Crowdsourcing compétitif : ressorts et enjeux
- Par Sophie Renault
Pages 59 à 80
Citer cet article
- RENAULT, Sophie,
- Renault, Sophie.
- Renault, S.
https://doi.org/10.3917/resg.101.0057
Citer cet article
- Renault, S.
- Renault, Sophie.
- RENAULT, Sophie,
https://doi.org/10.3917/resg.101.0057
Notes
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[1]
Selon Pénin & al. (2013), le CS de tâches simples et routinières s’inscrit dans un registre intégratif. Quant au CS de tâches complexes ou d’activités inventives, il repose sur des formules sélectives. Enfin, le CS de tâches créatives peut s’appuyer sur une démarche intégrative ou sélective.
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1Grâce aux Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), la mise en concurrence de fournisseurs revêt de nouveaux visages. A l’heure de l’Open Innovation (Chesbrough, 2006), des prestataires d’une nouvelle nature sont en effet susceptibles de proposer les ressources et compétences dont ils disposent aux organisations. Qui sont-ils ? Ce sont vous ou moi, votre voisin, votre collègue de bureau (...), en un mot : « la foule » ou plus précisément tout individu connecté à la Toile. C’est ainsi vers une foule de visages anonymes que les organisations externalisent des activités traditionnellement réalisées en interne ou confiées à un prestataire identifié. Il est alors question de crowdsourcing (CS).
2Grâce au développement de plateformes d’intermédiation, nous assistons à une mise en compétition de la créativité, de l’inventivité et de l’expression globale des compétences de la foule. Parmi les compétitions que l’on pouvait trouver sur Internet en 2013, cette sélection illustre nos propos : Crêpe Avenue, crêperie parisienne trendy, est passée par la plateforme Creads afin qu’un logo lui soit proposé. Ce sont alors 148 créations qui sont entrées en concurrence. Sur la plateforme eYeka, on pouvait trouver un concours invitant les internautes à créer une vidéo pour témoigner des qualités de Duracell Powermat. Quant à Studyka, elle invitait les étudiants à trouver un nouveau concept pour le programme jeunesse de TF1, TFou. Dans un tout autre registre, InnoCentive proposait un défi dans le but de développer une méthode d’endoscopie permettant d’accéder plus facilement au système biliaire…
3On trouve donc sur le Net profusion de challenges invitant la foule à offrir une réponse idoine aux problématiques variées d’un client (qualifié de crowdsourcer). En nous appuyant sur une démarche netnographique (encadré 1), cette recherche a pour objectif de souligner les ressorts du CS compétitif : comment fonctionnent les plateformes fondées sur la mise en compétition de la foule ? Pourquoi et comment attirent-elles foule et crowdsourcers ? A quelles critiques font-elles face ?
Encadré 1 : Architecture de la recherche
4Dans une première partie, nous appréhenderons les différentes facettes du CS. Parmi les formules appréhendées, nous centrerons notre propos sur le CS compétitif. Ainsi, trois plateformes de CS compétitif feront l’objet d’une présentation dans la deuxième partie de l’article. La dernière partie nous permettra de souligner les atouts du CS pour le crowdsourcer et la foule de ceux qui participent aux challenges. Seront enfin exposées les principales limites et controverses dont peut souffrir ce mode de création de valeur.
1 – Les différents visages du crowdsourcing
5Cette première partie dessine les contours du CS. Il s’agit tout d’abord de définir le concept et d’en décrire les principales formes. Ensuite, nous proposons de centrer notre attention sur les pratiques de mise en concurrence.
1.1 – Qu’est-ce que le crowdsourcing ?
6Apparu en 2006 dans la revue Wired sous la plume de James Howe, le terme de « crowdsourcing » attire l’attention croissante des praticiens mais aussi des chercheurs. Composé de deux mots : crowd qui signifie la foule et sourcing l’approvisionnement, ce néologisme désigne l’externalisation d’activités vers la foule par une organisation qualifiée de crowdsourcer (Howe, 2006a ; Lebraty, 2009 ; Brabham, 2013).
7Il nous semble tout d’abord important de répondre à cette question : quelles sont les caractéristiques de la foule ? Comme le rappellent Pénin & al. (2013, p. 50-51), « l’image de la foule nous renvoie […] facilement à un imaginaire fait de suivisme moutonnier, d’absence de créativité, voire de violence de groupe ». Ces propos renvoient aux réflexions sur la foule de Le Bon (1895) ou Freud (1921). Moscovici (1985, p. 153) ironise sur la vision négative de ces auteurs : « la foule est femme. Son caractère supposé émotif et capricieux, lunatique et volage, la prépare à la suggestion, tout comme sa passivité, sa soumission traditionnelle, son endurance la préparent à la dévotion ». Pourquoi les crowdsourcers sont-ils en quête des ressources et compétences dont elle dispose ? Parce que la foule qui s’implique dans des démarches de CS, n’est pas celle qui est décriée. Cette foule n’est pas en interaction physique, elle peut être disséminée aux quatre coins du globe. Ce qui la réunit, c’est la volonté de répondre à une problématique. Elle s’y exerce via la sphère électronique. Howe (2006b) la décrit en mettant en avant cinq de ses caractéristiques :
- La foule est dispersée : elle est constituée de personnes issues du monde entier, lesquelles s’investissent à distance dans les missions confiées.
