Chapitre 8. Femmes et historiographie
La Revue d’histoire de l’Amérique française comme lieu d’intégration et de remise en question
Pages 195 à 226
Citer ce chapitre
- BIENVENUE, Louise,
- DORAIS, François-Olivier,
- HÉBERT, Karine
- et GOYETTE, Julien,
- BIENVENUE, Louise
- et DORAIS, François-Olivier,
- Bienvenue, Louise.,
- et al.
- Bienvenue, L.,
- Dorais, F.-O.,
- Hébert, K.
- et Goyette, J.
- L. Bienvenue
- et F. Dorais
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- Bienvenue, L.,
- Dorais, F.-O.,
- Hébert, K.
- et Goyette, J.
- L. Bienvenue
- et F. Dorais
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- DORAIS, François-Olivier,
- HÉBERT, Karine
- et GOYETTE, Julien,
- BIENVENUE, Louise
- et DORAIS, François-Olivier,
Notes
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[1]
Nous tenons à remercier Louise Bienvenue et François-Olivier Dorais, qui nous ont invités à présenter la conférence qui a donné lieu à ce texte, ainsi que Lucia Ferretti qui a généreusement accepté d’en commenter une version préalable.
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[2]
Il ne s’agit pas d’affirmer, sur le plan épistémologique, que tout savoir produit par des hommes perpétue nécessairement cette domination, mais seulement de constater, objectivement, que la pratique historique, à travers ses objets, ses méthodes, ses sensibilités, exprime en partie le contrôle que les hommes ont longtemps exercé sur elle.
-
[3]
Cité dans Françoise Thébaud, « L’émergence de l’histoire des femmes ou l’affirmation d’un nouvel objet-sujet d’étude », dans Françoise Thébaud, dir., Écrire l’histoire des femmes (Lyon, ENS Éditions, 2017), https://books.openedition.org/enseditions/6523.
-
[4]
Claude Lévi-Strauss, L’homme nu (Paris, Plon, 1971), p. 614-615. Fort du projet d’une anthropologie structurale conçue à la fois comme un antihumanisme et un antihistoricisme, Lévi-Strauss a tenté, dans le contexte douloureux des lendemains de la Seconde Guerre mondiale, d’abattre l’Homme, le « Sujet » conscient et agissant de l’Histoire. Voir également François Dosse, Histoire du structuralisme. Tome I : Le champ du signe 1945-1966 ; Tome II : Le chant du cygne, 1967 à nos jours (Paris, La Découverte, 1991-1992).
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[5]
Joan Scott, Gender and the Politics of History (New York, Columbia University Press, 1988), p. 179.
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[6]
Cette période correspond aux années qui ont fait l’objet de deux articles-bilans analysés dans ce chapitre : Fernand Harvey et Paul-André Linteau, « L’évolution de l’historiographie dans la Revue d’histoire de l’Amérique française, 1947-1972. Aperçus quantitatifs », Revue d ’ histoire de l’Amérique française (ci-après RHAF), vol. 26, no 2 (septembre 1972), p. 163-183 ; Jean-Paul Coupal, « Les dix dernières années de la Revue d’ histoire de l’Amérique française 1972-1981 », RHAF, vol. 36, no 4 (mars 1983), p. 553-567. Julien Goyette, Louise Bienvenue et Nicolas Devaux, pour leur part, ont abordé la période subséquente, de 1982 à 2018, en accordant une attention particulière à l’analyse genrée : « Regards sur l’évolution de la RHAF depuis 1982 », RHAF, vol. 74, nos 1-2 (été-automne 2020), p. 11-45.
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[7]
Lionel Groulx, La grande dame de notre histoire (Montréal, Fides, 1966) ; Jeanne Mance (Comité des fondateurs, 1954) ; Une petite Québécoise devant l’histoire – Mère Catherine de Saint-Augustin (Comité des fondateurs, 1952) ; Une femme de génie au Canada – la vénérable Mère d’Youville (Comité des fondateurs, 1957) ; Marguerite Bourgeoys (Montréal, Éditions du Bureau Marguerite Bourgeoys C.N.D., 1930) ; Thérèse de Lisieux, une grande femme, une grande vie (Montréal, Imprimerie du Messager, 1920). Voir également un des articles faisant partie du présent corpus : Susan Mann Trofimenkoff, « Les femmes dans l’œuvre de Groulx », RHAF, vol. 32, no 3 (décembre 1978), p. 385-398.
