Les risques du refus
Quand l’exil devient errance : des sujets en quête de place
- Par Maud Delahaye
Pages 61 à 79
Citer cet article
- DELAHAYE, Maud,
- Delahaye, Maud.
- Delahaye, M.
https://doi.org/10.3917/rep2.034.0061
Citer cet article
- Delahaye, M.
- Delahaye, Maud.
- DELAHAYE, Maud,
https://doi.org/10.3917/rep2.034.0061
Notes
-
[1]
Par souci de confidentialité et d’anonymisation, l’institution en question n’est pas nommée.
-
[2]
“Fundamentally a discontinuous state of being” dans le texte original (p. 77). Nouss (2019) souligne la transformation opérée par la traduction française (Said, E. (2008). Réflexions sur l’exil. (Woillez, C. Trad.). Arles : Actes Sud, p. 757) : la question de l’identité est traduite par le terme « situation ».
-
[3]
Par souci d’anonymisation et de confidentialité les prénoms sont modifiés.
-
[4]
L’usage de l’italique vise à souligner le terme employé.
Introduction
1 Les notions de place et d’errance surgissent de façon récurrente dans les rencontres cliniques avec les sujets en situation d’exil, de manière manifeste ou latente, dans l’élaboration ou dans l’agir. La clinique que je rencontre en libéral et dans le cadre d’une collaboration avec une institution qui accueille des étudiants en situation d’exil [1] est mue par ces questionnements. Ce malgré – parfois plus encore – lorsque le statut de réfugié a été délivré, alors que la demande d’asile a obtenu une réponse positive ou quand le parcours d’exil est celui des générations précédentes. La question du refus de l’étranger pourrait alors sembler résolue mais ce n’est pas le cas. Elle persiste, insidieuse, parfois en tant que « sentiment de menace intériorisée » (Saglio-Yatzimirsky, 2019, p. 33) par les sujets et revécue sans cesse.
2 Les questionnements et les souffrances en lien avec une quête de place subjective et de sens dans un cheminement migratoire et psychique complexe et violent nécessitent d’être racontés, adressés et écoutés. Ce, afin de favoriser « un possible arrimage symbolique » (Pestre, 2022, p. 156) et une dynamique de subjectivation lorsque celle-ci a été attaquée par les manifestations de refus et de rejet. Cela est d’autant plus urgent que l’ère actuelle est marquée par le durcissement des politiques migratoires consubstantiel à la violence de la montée des extrêmes droites et des nationalismes dans les paysages politiques internationaux. Discours de haine, refus administratifs et sociaux, « souci forcené de cliver un dedans et un dehors » (Stitou, 2011, p. 184) mis en actes par les politiques : les sujets exilés sont repoussés aux limites du socius, cantonnés dans les non-lieux de l’exil (Nouss, 2019), figés à la frontière des pays, du langage et par là même de la vie. Bannis de leur propre sol – c’est là l’étymologie latine du terme « exil », ex(s)ilium – ils sont refusés là où ils pensaient pouvoir trouver refuge.
3 Or, l’exil sans refuge peut endosser le sens du mot en ancien français : la destruction, le ravage. Flottant entre plusieurs territoires, dans une « situation fondamentalement discontinue » [2] (Said, 2001, p. 757), certains exilés sont assignés socio-politiquement à demeurer des étrangers, détenteurs d’un titre de séjour, naturalisés ou pas. Le refus de l’étranger persiste malgré et au-delà d’une décision administrative. Tandis que le rejet trouve ses racines étymologiques dans l’idée d’expulser hors ou loin de soi quelque chose ou quelqu’un, le refus – teinté par le négatif – repose sur l’action de ne pas laisser entrer, de dénier une personne, un groupe, une requête (« Refuser », 2022a, 2022b ; « Rejeter », 2022. Cf. Bibliographie). Le refus de l’étranger se cristallise sur l’étranger « concret » en tant que support de projection et symptôme du refus de l’étranger en soi. Outre l’hostilité, voire la haine, face à la différence et à l’altérité (Arendt, 1953 ; Freud, 1905), l’étranger représente une surface de projection dans laquelle l’intime, le refoulé et « l’inquiétante étrangeté » (Freud, 1919) s’entremêlent.
4 Pour Bolzman (2014, p. 45), l’exil est à entendre comme « une situation de rupture radicale de la place de quelqu’un dans la société ». La rupture résonne avec les propos d’E. Said, dans son ouvrage Out of place (2000, p. 241) lorsqu’il écrit : « [L’exil] est la fissure à jamais creusée entre l’être humain et sa terre natale, entre l’individu et son vrai foyer […] ».
