Représentations et questions de méthodes dans une perspective intersubjective
L'exemple de l'Entrepreneuriat et du Management
Pages 343 à 366
Citer cet article
- LÉVY-TADJINE, Thierry
- et PATUREL, Robert,
- Lévy-Tadjine, Thierry.
- et al.
- Lévy-Tadjine, T.
- et Paturel, R.
https://doi.org/10.3917/rips.044.0343
Citer cet article
- Lévy-Tadjine, T.
- et Paturel, R.
- Lévy-Tadjine, Thierry.
- et al.
- LÉVY-TADJINE, Thierry
- et PATUREL, Robert,
https://doi.org/10.3917/rips.044.0343
Notes
-
[1]
Professeur-HDR à l’Université St Joseph (USJ, Liban) Membre du Laboratoire ICI- Université de Bretagne Occidentale thierry.levy@usj.edu.lb; thierry.levy@univ-st-etienne.fr
-
[2]
Professeur des Universités, IAE de Brest, Laboratoire ICI - Université de Bretagne Occidentale, robert.paturel@univ-brest.fr
-
[3]
JOURNE et RAULET-CROSET (2004) notent que cette préoccupation est au cœur de l’axiomatique des situations de gestion (GIRIN, 1990). Pour eux, la situation est « par essence individuelle » puisqu’elle renvoie à une prise de conscience par un individu à un moment donné… », mais elle est aussi liée « à la notion d’intelligence collective », le groupe (et ce faisant, l’intersubjectivité) permettant par la confrontation des idées « des rapprochements entre situations » comparables (op. cit., pp 19-20).
-
[4]
Pour illustrer les applications les plus directes de la rationalité stratégique au domaine de la gestion, on peut renvoyer à THEPOT (1978) ou UHMBAUER (2002) qui lui appliquent la théorie des jeux. De même, les travaux de GIRIN (1989), de TAYLOR et al. (1996) et de GIROUX (GIROUX et CORREN, 1995 ; GIROUX, 1996 ; GIORDANO et GIROUX, 1998) incarnent l’application radicale de la rationalité communicationnelle au management stratégique.
-
[5]
Pour DESCOMBES, c’est sur leurs bases que se fonde la société et elles ne sont pas de simples points communs (entre les individus), mais «ce sont des significations instituées qui sont non seulement publiques mais aussi sociales. Elles sont inculquées aux individus de façon à rendre possible de la part de chacun d’eux, des conduites coordonnées et intelligibles du point de vue du groupe». A la différence des représentations partagées, « ces significations communes doivent être extérieures aux sujets du point de vue de l’origine, ce qui veut dire de l’autorité et de la validité » (BESSY, 2006, p. 169).
-
[6]
On mesure bien ici que c’est sur la base de ces définitions distinctives que DESCOMBES tient le fait que la société ne se réduit pas à l’intersubjectivité et affirme un positionnement épistémologique qu’il qualifie de « holisme structural » tandis que les « intersubjectivistes » se situent plus volontiers dans une perspective d’«Individualisme méthodologique sophistiqué » (CAHUC, 1989) ou d’« Individualisme méthodologique non rationaliste » (DUPUY, 1988).
-
[7]
Dans cette perspective, afin d’étudier la diffusion des systèmes d’information dans les entreprises, CARTON et al. (2003, op. cit.) font une analyse de contenu des journaux 01 Informatique et Le Monde Informatique.
-
[8]
L’empreinte des travaux de Karl WEICK (1990) est évidente. C’est parce que la technologie est une représentation équivoque que ses promoteurs ont besoin d’espaces d’échange et de diffusion «autorisés» sur lesquels s’écrit, au fil du temps, la vision organisante de la technologie qu’ils développent collectivement.
-
[9]
Parmi de nombreux exemples, la discussion critique engagée entre les « nouveaux économistes classiques » DUMENIL et LEVY (1987, 1989, 1990) et DOS-SANTOS-FERREIRA (1989, 1990) qui incarne l’orthodoxie économique, montre bien que la Vision Organisante de la Macroéconomie s’ancre sur certaines règles formelles, et en particulier, l’absence de dichotomie et de décomposabilité mathématique des systèmes d’équation. Précisant qu’au terme de leur discussion, il adhère finalement à la réponse de ses collègues, DOS-SANTOS-FERREIRA (1990, pp. 142-143) justifie le débat dans ces termes explicites : «Il n’a jamais été question dans ma note de modèles mal construits, ni de systèmes incomplets. Il a été question de modèles dichotomiques et de systèmes décomposables. La décomposabilité mise en évidence allait de la dichotomie structurelle évoquée dans la réponse des auteurs à la décomposabilité conjoncturelle ou la fonction f a xt et yt pour arguments mais est constante en yt pour certaines valeurs de xt… ».
-
[10]
Cours de méthodologie ; Ecole Doctorale des Sciences de Gestion N°275 ; Université de Grenoble 2, ESA, 2000.
-
[11]
Parallèlement et conformément aux recommandations de MILES et HUBERMAN (1994), ses observations et sa perception en visitant les sites des entrepreneurs tenaient lieu de « mémo » qui complétaient et enrichissaient le diagnostic porté par l’analyse des discours.
