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Littérature comme phénoménologie première. Maurice Blanchot : la Musique des Musiques

Pages 73 à 89

Citer cet article


  • Cohen-Levinas, D.
(2021). Littérature comme phénoménologie première. Maurice Blanchot : la Musique des Musiques. Philosophie, 151(4), 73-89. https://doi.org/10.3917/philo.151.0073.

  • Cohen-Levinas, Danielle.
« Littérature comme phénoménologie première. Maurice Blanchot : la Musique des Musiques ». Philosophie, 2021/4 N° 151, 2021. p.73-89. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-philosophie-2021-4-page-73?lang=fr.

  • COHEN-LEVINAS, Danielle,
2021. Littérature comme phénoménologie première. Maurice Blanchot : la Musique des Musiques. Philosophie, 2021/4 N° 151, p.73-89. DOI : 10.3917/philo.151.0073. URL : https://shs.cairn.info/revue-philosophie-2021-4-page-73?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/philo.151.0073


Notes

  • [1]
    Stéphane Mallarmé, Œuvres complètes, texte établi par H.Mondor et G.Jean-Aubry, Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 1984, p. 368 et 366.
  • [2]
    Maurice Blanchot, La Part du feu, Paris, Gallimard, 1984 [première édition 1949].
  • [3]
    La Part du feu, p. 41.
  • [4]
    La Part du feu, p. 39.
  • [5]
    Paul Verlaine, « Mon rêve familier », in Poèmes saturniens, Paris, Les classiques de poche, 1996 : « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant (…) ».
  • [6]
    Blanchot, Le Livre à venir, Paris, Gallimard, 1971 [première édition 1959], p. 10-11.
  • [7]
    Marguerite Blanchot recevra à Chalon le grand organiste Marcel Dupré en 1965.
  • [8]
    Blanchot, « Le Docteur Faustus », L’Observateur n°8 (1er juin 1950), p. 18.
  • [9]
    Christophe Bident, Maurice Blanchot : partenaire invisible. Essai biographique, Paris, Champ Vallon, 1998, p. 23.
  • [10]
    Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Paris, Gallimard, 1945, p. 211.
  • [11]
    Blanchot, La Part du feu, p. 316.
  • [12]
    Cité par Michel Schneider, La Tombée du jour, Paris, Seuil, 1989.
  • [13]
    Blanchot, La Bête de Lascaux, Montpellier, Fata Morgana, 1982, p. 73.
  • [14]
    L’Espace littéraire, Paris, Gallimard, 1982, p. 241.
  • [15]
    L’Espace littéraire, p. 359.
  • [16]
    Platon, La République, Livre X, 605 b.
  • [17]
    Blanchot, L’Espace littéraire, p. 341-56.
  • [18]
    Jean-Paul Sartre, L’Imaginaire, Paris, Gallimard, 1940, p. 35.
  • [19]
    Edmund Husserl, Méditations cartésiennes, §25, trad.fr. G.Peiffer et E.Levinas, Paris, Vrin, 1947, p. 103-104 [première édition 1931, Armand Colin]. Jean Hering, ancien élève de Husserl, Professeur à l’Université de Strasbourg où Levinas était étudiant, avait invité Husserl à présenter les conférences qu’il avait données à Paris à la Sorbonne les 23 et 25 février 1929. Husserl et Hering confièrent la traduction de ces conférences à Emmanuel Levinas, qui s’apprêtait à publier sa thèse de doctorat, Théorie de l’intuition dans la phénoménologie de Husserl. La version allemande des Méditations cartésiennes n’a été publiée qu’après la mort de Husserl, en 1950, et constitue le volume I des Husserliana.
  • [20]
    Publié au tome XXIII des Husserliana en 1980 : Phantasie, Bildbewußtsein, Erinnerung (trad.fr. J.-F.Pestureau, Phantasia, conscience d’image, souvenir, Grenoble, J. Millon, 2002).
  • [21]
    Husserl, Phantasie, Bildbewußtsein, Erinnerung, chap. 2, §22, Hua XXIII, p. 47-48 (trad.fr., p. 86).
  • [22]
    Blanchot, La Part du feu, p. 138.
  • [23]
    L’Espace littéraire, p. 347.
  • [24]
    Texte repris dans La Part du feu.
  • [25]
    Levinas, De l’existence à l’existant, Paris, Vrin, 1947, p. 83.
  • [26]
    Levinas, « La réalité et son ombre », publié pour la première fois dans Les Temps modernes n°38, 1948 ; repris dans Les Imprévus de l’histoire, Paris, Fata Morgana, Montpellier, 1994, p. 130.
  • [27]
    Levinas, « La réalité et son ombre », p. 131.
  • [28]
    Blanchot, L’Espace littéraire, p. 345.
  • [29]
    Blanchot, L’Entretien infini, Paris, Gallimard, 1969, p. 45.
  • [30]
    Edmund Husserl, Brief an Hugo von Hofmannsthal, 12.I.1907, Briefwechsel, Bd.VII, Wissenschaftlerkorrispondenz, p. 133-136 (trad.fr. É.Escoubas, « Lettre à Hofmannsthal », La Part de l’œil n°7 (1991), p. 13-15).
  • [31]
    Ideen zu einer reinen Phänomenologie und phänomenologischen Philosophie, Bd.I, §111, Hua III/1, p. 250-252 (Idées directrices pour une phénoménologie pure et une philosophie phénoménologique, trad.fr. P.Ricœur, Paris, Gallimard, 1950, p. 370-374, trad.fr. J.-F.Lavigne, Paris, Gallimard, 2018, p. 326-328).
  • [32]
    Ideen I, §111, Hua III/1, p. 252 (trad.fr. Ricœur, p. 373, Lavigne, p. 328).
  • [33]
    Blanchot, L’Entretien infini, p. 448.
  • [34]
    Husserl, Cartesianische Meditationen, §8, Hua I, p. 60 (trad.fr. dir. M. de Launay, Méditations cartésiennes et les Conférences de Paris, Paris, Puf, 1994, p. 64).
  • [35]
    Jacques Derrida, La Voix et le Phénomène, Paris, Puf, 1967.
  • [36]
    Klossowski, par exemple, traduit meinen soit par vouloir-dire, soit par entendre, soit encore par penser.
  • [37]
    La Voix et le Phénomène, p. 18.
  • [38]
    Emmanuel Levinas, En découvrant l’existence avec Husserl et Heidegger, Paris, Vrin, 1967 [première édition 1949], p. 31-32.
  • [39]
    Blanchot, L’Espace littéraire, p. 31.
  • [40]
    Husserl, Phantasie, Bilkdbewußtsein, Erinnerung, Text Nr. 1, §27, Hua XXIII, p. 58.
  • [41]
    Citation en exergue de certaines éditions musicales de la Fantaisie en do majeur op. 17 de Schumann.
  • [42]
    Ce motif est récurrent chez Schumann. On le retrouve dans le Carnaval de Vienne op. 26 et le Lied « Die beiden Grenadiere », op. 49 n°1 (« Les deux Grenadiers »). Il s’agit sans doute d’une provocation de Schumann, car la Marseillaise n’était pas appréciée dans les pays germaniques ; elle était même interdite en Autriche.
  • [43]
    Blanchot, Le Livre à venir, Paris, Gallimard, 1959. Livre de poche, p. 277.
  • [44]
    Levinas, Éthique comme philosophie première, texte préfacé et annoté par Jacques Rolland, Paris, Payot-Rivages, 1998. Ce texte est issu d’une conférence donnée par Levinas en 1982.