5 Le champ lexical de la déchirure sociale, psychique et géographique peut également se retrouver dans la lecture du terme « étranger » dans le Littré (« étranger », 2022). Il est saisissant de constater que toutes les définitions, à l’exception de la première (« qui est d’une autre nation »), sont énoncées au négatif. « Qui n’appartient pas à […] n’est pas parent […] ne se mêle point d’une chose […] n’a point de liaison, de rapport d’intimité […] n’est pas du pays où il se trouve ». Le négatif désigne en particulier dans ces formulations l’absence de lien à l’autre. L’étymologie latine du terme – extranearius – renvoie quant à elle à « étrange » ou « étrangeté » et est mentionnée à la rubrique des synonymes. Les politiques se font ainsi porteuses de cette sémantique : l’étranger est à part du groupe, les possibles liens sont sectionnés, refusés, par et dans la formulation négative.
6 L’errance, selon A. Cherki (1998), est synonyme de sédentarité pour les sujets, de « piétinement », dans « une identification au rien […] qui les assigne » (Ibid., p. 69). Elle peut aussi se définir au négatif : un mouvement sans but précis, « sans cartographie définie » (Vilela, 2008, p. 104). Dans une perspective sociologique, Moreau de Bellaing & Guillou, (1995, p. 12) avancent que « l’errance peut se définir […] comme le déplacement indéfini ou provisoire, dans un temps plus ou moins continu, sur un ou plusieurs territoires ». Une résonnance avec la discontinuité temporelle et géographique de l’exil (Said, 2001) est perceptible et renvoie à l’« inquiétude essentielle sur l’identité [qui] se joue […] car l’errance est un mouvement linéaire au travers de paysages qui ont perdu toute valeur symbolique » (Vilela, 2008, p. 104). Les questionnements cliniques à propos de l’errance, de la place et de la « non-place » sont condensés dans cette inquiétude identitaire.
7 À partir de deux rencontres cliniques et à la lumière des apports de la psychanalyse, de la philosophie et de la sociologie, les notions d’errance et de (non-)place seront articulées aux problématiques observées dans les rencontres cliniques. Mon propos est de saisir comment le refus de l’étranger perdure au-delà de l’acceptation administrative et s’intrique à une souffrance narcissique et identitaire pour les sujets. De quoi le refus de l’étranger est-il le signe – le symptôme politique – et quels sont les dangers psychiques qui en découlent ?
8 Il s’agira en particulier d’envisager de quelles façons l’exil peut se transformer en errance et de quoi cette errance est le nom. Comment pour certains sujets exilés la question de la quête de place subjective se déplie.
1. Tarek ou l’errance de l’éternel étranger
9 Le parcours de Tarek [3] est marqué par des répétitions d’exils, de violences et de ruptures. À partir de cette rencontre se sont dessinés de possibles liens entre une forme d’errance de l’exil et une souffrance narcissique exacerbées par le rejet et le refus.
1.1. Pourquoi et comment évoquer l’identité ?
10 L’identité est au centre des questionnements de certains patients. Tarek, souvent au bord de l’effondrement, a ainsi formulé la problématique : « Je ne sais plus qui je suis, je suis totalement cassé comme une pierre éclatée ». En lien avec les expériences d’effondrement et les achoppements de la fonction subjectivante du Moi, Bourdin (2019) dresse un tableau des problématiques dites identitaires. L’auteure (Ibid., p. 359), à la suite de Roussillon (1999) retranscrit l’hypothèse selon laquelle :
[…] l’agencement et la fonction intrapsychique et intersubjective [des] souffrances narcissiques relèvent d’une organisation défensive contre les effets d’un traumatisme primaire clivé et contre la menace que celui-ci, soumis à la contrainte de répétition, continue de faire courir à l’organisation de la psyché et de la subjectivité.
12 Cette définition peut s’articuler aux problématiques rencontrées dans la clinique en ce qui concerne l’émergence de « l’inquiétude sur l’identité » (Vilela, 2008, p. 104) en tant qu’effet non pas uniquement d’un traumatisme primaire mais d’un traumatisme de l’exil réactualisé par le refus et le rejet agis et répétés par les politiques. Le refus exacerbe le caractère « discontinu » de la situation d’exil (Said, 2001, p. 757) jusqu’à en faire une « expérience-limite » avec la menace d’une précipitation hors du monde (Zaltzman, 1999) et d’une perte du sentiment d’identité. Dans la perspective de Devereux (1967), la renonciation à l’identité est le « dernier rempart contre l’anéantissement » en ce que l’identité fait encourir à son détenteur le risque symbolique d’être dévoré par celui qui la perçoit. Plus encore, la menace d’une assimilation dévoratrice du détenteur d’identité implique ensuite une expulsion [4] hors de l’organisme du dévorateur, transformant le « bon objet » en « mauvais objet » dans un acte hautement « dégradant » (Ibid.). La renonciation à l’identité suppose une défense contre un potentiel anéantissement et à la fois un risque de désubjectivation.
