Chapitre 3. Comment mesurer l’investissement immatériel ?
- Par Jonathan Haskel
- et Stian Westlake
Pages 53 à 81
Citer ce chapitre
- HASKEL, Jonathan
- et WESTLAKE, Stian,
- Haskel, Jonathan.
- et al.
- Haskel, J.
- et Westlake, S.
Citer ce chapitre
- Haskel, J.
- et Westlake, S.
- Haskel, Jonathan.
- et al.
- HASKEL, Jonathan
- et WESTLAKE, Stian,
Notes
-
[1]
On trouve sur Eurostat un très précieux guide de la mesure de l’investissement et du PIB, rempli de données : http://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/National_accounts_and_GDP/fr
-
[2]
Adam Smith, Richesse des nations, livre 2, chap. iii.
-
[3]
D’où les remarques d’Alan Greenspan en 2000, sur le défi que l’US Bureau of Economic Analysis devait relever pour définir et calculer le PIB : « Il est devenu évident que notre système a connu un changement technologique croissant, qui a brouillé la distinction entre ce que nous appelons investissement en capitaux et dépenses courantes. Il y a vingt ou trente ans, quand on construisait une usine sidérurgique, sa nature était parfaitement claire et elle était capitalisée. Quand vous consommiez du charbon ou du minerai, il était dépensé. Mais dans le monde d’aujourd’hui, il est devenu bien plus difficile de déterminer si telle mise de fonds est dépensée et échappe donc à la mesure du PIB, ou si elle est capitalisée et doit être incluse dans le PIB. » https://www.bea.gov/scb/account_articles/general/0100od/maintext.htm
-
[4]
Fritz Machlup, 1962, The Production and Distribution of Knowledge in the United States, Princeton, Princeton University Press.
-
[5]
Robert Solow, 1987, « We’d Better Watch Out », New York Times Book Review. http://www.standupeconomist.com/pdf/misc/solow-computer-productivity.pdf
-
[6]
Stephen D. Oliner, Daniel E. Sichel, 1994, « Computers and Output Growth Revisited: How Big Is the Puzzle? », Brookings Papers on Economic Activity, (2), p. 273-334.
-
[7]
Brent R. Moulton, Robert P. Parker, Eugene P. Seskin, 1999, « A Preview of the 1999 Comprehensive Revision of the National Income and Product Accounts: Definitional and Classificational Changes », Survey of Current Business, août.
-
[8]
Voir, par exemple : Robert E. Lucas, 1993, « Making a Miracle », Econometrica, 61 (2), p. 251-272. doi:10.2307/2951551 ; Philippe Aghion, Peter Howitt, 1992, « A Model of Growth through Creative Destruction », Econometrica 60 (2), p. 323-351. doi:10.2307/2951599 ; Paul M. Romer, 1990, « Endogenous Technological Change », Journal of Political Economy, 98 (5), p. S71-102.
-
[9]
Baruch Lev, 2001, Intangibles, Washington, Brookings Institution Press.
-
[10]
Robert E. Hall, 2001, « Struggling to Understand the Stock Market », American Economic Review, 91 (2), p. 1-11 [http://ideas.repec.org/a/aea/aecrev/v91y2001i2p1-11.html].
-
[11]
Leonard I. Nakamura, 2001, « What Is the US Gross Investment in Intangibles? (At Least) One Trillion Dollars a Year! », Federal Reserve Bank of Philadelphia, Working Paper, n° 01-15 ; 2010, « Intangible Assets and National Income Accounting », Review of Income and Wealth, 56 (s1), p. S135-155 [doi:10.1111/j.1475-4991.2010.00390.x].
-
[12]
Alison Young, 1998, « Towards an Interim Statistical Framework: Selecting the Core Components of Intangible Investment », art. cité.
-
[13]
Carol A. Corrado, Charles Hulten et Daniel Sichel, 2005, « Measuring Capital and Technology: An Expanded Framework », art. cité.
