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Article de revue

Fait divers de Claude Autant-Lara

Présentation de François Albera

Pages 56 à 69

Citer cet article


  • Albera, F.
  • et Autant-Lara, C.
(2021). Fait divers de Claude Autant-Lara Présentation de François Albera. 1895, 93(1), 56-69. https://doi.org/10.4000/1895.8315.

  • Albera, François.
  • et al.
« Fait divers de Claude Autant-Lara : Présentation de François Albera ». 1895, 2021/1 n° 93, 2021. p.56-69. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-1895-2021-1-page-56?lang=fr.

  • ALBERA, François
  • et AUTANT-LARA, Claude,
2021. Fait divers de Claude Autant-Lara Présentation de François Albera. 1895, 2021/1 n° 93, p.56-69. DOI : 10.4000/1895.8315. URL : https://shs.cairn.info/revue-1895-2021-1-page-56?lang=fr.

https://doi.org/10.4000/1895.8315


Notes

  • [1]
    Sur les circonstances de cette production voir Jean-Pierre Bleys, Claude Autant-Lara, Lyon-Arles, Institut Lumière-Actes Sud, 2018 ; sur la formation et les engagements artistiques d'Autant-Lara avant Fait divers voir notre contribution à Laurent Véray (dir.), Marcel L'Herbier. L'Art du cinéma (AFRHC, 2008) : « De L'Herbier à Autant-Lara en passant par Cocteau : d'Aujourd'hui à Cinégraphic » dont on reprend ici quelques éléments.
  • [2]
    Sur ce film disparu et sa version dessinée, voir 1895 revue d'histoire du cinéma, no 82, 2017, pp. 147-173.
  • [3]
    F. David, « Nouveau système de composition des Scènes cinématographiques », Ciné-Journal, no 160, 16 septembre 1911, pp. 35-40.
  • [4]
    « Faut-il supprimer les sous-titres demandent les enquêteurs d'été des journaux quotidiens pour leurs rubriques cinématographiques » (Ciné-Journal - le Journal du Film, no 785, 12 septembre 1924, p. 7). La question se complique du fait de la lecture à haute-voix de ces sous-titres par certains spectateurs dont il est fait état dans plusieurs articles de presse pour s'en plaindre.
  • [5]
    Georges Dureau, « Films sans texte », Ciné-Journal – le Journal du Film, [circa avril] 1924, p. 1 (date et numéro non repérables sur le site Gallica de la BnF où les exemplaires de cette revue numérisée sont reliés sans leurs couvertures).
  • [6]
    G. Dureau, « Certains films peuvent se passer de sous-titres, le plus grand nombre en demandent sous peine d'être obscurs » (Ciné-Journal - le Journal du Film, no 817, 26 avril 1925, p. 1).
  • [7]
    « C'est une œuvre d'avant-garde, ce qui ne signifie point “cubiste”, une œuvre qui marque un pas en avant vers le film idéal » (Ciné-Journal - le Journal du Film, no 738, 19 octobre 1923, p. 7 et ibid., no 740, 2 novembre 1923, p. 21, où l'on souligne l'absence de sous-titres et l'usage « très mesuré » des symboles-leitmotiv). On a, par ailleurs, fait état dans la rubrique « On dit que... » du Ciné-Journal - le Journal du Film de fin décembre 1923 (non numéroté sur Gallica), d'« un film français [qui] a provoqué des manifestations bruyantes dans une salle du boulevard parce qu'on avait substitué des images symboliques aux habituels sous-titres explicatifs, et que ces manifestations auraient été organisées par un groupe d'adversaires du metteur en scène ».
  • [8]
    Publicité parue dans Ciné-Journal - le Journal du Film [circa janvier-avril] 1923, p. 24.
  • [9]
    Et non 1923 comme on le lit le plus souvent. Un entrefilet de Comœdia du 13 mai 1924 annonce qu'Autant-Lara « va produire prochainement Fait divers, un film d'intention et de caractère neufs qu'il réalise en ce moment avec le concours de Cinegraphic, la jeune entreprise dirigée si activement par Marcel L'Herbier » (p. 2). Dans l'Intransigeant du 17 mai 1924, on annonce qu'« il n'y aura que des extérieurs dans Fait divers que va tourner Claude Autant-Lara » (p. 4) (Il y eut en fait deux jours de studio). Dans les Œuvres complètes d'Antonin Artaud, Paule Thévenin publie une lettre de celui-ci à Yvonne Gilles datée d'avril 1924 où il évoque le tournage : « Je n'ai pas un soir de libre et tous les après-midi et quelquefois le matin je tourne un film avec le fils de Lara et avec Lara elle-même – et ce jusqu'au mois de juillet prochain. C'est vous dire que je ne dispose pas d'une minute (...) Je tourne ce film où je fais un premier rôle pour tâcher d'être mis en vedette et gagner bientôt un peu d'argent. Voilà deux mois que je n'ai même plus une chambre » (tome 3 p. 125, remerciements à Patrick de Haas qui m'a signalé cette lettre). En outre le calendrier filmé à plusieurs reprises au cours du film indique des dates et des jours qui correspondent à l'année 1924.
  • [10]
    « On a toujours considéré Marcel L'Herbier comme un cinégraphiste d'avant-garde, et on le faisait dans un esprit plutôt railleur. Mais aujourd'hui, après avoir vu son dernier film, qui est le premier de ses chefs d'œuvre futurs, nous n'en voulons pas douter, force est bien de reconnaître qu'il a su, avec une maîtrise incomparable, allier l'audace à la sagesse » (L. D., « Une œuvre d'art. La Galerie des Monstres », Ciné-Journal - le Journal du Film, [circa mai] 1924, p. 22).
  • [11]
    On peut observer que, dans le film, un gros plan de baiser (en surimpression) dans une calèche entre Monsieur 1 et Elle, puis un plan du dos d'une femme nue qu'une main masculine caresse ne sont pas tournés avec Louise Lara qui est de toute évidence doublée.
  • [12]
    Voir Dominique Millet-Gérard, Tête d'Or : le chant de l'origine, Paris, Presses de l'Université Paris-Sorbonne, 2011, pp. 34-35
  • [13]