1.2. La répétition favorise-t-elle l’errance ?
13 Proche du ressenti retranscrit par le poète Vasken Chouchanian (1982 in Pěltean, 2001, p. 64) qui « [sera] toujours ballotté d’un être à l’autre », Tarek aussi semble pris dans et par la situation d’exil. Outre l’image d’un mouvement sans fin ni but, c’est la voix passive qui est utilisée par Chouchanian. Cette formulation résonne avec la scission du Moi dans la théorie freudienne. La pulsion de mort qui sous-tend la déliaison et la rupture du Moi en un Moi-guerrier et un Moi-pacifique (Freud, 1919) peut atteindre l’explosion en un « Moi-passivé » (Delahaye et al., 2022).
14 Tarek est un homme d’une trentaine d’années. Notre rencontre clinique a lieu par le biais d’une institution qui accueille des étudiants en situation d’exil. Son parcours migratoire est marqué par des ruptures majeures, trois exils sur différents territoires, provoqués par la violence, la guerre et les menaces. Lorsque Tarek évoque son enfance, la violence familiale se mêle à celle de la guerre, les deux se faisant écho dans une forme de répétition mortifère. Alors qu’il est né en Afrique du Nord, sa famille s’exile au Moyen-Orient au cours de sa prime enfance. De ce premier exil, Tarek ne dit mot. Il ne souhaite pas, ne peut pas mentionner – ou ne connaît pas – la cause de ce déplacement initial. Les dates, les lieux, les personnes se mélangent, tant et si bien qu’il me faut parfois lui demander à quelle période de sa vie il se réfère. Ce à quoi Tarek répond systématiquement par une désignation géographique qui fait office de référence chronologique.
15 Son discours est rythmé par des irruptions de souvenirs de violence plus ou moins prononcée : une bombe, une claque, un cri, un coup d’État, un coup de feu. Son départ du Moyen-Orient vers l’Europe de l’Est semble avoir été provoqué par l’union d’un désir fomenté en partie par un fantasme d’un ailleurs meilleur, un désir d’Occident (Badiou, 2015) survenu dans l’urgence de quitter un pays en guerre. Enfin, son dernier exil, celui qui l’a amené en France est celui dont il parle le plus. C’est le plus récent et le plus douloureux. À la suite d’un imbroglio politico-institutionnel, incluant trahisons, accusations et menaces de mort, il lui a fallu quitter son « pays d’adoption » en urgence pour la France. Dans le discours de Tarek, ce troisième exil prend la forme d’une fuite suite à une trahison absolue de la part des gens qui l’entouraient, une mise en acte d’un rejet social et politique de sa présence et qui lui rappelle sans cesse qu’il était étranger en son pays choisi. Ce rejet soudain et précipité représente une potentielle répétition du premier exil sur lequel aucun mot n’a pu être posé. La perte d’une place symbolique qu’il avait savamment construite, ancrée dans un cadre institutionnel et dans un pays qu’il avait choisi, semble avoir explosé les frontières psychiques du Moi chez Tarek, le plongeant ainsi dans une forme d’errance agie à l’infini dans son actualité.
1.3. Des liens si menaçants : refuser avant d’être rejeté
16 Revécus, les scènes de violence, les ruptures, les départs ne s’inscrivent pas et portent en eux la menace de la perte, d’une réactualisation et de la passivation attisée par le rejet. Le quotidien de Tarek et ses liens sont ponctués de ruptures drastiques par lui-même mises en acte.
17 Rejeté de son pays d’adoption, terre qui a longtemps fait office d’asile pour Tarek, il obtient rapidement le statut de réfugié en France. Cette « séparation [qui lui] consigne une nouvelle identité » (Saglio-Yatzimirsky, 2018, p. 269) endosse une forte ambivalence car, si elle le protège, elle l’enferme doublement. Non seulement du fait de ladite « consigne » identitaire, mais aussi en raison de l’interdiction de retourner dans son pays. La passivation évoquée prend ainsi tout son sens : rejeté d’une terre d’asile, il est alors enfermé sur une terre d’exil qu’il n’a pas choisie.
18 Dès les premiers entretiens, Tarek déclare : « Il y a un fil rouge dans ma vie. Je coupe tout. J’arrête de parler aux gens, je m’enferme. C’est moi qui suis bizarre vous pensez ? ». Cette question à propos de sa propre étrangeté, de sa potentielle « bizarrerie », voire de son « étrangèreté » (J. Derrida, 1991 ; Pestre, 2022) est récurrente. Il me questionne, tantôt dans un mouvement de projection d’angoisses sur la scène externe, tantôt dans un mouvement quasi spéculaire. À cela, il ajoute souvent une précision. Il le chuchote, le murmure, le déclare, le répète en souriant ou d’un air grave : « Je sais que c’est bizarre, mais moi, je déteste les Arabes même si mon nom est arabe, que je suis Arabe. Je déteste ma famille ». Ce « rejet des Arabes » Tarek l’explique parce que, selon lui, « ils » (sans distinction précise) attirent les regards, les jugements et fomentent les discours racistes par leurs « mauvaises actions ». Par cette haine déclarée, Tarek rend actifs les sujets visés par des discours racistes et excluants. Plus encore, il devient lui-même acteur du refus. Ce n’est qu’au bout de plusieurs séances qu’il déclare : « À quoi bon parler à mes parents de toute façon ? On ne se reverra jamais ».