- La foule dispose de peu de temps pour réaliser la tâche : les « nouveaux travailleurs du web » réalisent les activités pendant leur temps libre.
- La foule est pleine de spécialistes : des experts sont présents parmi la foule.
- La foule produit de la mauvaise qualité : tout challenge engendre un flot de contributions de qualité médiocre.
- La foule est astucieuse : elle sait corriger des erreurs et dénicher des produits innovants.
8Que peut faire la foule ? Si l’on reprend la catégorisation de Howe (2008), le crowdsourcer peut tout d’abord solliciter le jugement ou l’avis de la foule, il est alors question de crowd voting. Ensuite, le crowdsourcer peut être en quête du travail créatif (ou non) de la foule, il s’agit de crowd creation. Par ailleurs, la sagesse de la foule est également souvent mobilisée, on parle à ce propos de crowd wisdom. Enfin, ce sont les ressources financières des internautes qui peuvent être sollicitées, il s’agit de crowdfunding.
9D’autres auteurs ont proposé de classifier les différents types de CS. Parmi les travaux les plus récents, Lebraty & Lobre (2013) identifient dix familles de CS : le « crowdjobbing » consiste en l’externalisation de tâches routinières ou spécifiques ; le « crowdwisdom » requiert de solliciter l’avis de la foule ; le « crowdfunding » permet d’externaliser vers la foule le financement de projets ; le « CS & forecasting » permet de s’en remettre à la foule pour réaliser des prévisions ; le « CS & innovation » implique de solliciter la foule pour répondre à des problématiques conceptuelles ou techniques ; le « CS & authenticity » permet d’établir un lien de proximité avec la foule ; le « crowdauditing » permet de générer ou sélectionner du contenu ; le « crowdcontrol » implique de la foule qu’elle puisse assurer la sécurité des biens et/ou des personnes ; le « crowdcuration » confère à la foule un rôle dans la classification des données et des connaissances ; le « crowdcare » sollicite la foule pour protéger la santé et le bien-être de chacun. Lebraty & Lobre (2013) inscrivent ainsi leur classification dans une volonté de rendre compte avec minutie des différents usages du CS.
10Dans une approche plus englobante, Pénin & al., (2013) distinguent trois familles de CS parmi lesquelles le CS de tâches simples et routinières. Dans ce cas, le crowdsourcer externalise vers la foule des tâches qui requièrent un faible investissement en temps et en compétences. En retour, les contributeurs sont peu ou pas rémunérés. Le système reCAPTCHA en est un exemple emblématique (Ahn & al., 2008). Il s’agit de s’appuyer sur les internautes pour décrypter de vieux manuscrits. Les auteurs identifient également le CS de tâches créatives permettant au crowdsourcer « d’accéder à des potentiels disséminés sur la toile » (Pénin & al. 2013, p. 67). Dans ce registre, la plateforme eYeka met en relation des marques et des créateurs à travers des défis en ligne. Enfin, le CS de tâches complexes et d’activités inventives sollicite la capacité des individus à résoudre des problèmes scientifiques ou techniques. La plateforme InnoCentive offre un service de mise en relation entre les crowdsourcers qualifiés de « seekers » et une foule de « solvers » susceptibles d’avoir une solution aux défis posés. Enfin, Guittard & Schenk (2011) distinguent le CS intégratif du CS sélectif. Le premier permet de conjuguer des apports complémentaires. Quant au CS sélectif, il permet au crowdsourcer de sélectionner les meilleures productions parmi les contributions émanant de la foule [1].
11Cette recherche se centre sur le CS sélectif, qualifié également de CS compétitif. Il s’agit dès lors pour le crowdsourcer de sélectionner parmi les contributions de la foule celle(s) qui lui sied le mieux. Nous abordons donc le CS compétitif indépendamment du type de ressources ou de compétences sollicité auprès de la foule. Dans ce contexte, le crowdsourcer agit comme un client mettant en compétition ses fournisseurs. La section suivante précise les contours de cette compétition.