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[8]
Ainsi Micheline Dumont, en des termes quelque peu différents des nôtres, répète-t-elle souvent que l’histoire des femmes ne commence vraiment que lorsque les femmes acquièrent le statut de « sujet » de leur propre histoire. Voir, entre autres, les chapitres « L’irruption du sujet » et « Historienne et sujet de l’histoire », dans Découvrir la mémoire des femmes. Une historienne face à l’histoire des femmes (Montréal, Éditions du remue-ménage, 2001), p. 72-74 ; 75-90.
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[9]
Sur les parcours féminins en sciences humaines et sociales, notamment les trajectoires non conventionnelles, voir Aude Fauvel, Jean-Christophe Coffin et Thibaud Trochu, « Les carrières de femmes dans les sciences humaines et sociales (XIXe-XXe siècles) : une histoire invisible ? », Revue d’histoire des sciences humaines, no 35 (2019), p. 11-24.
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[10]
Ce constat a été formulé à maintes reprises. Voir notamment Hilda Smith, « Women intellectuals and Intellectual History : Their paradigmatic separation », Women’s History Review, vol. 16, no 3 (2007), p. 353-368.
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[11]
Patricia Smart, De Marie de l’Incarnation à Nelly Arcand. Se dire, se faire par l’écriture intime (Montréal, Boréal, 2014) ; Chantal Savoie, Les femmes de lettres canadiennes-françaises au tournant du XXe siècle (Montréal, Nota Bene, 2014). Pour le cas français, voir entre autres Suzanne Fiette, De mémoire de femmes. L’histoire racontée par les femmes de Louis XVI à 1914 (Paris, Perrin, 2002) ; Les femmes et l’écriture de l’histoire 1400-1800, textes réunis par Sylvie Steinberg et Jean-Claude Arnoud (Mont Saint-Aignant, Publications des universités de Rouen et du Havre, 2008).
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[12]
Par exemple, l’absence d’une figure féminine de premier plan au Québec avant la Révolution tranquille – à l’instar de Lucy Maynard Salmon qui fut membre de l’American Historical Association dès sa fondation en 1885 et fit même partie de son comité exécutif en 1915 – a pu servir de licence à ceux qui aimaient croire, dire et répéter que la présence des femmes en histoire ne commence vraiment qu’avec l’arrivée des professeures d’université dans les années 1960.
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[13]
Michelle Perrot, Les femmes ou les silences de l’ histoire (Paris, Flammarion, 1998), p. V.
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[14]
J. Scott, Gender and the Politics of History…, p. 18.
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[15]
Juliette Lalonde-Rémillard, « Mère Marie-Andrée Duplessis de Sainte-Hélène (Marie-Andrée Duplessis) », RHAF, vol. 16, no 3 (décembre 1962), p. 388-408.
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[16]
Gustave Lanctôt, se référant à Thomas Chapais dans « L’Histoire et ses exigences », dans Mémoires de la Société royale du Canada, 3e série – 1945, tome XXXIX (Ottawa, Imprimé pour la Société royale du Canada, 1945), cité dans Éric Bédard et Julien Goyette, Parole d’historiens. Anthologie des réflexions sur l’histoire au Québec (Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2006), p. 115-116. Précisons que, pour certains, dans ce que l’on peut considérer comme un épisode méconnu de la rivalité Montréal-Québec, ce titre de première historienne québécoise devrait plutôt revenir à Marie Morin (1649-1730), autrice pour sa part d’une histoire de l’Hôtel-Dieu de Montréal.
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[17]
Dans Patricia Smart, Les femmes du Refus global (Montréal, Boréal, 1998), p. 234.
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[18]
Delphine Naudier, « Jeanne Bourin. Une romancière historique aux prises avec les universitaires en 1985 », dans Nicole Pellegrin, dir., Histoires d’historiennes (Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2006), p. 308.
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[19]
Expression utilisée par François Simiand dans son célèbre article « Méthode historique et science sociale », Revue de synthèse historique (1903), p. 1-22.
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[20]
D’autant que la matière ne manquait pas, étant donné la présence reconnue des congrégations religieuses féminines dans la structuration de la colonie et de la société canadienne-française, de même que l’importance que revêt la « mère de famille nombreuse » dans la mémoire collective.
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[21]
Françoise Waquet, « La composante féminine », dans Dans les coulisses de la science. Techniciens, petites mains et autres travailleurs invisibles (Paris, CNRS Éditions, 2022), p. 89-140.