-
[12]
L’Analyse thématique consiste, selon BARDIN (1980) en « un ensemble de techniques d’analyse des communications visant, par des procédures systématiques et objectives de description des messages, à obtenir des indicateurs permettant l’inférence des connaissances relatives aux conditions de production/ réception de ces messages». Elle suppose le découpage du discours en thèmes afin de repérer les plus marqués, leur fréquence et leur occurrence. Dans l’exercice du chercheur, on retrouve l’affirmation de sa subjectivité affirmée précédemment. L’identification des thèmes est inévitablement liée à la subjectivité des codeurs. Ces difficultés portent à la fois sur la définition de l’unité d’analyse du discours (le thème) et sur sa validité (l’organisation du contenu est, par nature, subjective et arbitraire).
-
[13]
L’Analyse propositionnelle (ou Analyse structurale) du discours est une méthode importée de la psychologie sociale qui a surtout été appliquée à l’examen des discours politiques et qui commence à être appliquée à la gestion pour l’étude du discours des dirigeants. Elle se veut plus objective que l’analyse thématique en adoptant « une approche mécaniste, en découpant le texte par ses propositions, au sens grammatical du terme » (BONET, 2000, p. 7). Elle est, de ce fait, généralement réalisée à l’aide de logiciels comme TROPES.
-
[14]
L’acte d’énonciation scientifique véhicule souvent des postulats non neutres pour l’appréciation du réel et non énoncés. Dans certains cas, ils réduisent la portée de ce qui est dit, d’où la nécessité d’interroger la congruence entre l’argument énoncé et l’argument transcendantal.
-
[15]
L’examen critique des travaux étudiant l’apprentissage inter-organisationnel dans les alliances stratégiques internationales s’inscrit dans le cadre d’un travail en cours conduit avec la collaboration de T. DZAKA.
-
[16]
Pour lui, l’ambigüité se fonde sur cinq caractéristiques : le caractère tacite des connaissances échangées (plus elles sont abstraites, plus elles génèrent de l’incompréhension chez les acteurs), la spécificité des actifs qui constitue une barrière aux transferts inter-firmes autant qu’un avantage concurrentiel, l’expérience des partenaires dans les transferts de connaissance, leur protectionnisme et, enfin, les distances culturelles et organisationnelles.
-
[17]
Travail précité en cours.
-
[18]
C’est sur cette possibilité que certains économistes et théoriciens de la décision se fondaient pour faire de la valeur d’option, un instrument de mesure de la flexibilité de l’entreprise (COHENDET, LLERENA, 1989).
-
[19]
Pour l’entrepreneuriat, il s’agit non seulement de la réalisation de l’entrepreneur lui-même, mais aussi de ses collaborateurs et, d’une façon générale, de toutes les parties prenantes qu’elles soient internes ou externe.
-
[20]
De notre point de vue, le dialogue entre chercheurs académiques et praticiens demeure encore trop faible aujourd’hui du fait le plus souvent, d’un langage abscons, d’une inutile complexification des situations analysées ou de références à des théories souvent non opérationnelles ou mal assimilées.
-
[21]
Ces écueils ou le fait que certains chercheurs en sciences de gestion délaissent la « validité pratique » de leurs travaux que nous soulignons, provient souvent de leur méconnaissance réelle de l’organisation en raison de l’absence d’expérience en matière de responsabilité en son sein avec obligation de résultat, ce qui ne manque pas d’interroger le pédagogue. De la même façon qu’on aurait du mal à se faire soigner par une personne qui n’aurait jamais, avant son installation, travaillé sur des malades (d’où l’importance de l’internat ou de l’externat en médecine), on devrait aussi imposer la même approche aux chercheurs en sciences de gestion et en entrepreneuriat.
Résumé
Vouloir mettre la représentation au cœur de l’objet des sciences de gestion (et de l’entrepreneuriat en particulier) ne manque pas de questionner le chercheur lui-même sur son rapport épistémologique et méthodologiqueà l’objet de recherche. De multiples questions émergent aussitôt : acteurs observés et chercheurs ont-ils une représentation commune du phénomène que les uns produisent et que les autres analysent ? Le cas-échéant, comment s’opère au niveau desreprésentations, l’interaction entre chercheurs et acteurs du terrain ? Enfin, si l’on admet que la communauté de chercheurs d’un mêmechamp parvient à construire et partager des représentations communes, comment valide-t-elle celles-ci ? Ces trois questions structurent l’article, la dernière permettant aux auteurs de proposer un outil original de validation des représentationsscientifiques basé sur le concept d’Argument Transcendantal.
Mots-clés
- entrepreneuriat
- représentations
- relation chercheurs-terrain
- epistémologie
- intersubjectivité
- argument transcendantal
Mots-clés éditeurs : argument transcendantal, entrepreneuriat, epistémologie, intersubjectivité, relation chercheurs-terrain, représentations
Intersubjectivistapproach and Methodologyproblems in Management and entrepreneurshipwith a focus on the question of individualrepresentations
Abstract
This text argues thatfocusing on individualrepresentations and intersubjectivity in business and entrepreneurship situations isseriouslyquestionning the research’ methodology and epistemology. The first part of the article describe the generalproblem of sharedrepresentations by entrepreneurial actors and scientists. The second part discusses the possible grounded interactions thatmayemerge. And finally, the third part proposes a new tool for helpingscientists to discuss about theirsharedrepresentations. It isbased on a development of STRAWSON’sphilosophicaltheory of Transcendantal Argument.
Keywords
- entrepreneurship
- representations
- relation betweenscientists and entrepreneurs
- epistemology
- intersubjectivity
- transcendantal argument
Mots-clés éditeurs : entrepreneurship, epistemology, intersubjectivity, relation betweenscientists and entrepreneurs, representations, transcendantal argument
Cet article est en accès conditionnel
Acheter cet article
5,00 €