1.2 – La compétition comme mode de sélection des fournisseurs
12La mise en concurrence des fournisseurs est une pratique classique permettant de trouver sur le marché les meilleures compétences, de réduire les coûts… Dans cette lignée, les plateformes de CS ont un rôle stratégique : elles organisent le mieux possible la compétition entre la foule réunie autour de communautés numériques. Sur l’immensité de la sphère électronique, elles agissent comme des intermédiaires entre le crowdsourcer d’une part, et la foule de ceux qui sont susceptibles de lui offrir ressources et/ou compétences, d’autre part. En ce sens, les plateformes de CS opèrent à l’instar de places de marchés électroniques permettant « aux acheteurs et aux fournisseurs d’un même marché de se rencontrer et de gérer leurs transactions en ligne » (Allal-Chérif & Favier, 2008, p. 162). Sur la base des travaux d’Allal-Chérif & Favier (2008, p. 165) portant sur les places de marché, les plateformes de CS se fondent également sur une relation tripartite entre les acheteurs (les crowdsourcers) et les fournisseurs (la foule) afin d’optimiser les transactions opérées tout en s’attribuant une partie de la valeur créée.
13Dans une démarche de CS compétitif, une dotation préalablement déterminée est offerte aux participants. La concurrence qui s’exerce entre les fournisseurs potentiels n’est donc pas tarifaire comme elle pourrait l’être sur certaines places de marché. La concurrence s’opère sur la qualité de l’offre de la foule. Il s’agit de trouver les meilleures idées parmi les suggestions qu’elle émet. Les recherches de Schweitzer & al. (2012) indiquent que les compétitions en ligne permettent aux crowdsourcers d’avoir accès à une large palette d’individus à travers le monde. Elles sont propices à la génération d’idées à moindre coût. Les auteurs déplorent toutefois le fait qu’elles ne permettent pas de comprendre les consommateurs d’une marque. En effet, Schweitzer & al. (2012) rappellent que la cible visée par ce type de concours appelle une participation qui va bien au-delà de celle des clients des marques qui les initient.
14Le mode opératoire des plateformes de CS compétitif est simple. Elles relaient auprès de leur communauté le challenge de leur client (le crowdsourcer). La foule soumet ses propositions, lesquelles peuvent faire l’objet d’un filtrage de la plateforme pour le compte du client. C’est à ce dernier qu’il revient de sélectionner parmi les propositions qui lui sont faites celle(s) correspondant le mieux à ses attentes. Parfois, le crowdsourcer s’en remet au vote de la foule pour l’aider dans son choix, la sélection peut ainsi nécessiter un processus de crowd voting. Les étapes classiques du CS compétitif sont résumées dans la figure 1 :
Les étapes clés du crowdsourcing compétitif
Les étapes clés du crowdsourcing compétitif
15Selon Boudreau & Lakhani (2013), les concours permettent de générer des solutions à forte valeur ajoutée à des problèmes complexes ou nouveaux en ayant recours à de nombreux individus qui agissent en indépendance. Cette indépendance appuie le fait que la foule n’est pas considérée dans son acception classique. Les individus qui la composent ne sont pas en interaction. Ils ne sont donc pas en proie à l’influence de leurs homologues. Comme l’indiquent Lebraty & Lobre (2010, p. 20), « par sa diversité et l’indépendance de ses membres, en générant et/ou en sélectionnant du contenu, la foule permet de créer ». La mise en concurrence implique que le crowdsourcer cherche à ce que plusieurs contributeurs soient incités à déployer leurs compétences à son service. Ils s’inscrivent alors dans une lutte pacifique afin d’emporter le challenge. Tandis que parmi les caractéristiques de la foule figure sa prédisposition à produire de la mauvaise qualité, Howe (2006b) invite les entreprises à mettre en place des systèmes de filtrage et de sélection permettant efficacement de « séparer le bon grain de l’ivraie ». C’est dans ce contexte qu’il peut être utile de déployer une démarche de CS compétitif. Comme l’indiquent Boudreau & Lakhani (2013), les concours peuvent être mis en place dans de nombreux domaines : problèmes analytiques, techniques ou scientifiques pointus, problèmes de conception, activités créatives… Il en ressort que les profils des individus sollicités au sein de la foule sont variés. La section suivante explore trois plateformes sollicitant des communautés distinctes : 99designs s’appuie sur une communauté de créatifs, Studyka se fonde sur une communauté d’étudiants et InnoCentive sollicite une communauté de scientifiques.
2 – Zoom sur trois plateformes de crowdsourcing compétitif
16Cette deuxième partie expose les études de cas sur lesquelles s’appuie notre recherche. Il s’agit de trois plateformes encourageant la compétition des communautés qu’elles regroupent. Nous structurons la présentation des cas autour de trois points : une présentation succincte de la plateforme est tout d’abord opérée. Ensuite, nous soulignons les arguments mis en perspective par la plateforme pour recruter les crowdsourcers d’une part, et la communauté de ceux qui entreront en compétition, d’autre part.