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[22]
Rosario Bilodeau, « Les vingt ans de la Revue d ’ histoire de l’Amérique française », RHAF, vol. 21, no 1 (juin 1967), p. 1-12 ; Pierre Gregory, « De l’histoire récit à l’histoire problème. La pratique historienne dans la Revue d’histoire de l’Amérique française de 1947 à 1982 », mémoire de maîtrise (histoire), Université de Sherbrooke, 1999 ; Patrice Régimbald, « La disciplinarisation de l’histoire au Canada français 1920-1950 », RHAF, vol. 51, no 2 (automne 1997), p. 163-200 ; Charles-Philippe Courtois, Lionel Groulx. Le penseur le plus influent de l’histoire du Québec (Montréal, Éditions de l’homme, 2017), p. 473-477.
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[23]
Ronald Rudin, Faire de l’histoire au Québec (Sillery, Septentrion, 1998), p. 224.
-
[24]
F. Harvey et P.-A. Linteau, « L’évolution de l’historiographie… », p. 176.
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[25]
J.-P. Coupal, « Les dix dernières années… », p. 562-563.
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[26]
Nathalie Zemon Davis, « Les femmes et le monde des Annales », Tracés. Revue de sciences humaines, no 32 (2017), p. 173-192.
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[27]
Marine Leland, compte rendu de sœur Mary-Carmel Therriault, La littérature française de Nouvelle-Angleterre (Montréal, Éditions Fides, 1946), RHAF, vol. 1, no 1 (juin 1947), p. 125-131.
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[28]
Nous avons relevé 2836 publications au total dans les 35 premiers volumes de la revue.
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[29]
Ces pourcentages ont été calculés en mesurant le nombre de publications féminines par rapport au nombre total de publications de la revue – masculines et féminines.
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[30]
Lionel Groulx, « Pages liminaires », RHAF, vol. 1, no 1 (juin 1947), p. 4.
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[31]
Une analyse plus fine des archives de la revue serait toutefois nécessaire pour comprendre les modalités concrètes d’attribution des comptes rendus durant la période concernée.
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[32]
Entre autres, Georgette Cartier, compte rendu d’Elda R. Gonzales et Rolando Mellafe, « La fonction de la famille dans l’histoire sociale des colonies hispano-américaines », dans America Colonial Poblacion y Economia (Rosario, Université nationale du Littoral, 1963), RHAF, vol. 22, no 1 (juin 1968), p. 144-149 ; compte rendu de J. Pla, « La propriété rurale en Amérique latine », dans Anuario del Instituto de investigaciones historicas (Rosario, Université nationale du Littoral, 1964), RHAF, vol. 23, no 1 (juin 1969), p. 143-150.
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[33]
Marie-Claire Daveluy : 65 documents (5 articles, 17 comptes rendus, 1 autre, 42 bibliographies) ; Juliette Lalonde-Rémillard : 29 documents (2 articles, 8 comptes rendus, 19 autres) ; Andrée Désilets : 26 documents (3 articles, 14 comptes rendus, 9 autres) ; Micheline Dumont : 16 documents (2 articles, 13 comptes rendus, 1 note). Une comparaison intéressante pourrait être faite avec la diversité des contributions masculines. Est-ce que certaines figures masculines, outre Lionel Groulx, ont occupé un espace similaire durant la période ? Cette question excède notre propos, mais la réponse pourrait appuyer cette idée d’un champ encore en structuration dans lequel les acteurs et les actrices demeurent relativement peu nombreux.
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[34]
Marie-Claire Daveluy, La Société de Notre-Dame de Montréal, 1639-1663. Son histoire, ses membres, son manifeste (Montréal, Fides, 1965).
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[35]
Louise Bienvenue, « Marie-Claire Daveluy (1880-1968), historienne des femmes », Histoire sociale/Social History, vol. 51, no 104 (novembre 2018), p. 329-352.
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[36]
Durant cette période, un total de 729 articles ont été publiés. La contribution féminine s’élève donc à 9 %.
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[37]
Marie Lavigne, Yolande Pinard et Jennifer Stoddart, « La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et les revendications féministes au début du XXe siècle », RHAF, vol. 29, no 3 (décembre 1975), p. 353-373.