19 Tarek semble être devenu étranger à lui-même, aux autres, au pays dans lequel il est actuellement, à son passé. Les frontières du dedans et du dehors se délitent, il a intériorisé une forme de rejet qu’il projette sur les « Arabes », rejet qu’il retourne contre lui-même tout en l’agissant dans ses relations et dans un retrait pulsionnel vis-à-vis du travail, de l’université et des liens sociaux en général. Le repli narcissique représente ici une forme palliative à la douleur (André, 1999), une lutte contre l’explosion psychique. S’il vise à préserver l’unité du moi, il est également source de souffrances, similaires à celle d’un fonctionnement limite. Les objets hors de la vue de Tarek, au-delà des frontières, ne peuvent plus être maintenus psychiquement et sont perdus. Perdus de vue (Pontalis, 1988), ils deviennent la cible d’attaques. Si celles-ci visent en partie à s’assurer de la stabilité et la permanence des objets, elles semblent chez Tarek faire office de réactivation de la capacité d’agir dans une lutte contre la menace de la répétition de la passivation par le rejet. Ce fonctionnement défensif et source de souffrance à la fois s’inscrit dans une errance sociale majeure chez Tarek et une impossibilité à occuper une place subjective dans un travail, à l’université ou dans des relations affectives.
2. À la recherche de la place perdue
20 « Ce n’est pas ma place », « je n’ai pas/plus de place » sont des déclarations itératives dans les entretiens cliniques. Si la place perdue, arrachée ou absente suggère une possible recherche ou reconstruction de celle-ci, elle évoque également l’errance, voire un phénomène de désubjectivation nourris par des discours sociopolitiques fondés sur le refus de l’étranger. C’est parce qu’elle n’est pas ou plus, refusée ou interdite, que la place est mentionnée. Il s’agit d’une « non-place ».
2.1. De quoi la non-place est-elle le nom ?
21 Les définitions indiquées dans le Littré en ce qui concerne le terme « place » désignent un espace physique, symbolique et psychique. Qu’il s’agisse de la place dans la cité, le travail, la famille, d’un statut ou d’un rang, la place indique l’espace occupé et octroyé à quelqu’un ou à quelque chose. La définition suivante : « Place se dit de l'intérêt, de l'attachement, de l'estime, de l'amour qui occupent l'esprit, le cœur » (Littré, 1873, p. 4138-4139) souligne l’importance des liens et des affects qui sous-tendent l’essence de la place et l’usage du terme.
22 Si « prendre sa place dans la société est le résultat de la conjonction de déterminations psychiques individuelles, familiales et sociales » (Fejtö, 2017, p. 496), il semble urgent de s’interroger quant aux conditions sociopolitiques qui affectent la possibilité d’une prise de place pour les personnes exilées. L’ambivalence propre à la délivrance du titre de réfugié peut enfermer les sujets dans une identité assignée par les discours politiques et médiatiques. Le régime de la méfiance administrative, sous-tendu par la requête autoritaire de la preuve par le corps et du récit homogénéisé pour l’obtention du titre de réfugié peut exploser les frontières psychiques et entraîner de sévères décompensations (Pestre, 2010, 2022 ; Saglio-Yatzimirsky, 2018). Les situations extrêmes de la clinique sont des « situations extrêmes de la subjectivation […] dans lesquelles le sujet est confronté à l’extrême difficulté à se maintenir comme sujet » (Roussillon, 2012, p. 289). En ce sens, il semble pertinent de faire un lien avec la sensation subjective d’une « mort-dans-la-vie » étudiée par Renault (2009) à la suite de F. Fanon. Ces avancées éclairent une partie de la problématique clinique et politique de la non-place ou de la place en négatif chez les sujets en situation d’exil. Le terme « dépersonnalisation » est employé par Fanon afin de décrire la situation coloniale comme une « minéralisation […] au sens où cette opération maintient l’illusion d’une certaine vie en préservant le corps mort de la putréfaction : mort-dans-la-vie à nouveau » (Renault, 2009, p. 138). Le refus violent et/ou insidieux de l’étranger, perpétué, rejoué, alimenté, s’inscrit dans la pensée et l’agir coloniaux. Cela vise à néantir, nier et refuser les sujets étrangers tout en asseyant un pouvoir (Mbembe, 2007). La « minéralisation » (Renault, 2009) et la non-place sont non seulement des effets du refus, mais aussi des mécanismes de défense, des stratégies de survie dans une situation limite ou extrême (Roussillon, 2012). Cela n’est pas sans évoquer la renonciation à l’identité, à la fois rempart contre l’anéantissent psychique (Devereux, 1967) et obstacle dans l’investissement d’une place subjective. Tarek, lorsqu’il déclare ne plus savoir qui il est et qu’il se dépeint « cassé comme une pierre éclatée » laisse entendre une explosion des barrières psychiques et une minéralisation de la vie pulsionnelle. Cela rappelle également la notion d’errance en tant que sédentarité psychique et forme d’« identification au rien » par les sujets (Cherki, 1998, p. 69). Dans la conception lacanienne, c’est le désir de l’Autre qui permet au sujet de s’identifier à l’objet de ce désir (Vinot, 2021) et d’habiter subjectivement un espace et une place. Or, dans une situation d’errance, de « piétinement » (Cherki, 1998) subjectif et d’identification figée, ce processus apparaît minéralisé.
