Poesia sin fin
- Par Camille Goudeau
Pages 11 à 16
Citer cet article
- GOUDEAU, Camille,
- Goudeau, Camille.
- Goudeau, C.
https://doi.org/10.3917/nrf.647.0011
Citer cet article
- Goudeau, C.
- Goudeau, Camille.
- GOUDEAU, Camille,
https://doi.org/10.3917/nrf.647.0011
Alexandre a écrit une poésie merveilleuse sur les chats écrasés de la rue où l’on habitait. En courant vers le bus le matin, on trouvait souvent des petits coins de puanteur en bord de route ou au milieu de la chaussée. Une puanteur ratatinée qui miaulait la veille.
On n’a jamais pu déterminer ni observer le passage d’un état à l’autre.
Dans la boîte, au même moment, le chat est mort et vivant.
Alexandre et moi, on s’aimait, il disait qu’il se couperait un bras pour moi.
Et même les deux jambes.
Sa poésie s’appelait : Les chats écrasés de la rue du Val-de-l’Indre. C’était un drôle de cri qui riait et qui pleurait. Elle était si belle que le professeur de français n’a jamais voulu y croire, il a tout jeté par terre, il a menacé de lancer Google pour comprendre sur qui le cancre avait pompé. Alexandre est un nul en écriture, il est classé, ce n’est pas de lui.
Einstein n’a jamais voulu croire au chat de Schrödinger et à la physique quantique selon Copenhague.
L’expérience de pensée est un vertige, Schrödinger projette :
Je mets mon chat dans une boîte que je referme. Dans la boîte, il y a aussi un système constitué d’un atome radioactif qui, s’il est détecté, met en branle un mécanisme libérant d’une fiole un poison mortel. Tant que la boîte est close, je ne peux pas savoir si mon chat est vivant ou mort. Il est alors dans les deux états à la fois. On appelle ça la superposition quantique. C’est l’ouverture de la boîte et l’observation qui viennent figer le chat, vivant ou mort…
Cet article est en accès conditionnel
Acheter ce numéro
15,99 €
Acheter cet article
3,00 €