-
[14]
Carol A. Corrado, Charles Hulten, et Daniel Sichel, 2009, « Intangible Capital and US Economic Growth », Review of Income and Wealth, 55 (3), p. 661-685 ; Giorgio Marrano, Mauro, Jonathan Haskel, et Gavin Wallis, 2009, « What Happened to the Knowledge Economy? ICT, Intangible Investment and Britain’s Productivity Record Revisited », Review of Income and Wealth, 55 (3), p. 686-716 ; Kyoji Fukao, Tsutomu Miyagawa, Kentaro Mukai, Yukio Shinoda, et Konomi Tonogi, 2009, « Intangible Investment in Japan: Measurement and Contribution to Economic Growth », Review of Income and Wealth, 55 (3), p. 717-736.
-
[15]
Adrian Chesson, 2001, « Estimation of Software in the UK National Accounts–Recent Developments », OECD STD/NA(2001)23. http://www.oecd.org/std/na/1908892.doc.
-
[16]
Carol A. Corrado, Charles Hulten, et Daniel Sichel, 2005, « Measuring Capital and Technology: An Expanded Framework », in Carol A. Corrado, John Haltiwanger et Daniel Sichel (eds), Measuring Capital in the New Economy, University of Chicago Press.
-
[17]
Secrétariat de l’OCDE 1998
-
[18]
Leonard I. Nakamura, 2001, « What Is the US Gross Investment in Intangibles? (At Least) One Trillion Dollars a Year! », art. cité.
-
[19]
On pourrait dire que tout cela relève de la R&D, et nous serions d’accord. Cependant, la déclaration officielle de la R&D renvoie au travail accompli pour résoudre des incertitudes scientifiques et techniques, ce qui exclut, du moins dans l’esprit, le design et les efforts artistiques. Ces catégories sont donc distinctes de la R&D.
-
[20]
Carol A. Corrado, Jonathan Haskel, Cecilia Jona-Lasinio et Massimiliano Iommi, 2013, « Innovation and Intangible Investment in Europe, Japan, and the United States », Oxford Review of Economic Policy, 29 (2), p. 261-286.
- [21]
-
[22]
Charles R. Hulten, 2001, « Total Factor Productivity. A Short Biography », in Charles R. Hulten, Edwin R. Dean et Michael J. Harper (dir.), New Developments in Productivity Analysis, Chicago, University of Chicago Press.
-
[23]
Ces changements dans la valeur d’un actif peuvent être dus à « l’usure », ce que les comptables appellent en général dépréciation, ou au fait que leur valeur a été réduite par le processus compétitif, que les économistes, suivant Triplett, appellent « obsolescence ». Voir l’appendice de ce chapitre pour plus de précisions.
-
[24]
Ferdinand Rauch, 2011, « Advertising Expenditure and Consumer Prices », CEP Discussion Paper, n° 1073. En ligne : http://cep.lse.ac.uk/pubs/download/dp1073.pdf
-
[25]
Cela ne sera pas vrai, par exemple, si la répartition des retours sur dépenses est tellement biaisée que seul un petit nombre de projets rencontre un très grand succès. Selon Hall, Jaffe et Trajtenberg, les citations de brevet sont très inégalement réparties, mais l’on en sait moins sur la répartition du retour sur les dépenses en design, en logiciels et en marketing (Bronwyn H. Hall, Adam Jaffe, et Manuel Trajtenberg, 2005, « Market Value and Patent Citations », RAND Journal of Economics, 36 [1], p. 16-38).
-
[26]
Henry Mintzberg, 1990, « The Manager’s Job. Folklore and Fact », Harvard Business Review, 90 (2), p. 163-176.
-
[27]
Oriana Bandiera, Luigi Guiso, Andrea Prat et Raffaella Sadun, 2011, « What Do CEOs Do? » Harvard Business School, Working Paper, n° 11-081.
