De la Laïs Lyonnaise à Louise Labé : les métamorphoses d'un portrait
- Par Mireille Huchon
Pages 3 à 20
Citer cet article
- HUCHON, Mireille,
- Huchon, Mireille.
- Huchon, M.
https://doi.org/10.3917/rhlf.081.0003
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https://doi.org/10.3917/rhlf.081.0003
Notes
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[*]
Université de Paris IV-Sorbonne.
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[1]
Voir M. Huchon, Louise Labé, une créature de papier, Genève, Droz, 2006.
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[2]
Connue par ailleurs par quelques actes notariaux d’achats de terre établis au nom de Louise Charly (1551,1557,1562) ou de Louise Labé (1560), voir Georges Tricou, « Louise Labé et sa famille », Humanisme et Renaissance, V, 1944, p. 60-104.
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[3]
Clive Griffin, « La Belle Cordière en Espagne. Une découverte dans les archives de l’Inquisition », RHLF, 2007, n° 3, p. 537-541.
-
[4]
Claude de Rubys, Privileges, Franchises et Immunitez octroyees par les Rois treschretiens, aux Consuls, Eschevins, manans et habitans de la ville de Lyon et à leur posterité, Lyon, Antoine Gryphe, 1573, p. 27.
-
[5]
Premier volume de la bibliotheque du sieur de La Croix du Maine, qui est un catalogue general de toutes sortes d’autheurs qui ont escrit en françois depuis cinq cents ans et plus, Paris, A. L’Angelier, 1584.
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[6]
La Bibliotheque d’Antoine du Verdier, seigneur de Vauprivas, Contenant le Catalogue de tous ceux qui ont escrit, ou traduict en François, et autres Dialectes de ce Royaume, ensemble leurs œuvres imprimees et non imprimees, Lyon, B. Honorat, 1585, p. 822.
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[7]
Voir A. Cartier, « Louise Labé. Le procès Yvard à Genève », Revue des livres anciens, t. II, 1917, p. 321-332.
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[8]
Henri-Joseph Dubouchet est connu comme l’auteur d’illustrations d’ouvrages tel le Rouge et le Noir, d’un Précis élémentaire de gravure sur cuivre et de pièces, surtout religieuses, inspirées d’autres artistes comme La vierge à la chaise et La fuite de Loth d’après Raphaël ou Le cortège des Mages d’après Andrea del Sarto.
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[9]
Voir Félix Desvernay, Étude biographique et bibliographique sur Claudius Brouchoud, suivie… d’une note sur deux portraits de Louise Labé dite la Belle Cordière, Lyon, chez tous les libraires, 1887, p. 49-61.
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[10]
Louis Dunand, « Louise Labé dans l’esprit de son époque. A propos d’une épreuve non encore reproduite du portrait de Louise Labé gravé par Woeiriot », Albums du Crocodile, novembre-décembre 1962, p. 10.
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[11]
Felix Desvernay, op. cit., p. 53, après avoir souligné que le dessin de Danguin rendait scrupuleusement les détails du costume, mais adoucissait les traits, regrette que le travail de Dubouchet ne soit qu’une ingénieuse interprétation qui élimine les spécificités du visage : regard ferme, menton lourd, lèvres sensuelles et larges, léger duvet, nez puissant. « Woeiriot nous a peint Louise telle qu’elle était, telle qu’il l’avait vue, à Lyon, dans la gloire de sa beauté mâle, énergique, dans toute la splendeur incorrecte de ses formes, avec le rayon du génie au front, l’éclat de la passion dans les yeux et le feu brûlant de la volupté aux lèvres. Dubouchet, lui, artiste délicat, tendrement épris des choses mesurées, caressantes, n’a pu représenter la Belle cordière que telle qu’il la rêvait — perdue dans des formes flottantes : suave, élégante, doucement amoureuse, une femme, en un mot, à l’eau de rose ».
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[12]
André Steyert, Nouvelle Histoire de Lyon, Lyon, Bernoux et Cumin, 1897, t. III, p. 96.
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[13]
Voir, sur ce graveur, Mizué Iwai, L’œuvre de Pierre Woeiriot (1532-1599), thèse, Paris-Sorbonne, 1985 ; Paulette Choné, Emblème et pensée symbolique en Lorraine, Paris, Klincksieck, 1991, p. 543-660.
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[14]
Pierre Woeiriot, Ed. 5 b. Rés., fol. 41. Voir Alexandre-Pierre-François Robert-Dumesnil, Le Peintre-graveur, Paris, G. Warée, 1835-1871, t. VII, n° 289.
