Trauma complexe et processus de reconstruction… d’un jeune bacha bazi afghan
- Par Hugo Rudy
Pages 69 à 79
Citer cet article
- RUDY, Hugo,
- Rudy, Hugo.
- Rudy, H.
https://doi.org/10.3917/read.096.0069
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https://doi.org/10.3917/read.096.0069
1 À la Maison des adolescents d’Avicenne, nous recevons depuis de nombreuses années les jeunes que l’on appelle actuellement « mineurs non accompagnés » (mna), appellation qui s’est substituée à celle de « mineurs isolés étrangers » (Radjack, Benoît et coll., 2012).
2 Parmi ces jeunes, arrivés en France avant leurs 18 ans et sans représentant légal sur place, ceux que nous recevons sont en général pris en charge par les services de l’Aide sociale à l’enfance en application de la loi du 5 mars 2007, et bénéficient d’un suivi éducatif et d’un hébergement. Parfois, certains d’entre eux nous sont adressés en amont de cette prise en charge, lorsque ce sont encore des associations (la Croix-Rouge, France terre d’asile) qui les accompagnent dans leurs démarches de reconnaissance de leur statut de mineur et la protection consécutive. La Seine-Saint-Denis, département où est située notre Maison des adolescents, fait partie des trois départements français qui prennent en charge le plus grand nombre de ces mineurs non accompagnés.
3 Ces jeunes mineurs isolés sont particulièrement à risque de troubles psychiatriques. L’état de stress post-traumatique (espt), la dépression, les troubles anxieux, les addictions sont fréquents dans cette population vulnérable (Derluyn, Mels, 2009). Ces troubles peuvent préexister à leur migration (notamment certaines addictions), ou bien être consécutifs à des événements survenus avant, pendant ou après le voyage qui les a conduits jusqu’en France, généralement émaillé de péripéties qui sont autant d’événements traumatiques potentiels, qui viennent se cumuler dans l’histoire de ces jeunes.
4 Parmi les espt (désigné comme Trouble de stress post-traumatique [tspt] dans le dsm 5), deux tableaux cliniques peuvent être individualisés, qui sont en lien avec deux types d’événements traumatiques. D’un côté, il existerait l’espt dans sa forme « simple », qui serait en lien avec ce que Terr nomme « traumatisme de type 1 » (Terr, 1991), c’est-à-dire en général un événement unique ou limité dans le temps. A contrario, les tableaux d’epst complexe (ou trauma complexe) seraient l’apanage de patients victimes de traumatismes de type 2, c’est-à-dire lorsque les événements traumatiques sont répétés ou prolongés dans le temps, d’autant plus lorsque la violence est d’origine humaine, intentionnelle et/ou de nature sexuelle. Les effets de ce type de traumatisme affectent de façon plus durable et plus sévère ceux qui en sont victimes, notamment dans une période développementale comme l’enfance ou l’adolescence.
5 Cliniquement, le trauma complexe se caractériserait, en sus de la symptomatologie classique de l’espt, par des altérations dans la régulation des affects et impulsions (prise de risque, autoagressivité), des altérations plus fréquentes de la conscience (épisodes dissociatifs transitoires, dépersonnalisation/déréalisation), des altérations durables dans la perception de soi, dans les relations avec les autres, et dans le système de croyances et de sens du sujet (Herman, 1992 ; Roth et coll., 1997). Ces deux tableaux (espt et espt complexe) présentent de telles différences sur le plan clinique et épidémiologique qu’ils vont être individualisés en deux entités nosographiques différentes dans la prochaine version de la Classification internationale des maladies de l’oms (cim-11), à paraître en 2018.
6 Parmi les jeunes mna suivis par les services de protection de l’enfance, seule une minorité nous est adressée pour un suivi psychologique, et à plus forte raison psychiatrique, extérieur à leur lieu de suivi éducatif ou d’hébergement. Ce sont souvent ceux-là qui présentent les psychopathologies les plus lourdes, se manifestant par des troubles externalisés, et donc entre autres les tableaux de trauma complexe.
