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1. Une mission plutôt qu’une vocation

Pages 25 à 42

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  • Ayache, G.
(2024). 1. Une mission plutôt qu’une vocation. 1960, la première élection moderne de l'Amérique (p. 25-42). Perrin. https://shs.cairn.info/1960-la-premiere-election-moderne-de-l-amerique--9782262096755-page-25?lang=fr.

  • Ayache, Georges.
« 1. Une mission plutôt qu’une vocation ». 1960, la première élection moderne de l'Amérique, Perrin, 2024. p.25-42. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/1960-la-premiere-election-moderne-de-l-amerique--9782262096755-page-25?lang=fr.

  • AYACHE, Georges,
2024. 1. Une mission plutôt qu’une vocation. In : 1960, la première élection moderne de l'Amérique. Paris : Perrin. Hors collection, p.25-42. URL : https://shs.cairn.info/1960-la-premiere-election-moderne-de-l-amerique--9782262096755-page-25?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Du nom des immeubles bostoniens à trois étages connus pour accueillir les immigrés fraîchement débarqués.
  • [2]
    Les grandes familles bostoniennes, issues des premiers immigrants, étaient surnommées les Brahmanes pour bien souligner leur caractère exceptionnel, à l’exemple des castes hindoues. En 1927, les Kennedy avaient quitté Boston pour Riverdale, un quartier résidentiel du Bronx, à New York.
  • [3]
    Jackie Kennedy se croit obligée par la suite de préciser : « J’ai l’impression, d’après ce que j’ai entendu, que Joe manquait d’imagination, comparé à Jack. Il aurait pu être sénateur mais pas beaucoup plus. » L’historien Arthur M. Schlesinger, qui lui aussi n’avait jamais connu Joe Jr., prétendra de son côté : « Certainement, je ne le connaissais pas plus que ça, mais il n’avait pas cette imagination, cette puissance ni cette curiosité intellectuelle… Je ne crois pas qu’il aurait été aussi loin que le Président. » Voir Jacqueline Kennedy, Avec John F. Kennedy…, op. cit., p. 40.
  • [4]
    De très rares photos de presse illustreraient Jack Kennedy s’aidant de béquilles. Toutefois, Jackie reconnaîtra qu’au début de leur mariage elle avait « plus de souvenirs de lui avec que sans béquilles ». Voir Jacqueline Kennedy, Avec John F. Kennedy…, op. cit., p. 57.
  • [5]
    Joe avait pris la précaution de faire stocker du Doca un peu partout dans le pays pour que son fils ne soit pas pris au dépourvu en cas de crise subite.
  • [6]
    Voir Christopher Matthews, Kennedy & Nixon : The Rivalry that shaped Postwar America, New York, Simon & Schuster, 1996, p. 98.
  • [7]
    Nigel Hamilton, JFK : Reckless Youth, New York, Random House, 1992, p. 507.
  • [8]
    David Pietrusza, 1960 : LBJ vs JFK, vs Nixon. The Epic Campaign that forged three presidencies, New York, Diversion Books, 2018, p. 4.
  • [9]
    Filleul de l’ancien président Theodore Roosevelt, William Loeb (1905-1981) devait se brouiller par la suite avec la famille Kennedy au point de traiter publiquement JFK de « menteur no 1 d’Amérique ». Voir Ralph G. Martin, A Hero…, op. cit., p. 215.
  • [10]
    Voir Rose Kennedy, Times to Remember, Garden City (NY), Doubleday, 1974, p. 177-180. Voir aussi Thomas. C. Reeves, A Question of Character. A Life of John F. Kennedy, Rocklin (CA), Prima Publishing, 1992, p. 43.
  • [11]
    Aux États-Unis, les diplômes sont assortis, par degré de mérite croissant, de la mention honorifique cum laude, ou magna cum laude ou summa cum laude.
  • [12]
    Parmi ceux-ci, Arthur Krock, qui était alors un des journalistes les plus en vue du New York Times, ou encore un certain Blair Clark, condisciple de Jack Kennedy à Harvard, qui se fera vertement rabrouer le jour où il fera allusion à sa contribution : « Qu’est-ce que ça veut dire ? Tu n’as absolument rien fait, tu n’as même jamais vu ce fichu manuscrit ! » Voir R. G. Martin, A Hero…, op. cit., p. 136.
  • [13]
    Intitulé Why England Slept, l’ouvrage rappelait – assez immodestement d’ailleurs – un ouvrage publié peu auparavant par Winston Churchill, While England Slept.
  • [14]
    L’expérience avait tourné court. Il s’avéra en effet que Jack, outre le fait qu’il préférait être l’interviewé plutôt que l’intervieweur, ne possédait décidément pas les qualités requises pour devenir un bon journaliste.
  • [15]
    Propos de Jack au reporter Bob Considine. Voir Thomas C. Reeves, A Question of…, op. cit., p. 73.
  • [16]
    Joan et Clay Blair, The Search for JFK…, op. cit., p. 368-372.
  • [17]
    Le district est la circonscription électorale en vue des élections à la Chambre des représentants.
  • [18]
    « P. J. » Kennedy (pour Patrick Joseph) était le père de Joe. Quant à Honey Fitz (surnom de John Francis Fitzgerald), il était le père de Rose, laquelle épousa Joe en octobre 1914.
  • [19]
    Outre les parlementaires nationaux siégeant au Congrès à Washington, chaque État de l’Union élisait ses propres parlementaires, représentants et sénateurs.
  • [20]
    Il était le premier descendant d’Irlandais né aux États-Unis à remporter la mairie de Boston.
  • [21]
    James M. Curley (1874-1958) avait déjà été en prison. Il y retournera plus tard pour des faits de corruption, à soixante-treize ans, et ne devra son salut qu’à la grâce accordée par le président Truman. Voir Herbert S. Parmet, Jack : The Struggles of John F. Kennedy, New York, Dial Press, 1980, p. 183.
