Chapitre 8. Engins : une habitabilité paradoxale
- Par Jean Corneloup
Pages 167 à 185
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- CORNELOUP, Jean,
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Notes
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[1]
Au fil d’engins : https://www.engins.fr/lefil/
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[2]
L’opération Portes du Vercors concerne l’aménagement d’un éco-territoire mixte sur les communes de Fontaine et Sassenage.
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[3]
Amap : Association pour le maintien de l’agriculture paysanne.
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[4]
Cette analyse est issue de la lecture d’une vingtaine d’entretiens réalisés par Anne Duclos (Past dans le laboratoire Pacte) auprès des habitants d’Engins, au cours de l’année 2015 dans le cadre du programme de recherche ANR TERRHAB.
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[5]
On rejoint le néologisme de Cailly (2019) qui parle de sas socio-mobile pour évoquer la fonction transitionnelle de ces pratiques mobiles pour glisser d’une sphère à l’autre dans le cadre de cet entre-deux.
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[6]
Parole d’habitante : « Si on pouvait donner un point sur la route, je crois que ce qu’on appelle le tunnel – je sais pas si tu vois où c’est – c’est un peu la fracture puisqu’on passe de l’autre côté de la montagne. On voit plus Grenoble, et à partir de là, en fait la commune d’Engins commence à peu près à ce niveau-là, et je ne sais pas si c’est un lien conscient ou pas, bah voilà, il y a la fracture entre le haut et le bas… »
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[7]
En référence à mais aussi par différence avec Sen (2010), notre étude permet de montrer que, si la présence d’un environnement modulable est une condition pour permettre à des gens de développer des capacités d’action dans un lieu, il faut aussi considérer que cette capabilité est aussi associée à la volonté des personnes d’agir et de se donner les moyens d’intervenir dans un environnement pour le transformer et le moduler.
Commune située dans la partie supérieure de la pente qui relie Grenoble au plateau du Vercors, mais positionnée sur l’autre route d’accès à la montagne, elle accueille depuis de nombreuses années des néo-habitants qui ont largement contribué à changer le destin de ce territoire. Notre recherche ethnographique a permis de saisir de l’intérieur la manière dont ces habitants ont activement participé à la déclinaison d’une habitabilité récréative qui n’épouse pas la même forme que celle de Saint-Nizier-du-Moucherotte. La trajectoire d’Engins est porteuse d’un lien, à la fois fort et ambigu, aussi bien avec l’agglomération grenobloise, située à 20-30 minutes de voiture qu’avec le plateau du Vercors et ses bourgs-centres, ses espaces de nature, ses services et sa sociabilité, accessibles en 10-15 minutes. Les néo-habitants, qui ont fait passer la commune d’une population de moins de 200 résidents à plus de 500 aujourd’hui, pratiquent une mobilité pendulaire intensive qui les conduit pour la plupart à descendre travailler tous les jours à Grenoble pour en remonter rapidement le soir… Ce qui alimente de l’extérieur et par ricochet de la part des Enginois une représentation dominante de cette commune comme « cité-dortoir », dépourvue de ressources pour générer une habitabilité porteuse de bien-vivre.
La commune peut aussi se présenter dans une relation paradoxale à la route (RD 531) qui avec 6 000 véhicules par jour est l’axe principal de circulation entre Grenoble et le Vercors. Cette route est un élément constitutif de l’habiter quotidien des Enginois, qui cherchent à optimiser au maximum leurs déplacements vers l’aval ou l’amont pour des raisons pratiques, économiques et environnementales…
Date de mise en ligne : 10/08/2023
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