Salim, un ancien bacha bazi afghan complexement traumatisé
7 Salim est un jeune mineur isolé d’origine afghane qui nous a été adressé en 2014 à la Maison des adolescents par la psychologue de France terre d’asile pour un suivi psychiatrique. Il est alors âgé de 16 ans et vit en France depuis quelques semaines seulement. Il est originaire d’une région centrale de l’Afghanistan, sa famille est issue d’une ethnie minoritaire (les Hazaras), ce sont des musulmans chiites. De son histoire de vie il nous dira initialement peu de choses : son père l’a « placé » chez un homme, un Pachtoune. Là-bas il était forcé de danser devant une assemblée d’hommes, habillé avec des vêtements de fille. Ces hommes auraient ensuite profité de lui sexuellement. On aurait versé régulièrement de l’opium dans son thé.
8 Au cours de tout son suivi, Salim n’a évoqué qu’à demi-mot l’esclavage sexuel auquel il a été réduit dans sa jeunesse en Afghanistan. Cette pratique connue sous le nom de bacha bazi, qui signifie « jouer avec les garçons » en dialecte pachtoune, serait ancienne au Moyen-Orient mais persisterait essentiellement en Afghanistan, et serait répandue parmi les ethnies pachtounes.
9 Elle consiste pour des hommes de rang social élevé à acheter ou à enlever de jeunes garçons prépubères en général issus de famille pauvres. Ceux-ci seront ensuite utilisés comme danseurs, déguisés en fille et portant des clochettes aux pieds, mais également comme objets sexuels par ces hommes puissants, le plus souvent mariés et pères de famille. L’idée serait répandue parmi cette population que « les femmes sont là pour faire des enfants, les garçons sont là pour s’amuser ».
10 Cette pratique pédérastique perdure jusqu’à l’apparition de caractères virils (barbe), amoindrissant l’attrait sexuel du jeune éphèbe. La bacha bazi était condamnée fermement par la loi islamique en vigueur sous le régime taliban, et avait donc décru (Jones, 2015). Depuis la chute du régime taliban et l’instabilité politique en Afghanistan, elle proliférerait de nouveau.
11 Salim a pu fuir l’Afghanistan par voie terrestre en passant par l’Iran, la Turquie, la Grèce avant d’arriver en France, où il a pu être pris en charge par les services de protection de l’enfance. Lors des premières consultations, qui ont lieu avec la présence d’un interprète dans sa langue maternelle, le dari, il présente une anxiété et une tristesse massives. Il se réveille chaque nuit en sueur, ne sachant pas faire la distinction entre ses rêves et la réalité, dans un vécu de déréalisation. Il vit en permanence dans des reviviscences traumatiques, avec l’image de son esprit comme un « mur tapissé de photographies ». Les sentiments de honte et de culpabilité l’envahissent constamment.
12 À un autre moment il évoquera un rêve avec une chambre pleine de miroirs, dans lesquels il peut se voir sous tous les angles, enfermé dans une prison intérieure, comme un insupportable Panopticon. Il a le sentiment de n’appartenir à aucun endroit, de n’être ancré nulle part. Dans ses relations aux autres jeunes du foyer, il s’isole, peut manifester de la colère et de l’agressivité, se sent irritable. De l’Afghanistan, il garde l’image d’une mère idéalisée (« une sainte ») dans un pays où les femmes n’ont aucun pouvoir, et d’un père toxicomane à l’opium, incarnation du Mal. La fente labiale que porte Salim est interprétée par lui comme une punition divine pour l’addiction de son père.
13 Il a également une image des hommes très dégradée : il en qualifie un certain nombre de « pédophiles », terme utilisé pour désigner ceux qui ont abusé de lui avant son départ d’Afghanistan, bien entendu, mais aussi d’autres hommes croisés sur son chemin jusqu’en France, et même après son arrivée ici, qui auraient voulu profiter de lui. Ainsi, ce qu’il avait fui semble le poursuivre sans fin. Mais lui-même peut aller chercher ces situations de mises en danger en allant vagabonder dans les quartiers où ces « pédophiles » séviraient.
