Déterminants de la satisfaction des clients des entreprises de téléphonie mobile en Afrique
Pages 147 à 166
Citer cet article
- SOGBOSSI BOCCO, Bertrand
- et IMOROU, Abdou Kadiri,
- Sogbossi Bocco, Bertrand.
- et al.
- Sogbossi Bocco, B.
- et Imorou, A.-K.
https://doi.org/10.3917/mav.109.0147
Citer cet article
- Sogbossi Bocco, B.
- et Imorou, A.-K.
- Sogbossi Bocco, Bertrand.
- et al.
- SOGBOSSI BOCCO, Bertrand
- et IMOROU, Abdou Kadiri,
https://doi.org/10.3917/mav.109.0147
Notes
-
[1]
MTN Group (Mobile Telephone Networks) est une multinationale sud-africaine qui exerce dans le secteur des télécommunications. Elle a été fondée en 1994 et est présente dans 22 pays dont le Bénin.
Globacom Limited (Glo) est une société de télécommunication multinationale nigériane dont le siège est à Lagos. Elle a démarré ses activités le 29 Août 2003 et opère actuellement dans 3 pays à savoir le Nigéria, le Ghana et la Côte d’Ivoire puisqu’elle n’est plus opérationnelle au Bénin depuis le 18 Décembre 2017. -
[2]
ARCEP Bénin (2017).
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[3]
Arcep-Bénin (2016).
-
[4]
Les employés (30 %), les commerçants (27 %) et les étudiants (26 %) (EmaConsulting, 2014).
-
[5]
38,4 % de la population totale (CIA World Factbook, 2017) et 42 % de la population des adultes (Unicef, 2011).
Introduction
1La diffusion rapide et sans précédent des technologies de l’information et de la communication à travers le monde s’est particulièrement traduite par une prolifération de l’usage de la téléphonie mobile en Afrique (Alzouma, 2008). Deuxième marché mondial de la téléphonie mobile en termes d’usagers derrière l’Asie (Hemery, 2011), le continent africain attire une concurrence de plus en plus féroce entre les opérateurs téléphoniques pour conquérir ou fidéliser les clients. Au nombre des facteurs d’ordre comportemental du consommateur qui concourent à la satisfaction des clients, on peut citer le caractère oral dominant de la communication et le collectivisme de la vie en société. L’oralité est l’usage du langage non écrit et de l’ensemble des connaissances et des activités qui s’y rapportent (Eno Belinga, 1978) tandis que le collectivisme de la vie en société repose sur une relation de dépendance, à la fois pratique et psychologique, entre le groupe et chacun de ses membres (Hofstede, 1994). Ces spécificités socio-culturelles engendrent un mécanisme de formation de la satisfaction au sein des sociétés africaines à travers le processus de partage d’informations. En effet, du fait de l’usage massif des services de téléphonie mobile, les clients acquièrent une certaine perception des services qui est communiquée et partagée comme mode de pensée dominante au sein de la communauté (Lipiansky, 2000).
2Cependant, il nous semble que les recherches sur la satisfaction des clients des entreprises de téléphonie mobile en Afrique ne se sont pas orientées vers ces spécificités environnementales. Aussi, cette recherche se focalise-t-elle sur l’exploration des déterminants de la satisfaction des clients des entreprises de téléphonie mobile en mettant en relief ces spécificités socio-culturelles africaines. En outre, à cause de l’existence de fortes disparités culturelles, sociales, économiques et politiques entre les pays d’Afrique, étudier ce marché en le considérant comme un ensemble homogène pourrait biaiser les résultats (Hemery, 2011). Aussi, cette recherche explore-t-elle les déterminants de la satisfaction des clients des entreprises de téléphonie mobile dans le contexte béninois. En effet, le Bénin est caractérisé par une oralité de la communication et un collectivisme très poussé dans la vie quotidienne des individus marqués par une fréquence élevée de la communication entre les membres des familles, des groupes ethniques et de la société dans son ensemble. On y note un développement de la téléphonie mobile qui a entraîné une amélioration sensible des flux des activités économiques (Chabossou, 2010). Celle-ci est relative à la création de nombreux emplois en l’occurrence la multiplication de petits opérateurs privés à travers le pays, l’offre de services financiers aux populations et la facilitation des transferts financiers entre les membres éloignés des familles (Chéneau-Loquay, 2012). Par ailleurs, en 2017, les opérateurs de téléphonie mobile MTN BENIN et GLO MOBILE BENIN SA [1] ont écopé respectivement de 492 317 754 de francs CFA et de 31 167 436 de francs CFA [2] d’amendes pour une mauvaise qualité des services offerts. L’identification des déterminants de ces désagréments pourrait également justifier l’intérêt d’étudier ce marché. Ainsi, ces spécificités socio-culturelles et opérationnelles du Bénin offrent un cadre intéressant à la formation et à l’évaluation de la satisfaction des clients des entreprises de téléphonie mobile.
