Improbables mais fécondes : les rencontres entre scientifiques critiques et syndicalistes dans les « années 1968 »
- Par Renaud Bécot
- et Céline Pessis
Pages 51 à 66
Citer cet article
- BÉCOT, Renaud
- et PESSIS, Céline,
- Bécot, Renaud.
- et al.
- Bécot, R.
- et Pessis, C.
https://doi.org/10.3917/mouv.080.0051
Citer cet article
- Bécot, R.
- et Pessis, C.
- Bécot, Renaud.
- et al.
- BÉCOT, Renaud
- et PESSIS, Céline,
https://doi.org/10.3917/mouv.080.0051
Notes
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[*]
Doctorant en histoire, il rédige une thèse sur l’essor des préoccupations environnementales des organisations syndicales de salariés en France pendant la seconde partie du XXe siècle.
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[**]
Doctorante en histoire des sciences, elle mène des recherches sur la genèse de l’écologie politique dans la France postcoloniale. Elle a notamment coordonné Survivre et Vivre. Critique de la science, naissance de l’écologie, Paris, L’Échappée, 2014.
-
[1]
Pour une analyse distanciée de l’historiographie dominante de la période précédente, voir C. Pessis, S. Topçu, C. Bonneuil (dir.), Une autre histoire des « Trente Glorieuses ». Modernisation, contestations, pollutions dans la France d’après guerre, Paris, La Découverte, 2013.
-
[2]
X. Vigna, M. Zancarini-Fournel, « Les rencontres improbables dans les “années 1968” », Vingtième siècle. Revue d’histoire, 101, 2009, p. 163-177.
-
[3]
Cet article se fonde sur une recherche en cours. Trois types de sources sont mobilisées : des archives syndicales (CFDT et CGT à l’échelle nationale, en Bretagne et dans le Rhône) ; des revues ancrées dans les mouvements sociaux des années 1968 (Labo-Contestation, Survivre et Vivre, Tankonalasanté, Impascience, Solidarité Ouvrière, Autrement, etc.) ; des entretiens menés avec des acteurs.
-
[4]
Sur la CFDT, voir F. Georgi, L’invention de la CFDT. 1957-1970, Paris, L’Atelier, 1995 ; N. Defaud, La CFDT (1968-1995). De l’autogestion au syndicalisme de proposition, Paris, Presses de Sciences Po, 2009.
-
[5]
P. Marichala, L. Pitti, « Réinventer la médecine ouvrière ? Retour sur les mouvements médicaux alternatifs dans la France post-1968 », Actes de la recherche en sciences sociales, 196, 2013, p. 114-131.
-
[6]
E. Henry, Amiante : un scandale improbable. Sociologie d’un problème public, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2007, p. 23.
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[7]
Sur les luttes italiennes, voir les travaux de Laura Centemeri, Stefania Barca ou Elena Davigo, dont certains extraits sont disponibles sur le podcast de la journée d’études L’environnement des travailleurs au XXe siècle : http://leruche.hypotheses.org/2036.
-
[8]
G. Hecht, Le rayonnement de la France. Énergie nucléaire et identité nationale après la seconde guerre mondiale, Paris, La Découverte, 2004. Réédité par les éditions Amsterdam, 2014.
-
[9]
S. Topçu, La France nucléaire. L’art de gouverner une technologie contestée, Paris, Seuil, 2013, p. 62.
-
[10]
Syndicat CFDT de l’énergie atomique, L’électronucléaire en France, Paris, Seuil, 1975, p. 10.
-
[11]
D Pignon et al., Questions sur le nucléaire. Des risques d’accidents dans les centrales nucléaires, Paris, Christian Bourgeois, 1975.
-
[12]
Les Amis de la Terre, L’escroquerie nucléaire, Paris, Stock, 1975.
-
[13]
B. Lambert, Les paysans dans la lutte des classes, Paris, Seuil, 1970.
-
[14]
P. Cadiou et al., L’agriculture biologique en France, Écologie ou mythologie, Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, 1975.
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[15]
Voir par exemple les trois numéros consacrés par la revue Économie rurale à l’écologie en 1978 : 124, 127 et 128.
-
[16]
J.-P. Martin, Histoire de la nouvelle gauche paysanne, Paris, La Découverte, 2005.
-
[17]
Voir l’introduction de l’ouvrage de E. Hache (dir.), Écologie politique. Cosmos, communautés, milieux, Paris, Amsterdam, 2012.
Ce qu’il est convenu d’appeler le « consensus fordiste » désigne un régime économique reposant notamment sur une forte croissance, obtenue au moyen de « la science », générant des gains de productivité qui étaient largement partagés avec les travailleurs. Comme le présentent d’autres articles dans ce numéro cet arrangement institutionnel a joui d’une forte légitimité, engendrant ainsi une grande stabilité. Les années 1968 sont en France et dans d’autres pays industrialisés le moment d’une remise en cause qui à certains égards pouvait être jugée salutaire. Les formes concrètes prises par les mouvements sociaux ont conduit des populations habituellement séparées à se rencontrer et à échanger. Renaud Bécot et Céline Pessis examinent le cas des scientifiques critiques et des syndicalistes et exposent l’existence de différents lieux de rencontre, de la santé au travail aux alternatives rurales.