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[15]
Albertina, Fr. I. 4, fol. 15, n° 39. Voir Johann David Passavant, Le Peintre-Graveur, Leipzig, Rudoph Weigel, 1864, t. VI, p. 271 et l’opuscule de Louis Dunand déjà cité.
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[16]
Chronologie reprise par P. Choné, op. cit., p. 549.
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[17]
Enzo Giudici, Louise Labé e l’École lyonnaise, Naples, Liguori, 1964, p. 476-477.
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[18]
M. Huchon, op. cit., p. 100-114.
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[19]
En 1554, il avait fait paraître chez Jean de Tournes, les Figures du Nouveau Testament, un ensemble de quatre-vingt-quinze sixains avec des vignettes de Bernard Salomon. A maintes reprises dans son œuvre, il évoque sa propre pratique littéraire en liaison avec la peinture ou la gravure.
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[20]
Il est remarquable, par ailleurs, que Charles Fontaine soit en relation avec François Duaren, à qui il envoie une épigramme, Ruisseaux, p. 190, et dont Pierre Woeiriot fera le portrait.
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[21]
Il est cité parmi les poètes qui chantent la louange de Louise Labé dans la dernière pièce des « Escriz de divers Poëtes, à la louenge de Louïze Labé Lionnoize », Euvres de Louïze Labé Lionnoize, Lyon, Jean de Tournes, 1555, p. 170.
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[22]
Charles Fontaine, Odes, enigmes, et epigrammes, Lyon, J. Citoys, 1557, p. 103 : « A Pierre Voeriot, lors qu’il pourtrayoit l’Auteur. De ma plume le petit trait, Amy, si tu me pourtrais bien, Te rendra encor mieux pourtrait Que ce doux trait du pinceau tien Ne va trassant ce pourtrait mien ».
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[23]
Id., ibid., p. 17 : « Puis qu’en pourtraitz, prenez plaisir, Tesmoing Verriot qui en use, Vous excitez ma double Muse Vous louer au double à loisir ». Dans les Ruisseaux, p. 124, il adresse une pièce « A Monsieur Saliat, à qui l’Auteur donnoit son pourtraict ».
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[24]
Voir Emmanuel Buron, « Claude de Taillemont et les Escriz de divers Poëtes à la louenge de Louïze Labé Lionnoize. Discussion critique de Louise Labé, une créature de papier, de Mireille Huchon », L’information littéraire, n° 2,2006, p. 38-46, et Daniel Martin, « Louise Labé est-elle “une créature de papier” » ?, RHR, n° 63,2006, p. 7-37.
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[25]
Philibert de Vienne, Le Philosophe de court, éd. P. M. Smith, Genève, Droz, 1990, p. 138 : « L’on peult voir maintenant quelles forces ont liberalité et magnificence pour aquerir la grace d’un chacun. Je sçay qu’il y a des putains et Courtisannes qui en font autrement, mais il ne fault pas estimer que ceste divinité d’Amour se puisse loger en leurs cueurs. Il n’est point mal seant à une femme de recevoir, mais il luy siet mal de demander comme enseigne leur bon maistre Ovide : Nec dare, sed pretium posci dedignor, et odi. Il ne me fache point, (dit-il) de donner, mais je suis marry quand on me demande, et cela me degouste. La Laïs de Corinthe eut-elle bonne grace de demander tant d’escuz à Demosthene ? Elle le degousta si bien qu’il n’en voulut plus ouyr parler et ne se donna point l’occasion de s’en repentir. La Cordiere de Lyon est trop plus honorable qui, quelque affection de gaigner qu’elle ayt, ne semble rien moins à ses serviteurs qu’avaricieuse ».
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[26]
Voir le portrait de Louis des Masures (1560) avec un distique d’Adrien Molitor ou ceux de Louis de la Mothe (1570) ou de Bernard du Poey.
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[27]
Pinax iconicus antiquorum ac variorum in sepulturis rituum ex Lilio Gregorio excerpta, Lyon, Clément Baudin, 1556.
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[28]
Voir Pierre Woeiriot, Livre d’anneaux d’orfevrerie de l’invention de Pierre Woeriot lorrain, Lyon, G. Rouillé, 1561, dans la « Proposee intention de l’auteur ».