3Par ailleurs, les recherches amorcées sur la satisfaction des clients des entreprises de téléphonie mobile ont été mesurées par les modèles symétriques qui visent à fournir un « résumé » des éléments des services menant à la satisfaction des clients (Gonzalez, 2005). Cependant, en comparant les modèles symétriques aux modèles asymétriques en général et au modèle « tétraclasse » en particulier, on note qu’ils comportent plusieurs insuffisances relatives à leurs conceptualisations et au fait qu’ils ne permettent pas de déterminer de manière efficiente les éléments que doivent privilégier les managers dans leurs investissements. En effet, le modèle « tétraclasse » permet d’avoir une compréhension plus qualitative des éléments des services menant à la satisfaction et à l’insatisfaction globale des clients (Tremblay et al., 2006). Elle permet également d’approfondir les résultats sur la satisfaction des clients en considérant le segment de marché qui utilise le plus souvent le service étudié (Poubanne et al., 2006). Aussi, mesurons-nous les déterminants de la satisfaction des clients des entreprises de téléphonie mobile à partir du modèle « tétraclasse » et sur le segment des étudiants puisqu’il constitue le segment de marché qui utilise le plus souvent les services de téléphonie mobile au Bénin (Rimbeuf et al., 2015 ; EmaConsulting, 2014 ; Traoré, 2007).
4Ainsi, cette recherche tente de répondre à la question centrale suivante : quels sont les modes de contribution des éléments des services de téléphonie mobile à la satisfaction globale des clients ? L’objectif général de cette recherche consiste donc à déterminer les modes par lesquels les éléments des services de téléphonie mobile contribuent à la satisfaction globale des clients. Autrement dit, il s’agit de déterminer les poids respectifs des éléments des services de téléphonie mobile dans la satisfaction et l’insatisfaction globales des clients.
5La principale contribution de cette recherche réside dans le fait qu’elle tente de mettre en exergue les principaux éléments des services de téléphonie mobile qui concourent à la satisfaction et à l’insatisfaction globales des clients en les étudiant dans un contexte africain particulier. Ce contexte est caractérisé par une oralité dominante de la communication et un collectivisme très poussé dans la vie quotidienne. Une autre contribution de cette recherche réside dans le fait qu’elle mesure la satisfaction à partir d’un modèle asymétrique, le modèle « tétraclasse », et sur un segment spécifique, celui des étudiants. Ce qui permettra d’aider les opérateurs téléphoniques à mieux identifier les priorités d’investissement.
6Dans la suite de ce développement, nous exposons en premier lieu l’état de l’art sur la satisfaction à l’égard de l’usage de la téléphonie mobile en Afrique. En deuxième lieu, nous présentons la méthodologie utilisée pour déterminer la contribution des éléments des services de téléphonie mobile à la satisfaction globale. En troisième lieu, nous avons discuté les résultats.
1 – Cadre théorique
1.1 – Le concept de la satisfaction
7La satisfaction est un jugement de valeur, une opinion, un avis qui résulte de la confrontation entre le service perçu et le service attendu (France Qualité Publique, 2004). Il résulte de cette définition que la satisfaction est basée sur des perceptions et des attentes. Il s’agit d’un sentiment subjectif qui n’existe pas dans l’absolu mais seulement sur une base comparative. Ce sentiment ne peut exister que si le client réalise qu’il y a eu un événement de service. La satisfaction est donc une évaluation qui intervient après l’achat, l’usage, la consommation ou l’expérience d’un produit ou service (Llosa, 1997). Le sentiment de satisfaction n’est possible qu’immédiatement après l’expérience de consommation (tout de suite après le processus de confirmation des attentes), sinon, il ne s’agit pas de la satisfaction mais d’un construit plus invariant : l’attitude. En effet, le degré de satisfaction est à son summum juste après l’achat, diminuant graduellement au cours du temps. De manière générale, la satisfaction repose sur trois principales notions à savoir la Comparaison, l’Attente et la Perception. Selon le paradigme de la confirmation des attentes, lorsque la qualité perçue est inférieure à la qualité attendue, il en résulte de l’insatisfaction. Au contraire, lorsque la qualité perçue est supérieure à la qualité attendue, le client ressent une forte satisfaction. Enfin, lorsque la qualité perçue est égale à la qualité attendue, le client éprouve une simple satisfaction. Ce sentiment se situe dans une zone de normalité (Ray, 2001).