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[38]
La phrase complète est : « Il faut qu’on le sache, l’œuvre entreprise ici n’est pas l’œuvre de quelques hommes, d’un groupe fermé, si large soit-il. Elle n’a pas été fondée pour exprimer les idées ni pour servir les fins d’un groupe. Elle est née pour se mettre au service de toute l’Amérique française, pour en étudier et pour en écrire l’histoire. » (Lionel Groulx, « Chronique de l’Institut », RHAF, vol. 1, no 2 [septembre 1947], p. 314.)
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[39]
Juliette Lalonde-Rémillard, « Les souvenirs de Juliette Lalonde-Rémillard. 3e période (1946-1950) : l’IHAF et la Revue », Les Cahiers d’histoire du Québec au XXe siècle, no 4 (été 1995), p. 171.
-
[40]
P. Gregory, « De l’histoire récit à l’histoire problème… », p. 91.
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[41]
J. Lalonde-Rémillard, « Les souvenirs de Juliette Lalonde-Rémillard… », p. 171-172.
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[42]
Patricia Smart, Écrire dans la maison du Père. L’émergence du féminin dans la tradition littéraire du Québec. Essai (Montréal, Québec Amérique, 1988), p. 32.
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[43]
Mary Beard, citée dans Bonnie G. Smith, « The Contribution of Women to Modern Historiography in Great Britain, France, and the United States, 1750-1940 », American Historical Review, vol. 89, no 3 (1984), p. 726.
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[44]
Bonnie Smith évoque à cet égard l’exemple de Lucy Maynard Salmon qui s’est intéressée au « most heterodox character » à partir de sources tout aussi originales, comme des livres de cuisine. Malgré qu’elle soit professeure au Vassar College et membre du comité exécutif de l’American Historical Association, plusieurs de ses travaux les plus novateurs ont été déconsidérés par manque de « spectific gravity » et d’autres n’ont été publiés que de façon posthume. Dans « The Contribution of Women… », p. 725.
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[45]
Mary Spongberg, Writing Women’s History since the Renaissance (Houndmills et New York, Palgrave Macmillan, 2002), p. 83.
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[46]
Bonnie G. Smith, The Gender of History : Men, Women, and Historical Practice (Cambridge/Londres, Harvard University Press, 2000 [1998]). Voir aussi Donald Wright, « Gender and the Professionalization of History in English Canada before 1960 », The Canadian Historical Review, vol. 81, no 1 (mars 2000), p. 29-66 ; Beverly Boutilier et Alison Prentice, dir., Creating Historical Memory : English-Canadian Women and the Work of History (Vancouver, UBCPress, 1997) ; Lorraine Code, What Can She Knows ? Feminist Theory and the Construction of Knowledge (Ithaca, Cornell University Press, 1991).
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[47]
Donald Wright, « History as avocation », dans The Professionalization of History in English Canada (Toronto, University of Toronto Press, 2005), p. 8-27. Il existe peu d’écrits sur la participation des femmes aux sociétés historiques au Québec. Sur la « Lady’s Branch » de l’Antiquarian and Numismatic Society of Montreal, voir Karine Hébert, « Entre champ d’intérêt et objet de pression, le patrimoine. Les luttes pour la conservation du Château Ramezay, 1893-1932 », dans Stéphane Savard et Jérôme Boivin, dir., De la représentation à la manifestation. Groupes de pression et enjeux politiques au Québec, XIXe et XXe siècles (Québec, Septentrion, 2014), p. 342-365. Soulignons par ailleurs Marie-Claire Daveluy, qui devient membre de la Société historique de Montréal en 1917, et Albertine Ferland-Angers, qui joint son conseil d’administration en 1944.
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[48]
J. Scott, Gender and the Politics of History…, p. 180-181.
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[49]
Il est malaisé de déterminer quand exactement se termine cette série. Pour des raisons d’espace, nous nous limiterons ici aux articles des cinq premiers volumes (1947-1952) : Thomas Charland, « Les limites de l’histoire », RHAF, vol. 1, no 1 (juin 1947), p. 6-14 ; Thomas Charland, « L’heuristique », RHAF, vol. 1, no 3 (décembre 1947), p. 223-330 ; Thomas Charland, « La critique d ’authenticité », RHAF, vol. 1, no 4 (mars 1948) », p. 483-494 ; Thomas Charland, « La critique de valeur », RHAF, vol. 2, no 1 (juin 1948), p. 3-12 ; Conrad M. Morin, « La formation archivistique de l’historien », RHAF, vol. 3, no 1 (juin 1949), p. 3-8 ; Victor Tremblay, « Consultation des vieillards et petite histoire », RHAF, vol. 2, no 2 (septembre 1949), p. 172-178 ; Raymond Douville, « Notes pour servir à la rédaction d’une histoire d’une seigneurie », RHAF, vol. 3, no 3 (décembre 1949), p. 325-332 ; Marcel Trudel, « Comment écrire l’histoire d ’une paroisse », RHAF, vol. 3, no 4 (mars 1950), p. 485-492 ; Marcel Trudel, « L’objectivité en histoire », RHAF, vol. 5, no 3 (décembre 1951), p. 315-319.