2.1 – 99designs
Présentation
17Fondée par Mark Harbottle, Lachlan Donald et Paul Annesley en 2008, 99designs se présente comme une « plateforme innovante pour le design graphique ». Il s’agit de la plus grande place de marché en ligne dédiée à ce registre dans le monde. En 2013, 99designs dévoile que depuis son lancement, une nouvelle création est mise en ligne toutes les cinq secondes et plus de 45 millions d’euros ont été reversés à la communauté de designers.
Séduire les crowdsourcers
18L’argumentation de la plateforme envers les clients potentiels se présente dans les termes suivants : « obtenir des designs avec 99designs, c’est simple comme bonjour ! Nous vous aidons à organiser un « concours de design » durant lequel des milliers de designers s’affronteront pour créer LE design que vous attendez. Si aucun d’eux n’y parvient, vous serez intégralement remboursé ». Ce sont alors les bénéfices classiques du recours au CS qui sont suggérés par la plateforme. Une facilité d’action tout d’abord : le crowdsourcer doit soumettre ses besoins de manière claire et structurée à charge pour la plateforme de l’aider à réaliser un brief susceptible d’attirer de nombreux designers. Le crowdsourcer s’acquitte des frais liés au concours et attend que des propositions lui soient soumises. Au terme d’une période préalablement définie, il choisit un gagnant. Il obtient enfin la propriété intellectuelle de la création et peut l’utiliser dans le contexte qu’il désire. Ensuite, la démarche s’avère peu dispendieuse comparativement à l’engagement de ressources en interne sur ce type de problématique ou du recours à un prestataire extérieur. A fortiori, la plateforme propose une garantie « satisfait ou remboursé », préservant le crowdsourcer de toute déception. Le crowdsourcer bénéficie d’un grand nombre de propositions. Jamais un designer free-lance ou un salarié de l’entreprise ne pourrait à lui-seul témoigner d’une telle palette de créativité. Passer par une plateforme comme 99designs permettrait donc au crowdsourcer de maîtriser les coûts et d’accéder à une large palette de soumissions dont le client espère qu’elles le surprendront et sauront répondre à ses attentes.
Séduire les designers
19Si la conquête du client est importante pour une plateforme proposant des concours créatifs comme 99designs, attirer et fidéliser des designers l’est sans doute plus encore. En effet, la plateforme tire sa force de la qualité et de la quantité des membres de sa communauté. Ainsi, 99designs exprime ses objectifs dans les termes suivants : « offrir des opportunités aux designers et garantir à nos clients, à la recherche de graphismes de qualité, le meilleur service possible ». Si la cible des contributeurs se situe parmi les designers, notons qu’il n’est pas nécessaire d’être aguerri puisqu’aucune qualification n’est requise à l’inscription parmi les membres de la communauté. Ce sont notamment ceux que l’on qualifie de pro-ams qui s’investissent dans ce type de concours. Ils symbolisent l’hybridation entre le professionnel et l’amateur. Il s’agit de passionnés par le domaine dans lequel ils ont acquis des compétences qui peuvent donc être mises au profit d’un crowdsourcer. Séduire des talents est au cœur de la stratégie de la plateforme : « notre rôle consiste à mettre à disposition des designers une plateforme accueillante, professionnelle et sécurisée sur laquelle ils peuvent dénicher des opportunités et s’affronter équitablement. Ils peuvent aussi y présenter leurs travaux, améliorer leurs compétences, communiquer avec leurs pairs et gagner de nouveaux clients ».
2.2 – Studyka
Présentation
20Créée en mars 2011 par Yohan Attal, Yohann Melamed et Charles Thou, Studyka est une plateforme spécialisée dans la réalisation de challenges étudiants. Le concept est né alors que ses trois dirigeants étaient encore étudiants. Leur plaisir à s’investir dans des challenges initiés par des entreprises les a conduits à développer le concept. Studyka propose des concours à une communauté d’étudiants avides d’exercer leurs compétences sur des cas concrets. Des challenges sont ainsi soumis par des entreprises en quête de réponses originales aux problématiques qu’elles rencontrent. Au contraire de la majorité des plateformes de CS compétitif qui invitent les membres de leur communauté à concourir de manière individuelle, Studyka encourage les étudiants à former des équipes. L’un de nos interlocuteurs l’argumente de la façon suivante : « on est persuadé qu’à plusieurs on est meilleur, l’innovation vient de la confrontation des idées […]. Parfois on a des étudiants de trois continents différents qui constituent une équipe et on pense que c’est comme cela qu’ils seront innovants et qu’ils apprendront de leur expérience. Aujourd’hui dans le monde du travail, la plupart des expériences se font en équipe et pas de manière individuelle – cela reflète donc ce qu’ils vont vivre après dans les entreprises ». Dans ses deux premières années d’exercice, Studyka a réussi à mobiliser 1.200 écoles et universités dans plus de 100 pays sur les 5 continents.
Séduire les crowdsourcers
21Trois maîtres-mots guident le discours de Studyka envers ses clients : innovation, rayonnement et recrutement.