1.2 – Satisfaction à l’égard de l’usage de la téléphonie mobile en Afrique
8L’Afrique a largement ignoré l’étape technologique de la téléphonie fixe, coûteuse à implanter, pour aller directement au mobile qui a sensiblement amélioré ses performances économiques (Roux, 2017). De nombreuses recherches ont montré que l’usage de la téléphonie mobile a permis de satisfaire les besoins des africains et d’améliorer considérablement leurs conditions de vie. En effet, la téléphonie mobile a permis de créer plus de 3,5 millions d’emplois et d’apporter des services bancaires, administratifs, médicaux, scolaires, entrepreneuriaux… aux populations (GSMA, 2017). Les travaux de Donner (2006) sur les petites entreprises au Rwanda ont abouti à la conclusion que l’usage de la téléphonie mobile a entraîné un développement des réseaux des entrepreneurs locaux. Il a transformé les marchés ruraux africains et multiplié les opportunités d’affaires des paysans au Niger (Acker, 2008). Il a également favorisé la reconnexion des membres des familles africaines particulièrement dans les régions rurales du Sénégal où les échanges financiers entre les membres éloignés et ceux restés au pays sont devenus plus nombreux et plus réguliers (Tall, 2004). De même, son usage a permis d’avoir un impact économique direct sur la Production Intérieur Brute (PIB) des pays africains à travers le prélèvement des taxes et les revenus issus des emplois créés.
9Cependant, s’il est vrai que son usage a donné lieu à des pratiques nouvelles, on ne peut s’empêcher de s’interroger sur certaines réalités souvent occultées par des chiffres globaux qui cachent de fortes disparités (Alzouma, 2008). En effet, les pays africains sont majoritairement en retard dans le domaine de l’investissement technologique, si on les compare aux pays capitalistes industrialisés. On y retrouve de fortes disparités entre les villes et les campagnes où près de 300 millions de ruraux ne disposent d’aucune couverture réseau et de connexion à Internet. Dans les centres urbains où elles existent, on y note une mauvaise qualité de la connexion à Internet due à un très faible débit de transmission (GSMA, 2017). Par ailleurs, si sur le plan tarifaire le marché de la téléphonie mobile profite largement aux opérateurs téléphoniques, il n’en va pas de même pour les consommateurs africains qui devraient en principe bénéficier de la réduction des coûts inhérents au progrès technologique et au caractère concurrentiel de ce marché. Or, la seule condition qui pourra permettre une telle bataille reste tributaire de la marge d’indépendance accordée par les Etats aux Autorités de régulation. Aussi, convient-il de porter une plus grande attention à l’évolution des rapports entre les Etats et les autorités de régulation du marché de la téléphonie mobile en Afrique (Do-Nascimento, 2005 ; GSMA, 2017).
1.3 – Le modèle « tétraclasse »
10Le modèle « tétraclasse » est un modèle asymétrique élaboré par Llosa (1997), qui a pour objectif de faire comprendre les modes d’établissement de la contribution des différents éléments d’une expérience de service à la satisfaction globale du client. Ce modèle utilise une méthode statistique de catégorisation, l’Analyse Factorielle des Correspondances (AFC), qui fait apparaître visuellement sur une carte d’impact, le poids de l’élément considéré sur la satisfaction globale. De manière générale, ce modèle fait apparaître deux grandes catégories d’éléments. La première catégorie regroupe un ensemble d’éléments dont le poids dans la satisfaction globale du client est fluctuant et dynamique tandis que la seconde catégorie regroupe un ensemble d’éléments qui a un rôle plus classique et dont le poids dans la satisfaction globale du client est stable, quelle que soit l’évaluation qui en est faite. Dans le premier cas, deux groupes d’éléments sont distingués : il s’agit des éléments « basiques », qui ne contribuent qu’à l’insatisfaction du client et ne sont pas déterminants dans sa satisfaction, et des éléments « plus », qui ne jouent que sur la satisfaction globale du client et n’influencent pas son insatisfaction. Dans le second cas, deux groupes d’éléments sont également distingués : il s’agit des éléments « clés » qui sont toujours déterminants et qui jouent fortement sur le degré de satisfaction globale du client quelle que soit l’évaluation qui en est faite par le client, et des éléments « secondaires » qui ne jouent pas un rôle primordial dans la satisfaction globale du client et qui ne sont jamais déterminants. Par ailleurs, certains travaux (Lichtlé et al., 2002 ; Sabadié et al., 2006 ; Poubanne et al., 2006 ; Llosa, 1997 ; 2012 ; Llosa et al., 2015) ont montré que les éléments des services présentent généralement les quatre types d’éléments identifiées par le modèle « tétraclasse », mais ces derniers peuvent être différents en fonction du secteur d’activité et des caractéristiques du client.
