Convergences entre psychanalyse et neurosciences cognitives
La hiérarchie interactionnelle en psychothérapie
- Par Alexandre Har
Pages 269 à 280
Citer cet article
- HAR, Alexandre,
- Har, Alexandre.
- Har, A.
https://doi.org/10.1051/ppsy/2013523269
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- Har, Alexandre.
- HAR, Alexandre,
https://doi.org/10.1051/ppsy/2013523269
Notes
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[1]
Une théorie de l’action thérapeutique doit décrire à la fois les objectifs du traitement et les stratégies susceptibles d’être mises en ?uvre afin de faciliter l’occurrence d’un changement (Gabbard et Westen, 2003). Il s’agit d’énoncer la manière dont les cliniciens mettent en valeur un ensemble de présupposés procéduraux implicites et explicites à propos de l’incidence pragmatique de la pensée et de l’action dans la relation psychothérapeutique (Har, 2006).
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[2]
Dans le monde anglo-saxon, l’utilisation du terme psychanalyse est réservée au dispositif dans lequel le patient est allongé sur le divan à une fréquence de 4 à 5 fois par semaine. Le dispositif en face à face est quant à lui appelé psychothérapie analytique.
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[3]
Freud utilise sa pratique clinique comme un moyen d’exploration des processus psychiques du patient. Ses descriptions cliniques sont centrées sur le comportement, les propos du patient et sur les processus inconscients qui peuvent en être inférés. Les références au vécu interne de l’analyste, à son comportement, à son apparence physique, ou à l’environnement physique, géographique et social sont rarement abordées (Turber-Oklander, 2002). Bien que Freud évoque la question de la relation, elle n’occupe pas pour lui une position centrale. Ferenczi va conduire une partie du mouvement analytique à développer le travail sur la relation d’une manière différente. Les situations cliniques que traite Ferenczi l’encouragent à souligner l’expérience psychanalytique et plus particulièrement la nature du vécu partagé à deux. En 1924, Ferenczi et Rank n’hésitent pas à affirmer que : « La psychanalyse selon les règles est en ce sens une sorte de processus social, une “formation de foule à deux” selon la formule de Freud, où l’analyste doit faire fonction de représentant de tout l’environnement différent, notamment des personnes les plus significatives de son entourage humain ». Rank continuera a développer une théorie de la naissance du self et de la centralité des premières interactions dans la relation thérapeutique. Ferenczi explorera la relation mutuelle dans le processus clinique avec toute la controverse que ces travaux ont suscités.
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[4]
Voir le site de l’institut : http://www.wawhite.org/
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[5]
Une position assez proche de celle de « l’observateur participant » développé par H.S Sullivan.
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[6]
http://postdocpsychoanalytic.as.nyu.edu/page/home
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[7]
Mitchell s’inspire de « l’enquête détaillée » qu’envisageait H.S. Sullivan.
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[8]
Lors d’une première ébauche (Har, 2006), nous avons suggéré une double démarche pour l’étude des aspects transactionnels élémentaires de la communication en décrivant : 1) la déconstruction et la modélisation des composantes des échanges en quatre niveaux graduels de contraintes (Har et Jouvent, 2007) ; 2) l’individualisation au sein de ces quatre niveaux d’un phénomène de cosimulation (Har, 2006; Har et Jouvent, 2008).
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[9]
Cette proposition appelle les cliniciens à se questionner sur la métaphore souvent utilisée de la fusion mère-enfant. Ne serait-il pas intéressant de voir dans ce processus plutôt que l’imbrication du fonctionnement psychique, un effet de synchronisation, combiné à une difficulté de distinction soi/autre ?
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[10]
La théorie de la simulation mentale relie lesréflexions développées par la théorie de l’esprit aux travaux en neurophysiologie. Deux propositions rendent compte de la lecture mentale de l’esprit de l’autre. Pour la théorie de la théorie, notre capacité à lire l’état mental de l’autre est fondée sur l’utilisation d’une théorie innée ou acquise du fonctionnement de l’esprit. La théorie simulationniste considère, quant à elle, que la compréhension de la vie mentale passe par un processus de simulation imaginative. Les deux approches sont considérées aujourd’hui comme étant complémentaires.
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[11]
Un autre aspect des études sur l’empathie devrait attirer plus spécifiquement l’attention des psychothérapeutes. L’empathie a d’abord été considérée comme strictement automatique dans une logique processuelle non consciente dite « bottom up ». Cependant Decety et Lamm (2006) envisagent qu’elle soit également régulable par le biais des fonctions exécutives et métacognitives « top down ». Ce dernier point nous laisse envisager que le travail sur l’empathie dans la relation en psychothérapie est susceptible d’amplifier l’ajustement des niveaux d’informations : soi/soi et soi/autre. Ce modèle laisse une porte ouverte à la flexibilité des remaniements inter-individus.
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[12]
Inspiré du « moment de rencontre » proposé par D. Stern (2003).
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[13]
Elle s’est scarifiée dans le passé. Elle recommencera à plusieurs reprises.
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[14]
Quelques mois plus tard, une maladie grave sera diagnostiquée à Mère.
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[15]
L’amorce de sa consommation fut d’abord récréative et festive, pour ensuite s’accorder avec son groupe d’appartenance (la tribu électro) et la philosophie qui l’accompagne (rave et défonce comme découverte de soi…).
Resumé
Les travaux de Mitchell sur les niveaux constitutifs de la hiérarchie interactionnelle proposent une lecture pluridimensionnelle de la notion de « relation » en psychothérapie. Notre intention est de montrer comment les recherches en neuroscience cognitive enrichissent et reformulent ces propositions en y ajoutant une perspective biologique. La contribution de la hiérarchie interactionnelle naturalisée est explorée dans plusieurs illustrations cliniques.
Mots-clés
- psychothérapie
- psychanalyse relationnelle
- neurosciences cognitives
- théories de la simulation
- co-simulation
Mots-clés éditeurs : co-simulation, neurosciences cognitives, psychanalyse relationnelle, psychothérapie, théories de la simulation
Convergence points between psychoanalysis and cognitive neuroscience: interactional hierarchy in psychotherapy
Convergence points between psychoanalysis and cognitive neuroscience: interactional hierarchy in psychotherapy
Stephen Mitchell proposed to consider the psychotherapeutic relationship as a multi level interactional hierarchy. Several clinical case vignettes will illustrate how the biological perspective brought by cognitive neurosciences enrich Mitchell’s theory.
Keys-words
- psychotherapy
- relational psychoanalysis
- cognitive neurosciences
- theory of simulation
- co-simulation
Mots-clés éditeurs : co-simulation, cognitive neurosciences, psychotherapy, relational psychoanalysis, theory of simulation
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