    Entre 40 et 45 000 F selon J-P. Bleys (op. cit.) qui s'appuie sur ce qu'écrit Autant-Lara dans ses mémoires, au sujet de l'héritage (20 000 F) comme des coûts de pellicule et du studio (la Rage dans le cœur, Paris, Henri Veyrier, 1990, pp. 318 et 336). Dans « Claude Autant-Lara, prise 1 », Guy Jacob parlait d'un « héritage inespéré de 7 500 F » (Positif, no 472, juin 2000, p. 58). Le texte, appartenant à une monographie entreprise et non achevée à la mort de l'auteur en 1998, était manifestement nourri de conversations avec le cinéaste, dans les années 1950-1960, qui « cadrent » avec ce que dit Jaque Catelain dans sa monographie sur L'Herbier où il cite une intervention d'Autant-Lara à la radio, datant des années 1950, où il est question d'un budget de 8 500 F (Jaque Catelain présente Marcel L'Herbier, Paris, Jacques Vautrain, 1950, p. 83). Ce dernier chiffre semble proche de la réalité (Cf. les calculs que l'on avait faits à partir des factures conservées dans le fonds A-L, dans « De L'Herbier à Autant-Lara en passant par Cocteau... », art. cit.).
  • [14]
    On trouve les trois noms d'opérateur selon les publications. Autant-Lara parle de Bachelet dans la Rage au cœur (op. cit.). Berliet avait été l'opérateur d'Entr'acte (Clair, 1924) et de la Galerie des monstres (Catelain, 1924), Bachelet de Catherine ou une fille sans joie (Renoir, 1924) et bientôt de Nana (Renoir, 1926), Barreyre sera celui de Construire un feu (1929).
  • [15]
    On trouve souvent Roland Barthet dans les génériques publiés de Fait divers, mais il s'agit bien de Paul, indiqué comme tel dans le film.
  • [16]
    André Girard (1901-1968), caricaturiste et publicitaire a poursuivi parallèlement une œuvre de peintre proche de Georges Rouault. Il réalise assez tôt des peintures sur verre ou pellicule propres à être projetées, de nature essentiellement religieuse. Il a collaboré à plusieurs reprises avec « Art et Action ».
  • [17]
    L'Intransigeant du 8 novembre 1924, p. 4.
  • [18]
    Remerciements à Pierre-Emmanuel Jaques qui m'a transmis cette information.
  • [19]
    Comœdia du 30 septembre 1925, p. 2. L'Horloge est également un film sans sous-titres.
  • [20]
    Comœdia du 8 octobre 1925, p. 4.
  • [21]
    Fait divers y est programmé à partir du 29 avril 1926 (remerciements à Jean-Jacques Meusy). Dans la Rage au cœur, Autant-Lara écrit qu'il s'était assuré d'une programmation aux Ursulines avant même que le tournage ait lieu (op. cit., p. 319). Pour la sortie aux Ursulines, il écrit que la partition d'Honegger ne lui ayant pas plu car trop précise, il avait souhaité un accompagnement aux ondes Martenot, ce qu'Armand Tallier aurait refusé. Finalement Laurence Myrga aurait conçu un accompagnement par disques.
  • [22]
    Comœdia du 16 mai 1924, p. 4. L'article jouxte une présentation du film d'Albert Dieudonné et Jean Renoir (scénario), Catherine, avec Catherine Hessling.
  • [23]
    Développement des organes sous l'influence du fonctionnement répété.
  • [24]
    Circa 1924-1925. L'article est conservé avec une référence erronée à Ciné-Journal dans le fonds A-L de la CS.
  • [25]
    À l'inverse Epstein fait un éloge appuyé à « Lupu Pick qu'il faut considérer comme le maître du film sans titre ». « [Il] nous a montré, la saison dernière, une manière de perfection cinématographique, je veux dire la Nuit de la Saint-Sylvestre peut-être le film le plus film qu'il ait été donné à voir, dans l'ombre duquel fut aperçu pour la première fois cinématographié un pôle des passions humaines » (« Pour une avant-garde nouvelle » dans le Cinématographe vu de l'Etna, Paris, Les Écrivains Réunis, 1926, pp. 56-57).
  • [26]
    Trouble du sens de la vue, consistant dans la perception de deux images pour un seul objet.
  • [27]
    Eduard Douwes Dekker, dit Multatuli (1820-1887), écrivain anarchiste néerlandais dénonciateur du colonialisme dans son pamphlet Max Havelaar (1860) qui lui valut l'admiration de Karl Marx, Sigmund Freud et quelques autres. Sa statue à Amsterdam est située sur un pont d'un des canaux de la ville.
  • [28]
    J'ai pris pour référence la copie 35mm conservée au MNAM de Beaubourg depuis 1999 (remerciements à Philippe-Alain Michaud, Jonathan Pouthier et Enrico Camporesi pour m'avoir donné accès à celle-ci) éditée par les Archives Françaises du Film (CNC). En confrontant cette copie – de très bonne qualité – à celle de la Cinémathèque suisse (16 mm en provenance de la Cinémathèque française, contretype de médiocre qualité), il apparaît quelques différences d'une certaine importance à la fin du film (il en existe également une édition DVD d'après un 16 mm chez Cinédoc que je n'ai pas visionnée).
  • [29]
    Le nombre élevé de surimpressions et de fondus enchaînés rendant le comptage approximatif.
  • [30]
    Le Journal littéraire du 6 décembre 1924 (repris dans R. Desnos, Cinéma, Paris, Gallimard, 1966, p. 120, puis les Rayons et les Ombres, Gallimard, 1992).
  • [31]
    J.B. Brunius, En marge du cinéma français, Paris, Arcanes, 1954 (rééd. Lausanne, L'Âge d'Homme, 1979).
  • [32]
    Voir sa lettre manuscrite reproduite en fac-similé dans la Rage au cœur, op. cit., p. 340 : « J'ai revu Cœur fidèle à la Sorbonne et vous dis sans flatterie ceci : Fait-divers est bien au-dessus, je sais ce que je dis. Il a un mouvement qui tient d'un bout à l'autre et toutes les images conservent jusqu'à la fin leur émotion d'images. Pas de faits, pas d'anecdotes, une rigueur absolue. Au lieu que Cœur fidèle n'a que de bons moments et pas de centre ».
  • [33]
    Lettre du 3 février 1976 (fonds A-L de la CS).
  • [34]
    La BnF conserve un dossier « Cinémathèque française. Affaire “Fait divers” (1976) » dans le fonds L'Herbier 4-COL-198(2084).
  • [35]
    Lettre du 5 février 1976 (fonds A-L de la CS).