22L’innovation tout d’abord car l’organisation d’un challenge sur la plateforme permet d’accéder à la créativité d’étudiants du monde entier. Dans une démarche d’innovation ouverte, les équipes internes auraient tout à gagner à prendre en considération la créativité de la génération Y. Le rayonnement ensuite puisque les challenges seraient vus en moyenne par 100.000 étudiants. La notoriété de la plateforme confortée par les moyens de communication dont elle dispose permet aux marques de se faire connaître et de cultiver leur image employeur. Enfin, dans la suite logique du point précédent, il s’agit de permettre aux crowdsourcers de rencontrer les étudiants qui auront su tirer leur épingle du jeu : pourquoi ne pas en faire les collaborateurs de demain ? Selon Studyka, la majorité des challenges aboutit au recrutement de ceux qui ont su faire montre de leur implication et motivation sous la forme d’un stage ou d’un emploi.
Séduire les étudiants
23Côté étudiants, ce sont également trois arguments forts qui sont soulignés par la plateforme en termes d’expérience, de réseau et de récompense.
24Participer aux challenges permet aux étudiants de gagner de l’expérience à travers des cas concrets. Il s’agit également de construire ou renforcer leur réseau professionnel et d’élargir leurs horizons. Décrocher un stage ou un emploi pourrait compter parmi le champ des possibles. « Cerise sur le gâteau », des récompenses sont proposées aux équipes finalistes des challenges. Ce sont des biens matériels que les étudiants peuvent gagner si le travail de leur groupe compte parmi les propositions victorieuses. Typiquement, le challenge TFou permettait de gagner de nombreux lots, parmi lesquels des iPad mini, des casques Bose, des iPod nano…
2.3 – InnoCentive
Présentation
25Dans une logique d’innovation ouverte, la plateforme InnoCentive a été créée en 2001 par Jill Panetta, Jeff Hensley, Darren Carroll et Alpheus Bingham. Financée majoritairement par la compagnie Eli Lilly, l’objectif était d’améliorer la recherche dans de nombreux domaines parmi lesquels les sciences de la vie, l’ingénierie, l’informatique… InnoCentive met en relation des demandeurs (entreprises, laboratoires ou financeurs publics) avec ceux qui sont susceptibles d’apporter une réponse appropriée aux défis posés (les solvers). La plateforme annonce en 2013 avoir octroyé plus de 14 millions de dollars à des milliers de solvers brillants partout dans le monde.
Séduire les crowdsourcers
26Innover mieux, plus vite et de manière plus rentable fonde l’approche d’InnoCentive auprès des crowdsourcers ici qualifiés de seekers.
27Innover mieux : la plateforme argue tout d’abord du fait qu’InnoCentive s’appuie sur une communauté de 300.000 individus issus de plus de 200 pays. Chacun des solvers dispose de compétences variées permettant d’apporter des réponses à des problématiques complexes. De nouvelles idées peuvent provenir de champs de recherche a priori inattendus, pouvant alors aboutir à des innovations de rupture. En outre, l’aura de la plateforme permet de démultiplier le nombre d’individus susceptibles d’être sensibilisés à une problématique. Recourir à InnoCentive permettrait dès lors de trouver des idées avant-gardistes avec l’assurance pour le client de préserver les aspects liés à la protection de la propriété intellectuelle.
28Innover plus vite : l’engagement de centaines, voire de milliers de personnes permettrait d’obtenir une solution viable rapidement. Il s’agit pour le seeker de trouver un nouvel équilibrage dans l’attribution des ressources de ses équipes et d’orchestrer ainsi la gestion de l’innovation à l’intérieur mais également en dehors des frontières de son organisation.
29Innover de manière plus rentable : le crowdsourcer ne paie que lorsque les défis ont été relevés, en harmonie donc avec les critères et besoins exprimés.
Séduire les solvers
30C’est sur des arguments bien rodés que s’appuie InnoCentive pour séduire les solvers qui rejoindront sa communauté : « faites quelque chose de bien - rejoignez la communauté des solvers d’InnoCentive et impliquez-vous dans la vraie vie : problèmes réels - impact réel. En devenant un solver vous intégrerez le groupe incroyablement talentueux et créatif des penseurs indépendants qui aident à changer le monde au profit de millions de personnes. En qualité de solver, vous pouvez appliquer votre expertise, dépasser vos limites intellectuelles et créatives et gagner des prix allant de 5.000 $ à 1.000.000 $ en résolvant des problématiques sociétales ou humanitaires ».
31L’impact positif de la participation au défi est ainsi largement argumenté par InnoCentive. A fortiori les gagnants sont susceptibles de bénéficier d’un gain de notoriété inégalé. Résoudre un challenge d’envergure est alors considéré comme un exploit, lequel pourra être valorisé sur un CV ou par la possibilité de rejoindre le « club » fermé des solvers sur Linkedin. Enfin, les dotations financières accordées à ceux qui parviennent à résoudre une problématique sont loin d’être négligeables.
