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Chapitre 9. Compétitivité, management et investissement dans l’économie immatérielle

Pages 245 à 277

Citer ce chapitre


  • Haskel, J.
  • et Westlake, S.
(2019). Chapitre 9. Compétitivité, management et investissement dans l’économie immatérielle. Le capitalisme sans capital (p. 245-277). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/le-capitalisme-sans-capital--9782130814108-page-245?lang=fr.

  • Haskel, Jonathan.
  • et al.
« Chapitre 9. Compétitivité, management et investissement dans l’économie immatérielle ». Le capitalisme sans capital, Presses Universitaires de France, 2019. p.245-277. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/le-capitalisme-sans-capital--9782130814108-page-245?lang=fr.

  • HASKEL, Jonathan
  • et WESTLAKE, Stian,
2019. Chapitre 9. Compétitivité, management et investissement dans l’économie immatérielle. In : Le capitalisme sans capital. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Hors collection, p.245-277. URL : https://shs.cairn.info/le-capitalisme-sans-capital--9782130814108-page-245?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Hirotaka Takeuchi, Ikujiro Nonaka, 1997, La connaissance créatrice (1991), Paris, De Boeck.
  • [2]
    Sarah O’Connor, « Amazon Unpacked », 8 février 2013 : https://www.ft.com/content/ed6a985c-70bd-11e2-85d0-00144feab49a
  • [3]
    Baruch Lev et Feng Gu, 2016, The End of Accounting, op. cit.
  • [4]
    Il ne faut pas confondre avantage durable et durabilité, cette dernière étant souvent perçue non comme synonyme de longévité mais comme l’expression du souci de l’environnement. Dans de nombreux cas, pourtant, ces deux objectifs sont compatibles, puisque la législation et la pression publique imposent les deux aux entreprises. Il y aura néanmoins toujours des cas où les entreprises peuvent, par exemple, augmenter leurs gains à court terme en nuisant à l’environnement (en évacuant leurs déchets de manière polluante, par exemple). De même, le moyen le plus simple d’augmenter les gains à court terme est de ne pas tenir les promesses faites aux fournisseurs (et peut-être aux clients) : aucune de ces tactiques n’est durable sur le long terme, et nous les écartons donc.
  • [5]
  • [6]
    Pour une discussion plus détaillée, voir le traitement très accessible par Lev et Gu (The End of Accounting, op. cit) ou Nicolai Foss et Nils Stieglitz, 2012, « Modern Resource-Based Theory(ies) », in Michael Dietrich et Jackie Krafft (dir.), Handbook on the Economics and Theory of the Firm, Edward Elgar Publishing, Inc. Kay regroupe en trois catégories les actifs distinctifs que les entreprises peuvent créer : innovation, réputation et architecture (les traits caractéristiques de l’organisation) (1993, Foundations of Corporate Success, Oxford, Oxford University Press).
  • [7]
  • [8]
    Russell D. Roberts, 2014, How Adam Smith Can Change Your Life. An Unexpected Guide to Human Nature and Happiness, Londres, Portfolio/Penguin.
  • [9]
    Dans la littérature spécialisée, un débat très animé vise à déterminer qui devrait alors détenir l’autorité : les managers, les travailleurs ou les propriétaires de l’entreprise ?
  • [10]
    Voir, par exemple, www.sfgate.com (http://www.sfgate.com/bayarea/article/Court-to-FedEx-Your-drivers-are-full-time-5717048.php). Même si FedEx exigeait que ses chauffeurs fournissent leur propre camionnette, l’entreprise en précisait « les dimensions, le rangement intérieur et la couleur ».
  • [11]
    Luis Garicano, 2000, « Hierarchies and the Organization of Knowledge in Production », Journal of Political Economy, 108 (5), p. 874-904.
  • [12]
    À ce sujet, voir par exemple Frederick Guy, 2014, « Technological Change, Bargaining Power and Wages », in Stian Westlake (dir.), Our Work Here Is Done. Visions of a Robot Economy, Nesta.
  • [13]
    Paul Milgrom et John Roberts, 1988, « An Economic Approach to Influence Activities in Organizations », American Journal of Sociology, 94, p. S154-179.
  • [14]
    Boris Groysberg, Andrew McLean et Nitin Nohria, 2006, « Are Leaders Portable? », Harvard Business Review, 84 (5), p. 92-100.
  • [15]
  • [16]
    Nicholas Bloom, Christos Genakos, Raffaella Sadun et John Van Reenen, 2011, « Management Practices across Firms and Countries », Harvard Business School, Working Paper, n° 12-052, p. 7.
  • [17]
    Martin L. Weitzman, 1980, « The “Ratchet Principle” and Performance Incentives », Bell Journal of Economics, 11 (1), p. 302-308.
  • [18]
    J. S. Berliner, 1957, Factory and Manager in the Soviet Union, Cambridge, Cambridge University Press.
  • [19]
    La surveillance managériale tente de corriger cet effet : par exemple, les enquêteurs du World Management Survey interrogent les employés sur l’horizon temporel des objectifs et attribuent une bonne note si « les objectifs à long terme sont traduits en objectifs spécifiques à court terme, de sorte que les objectifs à court terme sont autant d’échelons permettant d’atteindre les objectifs à long terme » (World Management Survey, question 10, http://worldmanagementsurvey.org/wp-content/images/2010/09/Manufacturing-Survey-Instrument.pdf).
  • [20]
    Paul Milgrom et John Roberts, 1988, « An Economic Approach to Influence Activities in Organizations », art. cité.
  • [21]
    Mark Dodgson, David Gann et Ammon J. Salter, 2005, Think, Play, Do. Technology, Innovation, and Organization, Oxford, Oxford University Press.
  • [22]
    Benjamin E. Hermalin, 1998, « Toward an Economic Theory of Leadership: Leading by Example », American Economic Review, 88 (5), p. 1188-1206.
  • [23]
    Baruch Lev et Feng Gu, 2016, The End of Accounting, op. cit.
  • [24]
    Voir par exemple Baruch Lev, 2001, Intangibles, op. cit.
  • [25]
    Beaucoup de complications se superposent évidemment à ces principes généraux. Premièrement, dans la comptabilité des entreprises, les actifs immatériels sont souvent divisés entre « immobilisations incorporelles autres que le goodwill » (comme un brevet) et « goodwill ». Le goodwill est généré uniquement en externe, lorsqu’une entreprise est combinée à une autre, par le biais d’un rachat, par exemple. Le goodwill mesure l’écart entre le prix payé pour racheter une entreprise et la valeur de ses actifs tangibles. Ce goodwill est traité comme un actif puis amorti (ou, si sa valeur chute de manière convenue, appelée dépréciation, alors on l’inscrit dans les dépenses). Concernant la Grande-Bretagne, voir le UK Financial Reporting Council, FRS102, chapitres 18 et 19. Dans son Appendice A, Lev évoque les règles concernant les États-Unis, qui suivent le même modèle, avec toute une série d’exceptions complexes, notamment pour l’achat d’informations dans un portefeuille de cartes de crédit, les sociétés productrices de films, et les droits de prospection minière ou d’atterrissage dans les aéroports (2001, Intangibles, op. cit.).
  • [26]
    Comme le soulignent Lev et Gu, HP a acquis Autonomy en 2011 pour 10 milliards de dollars, valeur dont l’essentiel était composée de logiciels, mais a presque tout amorti l’année suivante (2016, The End of Accounting, op. cit.).
  • [27]
    État financier de British American Tobacco, 2015 : www.bat.com/ar/2015/assets/downloads/BAT_Financial_Statements_2015.pdf.
  • [28]
    Baruch Lev et Feng Gu, 2016, The End of Accounting, op. cit.
  • [29]
    Mary E. Barth, Ron Kasznik et Maureen F. McNichols, 2001, « Analyst Coverage and Intangible Assets », Journal of Accounting Research, 39 (1), p. 1-34.
  • [30]
    Ester Chen, Ilanit Gavious et Baruch Lev, 2015, « The Positive Externalities of IFRS R&D Rule: Enhanced Voluntary Disclosure », http://people.stern.nyu.edu/blev/files/Positive-Externalities-of-IFRS_March_30_2015_k4gn98s2.pdf

