n° 2018-45, EconomiX – UMR7235, Université Paris Nanterre – CNRS, octobre 2018.
  • [4]
    Le terme sufficiency est utilisé dans le rapport du GIEC. Il couvre la sobriété énergétique, en matériaux, l’occupation des sols et l’eau. GIEC « Summary for Policymakers », in Priyadarshi R. Shukla, Jim Skea, Andy Reisinger et al. (dir.), Climate Change 2022: Mitigation of Climate Change, the Working Group III contribution to the Sixth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change, Cambridge / New York, Cambridge University Press, avril 2022.
  • [5]
    Richard B. Gregg, La valeur de la simplicité volontaire, Vierzon, Le Pas de Côté, 2012 (1936).
  • [6]
    Serge Latouche, Le pari de la décroissance, Paris, Fayard, 2006.
  • [7]
    Pierre Rabhi, Vers la sobriété heureuse, Arles, Actes Sud, 2010.
  • [8]
    Dominique Bourg et Philippe Roch (dir.), Sobriété volontaire. En quête de nouveaux modes de vie, Genève, Labor et Fides, 2012.
  • [9]
    Tim Jackson, Prospérité sans croissance. Les fondations pour l’économie de demain, Paris, De Boeck Supérieur, 2017.
  • [10]
    Carbone 4, « Faire sa part ? Pouvoir et responsabilité des individus, des entreprises et de l’État face à l’urgence climatique », juin 2019.
  • [11]
    André Gorz, Éloge du suffisant, Paris, Presses universitaires de France, 2019.
  • [12]
    Voir Samuel Carcanague et Emmanuel Hache, « Les infrastructures de transport, reflet d’un monde en transition », La Revue internationale et stratégique, n° 107, IRIS Éditions – Armand Colin, automne 2017, p. 53-60.
  • [13]
    Il ajoute : « Irréaliste ? Il s’agirait de revenir aux effectifs du début des années 1990, où la France n’était sûrement pas considérée comme une économie agraire. » The Shift Project, Climat, crises : Le plan de transformation de l’économie française, Paris, Odile Jacob, 2022. p. 165.
  • [14]
    Entretien avec Eloi Laurent, « La sobriété est notre plus grande richesse », L’Obs, 8 septembre 2022.
  • [15]
    Sur la manière dont la nature de la géopolitique trouve ainsi à évoluer, lire plus largement le dossier « Géopolitique de la nature », dirigé par Bastien Alex et Olivier de France, La Revue internationale et stratégique, n° 124, IRIS Éditions – Armand Colin, hiver 2021.
  • [16]
    Pierre Charbonnier, « Dans l’interrègne climatique : arènes d’une politique de la terre », in Le Grand Continent, Politique de l’interrègne. Chine, pandémie, climat, Paris, Gallimard, coll. « Esprit du Monde », 2022, p. 110.

Les questions énergétiques ont façonné les politiques extérieures et intérieures des États et les relations entre les grands ensembles géopolitiques et géographiques. Aujourd’hui, en raison des défis liés à l’urgence climatique, de profondes mutations ont lieu. Aux transformations économiques et technologiques des marchés – libéralisation et financiarisation, révolution des hydrocarbures non conventionnels – a ainsi succédé un retour marqué du politique dans la gestion des matières premières. Dans certains pays producteurs – Russie, Venezuela, etc. –, une nouvelle forme de nationalisme autour des ressources en pétrole et en gaz a été observée dès les années 2000 les matières premières devenant l’objet d’un chantage économique avec des menaces d’embargo ou l’interdiction de développer les ressources sur le territoire de la part d’acteurs extérieurs. Pour les pays consommateurs, ce sont les politiques des États, à travers l’introduction des énergies renouvelables dans les mix énergétiques nationaux et la définition d’objectifs de neutralité carbone qui impulsent les transformations des systèmes énergétiques. Au contraire des ruptures énergétiques passées, marquées par la convergence entre un vecteur énergétique et une innovation industrielle, comme le couple pétrole-automobile, la dynamique de transition énergétique revêt un caractère profondément politique mû par l’impératif climatique et la demande sociale. Or avec la mobilisation toujours croissante des sources d’énergie (fossiles, hydroélectricité, nucléaire, éolien, solaire, biomasse) s’observe une addition d’enjeux géopolitiques pour former une géopolitique bien plus complexe qu…


Date de mise en ligne : 20/12/2022

https://doi.org/10.3917/ris.128.0077

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