3 – Atouts, limites et controverses
32Cette dernière partie synthétise tout d’abord les principaux atouts du CS compétitif pour le client et la communauté des internautes qui se lancent dans un challenge. Sont ensuite exposées les critiques auxquelles les plateformes de CS compétitif doivent faire face.
3.1 – Les bénéfices du crowdsourcing compétitif
33Recourir à un mode de CS compétitif semble présenter de nombreux atouts pour les parties prenantes. Du côté du crowdsourcer, les avantages sont prégnants :
Générer de nouvelles idées
34Le CS compétitif peut être utilisé afin d’obtenir de nouvelles idées dans de nombreux domaines. Il peut s’agir de designer un nouveau logo, créer un site web, imaginer l’avenir de la ville de demain ou solutionner une problématique médicale pointue. Sur la plateforme eYeka, la responsable innovation de SFR indique que recourir à la plateforme aurait généré le même niveau d’idées en trois semaines que l’une des meilleures agences d’innovation en trois mois ou école de design en six.
Accéder à des nouveaux talents
35Dans une démarche d’innovation ouverte et en particulier d’outside-in, le CS compétitif est une opportunité d’accès pour les organisations à des compétences dont elles ne disposent pas en interne. Le CS compétitif permettrait d’accéder à des centaines de talents au travers le monde et de ne choisir que celui dont la solution correspond le mieux à la problématique rencontrée. En outre, ce sont des individus issus du monde entier qui sont susceptibles d’être force de proposition. Les TIC contribuent ainsi à une mondialisation du marché du CS. A propos d’eYeka, un crowdsourcer indique qu’elle lui a permis d’accéder à des endroits où son entreprise n’était pas présente et a ainsi ouvert de nouvelles possibilités pour la marque. Concernant Studyka, à l’issue des challenges, certains crowdsourcers ont embauché des étudiants dont les profils de compétences n’étaient a priori pas envisagés. A ce propos, l’un des dirigeants de Studyka nous rapporte que les finalistes d’un challenge sur la finance personnelle venaient d’une école d’agronomie. Sans disposer d’une formation en harmonie présumée avec le sujet, ils ont été embauchés à l’issue du concours dans l’organisation initiatrice du challenge.
S’ouvrir à la diversité
36Le CS repose sur le fait que les bonnes idées ne viennent pas seulement d’une sélection d’experts. Un individu lambda pourrait mieux appréhender certaines problématiques. La bonne idée ne provient donc pas nécessairement d’un champ de compétences circonscrit. Par ailleurs, elle peut être soumise par un amateur. C’est sans doute la raison pour laquelle beaucoup de plateformes font part d’ouverture au regard de la compétence des participants. Si l’on s’en réfère aux plateformes étudiées, il est possible de s’inscrire et de participer aux challenges d’InnoCentive ou de 99designs indépendamment d’une quelconque qualification dans le registre scientifique ou créatif. Sur la plateforme InnoCentive, les recherches de Lakhani & al. (2006, p. 10) montrent que les solvers « augmentent de 10 % leurs chances de compter parmi les gagnants si la problématique traitée est complètement en dehors de leur champ d’expertise ».
Et cela… pour un coût moindre et maîtrisé
37Le coût est l’un des principaux arguments du recours au CS compétitif. En effet, le client paie une prestation globale comprenant les récompenses attribuées aux gagnants et les frais liés à la prestation de la plateforme.
38Concernant la foule, une précédente recherche (Renault, 2013) conforte les principaux axes de la modélisation de Kaufmann & al. (2011) sur les motivations intrinsèques et extrinsèques des participants aux démarches de CS (figure 4).
Motivations des participants aux démarches de crowdsourcing
Motivations des participants aux démarches de crowdsourcing
39Parmi les facteurs de motivation intrinsèque, le plaisir de participer a une place de choix dans le domaine de CS compétitif. La place de la communauté semble quant à elle mineure. Concernant la motivation extrinsèque, ce sont les récompenses immédiates (gain financier) et futures (signal et avancement du capital humain) qui séduisent les contributeurs. Enfin, le goût du défi des participants et leur attrait particulier pour les marques partenaires concourent à l’attractivité des challenges dans lesquels ils s’engagent (Renault, 2013). Les plateformes s’appuient en effet sur ces arguments pour attirer leur communauté. En fonction de leur cible, nous avons pu observer que les plateformes valorisent plus ou moins certaines sources de motivation. Les récompenses financières sont parmi les facteurs de motivation extrinsèque un élément incontournable. Zheng & al. (2011) rappellent que plus la récompense est importante, plus le nombre de propositions émises par la foule le sera également. En outre, la récompense serait un élément important dans la qualité de la réponse apportée (Archak & Sundararajan, 2009). Toutefois, notre recherche témoigne que d’autres sources de motivation extrinsèque sont soulignées dans l’argumentaire des plateformes. Ainsi, les récompenses futures et les motivations sociales sont importantes pour les contributeurs. Les plateformes étudiées mettent en relief les retombées de la participation à ce type de concours en termes de rayonnement ou d’accès à des réseaux professionnels. Plus que d’autres, la plateforme Studyka développe assidûment son argumentaire en termes de « récompenses futures » et plus précisément d’avancement du capital humain. Elle est en effet au contact d’une communauté d’étudiants soucieux de trouver un stage ou un emploi. Si plusieurs facteurs semblent favoriser l’envie de la foule de s’inscrire à des challenges en ligne, quelques limites sont susceptibles d’entacher les démarches de CS compétitif. La section suivante en dresse les principaux contours.