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[50]
Dans « Les limites de l’histoire… » (p. 12), Thomas Charland souligne que « la conception moderne de l’histoire est aussi plus sociale. L’historien d’autrefois se contentait de raconter des révolutions politiques, des batailles, des cataclysmes. L’extraordinaire seul le frappait. Et il ramenait à peu près tout à l’action des grands hommes. Sans exclure ces derniers, l’historien d’aujourd’hui fait plus grande la part de la masse, de ses besoins, de ses aspirations, dans l’explication des mouvements de l’humanité. Il fait entrer en ligne de compte des facteurs de tout ordre : économiques, intellectuels, artistiques, religieux et moraux, aussi bien que politiques et militaires, qui modifient les états de la société et dont l’influence pèse à des degrés divers sur la marche des événements. Il ne s’intéresse pas seulement aux faits uniques, collectifs ou individuels ; il s’arrête aussi aux faits généralisés, comme les habitudes de vie et de pensée des peuples, pour en montrer les origines, les modifications et la répercussion sur le cours des événements ».
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[51]
Plusieurs des articles sont d’ailleurs écrits par ce type de spécialistes : Thomas Charland, par exemple, est professeur de paléographie et de bibliographie à l’École de bibliothécaires de l’Université de Montréal.
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[52]
Marie-Claire Daveluy, compte rendu de Les Cahiers des Dix, no 14 (Montréal, la Société des Dix, 1949), RHAF, vol. 4, no 1 (juin 1950), p. 127-128. La conception de l’histoire de Daveluy peut sembler déconcertante pour l’observateur d’aujourd’hui puisqu’elle soumet un empirisme méthodologique à une obligation morale. Ainsi, tout en félicitant ou en sermonnant les uns et les autres pour leur bon ou leur mauvais usage de la critique historique, la bibliothécaire confère une forme de respectabilité épistémologique à l’hagiographie, qu’elle insiste à présenter comme un genre rigoureux, peut-être même scientifique (compte rendu de Romain Légaré, o.f.m., Un apôtre des deux mondes, Le Père Frédéric Jansoone, o.f.m., de Ghyvelde [Montréal, Librairie Saint-François, 1953], RHAF, vol. 7, no 4 [mars 1953], p. 583). C’est dans le même sens qu’il faut comprendre les réticences de Daveluy à l’égard du célèbre manuel de Langlois et Seignobos, des historiens qu’elle accuse d’être « rationalistes » et de nier la possibilité des miracles et toute philosophie chrétienne de l’histoire (« Choix d’ouvrages traitant de la critique et des méthodes historiques avec des notes critiques et historiques », RHAF, vol. 17, no 3 [décembre 1963], p. 458-459).
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[53]
Marie-Claire Daveluy, « Bibliographie de la Société de Notre-Dame de Montréal (1639-1663) et de ses membres, accompagnée de notes historiques et critiques. Les sources imprimées », RHAF, vol. 5, no 1 (juin 1951), p. 140.
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[54]
Agnès Dureau, « Les Français de l’Illinois de 1778 à 1792 », RHAF, vol. 1, no 4 (mars 1948), p. 495-500.
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[55]
Sœur [Maria] Mondoux, « Les “Hommes” de Montréal », RHAF, vol. 2, no 1 (juin 1948), p. 59-80.
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[56]
Sœur [Maria] Mondoux, « Les “Hommes” de Montréal… », p. 61.
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[57]
Lionel Groulx, compte rendu de Marine Leland, Joseph-François Perreault – Années de jeunesse, 1753-1783 (Sainte-Foy, Les Presses de l’Université Laval, 1959), RHAF, vol. 13, no 3 (décembre 1959), p. 442-443.
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[58]
Marine Leland, « Un cours de civilisation canadienne-française aux États-Unis », RHAF, vol. 2, no 2 (septembre 1948), p. 213-229.
