Article de revue

Les Fleurs du Mal de Baudelaire ou l’impossible réhabilitation ?

Pages 97 à 107

Citer cet article


  • Salas, D.
(2020). Les Fleurs du Mal de Baudelaire ou l’impossible réhabilitation ? Histoire de la justice, 30(1), 97-107. https://doi.org/10.3917/rhj.030.0097.

  • Salas, Denis.
« Les Fleurs du Mal de Baudelaire ou l’impossible réhabilitation ? ». Histoire de la justice, 2020/1 N° 30, 2020. p.97-107. CAIRN.INFO, droit.cairn.info/revue-histoire-de-la-justice-2020-1-page-97?lang=fr.

  • SALAS, Denis,
2020. Les Fleurs du Mal de Baudelaire ou l’impossible réhabilitation ? Histoire de la justice, 2020/1 N° 30, p.97-107. DOI : 10.3917/rhj.030.0097. URL : https://droit.cairn.info/revue-histoire-de-la-justice-2020-1-page-97?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rhj.030.0097


Notes

  • [1]
    Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, « Un voyage à Cythère », Œuvres complètes I, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1975, p. 117.
  • [2]
    La loi du 17 mai 1819 punit tout « outrage à la morale publique et religieuse ou aux bonnes mœurs d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de 16 à 500 F ».
  • [3]
    Baudelaire, Les Fleurs du Mal, « Spleen et idéal ». Cité et commenté par J.-P. Sartre (1re éd., 1947), Baudelaire, Paris, Gallimard, Folio-essais, 1988, p. 75.
  • [4]
    Baudelaire, Œuvres complètes I, op. cit. n. 1, Dossier des Fleurs du Mal, p. 1178.
  • [5]
    Cité par Y. Leclerc, Crimes écrits, La littérature en procès, Paris, Plon, 1991, p. 224.
  • [6]
    J. Barbey d’Aurevilly, Appendice aux Fleurs du Mal, 24 juillet 1857, document joint au dossier de la défense ; Baudelaire, Œuvres complètes, op. cit. n. 1, p. 1192.
  • [7]
    30 août 1857.
  • [8]
    E. Pinard (1822-1909), qui fut substitut avant d’être procureur à Douai, sera récompensé par la Légion d’honneur, nommé au Conseil d’État par Napoléon III, puis ministre de l’Intérieur en 1867.
  • [9]
    Voir sur ces points, A. Najjar, Le censeur de Baudelaire – Ernest Pinard (1822-1909), Paris, La Table ronde, 2011.
  • [10]
    Y. Leclerc, Crimes écrits, op. cit. n. 5, p. 251.
  • [11]
    Le premier tirage est de 1 100 exemplaires.
  • [12]
    Texte dans Revue des grands procès contemporains, août 1885, p. 368-372.
  • [13]
    Émile Zola, Le roman expérimental (1880), Paris, Garnier-Flammarion, 2006, p. 272.
  • [14]
    Mot prononcé par Baudelaire à la sortie de l’audience, en réponse à la question de son ami Asselineau qui lui demandait s’il s’attendait à être acquitté.
  • [15]
    « Le Léthé », « Les Bijoux », « À celle qui est trop gaie », « Lesbos », « Femmes damnées », « Les métamorphoses du vampire ».
  • [16]
    J. Hamelin, Hommes de lettres inculpés, Paris, Les Éditions de minuit, 1956, p. 189.
  • [17]
    Baudelaire, Les Fleurs du Mal, J. E. Jackson (éd.), Paris, Le livre de poche, 1999, p. 208. Il est vrai que l’édition de la Pléiade déjà citée avait donné le ton : « Ces pièces ont été condamnées en 1857 par le tribunal correctionnel et ne peuvent être reproduites dans le recueil Les Fleurs du Mal » (p. 150) et l’auteur ajoute en note à propos de « Lesbos », « la condamnation de 1857 allait donner à ce poème admirable le goût du fruit défendu » (p. 1124).
Français

Certaines pièces de son recueil Les Fleurs du Mal ayant offensé « la morale publique », Baudelaire sera condamné en 1857 au terme d’un procès mené par le procureur Pinard. Il sera réhabilité par la justice à titre posthume en 1949. Pourtant, on se demandera ici si ce ne sont pas les magistrats plus que le poète qui se rachètent eux-mêmes de cette condamnation peu glorieuse. En un siècle en effet, la postérité a définitivement consacré le portrait du poète maudit dans notre imaginaire collectif. Ainsi, sa condamnation est devenue consubstantielle à sa consécration littéraire. Et sa réhabilitation – au demeurant tardive et ambiguë – ne peut que tomber dans l’oubli.

  • xixe siècle
  • Baudelaire
  • Les Fleurs du Mal
  • Ernest Pinard
  • réhabilitation
  • condamnation
  • morale publique

Mots-clés éditeurs : Baudelaire, condamnation, e, Ernest Pinard, Les Fleurs du Mal, morale publique, réhabilitation, siècle, xix


English

Baudelaire’s Flowers of Evil or the impossible rehabilitation ?

As some segments of Baudelaire’s volume The Flowers of Evil were found offensive to “public morality”, Baudelaire was sentenced in court in 1857 after a trial led by prosecutor Ernest Pinard. His name was cleared posthumously by the courts in 1949. In this paper, however, we will question whether this was perhaps more a matter of the judges and prosecutors seeking to redeem themselves from this inglorious condemnation, rather than about the poet himself. One century on, posterity had definitively sanctified the outsider poet’s image in the collective imagination and his conviction had thus become consubstantial with his literary sanctification. His (late and ambiguous) rehabilitation could not but go unremembered.

  • 19th century
  • Baudelaire
  • The Flowers of Evil
  • Ernest Pinard
  • rehabilitation
  • condemnation
  • public morality

Mots-clés éditeurs : 19th century, Baudelaire, condemnation, Ernest Pinard, public morality, rehabilitation, The Flowers of Evil


Date de mise en ligne : 08/04/2020

https://doi.org/10.3917/rhj.030.0097

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