3.2 – Les points sensibles
40Le CS et le modèle d’affaires sur lequel il repose suscitent de nombreuses critiques. C’est en particulier la question de la rétribution de la foule qui interroge. En écho aux recherches de Dujarier (2008), il peut être considéré que la foule réalise un travail. Les participants à une démarche de CS ne disposent pas de statut, or le principe selon lequel « tout travail mérite salaire » est souligné. Typiquement, de nombreuses personnes vont s’investir dans l’espoir d’emporter un challenge sans nécessairement accéder au moindre gain. Il est alors question de « travail spéculatif ». En outre, les opposants aux démarches de CS compétitif arguent du fait que les récompenses offertes aux internautes engagés sont négligeables par rapport à la création de valeur générée.
41C’est essentiellement dans le domaine de la créativité que de nombreuses agences professionnelles et designers freelance se lèvent contre le CS compétitif dont ils considèrent qu’il est destructeur d’emplois. Ils voient en effet les plateformes comme des concurrents low cost. Certains détracteurs estiment que les plateformes et les crowdsourcers sont les seuls bénéficiaires de cette mécanique concurrentielle. De nombreux créatifs s’insurgent contre ce système et ceux qui l’alimentent en y participant. Les propos tenus sur le blog « Les Graphisteries » illustrent nos propos : « alors un petit conseil à tous ces graphistes si tant est que certains passent par-là : ouvrez les yeux ! Vous participez à un système qui tue le métier. Tout travail mérite salaire, jamais vous ne vous permettriez de faire venir 10 électriciens chez vous et de ne payer que celui qui aura fait le meilleur boulot à vos yeux. Jamais vous n’iriez prendre plusieurs télévisions en annonçant aux vendeurs que vous ne paierez que la meilleure ! Pourquoi en serait-il autrement pour les graphistes et créatifs ? » [2].
42Tandis que certains modes de CS intégratif permettent un micro-paiement de la tâche (Istockphoto, Amazon Mechanical Turk…), aucune récompense matérielle n’est garantie dans le contexte du CS compétitif. En réponse aux critiques, le salarié d’une plateforme de CS compétitif dans le domaine du marketing nous livre les propos suivants : « aujourd’hui, dans la communauté, beaucoup de gens travaillent par plaisir. Ce n’est pas quelque-chose qui est un travail, on ne le fait pas professionnellement, c’est plutôt un à-côté. Du coup, c’est assez anxiogène pour les plateformes car on ne sait jamais qui a le temps, quand et qui a envie de participer. Dans le CS, il y a très peu de fidélité. Moi je suis d’accord en partie avec les gens qui disent le CS cela peut être mal vu et que c’est exploiter d’une certaine manière le travail et la créativité des gens. Mais d’un autre côté, je me dis que les gens qui participent – et il y en a beaucoup et de plus en plus – le font parce qu’ils y voient une valeur aussi. Alors d’une manière très libérale, les personnes qui voient de la valeur restent et les autres partent ».
43Conscientes de la critique certaines plateformes adoptent une gestion précautionneuse de leurs parties prenantes. C’est le cas de Studyka dont l’un des dirigeants revendique déployer un modèle « fair-play » envers les parties prenantes : « l’entreprise bénéficie d’idées et de talents qu’elle est susceptible de recruter. Quant aux étudiants, ils peuvent se faire repérer, apprendre et se professionnaliser. Par contre, on ne veut pas que les étudiants travaillent des dizaines d’heures pour ne rien gagner à la fin ». C’est la raison pour laquelle Studyka a déployé un système sélectif par entonnoir constitué de trois phases. Dans une première phase, de nombreuses équipes sont en lice. Il leur est demandé de fournir un document succinct, typiquement seulement quelques slides mettant en perspective leurs idées. Les projets les plus intéressants sont alors retenus dans une deuxième phase. Les étudiants s’impliquent alors davantage dans le challenge qu’ils ont désormais, selon les termes de notre interlocuteur, une chance sur deux de gagner. Dans une dernière étape ne sont retenus que les groupes finalistes qui ont alors l’assurance d’être sur le podium mais ignorent encore quel sera leur classement. Du côté de l’entreprise, cette procédure permet également de ne pas faire face à un flot de contributions ne correspondant pas à ses attentes et conséquemment de ne pas perdre de temps dans une activité de sélection des plus chronophages. Ce modèle d’affaires centré sur une communauté très ciblée (celle des étudiants) permet d’échapper aux critiques précédemment énoncées. Par définition, ces challengers ne sont pas des professionnels acceptant de délivrer leurs compétences à moindre coût.