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[59]
Albertine Ferland-Angers, « La citadelle de Montréal (1658-1820) », RHAF, vol. 3, no 4 (mars 1950), p. 493-517.
-
[60]
Albertine Ferland-Angers, « Varennes, berceau d’une sainte », RHAF, vol. 13, no 1 (juin 1959), p. 3.
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[61]
Sa soutenance de thèse est soulignée dans la Revue : Georges-Émile Giguère, compte rendu de sœur Marie-de-Saint-Jean-d ’Ars, c.s.c., « Claude Dablon, S.J. et la Nouvelle-France (1655-1697) », thèse de doctorat (histoire), Université de Montréal, 1953, RHAF, vol. 7, no 3 (décembre 1953), p. 451-453.
-
[62]
Sœur Saint-Jean D’Ars, « La carte des Jésuites », RHAF, vol. 4, no 2 (septembre 1950), p. 249-267 ; « À la recherche de la Mer du Nord : 1661 », RHAF, vol. 8, no 2 (septembre 1954), p. 220-234.
-
[63]
Jeanne Grégoire, « Louisiane et langue française », RHAF, vol. 15, no 1 (juin 1961), p. 59-63 ; vol. 15, no 4 (mars 1962), p. 572-593 ; vol. 16, no 1 (juin 1962), p. 105-116 ; vol. 16, no 2 (septembre 1962), p. 254-266 ; vol. 16, no 3 (décembre 1962), p. 428-435.
-
[64]
Marie-Jo Bonnet, citée dans M. Dumont, Découvrir la mémoire des femmes…, p. 63.
-
[65]
Marcelle Reeves-Morache, « La Canadienne pendant les troubles de 1837-1838 », RHAF, vol. 5, no 1 (juin 1951), p. 99-117 ; Les Québécoises de 1837-1838 (Montréal, Éditions Saint-Martin, 1975).
-
[66]
Margaret W. Andrews reconnaît dans l’article de Reeves-Morache une rare perspective féministe dans la RHAF avant 1970 : « Attitudes in Canadian Women’s History 1945-1975 », Journal of Canadian Studies/Revue d’études canadiennes, vol. 12, no 4 (été 1977), p. 72-73. Pour une analyse détaillée de l’œuvre de l’historienne Marcelle Reeves-Morache, voir le chapitre 11 de cet ouvrage, « Historiennes engagées et femmes patriotes ».
-
[67]
M. Reeves-Morache, « La Canadienne pendant les troubles de 1837-1838… », p. 99.
-
[68]
Corinne Rocheleau-Rouleau, « Parlez est chose facile vous croyez ? Aperçu de l’histoire de l’instruction des sourds muets et de son application au Canada français en marge de deux centenaires », RHAF, vol. 4, no 3 (décembre 1950), p. 358.
-
[69]
C. Rocheleau-Rouleau, « Parlez est chose facile vous croyez ?… », p. 361.
-
[70]
C. Rocheleau-Rouleau, « Parlez est chose facile vous croyez ?… », p. 366.
-
[71]
« Au chapitre des articles, le Comité demande que les textes ne dépassent pas 25 pages. En général, un auteur ne peut pas publier plus d’un article par an. Les articles par tranches ne seront acceptés qu’exceptionnellement. On trouve aussi dans la Revue des notes de recherche d’environ 5 pages. L’intérêt grandissant pour les études historiographiques incite le Comité, tout en maintenant les comptes rendus habituels, à inclure des notes ou bulletins critiques ayant pour objet de commenter l’ensemble de la production historique récente sur un sujet donné. Et afin que la Revue continue d’être vraiment un instrument de travail au service des historiens, on y maintient ces carrefours d’information que sont la bibliographie, la chronique de l’Institut et la chronique de la recherche. Nous ne publions plus de documents inédits ; les lecteurs pourront prendre connaissance d’un texte peu connu dans le cadre d ’une note de recherche. » La direction, « À nos lecteurs », RHAF, vol. 24, no 3 (décembre 1970), p. 329.
-
[72]
M.-C. Daveluy, « Choix d’ouvrages traitant de la critique et des méthodes historiques avec des notes critiques et historiques… », p. 161.
-
[73]
M. Lavigne, Y. Pinard et J. Stoddart, « La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et les revendications féministes au début du XXe siècle… », p. 353-373.