2 – Méthodologie de la recherche
2.1 – L’étude qualitative
11Cette phase a été effectuée en trois étapes. En premier lieu, nous avons effectué un état des lieux des entreprises de téléphonie mobile au Bénin afin de choisir celles qui feront l’objet de cette recherche. Ainsi, des quatre entreprises que compte ce marché en 2017, seules les entreprises MTN et Moov, qui sont respectivement leader et challenger en termes de part de marché, ont été choisies non seulement du fait qu’elles détiennent à elles deux 81 % de la part de marché (avec respectivement 46 % pour MTN et 35 % pour Moov alors que les deux autres opérateurs Glo Mobile et Libercom se partagent respectivement 18 % et 1 %) [3] mais également du fait que c’est au niveau de ces deux entreprises qu’on observe plus de dysfonctionnements. En deuxième lieu, nous avons également effectué un état des lieux des services offerts par les entreprises MTN et Moov afin de choisir ceux qui feront l’objet de cette recherche. Ainsi, les services appel, messagerie et le service après-vente qui sont les services les plus répandus (pour toutes les cibles) et les plus utilisés (plusieurs fois par jour) ont été choisis. Enfin, en troisième lieu, nous avons effectué une étude qualitative pour identifier les dimensions (éléments) de mesure de ces services retenus. Ainsi, afin d’identifier ces éléments des services de téléphonie mobile, du 20 au 25 Juin 2017, des entretiens individuels en face à face ont été effectués auprès de vingt-et-une personnes (10 hommes et 11 femmes, âgés de 18 à 45 ans), choisies au hasard et en fonction de leur bon vouloir à répondre à notre entretien (seuil de saturation). Le thème central du guide d’entretien était relatif à la satisfaction globale des clients à l’égard des services de téléphonie mobile. Les questions spécifiques étaient essentiellement focalisées sur l’identification des dimensions d’évaluation des services de téléphonie mobile utilisées par les consommateurs. Elles s’étaient axées sur l’énumération des dimensions des éléments de ces services qui leur ont procuré de la satisfaction ou au contraire de l’insatisfaction. Chaque entretien a duré environ vingt-cinq minutes. Une analyse du contenu a été ensuite réalisée. Les résultats de cette étude qualitative se présentent dans le Tableau 1.
Résultats de l’étude qualitative
Résultats de l’étude qualitative
12Cette recherche teste alors les effets des dix-sept éléments des services de téléphonie mobile issus de l’étude qualitative sur la satisfaction globale. Par ailleurs, en ce qui concerne la satisfaction globale, elle est mesurée par l’indice de satisfaction globale (SATI) qui représente la somme des mesures des satisfactions spécifiques des services appel, messagerie et service après-vente téléphoniques. Chaque élément de service ainsi que les satisfactions globales ont été mesurés sur une échelle de Likert à cinq points (de fortement en désaccord à fortement en accord) afin de faciliter la réponse aux questionnaires (Ouattara, 2009).
2.2 – L’étude quantitative
13À la suite de l’étude qualitative, une étude quantitative a été réalisée du 1er au 31 Août 2017. Elle a consisté à administrer des questionnaires auprès de deux-cent-cinquante étudiants de l’Université d’Abomey-Calavi (Bénin), choisis au hasard et en fonction de leur bon vouloir à répondre à nos questionnaires. Cette catégorie de clients a été choisie eu égard aux recommandations de Poubanne et al. (2006). Selon ces auteurs, du fait que les résultats issus du modèle « tétraclasse » varient en fonction des segments de clients étudiés, il serait important de considérer le segment de consommateurs qui utilise le plus souvent le service étudié, afin d’obtenir une meilleure classification des éléments des services. En effet, le marché africain est jeune et cette jeunesse est due à son taux de fécondité très élevé. Il ressort des recherches d’EmaConsulting (2014) et de Traoré (2007) qu’environ 62 % des utilisateurs de la téléphonie mobile sont des jeunes ayant des âges compris entre 19 et 35 ans et que les employés, commerçants et étudiants [4] constituent ses principaux utilisateurs. De même, ce sont les étudiants qui utilisent le plus souvent la quasi-totalité des services de téléphonie mobile à travers les jeux, les sonneries, l’envoi de photos et la connexion à Internet (Rimbeuf et al., 2015 ; Traoré, 2007). En outre, à cause de la faiblesse du taux d’alphabétisation au Bénin [5] et afin d’avoir une meilleure compréhension des questions d’étude, nous avons choisi d’étudier le segment de clients composé d’étudiants. Aussi, avons-nous choisi de porter cette recherche sur les étudiants du 1er cycle universitaire de l’Université d’Abomey-Calavi dont les âges sont compris entre 18 et 27 ans. La description de cet échantillon se présente dans le Tableau 2.
