Des interprétations littéraires dans les écrits de Freud
- Par Gilberte Gensel
Pages 189 à 197
Citer cet article
- GENSEL, Gilberte,
- Gensel, Gilberte.
- Gensel, G.
https://doi.org/10.3917/rfp.884.0189
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https://doi.org/10.3917/rfp.884.0189
Notes
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[1]
Lors de la lecture d’écrits psychanalytiques « le lecteur n’est “ému” qu’aux passages où il se sent atteint, ceux donc qui concernent des conflits actuellement à l’œuvre en lui. Tout le reste le laisse froid » (Freud 1937/1985, p. 35). Je prends ici le pari qu’il en va de même de l’ensemble de la littérature.
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[2]
Sophocle n’a-t‑il pas réussi (sans le souhaiter ni le savoir, bien sûr) à produire un fort effet interprétatif sur Freud lui-même, profondément impressionné par la figure d’Œdipe, époux incestueux, amant et meurtrier, figure tout autant fantasmatique que fondatrice de l’édifice psychanalytique.
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[3]
L’intervention avait causé un fort effet sur Hans, qui demanda à son père, sur le chemin de retour, si le professeur parlait « avec le bon Dieu pour être capable de tout savoir à l’avance ».
Dans cette étude sont abordés à partir de trois exemples les rapports que la démarche interprétative freudienne entretient avec la littérature et son émergence, furtive, presque secrète, dans ses écrits.
Un premier exemple est tiré de « “Un enfant est battu” : contribution à la connaissance de la genèse des perversions sexuelles » (Freud, 1919/2002, p. 115).
Au chapitre IV, Freud s’intéresse à ces « toutes premières périodes dans lesquelles est logé le fantasme », alors que l’enfant est « empêtré dans les excitations de son complexe parental » : le père bat cet enfant haï – « il n’aime pas cet autre enfant, il n’aime que moi ». Le fantasme « satisfait ouvertement la jalousie de l’enfant »… mais il est aussi « fortement soutenu par ses intérêts égoïstes », alors « un doute subsiste » : peut-on le caractériser comme « un fantasme purement sexuel ? On n’ose pas non plus l’appeler un fantasme “sadique” ». Vers l’origine, les « caractères avec lesquels nous sommes accoutumés à bâtir nos distinctions ont tendance à s’estomper. Cela ressemblerait donc à la promesse faite par les trois sorcières à Banquo : pas à coup sûr sexuel, pas même sadique, mais pourtant la matière dont doivent sortir l’un et l’autre » (Freud, 1919/2002, p. 128). L’allusion faite à Macbeth est explicitée par une note de la traduction :
« Autrement dit, c’est ambigu. »
Puis dans le texte de Shakespeare, les propos des sorcières :
« Moindre que Macbeth et plus grand
Moins heureux, bien plus heureux pourtant …
Mots-clés éditeurs : citation littéraire, idée incidente, interprétation, pulsion, pulsion de mort
Date de mise en ligne : 08/10/2024
https://doi.org/10.3917/rfp.884.0189