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[29]
Voir Oskar Batschmann et Pascal Griener, Hans Holbein, Paris, Gallimard, 1997, p. 22-27, qui rappellent le texte de préface de Pline à l’Histoire naturelle : « Je voudrais que l’on interprétât mes intentions d’après celles de ces fameux créateurs de la peinture et de la sculpture, qui, tu le verras dans mes volumes, mettaient à des œuvres achevées, même aux chefs-d’œuvres que nous ne nous lassons pas d’admirer, une inscription suspensive, telle que « APELLE » ou « POLY - CLETE Y TRAVAILLAIT », comme si l’art était une chose toujours commencée et toujours inachevée : ainsi, face à des variations du goût, il restait un recours à l’artiste, qui se disait par là prêt à corriger tous les défauts qu’on lui signalerait, si la mort ne venait l’interrompre ».
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[30]
Epithetes de M. de La Porte Parisien, Paris, G. Buon, 1571.
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[31]
Oskar Batschmann et Pascal Griener, op. cit., p. 13-34. Nicolas Bourbon, dans les Historiarum Veteris Testamenti Icones, parues à Lyon en 1539, dit que Holbein éclipse Apelle, Zeuxis et Parrhasios.
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[32]
Id., ibid., p. 27.
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[33]
Dorothea Offenburg, âgée de moins de vingt ans, ou sa mère, la quarantaine passée.
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[34]
Oskar Batschmann et Pascal Griener, op. cit., p. 27, qui signalent aussi, p. 135, que : « Dans Laïs, comme dans Vénus et l’Amour, la position des deux jeunes femmes évoque celle du Christ dans la Cène de Léonard ».
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[35]
Marie Madeleine Fontaine, éd. Barthélemy Aneau, Alector ou le coq, Genève, Droz, 1986, t. I, p. XCVII, le considère comme une sorte de « guide spirituel » de Woeiriot et un éventuel inspirateur des textes liminaires du Pinax iconicus.
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[36]
Emblemes d’Alciat, Lyon, Guillaume Rouillé, 1549, p. 96 : Le tombeau d’une Paillarde. Dialogisme. D. Quel sepulchre est (De Laïs de Corinthe) Comment perit femme tant belle, et coincte ? R. (Laide estoit l’hors. Car ses vieux ans venus Rendu avoit les armes à Venus) D. Que signifie ung Belier escorché Par la Lyonne au derriere accroché. (Les amans prins tenoit en telz esbatz) Masle est Belyer, l’amant est prins au bas ».
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[37]
Alciat, op. cit., p. 192.
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[38]
Ronsard, Les Amours, Paris, Veuve Maurice de la Porte, 1553, p. 9.
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[39]
Olivier de Magny, Hymne sur la naissance de Madame Marguerite de France, Paris, Arnoul l’Angelier, 1553, dans l’ode à François Revergat.
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[40]
Leon Battista Alberti, De re aedificatoria, Florence, Alamani, 1485, f° 159 b.
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[41]
Oskar Batschmann et Pascal Griener, op. cit., p. 169.
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[42]
Voir dans Aneau, l’Imagination poetique, Lyon, Macé Bonhomme, 1552, p. 140 ; Pallas avec son écu, où est représentée la tête de Méduse, convertit en pierre tous ceux qui la regardent, ce qui signifie que, par l’excellence des lettres et des armes, les hommes sont tellement étonnés qu’on les dirait convertis en pierre.
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[43]
Suggestion faite par Perrine Galand-Hallyn. Voir dans l’Anthologie grecque. Anthologie de Planude, t. XIII, éd. Robert Aubreton et Félix Buffière, Paris, Les Belles-Lettres, 1980, l’épigramme 146 : « Passants ne touchez pas à l’Ariane de marbre : elle pourrait bondir à la recherche de Thésée » ou l’épigramme 141, concernant Médée : « Fuis donc cette mère assoiffée de carnage, et qui, même sur un tableau, ne cesse de tuer ses enfants ».
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[44]
Voir l’épigramme de l’Anthologie grecque (VII, 1) où Laïs consacre son miroir dans le temple de Vénus : « Je ne saurais me voir en ce miroir fidèle, ni telle que j’étais, ni telle que je suis ».
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[45]
P. Choné, op. cit., p. 21.
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[46]
Id., ibid., p. 552.
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[47]
Id., ibid., p. 544.
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[48]
Euvres de Louïze Labé Lionnoize, p. 128.
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[49]
Ainsi la pièce titrée « En contemplacion de D. Louïze Labé » se retrouve dans les Erreurs amoureuses de Pontus de Tyard de 1555, dédiée à Pasithée ; l’épître « Des gracieusetez de D.L.L. » dans les Quatre livres de l’amour de Francine de Jean-Antoine de Baïf de 1555.
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[50]
Id., ibid., p. 80.