-
[74]
Louise Dechêne, « William Price 1810-1850 », thèse de licence ès lettres (histoire), Université Laval, 1964.
-
[75]
Louise Dechêne, compte rendu de Charles de la Morandière, L’Histoire de la pêche française dans l’Amérique septentrionale (Paris, G. P. Maisonneuve et Larose éditeurs, 1962), RHAF, vol. 19, no 2 (septembre 1965), p. 304-306.
-
[76]
Louise Dechêne, « La croissance de Montréal au XVIIIe siècle », RHAF, vol. 27 no 2 (septembre 1973), p. 163-179.
-
[77]
Elle signe alors sœur Andrée Désilets (c.n.d.).
-
[78]
Guy Laperrière, « In memoriam : Andrée Désilets », RHAF, vol. 71, nos 1-2 (été-automne 1997), p. 5-6.
-
[79]
Andrée Désilets, compte rendu Marc La Terreur, Les tribulations des conservateurs au Québec, de Bennett à Diefenbaker (Sainte-Foy, Les Presses de l’Université Laval, 1973), RHAF, vol. 27, no 4 (mars 1974), p. 594.
-
[80]
Paul-André Linteau, « La nouvelle histoire du Québec vue de l’intérieur », Liberté, no 147 (1983), dans É. Bédard et J. Goyette, Parole d’historiens…, p. 258-259. Ne pourrait-on pas penser que les hommes furent également nombreux à suivre cette filière ? Néanmoins, il faudrait voir si les femmes ont évalué que la poursuite d’études doctorales était difficilement compatible avec le projet de fonder une famille, à une époque où les services de garde étaient peu développés.
-
[81]
Micheline D’Allaire, « Les prétentions des religieuses de l’Hôpital-Général de Québec sur le palais épiscopal de Québec », RHAF, vol. 23, no 1 (juin 1969), p. 53-67 ; « Origine sociale des religieuses de l ’Hôpital-Général de Québec (1692-1764) », RHAF, vol. 23, no 4 (mars 1970), p. 559-581.
-
[82]
René Durocher et Michèle Jean, « Duplessis et la Commission royale d’enquête sur les problèmes constitutionnels 1953-1956 », RHAF, vol. 25, no 3 (décembre 1971), p. 337-363.
-
[83]
Nadia F. Eid, « L’étude des idéologies au Québec : bilan et perspectives de la recherche », RHAF, vol. 25, no 4 (mars 1972), p. 558-564 ; « Ultramontanisme, idéologie et classes sociales », RHAF, vol. 28, no 1 (juin 1975), p. 49-68.
-
[84]
Nadia F. Eid, « Éducation et classes sociales : analyse de l’idéologie conservatrice – cléricale et petite-bourgeoise – au Québec au milieu du 19e siècle », RHAF, vol. 32, no 2 (septembre 1978), p. 159-179.
-
[85]
Susan Mann Robertson, « L’Action française : l’appel à la race », RHAF, vol. 25, no 1 (juin 1971), p. 94-96 ; Micheline Johnson, « Le concept de temps dans l’enseignement de l’histoire », RHAF, vol. 28, no 4 (mars 1975), p. 483-516.
-
[86]
Ce décalage est-il significatif ? Pour le savoir, il faudrait examiner plus à fond les réalisations de ces historiennes et étendre l’enquête aux archives de la Revue, malheureusement encore parcellaires, pour voir si des articles soumis ont fait l’objet de refus.
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[87]
L’histoire des sociétés d’histoire régionale canadiennes-françaises reste largement à écrire. Le projet de recherche du Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal mené par Martin Drouin, Alain Roy et MariFrance Charrette nous permettra assurément d’en savoir davantage. Voir la page https://lhpm.uqam.ca/programmation-scientifique/patrimonialisation-commemoration-et-exposition/d-antiquaires-a-agents-memoriels-societes-historiques-et-associations-de-citoyens-dans-la-valorisation-du-passe/.
-
[88]
Martin Pâquet montre bien, à la fin des années 2000, que ce clivage est obsolète en raison de la « qualification massive des praticiens de l’histoire au Québec depuis une quinzaine d’années ». Notre recherche – des travaux supplémentaires seraient ici nécessaires – semble indiquer que le phénomène est peut-être plus ancien encore. Martin Pâquet, « Histoire sociale et histoire politique au Québec : esquisse d’une anthropologie du savoir historien », Bulletin d’histoire politique, vol. 15, no 3 (printemps 2007), p. 86-87.
