Créer… Résister ? Réflexions encouragées par un tableau de Z. Mušič
- Par Armelle Hours
Pages 39 à 48
Citer cet article
- HOURS, Armelle,
- Hours, Armelle.
- Hours, A.
https://doi.org/10.3917/rfp.891.0039
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- Hours, A.
- Hours, Armelle.
- HOURS, Armelle,
https://doi.org/10.3917/rfp.891.0039
C’est en déambulant dans le parcours de l’exposition consacrée aux formes de la ruine (Lyon, Musée des Beaux-Arts, 2023-2024, Ramond et coll., 2023) que l’idée de ce questionnement a pris sa source. La première partie de cette exposition dédiée au statut de la ruine, à sa temporalité, à la place de la mémoire et de l’oubli, à son esthétique, a représenté un parcours de visite assez habituel. En bonne place figuraient les tableaux célèbres de Hubert Robert (Hersent, 2019), un spécialiste en somme. Ceux-ci ont proposé à mon sens une perspective réconfortante sur cette possibilité de renouveau autour de ce qui a disparu. La ruine pouvant alors attester de la préservation d’une trace. En œuvrant d’une certaine façon à cette forme de continuité certainement apaisante, semblant aller de soi, la ruine trouve sa place, sa fonction. La seconde partie de cette exposition a offert soudain une transition assez brutale à cette pérégrination. Tout à coup, alors que l’on se pense à l’abri dans le musée, voilà que l’actuel surgit dans toute son horreur, celle des catastrophes, de la destructivité de l’homme, de sa barbarie. L’histoire, cette fois-ci, l’Histoire récente de l’humanité, s’apparente à un temps qui ne passe pas. Subitement, je suis saisie particulièrement par cette toile, que je pense avoir déjà vue. Sidérée, c’est difficile de qualifier exactement ce qui se passe alors. Cela s’apparente non seulement à une forme d’angoisse, de désespoir, mais aussi à quelque chose qui ressemble à une implication assez directe, c’est mon affaire…