  • [22]
    Thomas P. « Tip » O’Neill (avec William Novak), Man of the House : The Life and Political Memoirs of Speaker Tip O’Neill, New York, Random House, 1987, p. 73. Figure dominante du Congrès, O’Neill (1912-1994) deviendra plus tard Speaker de la Chambre des représentants entre 1977 et 1987.
  • [23]
    Voir Leo Damore, The Cape Cod Years of John Fitzgerald Kennedy, Englewood Cliffs (NJ), Prentice Hall, 1967, p. 87. Voir aussi Peter Collier et David Horowitz, The Kennedys : An American Drama, New York, Summit Books, 1984, p. 156.
  • [24]
    P. Collier et D. Horowitz, The Kennedys…, op. cit., p. 152.
  • [25]
    Th. C. Reeves, A Question of…, p. 76.
  • [26]
    Au sens premier, les carpetbaggers désignent les profiteurs de guerre venus du nord à la fin de la guerre de Sécession.
  • [27]
    L’estimation émanait de Th. P. O’Neill, qui précisera que cette somme représentait six fois ce que lui-même dépensait pour une campagne disputée. Voir Th. P. O’Neill, Man of the House…, op. cit., p. 77.
  • [28]
    James M. Burns, John Kennedy, New York, Harcourt Brace, 1959, p. 65.
  • [29]
    Th. C. Reeves, A Question of…, op. cit., p. 80.
  • [30]
    Révélé par l’intime de JFK, Paul B. Fay Jr., The Pleasure of His Company, New York, Harper & Row, 1966, p. 147.
  • [31]
    En 1948 puis en 1950.
  • [32]
    Il ne s’agissait pas d’une « réélection » au sens littéral dans la mesure où Truman, vice-président de Roosevelt, n’avait fait que lui succéder à sa mort en avril 1945. L’élection de Truman en 1948 était donc sa première en tant que président et il aurait pu théoriquement se représenter en 1952 (et ce malgré le 22e amendement à la Constitution, entré en vigueur en février 1951, qui limitait à deux le nombre de mandats présidentiels possibles, consécutifs ou non).
  • [33]
    Ch. Matthews, Kennedy & Nixon…, op. cit., p. 54.
  • [34]
    Bobby n’était resté que huit mois à ce poste, de décembre 1952 à août 1953, non en raison d’un désaccord politique de fond, mais à la suite de dissensions personnelles avec Roy Cohn, le principal collaborateur de McCarthy.
  • [35]
    Rapporté par Charles Spalding. Voir P. Collier et D. Horowitz, The Kennedys…, op. cit., p. 197.
  • [36]
    Voir l’article de John P. Mallan, « Massachusetts Liberal and Corrupt », New Republic, 13 octobre 1952. Jack nierait plus tard l’authenticité de tels propos même si celle-ci avait été dûment établie. Herbert S. Parmet, Jack…, op. cit., p. 211 sq.
  • [37]
    Ces opérations consistaient en une fusion de disques vertébraux avec insertion d’une plaque métallique pour soutenir la colonne lombaire.
  • [38]
    La première avait eu lieu en 1947, au retour d’un voyage de JFK en Angleterre où des spécialistes avaient diagnostiqué la maladie d’Addison et ne lui donnaient tout au plus qu’un an à vivre.
  • [39]
    Kenneth P. O’Donnell et Dave Powers, “Johnny, We Hardly Knew Ye”, Boston, Little, Brown & Co., 1970-1972, p. 196.
  • [40]
    Ralph G. Martin et Edward Plaut, Front Runner, Dark Horse, Garden City (NY), Doubleday, 1960, p. 204 et Robert Dallek, An Unfinished Life…, op. cit., p. 190.
  • [41]
    K. O’Donnell et D. Powers, Johnny…, op. cit., p. 190.
  • [42]
    P. Collier et D. Horowitz, The Kennedys…, op. cit., p. 180.
  • [43]
    Ibid., p. 181.
  • [44]
    C’est au point qu’en août 1950 le Haverhill Gazette, un journal local du Massachusetts, put se demander si Jack Kennedy ne serait pas au fond plus à l’aise au Parti républicain.
  • [45]
    Ch. Matthews, Kennedy & Nixon…, op. cit., p. 76.
  • [46]
    Robert Sargent Shriver (1915-2011) épousera Eunice Kennedy, une des sœurs cadettes de Jack, en 1953.
  • [47]
    James M. Landis (1899-1964) avait succédé à Joe en 1935 à la tête de la fameuse Securities and Exchange Commission (SEC) et était resté proche de lui par la suite.
  • [48]
    Beaucoup plus tard, lorsque les Kennedy ne risqueraient plus rien, le futur Speaker démocrate de la Chambre, « Tip » O’Neill, se souviendrait de valises de 50 000 à 60 000 dollars. Voir P. Collier et D. Horowitz, The Kennedys…, op. cit., p. 195.
  • [49]
    Ethel, la femme de Bobby, reconnaîtra plus tard : « Avec Bobby c’est toujours les chapeaux blancs contre les chapeaux noirs, les bons contre les méchants. » Voir R. G. Martin, A Hero…, op. cit., p. 189.
  • [50]
    Th. C. Reeves, A Question of…, op. cit., p. 98.
  • [51]
    Sans rapport, bien sûr, avec le mouvement « Me Too » actuel
  • [52]
    Des propos tenus au journaliste Fletcher Knebel. Voir Richard J. Whalen, The Founding Father : The Story of Joseph P. Kennedy. A Study in Power, Wealth and Family Ambition, New York, Signer, 1964, p. 412-413 et Herbert S. Parmet, Jack…, op. cit., p. 242-243. Voir aussi David Talbot, Brothers : The Hidden History of the Kennedy Years, New York, Free Press, 2007, p. 147-148.
  • [53]
    Richard J. Whalen, The Founding Father…, op. cit., p. 292-307.
  • [54]
    P. Collier et D. Horowitz, The Kennedys…, op. cit., p. 199.
  • [55]
    Voir Edward Kennedy, Fruitful Bough, publication privée, 1969, p. 127.