-
[89]
Micheline Dumont-Johnson, « Peut-on faire l’histoire de la femme ? », RHAF, vol. 29, no 3 (décembre 1975), p. 421-428 ; repris dans Découvrir la mémoire des femmes…, p. 24-28.
-
[90]
M. Dumont-Johnson, « Peut-on faire l’histoire de la femme ?… », p. 428.
-
[91]
On constate des références à Louise Dechêne notamment dans Lilianne Plamondon, « Une femme d’affaires en Nouvelle-France : Marie-Anne Barbel, veuve Fornel », RHAF, vol. 31, no 2 (septembre 1977), p. 165-185, ainsi que dans Joanne Burgess, « L’industrie de la chaussure à Montréal : 1840-1870 – le passage de l’artisanat à la fabrique », RHAF, vol. 31, no 2 (septembre 1977), p. 187-210. Ce qui retient l’attention, toutefois, est la présence désormais attendue de tableaux et de graphiques. Entre autres : Marie-Aimée Cliche, « Les attitudes devant la mort d’après les clauses testamentaires dans le gouvernement de Québec sous le Régime français », RHAF, vol. 32, no 1 (juin 1978), p. 57-94 ; N. F. Eid, « Éducation et classes sociales… », p. 159-179 ; France Galarneau, « L’élection partielle du quartier-ouest de Montréal en 1832 : analyse politico-sociale », RHAF, vol. 32, no 4 (mars 1979), p. 565-584 ; Micheline Dumont-Johnson, « Des garderies au XIXe siècle. Les salles d’asile des Sœurs Grises à Montréal », RHAF, vol. 43, no 1 (juin 1980), p. 27-55 ; Louise Dechêne, « La rente du faubourg Saint-Roch à Québec – 1750-1850 », RHAF, vol. 34, no 4 (mars 1981), p. 569-596.
-
[92]
M.-A. Cliche, « Les attitudes devant la mort d’après les clauses testamentaires dans le gouvernement de Québec sous le Régime français », p. 57-94. Si on peut associer ce questionnement de Cliche à la montée de l’histoire des mentalités portée par des auteurs comme Michel Vovelle (Mourir autrefois, Paris, Gallimard/Julliard, 1974), elle ne fait toutefois aucune référence directe à L’homme devant la mort (Paris, Seuil, 1977) de Philippe Ariès paru l’année précédente.
-
[93]
S. Mann Trofimenkoff, « Les femmes dans l’œuvre de Groulx », p. 385-398.
-
[94]
Le Collectif Clio (Micheline Dumont, Michèle Jean, Marie Lavigne et Jennifer Stoddart), L’histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles (Montréal, Quinze, 1982).
-
[95]
J. Goyette, L. Bienvenue et N. Devaux, « Regards sur l’évolution de la RHAF depuis 1982 », p. 11-45.
Pendant longtemps, et contrairement aux mots de la célèbre chanson,
« femmes » et « historiographie » ne vont pas bien ensemble. Faut-il
rappeler que dans cette continuité rétroactive qui relie Hérodote à
Gérard Bouchard en passant par saint Augustin, Bossuet, Michelet,
Bloch et Thompson, l’historiographie a été outrageusement dominée par
la gent masculine ? Et cette domination repose sur une forme de cercle
vicieux n’ayant rien d’absolu, mais qui n’en reste pas moins indéniable :
la narration critique des réalités du passé est démesurément masculine
parce qu’elle a été élaborée essentiellement par et pour des hommes. Ce
rapport de domination s’est naturellement reporté dans les structures
institutionnelles et dans les deux principales formes réflexives de l’histoire : l’historiographie et l’épistémologie.
Pour découvrir les historiennes, et plus largement les femmes dans
l’histoire, il a fallu étirer le cou, tourner le regard, forcer les pupilles pour
voir par-delà les hommes et les chevaux – selon la formule employée une
fois par un historien. Afin de briser ce que Natalie Zemon Davis a appelé
les « silences patriarcaux du passé », il était nécessaire de mettre en
sourdine la voix tonitruante de l’Homme avec une majuscule de majesté,
ce « Sujet » de l’Histoire hérité des Lumières, cet « insupportable enfant
gâté » comme disait Lévis Strauss, dont les actions et les pensées se
drapent dans l’universel et, dans l’abstrait du moins, transcendent les
rapports de classe, de genre et de cultur…
Date de mise en ligne : 20/03/2024
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