14 Son fonctionnement psychique est marqué par le clivage. Il se dit en effet habité par deux personnages, qui coexistent en lui et à qui il attribue deux noms différents. Salim – son prénom habituel – serait porteur de gentillesse et d’amabilité, de l’envie d’avancer dans ses projets, de la sagesse de celui qui étudie et va en cours, de la piété religieuse. C’est aussi le « bon » mineur isolé, celui qui se conforme aux attentes de ses éducateurs, de ses professeurs, etc. Son autre facette (à qui il donne le nom d’Ali, prophète de l’islam chiite) serait l’incarnation de toute sa partie « sombre » : l’auto- et l’hétéroagressivité, la colère, la destructivité, les mises en danger, l’absence de religiosité.
15 Durant son suivi, nous avons été frappé par la tendance de Salim à mettre en acte de façon active des comportements ou situations qu’il a pu subir passivement dans le passé. Plusieurs exemples peuvent en être donnés.
16 Peu de temps après le début de son suivi, devant l’aggravation de sa symptomatologie mélancolique et l’apparition d’hallucinations, une hospitalisation programmée lui a été proposée. Salim était initialement favorable à cette proposition mais s’est rétracté après avoir visité le service qui devait l’accueillir. Par ce refus et l’aggravation continue de sa symptomatologie, Salim a forcé (inconsciemment) son psychiatre à s’identifier à ses agresseurs passés en faisant usage de la contrainte (recours à la contention mécanique, à une sédation par injection intramusculaire et hospitalisation sous contrainte), dans un vécu contre-transférentiel douloureux, et provoquant par la suite des conflits institutionnels (l’institution éducative de Salim reprochant au psychiatre d’avoir reproduit le traumatisme du patient) rejouant le conflit entre ses propres parents au pays. Cependant, cette courte hospitalisation eut des effets positifs, et la symptomatologie mélancolique de Salim s’estompa, permettant de poursuivre les soins ambulatoires et une approche psychothérapeutique en complément de la poursuite du traitement médicamenteux.
17 En poursuivant en France une consommation addictive d’antalgiques opiacés, Salim venait également créer une continuité avec son passé traumatique (et la consommation contrainte d’opium qui accompagnait son esclavage sexuel), là encore dans une attitude active. Il a fini par se débarrasser des opiacés, en s’infligeant un sevrage aussi brutal que la façon dont ils lui avaient été imposés. Dans ses relations affectives et sexuelles, Salim pouvait également agir une sexualité désaffectée, dénuée selon lui de tout sentiment amoureux, avec des filles de passage, suscitant un vécu de culpabilité et de honte car l’identifiant à ses agresseurs passés.
18 Le suivi thérapeutique de ce jeune se poursuit depuis bientôt trois ans à la Maison des adolescents. La présence d’un interprète n’a rapidement plus été nécessaire, étant donné les progrès rapides de Salim dans la maîtrise du français. Un traitement médicamenteux prolongé par antidépresseur a permis de faire céder les symptômes thymiques les plus prégnants, et de favoriser l’alliance thérapeutique.
19 Le fonctionnement de Salim s’est nettement amélioré au fur et à mesure de la prise en charge. À travers la mise en sens de sa symptomatologie, et notamment l’identification du caractère adaptatif de son fonctionnement psychique, en particulier du clivage, Salim a pu faire progressivement communiquer entre elles ses deux parties clivées ; lors de l’une de nos dernières séances il a pu dire que sa partie « sombre » commençait à faire de bonnes actions. Il a démontré des capacités créatives, notamment à travers des images poétiques ou métaphores issues de la tradition orale afghane, et a pu nouer de nouvelles relations sans se mettre en danger. Il s’inscrit bien dans un cursus scolaire qui doit l’amener jusqu’au baccalauréat, même s’il a pu se disputer jusqu’à presque se battre avec un professeur principal. Les figures d’autorité masculines, le renvoyant probablement à une imago paternelle, suscitent des sentiments teintés d’ambivalence pour Salim. Il est notable que cela ne s’est pas manifesté dans le transfert, où la figure du médecin a été associée chez Salim à celle de son oncle, lui-même médecin, qui l’a aidé à quitter l’Afghanistan et donc à fuir sa situation traumatique.