L’expression « Born to lead » avait-elle été quasiment forgée pour John F. Kennedy, comme on l’affirmera plus tard ? Cela peut paraître paradoxal, car il faisait de la politique presque par hasard. Sans doute une carrière se joue-t-elle parfois sur des impondérables ou quelque coup imprévu du destin. Pour autant, s’ils peuvent accompagner ou souligner une inflexion de carrière, il est rare que les hasards déterminent le choix même d’entrer en politique. Mais ce fut le cas de John F. Kennedy dont la vocation résulta très directement de la disparition tragique de son frère aîné.
Dans les années 1940, Joe, le patriarche de la famille, avait fait le pari un peu fou qu’un Kennedy deviendrait président des États-Unis. Sans doute pensait-il alors à lui-même. Son grand-père, tonnelier sur le port de Boston, puis son père, bistrotier, avaient été de ces three-deckers qui constituaient les premiers bataillons d’Irlandais-Américains. Joe, lui, s’était d’abord fixé pour objectif de devenir millionnaire à l’âge de trente-cinq ans. Il y avait réussi au-delà de toute espérance. Alors la Maison-Blanche, pourquoi pas ?
Or, l’aplomb et le talent ne suffisaient pas, et la politique et le business ne faisaient pas forcément bon ménage. Malgré son arrogance et ses millions de dollars, Joe avait donc dû renoncer et reporter tous ses espoirs sur son fils aîné. Joe Jr. était d’ailleurs sa copie conforme. Même allure sportive, même sourire carnassier, même assurance désinvolte. Tout comme son père, il était passé par Harvard…


Date de mise en ligne : 09/04/2025

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