-
[28]
Il existe des données sur la façon dont le temps est occupé dans le secteur public. Par exemple, O’Mahony cite l’étude de Klinke et Muller (2008), qui ont demandé aux médecins des hôpitaux allemands d’indiquer le temps consacré à six différents types de tâche. En moyenne, les médecins consacraient 4,3 heures par jour aux tâches médicales ; 2,1 heures aux tâches administratives ; 1,4 heure à parler aux patients et à la famille des patients ; et 1,2 heure à rédiger des rapports médicaux. Si l’on réunit les tâches médicales et les conversations avec les patients dans les tâches « à proximité du patient », elles représentent 5,7 heures dans une journée de travail normal. Si les tâches administratives et la rédaction de rapports médicaux sont réunies dans les tâches « à distance du patient », elles totalisent 3,3 heures. L’enquête indiquait donc un rapport de 2/1 entre les services directs aux patients et l’administration des patients.
-
[29]
Ricardo Blaug, Rohit Lekhi, 2009, « Accounting for Intangibles », The Work Foundation.
-
[30]
Jarboe, cité in Ricardo Blaug et Rohit Lekhi, ibid. On pourrait penser que l’état de droit est un facteur important qui affecte l’incitation à créer des actifs, mais il ne constitue pas en soi un actif.
-
[31]
Dans un article célèbre, l’économiste américain Martin Weitzman a montré que si le PIB n’est pas une mesure du bien-être, le produit intérieur net (ajusté pour tenir compte des prix), mesure très proche, est utile si les consommateurs cherchent à maximiser leur flux de consommation. Si l’investissement, inclus dans le PIB, apparaît dans une mesure du bien-être fondée sur la consommation, c’est que les consommateurs accordent de la valeur à l’investissement courant puisque, dans le modèle de Weitzman, ils comprennent qu’il débouchera sur une consommation future (1976, « On the Welfare Significance of National Product in a Dynamic Economy », Quarterly Journal of Economics, 90 [1], p. 156-162).
-
[32]
Charles Hulten et Frank Wyckoff, 1981. « The Estimation of Economic Depreciation Using Vintage Asset Prices: An Application of the Box-Cox Power Transformation », Journal of Econometrics, 15 (3), p. 367-396.
-
[33]
Peleg 2008a, 2008b.
-
[34]
Gaganan Awano, Mark Franklin, Jonathan Haskel et Zafeira Kastrinaki, 2010, « Measuring Investment in Intangible Assets in the UK: Results from a New Survey », Economic & Labour Market Review, 4 (7), p. 66-71.
Ce chapitre explique comment l’investissement immatériel peut être mesuré, et comment les économistes l’ont compris.
L’histoire de la mesure de l’investissement immatériel par les économistes et les statisticiens est un épisode tardif dans un bien plus vaste récit : l’invention du PIB et des systèmes de comptabilité nationale. Cette histoire est contée de façon très lisible par Diane Coyle dans GDP. A Brief but Affectionate History (Le PIB, une histoire brève mais affectueuse) et par Ehsan Masood dans The Great Invention: The Story of GDP (La Grande Invention : l’histoire du PIB).
L’un des plus grands défis conceptuels que représentait la création du PIB consistait à décider ce qu’il fallait prendre en compte. C’est un vieux problème. Dans la Richesse des nations, Adam Smith se demandait si l’Angleterre produisait plus qu’à l’époque de la chute de l’empire romain. Sans données pour étayer son propos, il affirma que c’était le cas, puisqu’il y avait plus de main-d’œuvre productive et moins de main-d’œuvre non productive, cette dernière incluant des professions comme les « domestiques […], le souverain […], les comédiens, les farceurs, les musiciens, les chanteurs, les danseurs d’opéra, etc. ».
À l’époque de la Grande Dépression, quand les économistes furent sommés de comprendre pourquoi l’économie tournait mal, le problème était devenu urgent. Tout le monde savait que l’économie n’allait pas bien. Mais personne ne savait à quel point la production avait chuté. Ford savait que les ventes de son principal véhicule, le modèle A, avaient diminué de 50 % entre 1930 et la fin de 1931. Les aciéries savaient que leur production s’était effondrée : l’utilisation des capacités était passée de 96 % en septembre 1929 à 60 % en décembre (CQ Researcher 2016)…
Date de mise en ligne : 04/01/2021
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
24,00 €
Acheter ce chapitre
5,00 €