23 La non-place évoquée par les patients que je rencontre peut donc s’inscrire dans ce mouvement multiple : comme une forme de minéralisation psychique avec un gel des affects, en tant que conséquence du refus, comme source de souffrance et comme mécanisme de survie à la fois.
2.2. La recherche de place agie dans la relation transférentielle et le cadre thérapeutique
24 La place et la non-place sont des éléments récurrents dans le discours manifeste de Tarek et plus encore dans ses actions. Il semble agir, externaliser, une recherche de place déployée dans le cadre thérapeutique et par le biais du transfert. C’est d’abord par l’absence que Tarek a dessiné le contour de sa place dans le lien thérapeutique : après un premier rendez-vous honoré, il a annulé, raté ou déplacé itérativement les séances. La mise à l’épreuve du cadre tant externe qu’interne semble avoir été tout particulièrement importante en ce qu’elle lui a permis de constater qu’il était attendu. Être attendu, susciter l’inquiétude, exister dans et par le regard de l’autre n’est pas sans faire écho à la relation parent-nourrisson.
25 Tarek a ensuite souhaité déplacer le jour de sa séance ce qui, pour des raisons pragmatiques liées à la réalité extérieure, n’était pas possible à l’institution. Aussi a-t-il lui-même proposé de venir au cabinet. D’abord dubitative, j’ai finalement accepté par crainte de ne plus le voir. Cette formulation spécifique utilisée au cours d’une supervision a révélé une violente et latente appréhension de ma part à savoir la peur qu’il ne disparaisse. Ce vécu contre-transférentiel résonne avec les propos de Pontalis (1988, p. 275) : « Le plus insupportable dans la perte, serait-ce la perte de vue ? […] voir d’abord et toujours pouvoir calmer l’angoisse que suscite l’absence en nous assurant que l’objet aimé est à portée de notre regard et qu’il nous réfléchit dans notre identité ». Par cette relation transférentielle confusionnelle (Brunschwig, 2001), il me semble avoir éprouvé une part de ce que Tarek déposait dans le cadre thérapeutique, à savoir une forme d’inquiétude en lien avec l’identité. La contrainte de devoir changer de jour et de lieu sous peine de ne pas poursuivre la thérapie a mis en lumière et en scène l’expression d’une forme d’angoisse de perte d’objet en tant que garant de la propre existence chez le patient et difficilement verbalisable par lui-même. Cela inaugure une première étape dans l’élaboration d’éléments bêta en éléments alpha (Bion, 1962).
26 Une fois rendu au cabinet, Tarek a insisté pour prendre place dans mon fauteuil. J’ai refusé tout en apportant une explication claire : « Vous pouvez vous assoir sur le divan ou sur le fauteuil d’en face, choisissez la place que vous préférez mais ce fauteuil-là est le mien ». Ce bref échange à propos de nos places respectives semble avoir mis en scène la relation transférentielle confusionnelle (Brunschwig, 2001) dans laquelle nous avons pu être plongés. Reçu au cabinet, en dehors de l’institution, tout en demeurant dans un cadre thérapeutique, la scène de la place physique a permis de rejouer des questions de place psychique dans un cadre sécurisant. Cela a également permis à Tarek de verbaliser le fait qu’il ne savait pas comment se placer, ni où, et qu’il essayait toujours de choisir un endroit en recul afin de se protéger. Il me semble que cette séance en cabinet a été le début d’une possible élaboration pour Tarek à propos d’une recherche de place, métaphore d’une position subjective attaquée par des refus, des rejets, des trahisons, et de la violence. Cette étape dans la thérapie de Tarek inaugure une forme de « retransitionnalisation » (Altounian, 2005) en tant qu’élaboration de la perte, du traumatisme et du refus.