20 La mise à l’abri de sa mère et de ses frères et sœurs, qui ont émigré en Allemagne au cours de son suivi, a contribué à cet apaisement, Salim en tant qu’aîné se sentant responsable de sa mère et de sa fratrie, et donc coupable de les avoir « abandonnés » au pays. Lors d’une séance récente, après trois ans de suivi, il a pu manifester son souhait d’arrêter sa prise en charge par ces mots : « Je ne suis pas sûr que tout aille bien, mais je ne suis pas inquiet. […] Ma famille est bien. Je ne m’inquiète pour aucun problème matériel. Je peux faire face à toutes les situations. Si je peux aider quelqu’un, je le fais ; sinon, je sais que personne ne viendra me le reprocher violemment. » Sans pour autant parler de guérison, on voit qu’à travers ces mots Salim exprime à sa manière être sorti du trauma dans ses manifestations les plus invalidantes.
Discussion
Le bacha bazi, archétype du traumatisme de type 2
21 On peut remarquer que le bacha bazi, dont Salim a été une des victimes, est une forme de violence combinant toutes les caractéristiques des traumas de type 2 selon Terr (Terr, 1991) : dans ce cas précis, la violence est d’origine humaine, intentionnelle et de nature sexuelle. Elle survient de façon répétée et prolongée à un âge précoce chez de jeunes garçons. Les conséquences psychiques de cette violence sont donc d’autant plus grandes et durables. Dans la littérature sur le trauma complexe, la répétition des épisodes traumatiques durant l’enfance et la durée de ce temps d’exposition sont des facteurs déterminants pour la survenue ultérieure d’un tableau de stress post-traumatique complexe.
22 Le cas de Salim illustre bien que les mises en danger, l’auto- et l’hétéroagressivité, les sentiments de honte et de culpabilité retrouvés chez ces patients seraient des mécanismes adaptatifs, des façons pour le sujet « d’externaliser une souffrance interne profonde et de reprendre activement le contrôle d’une réalité qui s’est imposée à lui » (Tarquinio, Houllé, Tarquinio, 2016). D’un point de vue psychodynamique, cela fait appel entre autres à des mécanismes de défense tels que l’identification à l’agresseur et l’identification projective.
Soigner le trauma complexe chez les mineurs isolés
23 Selon François Lebigot, c’est dans un lien transférentiel que va pouvoir se résoudre le traumatisme, ou plutôt la névrose traumatique du sujet : « Dans cette parole adressée à l’Autre du transfert, le sujet découvre comment la rencontre avec la mort réelle a pu s’inscrire durablement en lui et provoquer la symptomatologie qui actuellement le fait souffrir » (Lebigot, 2015). Le trauma complexe ne fait pas exception à cette affirmation. Il est d’autant plus inscrit dans l’histoire du sujet que certains symptômes post-traumatiques deviennent des traits de sa personnalité. Cependant, pour qu’un lien transférentiel puisse exister et se prolonger dans le temps chez ces jeunes mineurs isolés, un certain nombre de préalables nous semblent nécessaires.
24 Le premier est l’accompagnement du milieu éducatif vers les soins, non seulement par l’adressage mais par la présence physique d’un éducateur (dans l’idéal référent du jeune) lors des premières consultations.