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[51]
« Qu’ust fait ce Grec si cette image nue Entre ses bras fust Venus devenue ? Que suis je lors quand Louïse ja me touche Et l’accollant d’un long baiser me baise ? L’ame me part, et mourant en cet aise, Je la reprens na fuiant en sa bouche. »
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[52]
Voir dans l’Anthologie grecque l’épigramme V, 7, « Lorsque j’embrassais Agathon, j’avais mon ame sur les lèvres, elle y était venue la malheureuse comme pour passer en lui » et Mario Equicola, De la nature d’amour, Paris, Jean Housé, 1584, livre IV, f. 225 v° : « Platon… ayma aussi Agaton, et tandis qu’il le baisoit, l’ame luy vint jusques sur les levres : de maniere, que s’arrestant là un peu davantage, il fust demouré mort en soy, et vivant en l’aymé ».
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[53]
105 mm sur 70.
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[54]
Voir Emmanuel Buron, « Le Réemploi dans les Escriz de divers Poëtes à la louenge de Louïze Labé (Baïf, Tyard et Scève) », BHR, t. LXVII, 2005, p. 575-596 ; M. Huchon, op. cit., p. 218-224.
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[55]
Pour Geneviève Guilleminot-Chrétien, l’obtention d’un privilège royal pour les œuvres d’un auteur totalement inconnu est surprenante. La plupart du temps, il était accordé à un imprimeur pour un livre ou pour une série de livres. Ronsard n’obtient son privilège qu’en 1554, et non au temps de ses premières œuvres ; Rabelais en 1546, puis en 1552, pour l’ensemble de sa production, mais il était déjà bien connu. Georges Tricou, op. cit., p. 86, disait ne pas connaître d’autre exemple de privilège pour une femme, sauf celui que Claude de Rubys aurait obtenu pour sa femme, Diamante de la Voulpe alias Morandina en 1577, mais où est précisé son état matrimonial. Les termes du privilège (qui, généralement, reprennent ceux de la demande d’obtention) sont curieux. Il est dit que Louise Labé aurait depuis longtemps composé un dialogue de Folie et d’Amour, des sonnets, des odes et des épîtres que des amis lui auraient subtilisés et publiés en divers endroits sous une forme imparfaite. Or, il n’y a ni odes ni épîtres, mais des élégies, et aucune trace de publications antérieures. Certaines formules employées ensuite relèveraient du langage des imprimeurs. Par ailleurs, obtenir un privilège coûtait cher et il fallait être introduit à la cour. Geneviève Guilleminot-Chrétien est également surprise que le privilège soit au nom de Louïze Labé Lionnoize et non de son état-civil. Toutefois, elle ne met pas en doute l’authenticité de cette pièce. L’hypothèse de l’obtention d’un privilège royal pour une supercherie ne lui paraît pas forcément à écarter.
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[56]
Selon la suggestion de Jean-Marc Chatelain.
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[57]
Voir l’article de Clive Griffin déjà cité.
De Louise Labé, il est resté un seul ouvrage paru en 1555 chez l’imprimeur lyonnais Jean de Tournes sous le titre Euvres de Louïze Labé Lionnoize; il contient un Débat de Folie et d’Amour en prose, trois élégies, vingt-quatre sonnets et, pour le dernier tiers, des « Escriz de divers Poëtes, à la louenge de Louïze Labé Lionnoize ». Un portrait porte la même date, avec, pour la version la plus répandue, la mention « LOISE LABBE LION - NOISE » dans la tablette. Or la confrontation des divers états conservés de ce portrait (reproduits ici p. 17-19) réserve de curieuses surprises. Elle jette le doute sur la possibilité de connaître avec certitude les traits de la véritable Louise Labé et renforce l’hypothèse de l’utilisation de la formule « Louise Labé Lyonnaise », comme nom de plume par un groupe de poètes qui auraient inventé une nouvelle Sappho. Elle invite à s’interroger sur les rapports entre les diverses images convenues de Louise Labé : Louise Labé Lyonnaise, « Dame Loyse Charlin, dite Labé, veuve de feu Sire Ennemond Perrin, en son vivant bourgeois citoyen habitant à Lyon » (selon les termes de son testament en date du 28 avril 1565) et la Belle Cordière, prostituée notoire du milieu de l’imprimerie lyonnaise, comme l’atteste, sans conteste possible, le document des archives de l’Inquisition mis à jour par Clive Griffin qui a fait récemment part de sa belle découverte dans la RHLF. Il faut rappeler que si l’historien Claude de Rubys, en 1573, dénonce « l’impudique Loyse l’Abbé, que chacun sçait avoir faict profession de courtisanne publique jusques à sa mort »…