2.3. Ceci n’est pas une place, c’est une image
27 Elena, une femme d’une trentaine d’années originaire d’Amérique du Sud, est une patiente que je reçois dans le cadre de ma collaboration avec l’institution qui accueille des étudiants en situation d’exil. Son départ pour la France il y a de cela huit ans a principalement été motivé par une situation conjugale forcée et un climat politique violent dans son pays. « Mais ce n’est pas assez ça pour obtenir l’asile ici » dit-elle avec agacement. N’ayant pu se voir délivrer le statut de réfugiée, Elena est longtemps restée « sans-papier ». Cette expression déclenche chez elle une profonde colère en ce qu’il s’agit d’une définition par le manque et le refus. Après plusieurs années de travail au noir et un parcours administratif tortueux, elle a obtenu une carte de séjour de salariée en lien avec un emploi qui ne lui convient pas. Alternant entre un foyer d’hébergement social et une chambre occasionnellement prêtée par la famille dans laquelle elle exerce en tant qu’aide à domicile, Elena se sent enfermée dans un travail qu’elle méprise. Elle « étouffe » dans le centre d’hébergement, dans une chambre dans laquelle elle n’a pas d’espace et d’intimité. Son corps se fait métaphore de cet étouffement par des crises d’angoisse caractérisées par une sensation d’un poids sur la poitrine qui l’empêche de respirer. En conflit avec les femmes avec qui elle partage sa chambre, la question de la place est systématique : « Ce n’est pas ma place ici. Mais dans mon pays non plus je n’ai plus de place ». La chambre qui lui est prêtée sur son lieu de travail n’est pas sa chambre, de même que cette famille n’est pas sa famille. Les invitations de la part de ses employeurs aux célébrations en dehors des horaires de travail (anniversaires, dîners) sont vécues avec violence par Elena. Ressentis plus comme des convocations que comme des invitations, ces moments ne sont pas un partage mais une scène dans laquelle elle se sent obligée de « figurer ». Elle me dit ne pas pouvoir refuser, au risque de vexer ses patrons. Cette chambre qui lui est parfois proposée peut soudainement être reprise, lorsqu’un des membres de la famille qui refuse qu’elle dorme au domicile revient. Outre le fait de répéter une situation instable, d’acter une place à la frontière du groupe familial et social cela résonne avec le passé d’Elena. Enfant, Elena se sentait aux confins du groupe familial. Choyée par des grands-parents décrits comme tendres, elle était dans le même temps soumise à la violence et au mépris maternels. Le mariage forcé dont elle fait ensuite l’objet exacerbe son sentiment d’avoir été niée. Son rapport à son pays natal est teinté d’ambivalence. Le prix de sa place et d’une reconnaissance dans le groupe familial est l’abandon de ses engagements politiques et de ses études dans son propre pays pour « faire la bonne épouse ».
28 La répétition de l’alternance entre la convocation et le refus, rejouée dans une sphère oscillant entre le familial et le professionnel est de l’ordre de l’insupportable. Elle évoque sa présence comme une représentation, une mise en scène d’un lien qui n’existe pas tel qu’il est montré. De sujet elle devient personnage passif, passivé, figurante malgré elle.
29 Elena évoque la question de l’invisibilité médiatique des personnes « qui ne sont pas réfugiées ». Engagée dans la lutte pour le droit des étrangers, elle s’indigne de remarquer à quel point les personnes réfugiées sont médiatisées contrairement aux sans-papiers. L’image médiatique et publique des personnes exilées ne lui correspond pas. Elle se sent niée, sans place, par le manichéisme avec lequel sont présentés les sujets exilés en France. Ce qu’elle a fui de son pays se répète, par le biais du refus dissimulé par la mise en scène.
30 M. Selim et W. Guo (2018) soulignent le déversement massif d’images médiatiques des exilés avec deux tendances principales. Plus les personnes en situation d’exil se trouvent loin du territoire français, plus le pathos imprègne le récit ou les images et détruit la volonté de connaissance des spectateurs au profit d’un sentiment de commisération. Inversement, plus les images véhiculées traitent d’exilés sur le territoire, plus l’apitoiement s’amoindrit pour laisser place à un violent discours de refus. Ces avancées font écho aux ressentis d’Elena à propos de la famille qui l’emploie, qui la « montre » sans lui faire une place stable dans le cadre de mouvements ambivalents, souvent agressifs de la part de certains membres de la famille. Cela résonne avec les remarques de Freud (1915) qui soulignait l’usage du terme « barbare » pour se référer aux peuples ennemis et aux étrangers de manière générale (Baligand, 2018). Ces formes de discours omniprésentes dans les médias et les interventions politiques alimentent une représentation menaçante des étrangers tout en participant à la reconstruction symbolique, empreinte de déni, de l’histoire coloniale (Mathieu, 2016).
Conclusion : le paradoxe de l’invisibilité, paroxysme du refus et symptôme du politique
31 À partir des rencontres cliniques avec Tarek et Elena, les questions de la non-place et de l’errance ont émergé. Élaborés et/ou agis ces questionnements en lien avec de profondes souffrances éclairent les risques du refus de l’étranger et du clivage toujours plus fort entre l’intérieur et l’extérieur des frontières, mais aussi entre les étrangers et les Français. Ces éléments rythment les séances avec plusieurs patients, s’inscrivent dans l’histoire des sujets, des mois, des années voire des générations après l’arrivée en France et la délivrance des titres de séjour. Au-delà d’une acceptation administrative, des formes de refus perdurent, remettent en scène des problématiques singulières et collectives lorsque celles-ci n’ont pu être relatées et élaborées. Dans ces répétitions, surgissent des formes d’inquiétudes identitaires, de (ré)ouvertures de failles narcissiques et de potentielles pathologies des liens.