Description de l’échantillon de l’étude
Description de l’échantillon de l’étude
14Nous avons ensuite appliqué le test du modèle « tétraclasse » qui consiste à effectuer une analyse factorielle des correspondances (AFC), à partir du logiciel SPAD, des éléments des services étudiés sur la satisfaction globale, puis à procéder à un pliage autour de l’indice de la satisfaction globale (SATI). Précisons que l’unidimensionnalité de l’indice de la satisfaction globale (SATI) a été calculée par la combinaison linéaire des mesures des satisfactions des services appel et messagerie téléphoniques, puisque c’est la somme de ces deux services qui ont permis d’obtenir une cohérence interne plus satisfaisante et une bonne qualité de représentation de l’indice de la satisfaction globale (score valeur test = 2). Par ailleurs, notons que les taux de satisfaction des éléments des services ont été obtenus à partir des notes maximales de satisfaction (qui correspond à fortement en accord dans notre échelle de mesure) tandis que les taux d’insatisfaction ont été obtenus à partir du cumul du reste des notes de satisfaction (de plutôt en accord à fortement en désaccord) eu égard à la réserve émise par Vignola (2004). En effet, selon cet auteur, « le seul client vraiment satisfait est celui qui accorde la cote maximale sur l’échelle de mesure utilisée ». Ce qui permet d’avoir les taux réels de satisfaction et d’éviter les taux de satisfaction des clients de l’ordre de 80 % ou de 90 %.
3 – Résultats et discussions
15L’analyse factorielle des données d’enquête a permis d’obtenir les résultats qui apparaissent sur la Figure 2 ; le Tableau 3 correspondant à sa légende.
Modes d’influence des éléments des services de téléphonie mobile sur la satisfaction globale
Légende de la Figure 2
| Eléments des services testés | Termes correspondant à chaque élément des services dans la Figure 2 | Contribution à la satisfaction (%) | Termes et/ou expressions correspondant à chaque élément des services dans la présentation des résultats | |
|---|---|---|---|---|
| + | - | |||
| Coût de l’appel | Frais | -2.9 | 75.3 | « Le coût de l’appel » |
| Accessibilité au réseau | Accessibilité | -3 | -6.6 | « La couverture et la non disponibilité du réseau » |
| Qualité d’écoute | Ecoute | -5.3 | -2.8 | « La qualité de l’écoute » |
| Rapidité d’exécution de l’appel | Exécution | 13.8 | -26.6 | « La période d’attente avant l’exécution de l’appel » |
| Empathie de l’appel | Empathie | 5.9 | -11.6 | « Les précisions du temps de communication restant lors de la communication » |
| Fiabilité de la facturation du coût de l’appel | Fiabilité | -6 | 10.7 | « les facturations du coût de l’appel téléphonique sont erronées » |
| Bonus offerts par l’opérateur | Cadeau | -1.1 | 12.1 | « Les bonus de crédit offerts » |
| Coût du message | Coût | 10.8 | -16.5 | « Le coût de la connexion internet » |
| Disponibilité et rapidité de la connexion à internet | Connexion | 5.7 | -12.4 | « La disponibilité de la connexion à internet et la rapidité de l’envoi du message téléphonique » |
| Localisation de l’agence | Localisation | 4.6 | -6 | « La localisation de l’agence par rapport au domicile du client » |
| Valeurs matérielles de l’agence | Val. Matérielles | 13.1 | -14 | « La beauté des installations et du cadre de vie de l’agence téléphonique » |
| Disponibilité des cartes de recharges | Disponibilité | -11.1 | -09.3 | « La disponibilité des cartes de recharge » |
| Catégories des prix des cartes de recharge offertes | Recharge | -16.5 | -11 | « Les catégories de prix des cartes de recharge disponibles » |
| Politesse du personnel | Respect | 4.4 | -12.3 | « L’accueil accordé au client par le chargé de clientèle » |
| Empressement du personnel | Empressement | 8.5 | -14 | « L’attention accordée au client par le chargé de clientèle » |
| Compétence du personnel | Assurance | 36 | -7.1 | « La compétence du conseiller clientèle » |
| Confidentialité du personnel | Confidentialité | 11.9 | 2.9 | « La confidentialité du dialogue entre le conseiller clientèle et le client » |
Légende de la Figure 2
16Rappelons que l’objectif général de cette recherche consiste à déterminer les modes par lesquels les éléments des services de téléphonie mobile contribuent à la satisfaction globale des clients. Il s’agit d’identifier les éléments des services de téléphonie mobile ayant des poids fluctuants ou stables dans la satisfaction globale des clients.