À quoi ressembleront les entreprises prospères dans une économie riche en intangibles, et comment gestionnaires et investisseurs peuvent-ils les créer et y investir ? Dans ce chapitre, nous examinerons ce que la nouvelle économie était censée signifier pour les entreprises et leurs dirigeants, et ce qui s’est passé en réalité, selon nous à cause des caractéristiques des intangibles. Nous nous demanderons ensuite si les règles de l’avantage compétitif ont changé (ce n’est pas le cas), si le management devient plus important (c’est le cas), et si les mesures de comptabilité actuelles permettent aux investisseurs d’identifier cet avantage (ce n’est pas le cas).
À la fin des années 1990, époque grisante où les experts commençaient à s’exciter à l’idée d’une nouvelle économie, il existait une sorte de consensus quant à ce dont les entreprises auraient besoin pour réussir dans cette nouvelle économie, et ce qu’elle signifierait pour la gestion et le travail.
Le livre publié en 1994 par Charles Handy, L’Avenir du travail, annonçait avec prescience un avenir fait d’une succession de contrats brefs et d’emplois à temps partiel pour les diplômés et de sous-traitance précaire pour les autres. Vivre de l’air du temps, de Charles Leadbeater, publié à l’apogée de la bulle Internet, s’ouvre sur un portrait de l’auteur comme travailleur intellectuel accumulant les CDD, puis énumère huit caractéristiques d’une entreprise prospère dans la nouvelle économie : elle doit être cellulaire, autogérée, entrepreneuriale et intégrative ; elle doit proposer aux employés une participation à son capital ; et elle a besoin de profondes réserves de savoir, de légitimité publique et de leadership collaboratif…


Date de mise en ligne : 04/01/2021

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