V. La tragédie de Louis Renault
- Par Alain Decaux
Pages 179 à 227
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- DECAUX, Alain,
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- Decaux, A.
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Notes
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[1]
FFI : Forces françaises de l’Intérieur. FTP : Francs-Tireurs et partisans, rassemblant une majorité de communistes.
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[2]
Abbé Jean Popot : J’étais aumônier à Fresnes (1962).
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[3]
Paul Morand : 1900.
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[4]
Jean Mézerette, « Renault », Historia n° 328.
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[5]
Pierre Rousseau : Histoire des transports (1961).
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[6]
Jean-Paul Thévenet : Louis Renault (1985).
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[7]
Saint-Loup : Renault de Billancourt (1955).
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[8]
Le mécanicien Vauthier survivra, mais aura beaucoup de mal à se faire payer par Louis ses mois de convalescence (Saint-Loup : op. cit.).
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[9]
Fernand Picard : L’Epopée de Renault (1976).
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[10]
Le ministre de la Guerre.
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[11]
Lettre du 31 décembre 1918.
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[12]
Fernand Picard : op. cit.
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[13]
André Mouroux : J’ai signé au CO Billancourt. Ce fut un contrat de quarante-deux ans avec Renault.
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[14]
Peyrecave était directeur général des usines Renault.
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[15]
Jacques Isorni : Mémoires, I (1984).
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[16]
Lettre du 3 septembre 1986.
Une femme vient de franchir la porte principale de la prison de Fresnes. Elle est grande, belle, encore jeune. Elle a exhibé au poste de garde un laissez-passer parfaitement en règle qui l’autorise à rencontrer son mari, emprisonné, mais hospitalisé à l’infirmerie.
Ce laissez-passer, le piquet de surveillance l’a longuement examiné car, ce 3 octobre 1944, la confiance ne règne guère à Fresnes. Nommé aumônier peu de temps auparavant, l’abbé Jean Popot avait découvert avec quelque étonnement que les FFI et surtout les FTP étaient en fait maîtres des lieux.
On a désigné un guide à la femme. Elle s’avance dans les couloirs de la prison. L’odeur âcre, presque insoutenable, la prend à la gorge. Dans les couloirs, elle s’effare à discerner le grouillement d’hommes qui s’agitent en une sorte de mouvement perpétuel, apparemment incohérent ; « on hurlait des noms d’étage en étage »…
Ce qui frappait le plus, dans ce que l’abbé Popot appellera un enfer, c’était la promiscuité dans laquelle vivaient ces hommes : « Seuls, comme se plaisait à le souligner le directeur, les ministres, les généraux, les amiraux avaient leur quartier tout en haut du navire et circulaient librement sur la coursive. »
Ces prisonniers-là sont ceux de la Libération. La femme passe au milieu d’eux en feignant de ne pas les voir. On gagne l’infirmerie. Dans l’instant, la femme croit avoir rejoint la Cour des miracles. Certains des captifs qu’elle croise dans les couloirs, ou aperçoit par les portes ouvertes, sont aveugles, d’autres se traînent sur des béquilles, d’autres exhibent des faces horribles labourées par les balles ou les éclats reçus, sous l’uniforme allemand, sur le front de l’Est…
Date de mise en ligne : 22/11/2021
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