17En ce qui concerne les éléments des services ayant des poids fluctuants et dynamiques dans la satisfaction des clients (éléments « basiques » et « plus »), les résultats suivants apparaissent sur la Figure 2.
18En premier lieu, il apparaît que le coût de l’appel, les déductions faites sur le crédit d’appel et les bonus de crédit offerts sont des éléments « basiques ». Autrement dit, lorsque le coût de l’appel téléphonique est élevé, les facturations du coût de l’appel téléphonique sont erronées, les bonus de crédit offerts sont d’usage difficile, cela entraîne une forte insatisfaction ; dans le cas contraire, cela entraîne une très faible satisfaction. Cependant, il est à noter que le coût de l’appel téléphonique s’avère un élément « basique » primordial puisqu’il a obtenu l’influence la plus élevée sur le niveau d’insatisfaction globale (-75,3 %), laissant les autres éléments des services proches de l’origine. Ce résultat pourrait être expliqué d’une part, par le faible pouvoir d’achat des clients qui s’estimeraient être grugés par les opérateurs téléphoniques ayant adopté la stratégie d’écrémage en dépit de la faiblesse des revenus et d’autre part, par la fréquence élevée des appels des clients à cause du caractère oral dominant de la communication et du collectivisme de la vie en société qui nécessitent une plus grande communication interpersonnelle au sein de la communauté. Bien que la rentabilité économique d’une entreprise en dépende, il serait nécessaire de jouer sur les tarifs de communication en diminuant le coût d’appel téléphonique et/ou en proposant des tarifs au choix, adaptés au revenu moyen de leurs clients. Ces résultats paraissent quelque peu convergents avec les résultats des recherches de Dadjo (2013) et de Traoré (2007) ayant montré que l’offre des services de communication à bas prix accroît les chances de fidélisation de la clientèle. Il serait alors bénéfique aux entreprises de téléphonie mobile de privilégier une amélioration de ces éléments « basiques » dans leurs investissements. Ces résultats paraissent quelque peu convergents avec les résultats des recherches de Chumpitaz et al. (2003) ayant montré que la qualité des services de téléphonie mobile relative aux assistances technique et financière a une influence positive sur la satisfaction des clients, mais divergents avec eux parce qu’ils sont abstraits sur l’influence de ces éléments des services sur l’insatisfaction des clients.
19En deuxième lieu, il apparaît que le coût et les rapidités de la connexion à internet et de l’envoi du message téléphonique, la période de l’attente de l’exécution de l’appel, les précisions lors de la communication, l’accueil et l’attention accordés au client, la compétence du conseiller clientèle et la perception de la localisation et des valeurs matérielles de l’agence téléphonique sont des éléments « plus ». Il est à noter que la compétence du conseiller clientèle s’avère un élément « plus » primordial puisqu’il a obtenu l’influence la plus élevée sur la satisfaction (36 %).
20Il serait alors important de bien former les conseillers clientèles afin qu’ils puissent satisfaire les clients. Cependant, un des volets de ces résultats s’avère ambigu. Il s’agit notamment des rapidités de la connexion à internet et de l’envoi du message téléphonique. En effet, il ressort de ces résultats que la lenteur de la connexion mobile et de l’envoi du message téléphonique entraînent une faible insatisfaction alors qu’elles devraient entraîner une grande insatisfaction. Ces résultats pourraient être expliqués par le fait que les clients africains privilégient les appels téléphoniques, qui sont plus efficaces que les messages téléphoniques, à cause des faiblesses du taux d’alphabétisation, de la couverture et du débit de la connexion Internet. En effet, à cause du caractère oral dominant de la communication et du faible taux d’alphabétisation, les clients préféreraient parler directement à leurs correspondants que de leur envoyer des textes. Toutefois, une bonne qualité de la connexion mobile pourrait permettre de satisfaire leurs besoins relatifs à l’usage des services bancaires, administratifs, médicaux, scolaires, entrepreneuriaux… créés par la téléphonie mobile. De manière générale, il conviendrait alors d’améliorer la qualité de ces éléments « plus ». Ces résultats paraissent quelque peu convergents avec les résultats des recherches de Chumpitaz et al. (2003) ayant montré que la qualité des services de téléphonie mobile relative à l’accessibilité et aux services administratif, d’information et de vente a une influence positive sur la satisfaction des clients, mais divergents avec eux parce qu’ils sont abstraits sur l’influence de ces éléments des services sur l’insatisfaction des clients.