32 G. Lamarche-Vadel (2016) souligne le paradoxe auquel sont soumis certains sujets étrangers. Invisibilisés dans une société soumise aux injonctions de la visibilité comme preuve d’existence (Aubert & Haroche, 2011), parfois dans l’interdiction de travailler, ils sont dans le même temps sommés de prouver leur présence sur le territoire, condition de renouvellement ou d’accès à un titre de séjour. Le refus, dans ce paradoxe, apparaît à son apogée : il s’agit d’évoluer dans un espace sans avoir de place, de prouver sa présence sans être vu, d’être là sans exister. Le terme de « non-place » prend tout son sens. Un double mouvement est observable en ce que l’accueil et le refus apparaissent brouillés et non distincts (Mathieu, 2016). La fabrication politique du déni de la position subjective des personnes exilées et la reconstruction de l’histoire coloniale en une forme de « mytholigisation » positive sont les manifestations d’une politique malade, héritière de l’histoire coloniale française (Hauser, 2008). Au regard du paradoxe de la non-place allié au « mensonge comme opérateur politique » (Ibid.) – car le déni fabriqué n’est-il pas mensonge ? – un constat s’impose. Le refus de l’étranger est non seulement symptôme du politique marqué par une h(H)istoire de violence et de domination, mais aussi potentialisateur de l’errance et de la désubjectivation des personnes dont le parcours a été traversé par l’exil.
33 Face à la négation sociopolitique, institutionnelle, collective et individuelle de la subjectivité des étrangers, il s’agit avant tout de pouvoir accueillir les sujets dans leur historicité et leur altérité (Feldman et al., 2016), de favoriser le retissage de liens au monde commun (Delahaye et al., 2022) lorsque la « troumatisme » (Lacan, 1974), l’exil et le refus les a déchirés.
BIBLIOGRAPHIE
- Altounian, J. (2005). L’intraduisible : Deuil, mémoire, transmission. Paris : Dunod.
- André, J. (1999). Introduction. L’unique objet. In André, J. (dir.) Les états limites (p. 1). Paris : PUF. https://doi.org/10.3917/puf.andre.1999.01.0002
- Arendt, H. (2002). L’impérialisme (1953). (Leiris, M. & Frappat, H. Trad.) Paris : Fayard.
- Aubert, N. & Haroche, C. (2011). Être visible pour exister : L’injonction à la visibilité. In Aubert, N. & Haroche, C. (dir.). Les tyrannies de la visibilité (p. 7). Toulouse : Érès. https://doi.org/10.3917/eres.auber.2011.01.0007
- Baligand, P. (2018). Actuelles sur les liens entre psychologie individuelle et psychologie sociale : De l’intérêt de la notion de figure pour penser les discriminations. Research in Psychoanalysis, 25(1), 11a‑19a. https://doi.org/10.3917/rep1.025.0011a
- Bion, W. R. (2007). Aux sources de l’expérience (1962). Paris : PUF.
- Bolzman, C. (2014). Exil et errance. Pensée plurielle, 35(1), 43‑52. https://doi.org/10.3917/pp.035.0043
- Bourdin, D. (2019). L’identité en psychanalyse ? Revue française de psychanalyse, 83(2), 347‑365. https://doi.org/10.3917/rfp.832.0347
- Brunschwig, H. (2001). Transfert et contre-transfert, deux leviers solidaires et puissants du travail analytique. Imaginaire & Inconscient, 2(2), 91. https://doi.org/10.3917/imin.002.0091
- Cherki, A. (1998). Figures de l’errance. PTAH (Psychanalyse-Traversées-Anthropologie-Histoire), 5/6, 67-72.
- Delahaye, M., Saglio-Yatzimirsky, M.-C., Marichez, H., Lotz, V. & Baubet, T. (2022). Repriser le « troumatisme », retisser le lien : L’atelier thérapeutique de couture FILAO. L’Autre, 23(2), 185‑194. https://doi.org/10.3917/lautr.068.0185
- Derrida, J. (1991). Question au judaïsme. Entretien avec E. Weber. 13/09/1991 [Communication personnelle].
- Devereux, G. (1967). La renonciation à l’identité : Défense contre l’anéantissement. Revue française de psychanalyse, XXXI, 101‑141.
- Fejtö, K. (2017). Prendre sa place dans la société. Revue française de psychanalyse, 81(2), 494‑504. https://doi.org/10.3917/rfp.812.0494
- Feldman, M., Mansouri, M., Revue, P. & Moro, M. R. (2016). Une clinique des affiliations pour une psychopathologie contemporaine. La psychiatrie de l’enfant, 59(1), 291‑308. https://doi.org/10.3917/psye.591.0291
- Freud, S. (2011). Considérations actuelles sur la guerre et la mort (1915). Paris : Payot.