25 En effet, de la même manière que Winnicott nous dit qu’un bébé n’existe pas seul (Winnicott, 1947), un mineur isolé n’est jamais totalement seul. D’une part, il a gardé le plus souvent des relations (familiales, amicales) dans son pays d’origine. D’autre part, il n’est pas seul ici, puisqu’il bénéficie – théoriquement – d’un accompagnement éducatif en France. Le suivi éducatif constitue d’une certaine manière le « méta-cadre » du suivi thérapeutique du jeune. Ce suivi, lorsque les jeunes sont correctement pris en charge, a lui-même des effets thérapeutiques et permet de diminuer la symptomatologie psychiatrique (Oppedal, Idsoe, 2015). Pour cela, la symptomatologie externalisée que présente un certain nombre de ces mineurs traumatisés doit pouvoir être tolérée et mise en sens par le milieu éducatif qui les prend en charge au quotidien.
26 Malheureusement, lorsque la symptomatologie addictive est au premier plan et masque les symptômes traumatiques, les attitudes de rejet vis-à-vis de ces jeunes qui « dérangent » peuvent conduire à une rupture prématurée du suivi éducatif et, par ricochet, du suivi psychologique et psychiatrique. Dès que ces jeunes sont replongés dans des enjeux de survie par l’interruption de leur prise en charge éducative, notamment au passage des 18 ans, la rupture avec les soins est inéluctable et s’accompagne d’une résurgence symptomatique (Derluyn, Mels, Broeckaert, 2009).
27 La durée du suivi est un facteur capital pour l’issue favorable des soins psychiques à ces jeunes. La possibilité de poursuivre leur prise en charge éducative, leur scolarité et donc leurs soins au-delà des 18 ans par le biais d’un contrat jeune majeur nous semble nécessaire. Raison pour laquelle nous n’hésitons pas à produire un certificat médical allant dans ce sens à destination de l’inspecteur de l’Aide sociale à l’enfance, décisionnaire pour les contrats jeune majeur. Dans le cas de Salim, c’est bien grâce à l’obtention d’un tel contrat pérenne jusqu’à ses 21 ans que les soins psychiques ont pu se poursuivre durant trois ans.
28 Le deuxième de ces préalables est la prise en compte des aspects culturels par le biais de la présence d’un interprète-médiateur lors des consultations, y compris dans des entretiens auxquels participe l’éducateur du jeune. Cette présence favoriserait une meilleure compréhension mutuelle (Sturm et coll., 2012) mais aussi la mobilisation de représentations culturelles du trauma. Dans le cas de Salim, la présence d’un interprète en dari, qui plus est une figure masculine bienveillante, a favorisé l’accroche aux soins. Cette présence ne fut ensuite plus nécessaire dans le second temps du suivi.
29 Enfin, une prescription médicamenteuse dans le cadre d’un suivi psychiatrique est souvent nécessaire chez les jeunes présentant une symptomatologie bruyante. Ce traitement (en général, un antidépresseur sérotoninergique) est susceptible de renforcer l’alliance thérapeutique :
30 – en amendant rapidement certains symptômes invalidants (cauchemars, troubles du sommeil) ;
31 – en créant un objet commun entre le jeune et son ou ses éducateurs, en conférant un rôle actif à ces derniers, souvent confrontés à un vécu d’étrangeté face à ces jeunes (Goudet-Lafont et coll., 2016).
Conclusion
32 Par leurs parcours de vie, les mineurs non accompagnés sont à risque de développer un tableau de trauma complexe. Les soins psychiques de ces tableaux psychopathologiques font appel à un lien thérapeutique dans un cadre sécurisant et adapté à leurs besoins spécifiques, dans une temporalité souvent longue (et donc contradictoire avec l’urgence administrative), qui permet de laisser entrevoir pour chacun d’entre eux un futur plus serein.
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Mots-clés éditeurs : bacha bazi, esclavage sexuel, état de stress post-traumatique, Maison des adolescents, soins psychiques
Date de mise en ligne : 10/01/2018
https://doi.org/10.3917/read.096.0069