21Par ailleurs, en considérant les éléments ayant des poids stables dans la satisfaction du consommateur (éléments « clés » et « secondaires »), la figure 2 fait apparaître les résultats suivants :
- En premier lieu, il apparaît que la confidentialité du dialogue entre le conseiller clientèle et le client est le seul élément « clé ». En dépit de sa faible contribution à l’insatisfaction, il est important de considérer qu’en Afrique, la confidentialité du dialogue entre le conseiller clientèle et le client est un élément de services crucial puisqu’elle affecte positivement à la fois la satisfaction et l’insatisfaction des clients. À cause de la collectivité très poussée, les clients ne désireraient pas que leurs discussions soient entendues par les clients en attente au risque d’être divulguées dans la société. Ainsi, afin d’augmenter la confidentialité du dialogue entre le conseiller clientèle et le client, il serait intéressant de créer des cadres de travail spacieux permettant d’éloigner les bureaux des agences téléphoniques. Ce résultat paraît quelque peu convergent avec les résultats des recherches de Chumpitaz et al. (2003) qui ont montré que la qualité des services de téléphonie mobile relative au service d’information a une influence positive sur la satisfaction des clients, mais divergents avec eux parce qu’ils sont abstraits sur l’influence de ces éléments des services sur l’insatisfaction des clients.
- En deuxième lieu, il apparaît que le prix et la disponibilité des catégories de prix des cartes de recharge, la couverture et la disponibilité du réseau et la qualité de l’écoute sont des éléments « secondaires ». Selon Llosa (1997), il ne faut pas investir sur ces types d’éléments des services. Cependant, ces résultats s’avèrent ambigus étant donné que les résultats ont montré qu’une faible couverture du réseau et son indisponibilité, une indisponibilité et une inaccessibilité des catégories de prix des cartes de recharge et une mauvaise qualité de l’écoute téléphonique entraînent une faible insatisfaction alors qu’elles devraient entraîner une grande insatisfaction. Ces résultats pourraient être expliqués par le fait que les consommateurs ont très peu d’influence sur ces éléments des services dont la mise en place ne dépend pas d’eux et qu’ils se contenteraient des avantages liés aux investissements existants. Toutefois, ces différents dysfonctionnements pourraient constituer un manque à gagner pour les opérateurs téléphoniques. Aussi, leur serait-il rentable d’accroître les investissements sur la couverture réseau le long du continent ainsi que sur la qualité du service téléphonique et rendre les recharges téléphoniques à porter de main. Ces résultats paraissent convergents avec ceux de Chumpitaz et al. (2003) qui ont montré que la qualité du produit et la qualité des services de téléphonie mobile relative à l’accessibilité et au service de vente ont une influence positive sur la satisfaction des clients et complémentaires aux résultats des travaux de Traoré (2007) et de GSMA (2017) qui ont montré la nécessité d’étendre la couverture géographique du réseau téléphonique puisque près de 300 millions de ruraux africains ne disposent d’aucune couverture de réseau téléphonique.
22De manière générale, les résultats de cette recherche viennent en complément aux résultats des recherches sur les déterminants de la satisfaction des clients des entreprises de téléphonie mobile du fait qu’elle a permis d’obtenir des résultats plus approfondis que ceux issus des modèles symétriques (GSMA, 2017 ; Rimbeuf et al., 2015 ; EmaConsulting, 2014 ; Dadjo, 2013 ; Rolland et al., 2012 ; Soufiane et al., 2009 ; Traoré, 2007). Toutefois, il est à noter que la mauvaise qualité de certains services offerts ne dépend que des opérateurs téléphoniques. Les défaillances des autorités nationales de régulation, leur manque de transparence ou leur faible indépendance à l’égard des gouvernements limitent également la croissance de ce secteur en Afrique. Il conviendrait alors d’affirmer qu’une plus grande régulation de la gestion du spectre des fréquences radio, l’attribution des licences, les politiques tarifaires et la réglementation du cadre de développement des technologies de l’information et de la communication permettront de dynamiser le marché de la téléphonie mobile en Afrique (Tchounand, 2017 ; GSMA, 2017).