Que signifie lire, écrire et raconter pour Maurice Blanchot ? Comment comprendre l’idée chère à Blanchot que, par-delà l’expérience littéraire, la parole est résolument tournée vers une origine plus originelle que l’œuvre accomplie ? Cette question n’est pas sans rappeler la manière dont Blanchot, dans l’héritage de Mallarmé, entend le bilinguisme qui caractérise tout langage. Le langage est fondamentalement équivoque, à la fois matériau brut, quasi archaïque et immédiat, et matériau qui se subsume lui-même, qui enfreint les règles de la langue au point de la soumettre à une réalité étrangère au réel. D’où vient pour Blanchot cette tendance au bilinguisme, à une écriture bifrons ; une écriture qui se chante autant qu’elle se parle, qui se reconnaît autant dans les choses sensibles que dans des phénomènes vibratoires, suscitant une « presque disparition » de la langue ? La question du bilinguisme n’est pas neutre, pour autant que le mot neutre est à entendre comme ce qui vient mettre des limitations à l’hégémonie du langage. Aussi, souhaitons-nous montrer comment l’expérience littéraire chez Blanchot se situe aux confins de la ruine du langage, là où l’écriture devient un espace qui demeure vacant, une parole qui déploie une rumeur et non plus strictement du sens. Cette rumeur n’est pas sans rapport avec l’expérience musicale. C’est pourquoi Blanchot évoque souvent la figure d’Orphée se retournant vers Eurydice, ou encore celle d’Ulysse attaché au mât, résistant à la puissance mortifère du chant des Sirènes…


Date de mise en ligne : 02/09/2021

https://doi.org/10.3917/philo.151.0073

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