- Freud, S. (2011). L’inquiétant familier (1919). (Mannoni, O. Trad.). Paris : Éd. Payot & Rivages.
- Freud, S. (2017). Trois essais sur la théorie sexuelle (1905). Paris : PUF.
- Freud, S., Ferenczi, S., Abraham, K. & Piketty, G. (2010). Sur les névroses de guerre (1919). Paris : Payot & Rivages.
- Hauser, P. (2008). Le mensonge comme opérateur politique. In Coquio, C. (dir.). Retours du colonial ? Disculpation et réhabilitation de l’histoire coloniale (p. 65‑76). Nantes : Atalante.
- Lacan, J. (1974). Les non-dupes errent (séance du 19 février 1974). Le Séminaire, XXI.
- Lamarche-Vadel, G. (2016). Présence étrangère. Multitudes, 63(2), 168. https://doi.org/10.3917/mult.063.0168
- Littré, E. (1974). Place (1873). In Dictionnaire de la langue française, Tome 3, 4138‑4139). Paris : Hachette.
- Littré, E. (2022). Étranger. In Dictionnaire de la langue française. https://www.littre.org/definition/%C3%A9tranger
- Mathieu, S. (2016). L’immigration en France : Variations politiques et invariants représentationnels. Pensée plurielle, 42(2), 41‑54. https://doi.org/10.3917/pp.042.0041
- Mbembe, A. (2007). De la scène coloniale chez Frantz Fanon. Rue Descartes, 58(4), 37. https://doi.org/10.3917/rdes.058.0037
- Moreau de Bellaing, L. & Guillou, J. (1995). Les sans domicile fixe : Un phénomène d’errance. Paris : L’Harmattan.
- Nouss, A. (2019). Portrait du migrant en arrivant, Ou : Le migrant comme sujet politique. Lignes, n°60(3), 77. https://doi.org/10.3917/lignes.060.0077
- Pěltean, G. (2001). Cinquante ans de littérature arménienne en France, Du même à l’autre. Paris : CNRS.
- Pestre, E. (2014). La vie psychique des réfugiés (2010). Paris : Ed. Payot & Rivages.
- Pestre, E. (2022). La vie dans la jungle. Paris : PUF.
- Pontalis, J.-B. (1988). Perdre de vue. Paris : Gallimard.
- Refuser. (2022a). In Dictionnaire de l’Académie Française. https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9R1273#:~:text=Tir%C3%A9%20du%20latin%20tardif%20*refusare,%2C%20%C2%AB%20d%C3%A9cliner%2C%20refuser%20%C2%BB
- Refuser. (2022b). In Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales. https://www.cnrtl.fr/etymologie/refuser
- Rejeter. (2022). In Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales. https://www.cnrtl.fr/etymologie/rejeter
- Renault, M. (2009). Vie et mort dans la pensée de Frantz Fanon. Cahiers Sens public, 10(2), 133. https://doi.org/10.3917/csp.010.0133
- Roussillon, R. (2012). Agonie, Clivage et Symbolisation (1999). Paris : PUF.
- Roussillon, R. (2012). Les logiques de survie et la rencontre clinique (Chapitre 15, p. 289-306). In Estellon, V. & Marty, F. (dir.). Cliniques de l’extrême. Paris : Armand Colin.
- Saglio-Yatzimirsky, M.-C. (2018). La voix de ceux qui crient. Paris : Albin Michel.
- Saglio-Yatzimirsky, M.-C. (2019). Survivre au meurtre. Clinique de l’exilé contemporain (p. 31-52). In André, J. & Coblence, F. (dir.). Survivre. Paris : PUF.
- Said, E. W. (2000). Out of place: A memoir. New York: Vintage Books.
- Said, E. W. (2001). Reflections on Exile and Other Essays. Cambridge, Mass.: Harvard University Press.
- Selim, M. & Guo, W. (2018). Exilés en stock : Nouvel objet transitionnel ou médiateur imaginaire ? L’Homme & la Société, 206(1), 343‑356. https://doi.org/10.3917/lhs.206.0343
- Stitou, R. (2011). Exil, transmission et fonction parentale face aux idéaux contemporains. Cahiers de psychologie clinique, 37(2), 181‑192. https://doi.org/10.3917/cpc.037.0181
- Vilela, E. (2008). Dans le silence d’un corps. Déplacement et témoignage. Lignes, 26(2), 100‑119. https://doi.org/10.3917/lignes.026.0100
- Vinot, F. (2021). Métapsychologie de l’habiter : Entre clinique et création contemporaine. Psychologie clinique, 52, 9‑25. https://doi.org/10.1051/psyc/202152009
- Zaltzman, N. (1999). De la guérison psychanalytique. Paris : PUF. https://doi.org/10.3917/puf.zalt.1999.01
Mots-clés éditeurs : désubjectivation, errance, exil, place subjective, trauma
Date de mise en ligne : 27/02/2023
https://doi.org/10.3917/rep2.034.0061