Le scénario de Fait divers qu’on publie ci-après est un document exceptionnel conservé dans le fonds Autant-Lara de la Cinémathèque suisse. C’est quasiment le seul élément qui concerne ce film, le premier qu’ait réalisé Claude Autant-Lara en tant que metteur en scène. Jusqu’alors décorateur et créateur de costumes au théâtre et au cinéma, il a travaillé chez ses parents (laboratoire « Art et Action ») où il a pu assister Georges Lepape, et n’a pas cessé de le faire, y compris en tant qu’acteur. Il a débuté au théâtre auprès de Marcel L’Herbier – dont un « miracle en pourpre, noir et or », l’Enfantement du mort, avait été représenté chez les Autant-Lara –, avec Source du vent, Dans la Paix (« fait divers féérique »), puis au cinéma avec Rose France (1918), le Carnaval des vérités (1919), l’Homme du large et Villa Destin (1920 – dont il dessine et décore tous les intertitres), Don Juan et Faust (1922), l’Inhumaine (1923), et auprès de Jaque Catelain (le Marchand de plaisir, 1923). Il est ensuite assistant (déjà sur l’Homme du large) auprès de René Clair (Paris qui dort, 1923). Après Fait divers (1924), il reprend son travail de décorateur pour le Voyage imaginaire (Clair, 1926), Nana (Jean Renoir, 1926), le Diable au cœur (L’Herbier, 1927), Paname (Nikolaï Malikoff, 1927) et se lance dans la réalisation de Construire un feu.
Au plan matériel, ce scénario est un petit fascicule de format 18 × 28,5 cm réalisé avec soin, chaque page comportant en quelques lignes le thème ou la description du tableau (ou plan), ainsi que des indications techniques, et une petite peinture à la gouache en dessous, offrant une image de la scène…


Date de mise en ligne : 14/02/2022

https://doi.org/10.4000/1895.8315

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