44Par ailleurs, la plupart des plateformes sont très vigilantes en ce qui concerne l’encadrement des droits de propriété intellectuelle (DPI). InnoCentive garantit aux solvers non retenus que leur solution n’entrera pas dans le portefeuille de propriété intellectuelle du crowdsourcer. Concernant Studyka, en fonction du type de projet la plateforme adapte la gestion des DPI. Par exemple, pour un challenge impulsé par Allianz sur la prévention routière, l’objectif était de diffuser les idées qui potentiellement peuvent sauver des vies. C’est pourquoi, il a été privilégié une création intellectuelle de type creative commons tout en préservant la paternité de l’idée pour les étudiants l’ayant portée. Pour le challenge TFou l’équipe gagnante bénéficiait d’un budget de dix mille euros pour développer un teaser, les étudiants gardaient les droits sur le projet qu’ils pouvaient ensuite revendre prioritairement à TF1 ou à une autre chaîne passé un certain délai.
Conclusion
45En proie à plusieurs critiques, les plateformes de CS s’efforcent de développer leur attractivité auprès des internautes susceptibles de rejoindre leur communauté. Il s’agit également de fidéliser et d’inciter à participer les membres d’ores et déjà inscrits. Pour ce faire, les plateformes ont recours à plusieurs leviers. Il est notamment utile d’aiguiser le goût du défi de ceux qui s’engagent dans une compétition sans la moindre assurance de l’emporter. Il est alors important de rappeler les bénéfices transverses de la participation aux démarches de CS. Ainsi, les participants peuvent s’amuser, développer leurs compétences, user de leur esprit créatif en faveur d’organisations de renom ou de causes qui leur tiennent particulièrement à cœur, trouver un stage ou un emploi…
46Orchestratrices des échanges, les plateformes revendiquent un modèle d’affaires résolument libéral, répondant aux détracteurs que la foule des contributeurs n’est pas contrainte et accepte les règles du jeu. Les plateformes exposent le plaisir de s’engager des individus qui ne sont pas seulement en quête d’une récompense matérielle. Toutefois, même si la récompense financière pourrait apparaître pour certains concurrents comme secondaire, tous ne vivent pas la compétition comme un loisir et certains sont sensibles à « l’argent de poche » qu’ils peuvent emporter. Afin de consolider la relation qui les lie aux membres de leur communauté, certaines plateformes s’attachent alors à rendre leur victoire possible. C’est le cas de Darjeelin qui n’oppose que six individus dans la quête du billet d’avion le moins cher. Certes, en impliquer davantage ne permettrait pas nécessairement de trouver des offres plus intéressantes dans un timing limité, mais plus encore cela risquerait de décourager ceux qui s’investissent dans la compétition pour un gain modeste.
47Cette recherche apporte un éclairage sur les ressorts et enjeux de la mise en compétition de la foule dans une stratégie de création de valeur. Nous avons ainsi mis en relief les principaux rouages du CS compétitif et exposé comment les plateformes motivent leurs principales parties prenantes : crowdsourcers, d’une part et foule, d’autre part. D’un point de vue managérial, cette recherche invite les plateformes à enrichir leur réflexion afin de répondre aux desiderata des crowdsourcers mais aussi de la communauté de ceux qui s’engagent chaque jour dans des challenges compétitifs. Il s’agit pour les plateformes d’engager les parties prenantes dans un modèle gagnant-gagnant. Elles sont le lieu de rencontre entre le crowdsourcer et les communautés qu’elles réunissent. Afin de répondre aux ambitions du client, un nombre important d’individus disposant de compétences idoines doivent s’impliquer. Si le jeu concurrentiel s’exerçait en trompe-l’œil, les crowdsourcers pourraient rapidement se détourner de cette modalité d’innovation ouverte. D’un point de vue méthodologique, le caractère exploratoire de notre recherche, nous invite à prolonger nos travaux. Il s’agirait en particulier d’étudier plus en détail les motivations et freins à l’implication dans une démarche de CS des communautés sollicitées. Les plateformes de CS compétitif cherchent encore leurs marques, de futures recherches permettront d’en observer les évolutions.
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Mots-clés éditeurs : compétition, concours, crowdsourcing, innovation ouverte, plateforme de crowdsourcing
Date de mise en ligne : 07/08/2014
https://doi.org/10.3917/resg.101.0057