23Par ailleurs, on remarque que les éléments des services de téléphonie mobile présentent les quatre modes de contribution des éléments des services à la satisfaction du modèle « tétraclasse ». Cependant, il est à noter que, bien que certains éléments soient classés dans une catégorie donnée, ils sont également très proches d’autres catégories (« zones critiques »). C’est notamment le cas des éléments qualité de l’écoute téléphonique, facturations de l’appel qui sont présents dans la « zone critique » située entre les éléments « secondaires » et les éléments « basiques », des éléments disponibilité du réseau téléphonique et bonus de crédit offerts présents dans la « zone critique située » au niveau de l’origine SATI et des éléments confidentialité du dialogue entre le conseiller clientèle et le client et localisation de l’agence téléphonique par rapport au domicile du client qui sont présents dans la « zone critique » située entre les éléments « clés » et les éléments « plus » ; ce qui peut limiter la portée des résultats et constituer une limite de nos résultats.
Conclusion
24Cette recherche sur les déterminants de la satisfaction des clients des entreprises de téléphonie mobile avait pour ambition de déterminer les modes de contribution des éléments des services de téléphonie mobile à la satisfaction des clients en Afrique. Elle a permis de mesurer leurs degrés de satisfaction globale et spécifique à l’égard des services de téléphonie mobile au Bénin.
Degrés de satisfaction des clients à l’égard des services de téléphonie mobile
25De manière générale, les résultats de cette étude montrent que les clients ne sont pas satisfaits des services de téléphonie mobile. Cette insatisfaction peut être expliquée par les services appel et service après-vente en général et par le service appel en particulier à travers son coût élevé. Les résultats montrent également que le coût d’appel influence fortement l’insatisfaction et que la compétence du conseiller clientèle influence fortement la satisfaction des clients.
Influence des éléments des services de téléphonie mobile sur la satisfaction
26En outre, les résultats montrent également que les éléments des services de téléphonie mobile présentent les quatre modes de contribution à la satisfaction identifiés par Llosa (1997). En ce qui concerne les éléments qui exercent des poids fluctuants sur le niveau de satisfaction globale, on distingue le coût de l’appel, les facturations du coût de l’appel, les bonus de crédit offerts (éléments « basiques »), le coût et la rapidité de la connexion internet et de l’envoi du message téléphonique, la période d’attente de l’exécution de l’appel, les précisions lors de la communication, l’accueil et l’attention accordée au client et la compétence du conseiller clientèle (éléments « plus »). Quant aux éléments qui exercent des poids stables sur le niveau de satisfaction, on y retrouve la confidentialité du dialogue entre le conseiller clientèle et le client (élément « clé »), le prix et la disponibilité des catégories de prix des cartes de recharge, la couverture et la disponibilité du réseau et la qualité de l’écoute (éléments « secondaires »).
Apports de la recherche
27Cette recherche comporte des apports théoriques, méthodologiques et managériaux. Au plan théorique, elle a permis de compléter les recherches sur les déterminants de la satisfaction des clients des entreprises de téléphonie mobile en les explorant dans un contexte caractérisé par une oralité dominante de la communication et un collectivisme très poussé dans la vie quotidienne. En se basant sur les résultats relatifs aux coûts élevés de l’appel téléphonique et au fait que les clients africains ont une préférence pour l’appel téléphonique au détriment du message téléphonique, il ressort de cette recherche que l’oralité et le collectivisme très poussé constituent des facteurs d’évaluation de la satisfaction. En effet, l’oralité est dans une liaison de sympathie sociale ou communautaire (qui n’exclut pas le rejet ou la critique) et est fonction des rapports que l’individu entretient avec les autres membres de la communauté et l’ensemble du monde extérieur (Lipiansky, 2000). Cette oralité est une base de l’évaluation de la satisfaction des clients en Afrique. Celle-ci est alors plus informelle que formelle. Quant au collectivisme très poussé des populations africaines, il est source de cette satisfaction. Ce collectivisme caractérise la relation communautaire qui entraine le suivisme des clients. Il repose sur la personnalisation des relations qui unit les acteurs et qui est la base de la confiance des informations issues des échanges interpersonnels. Dans la mesure où des informations se développent dans la communion d’aspiration de la communauté, elles remplissent une fonction très importante de l’oralité, celle relative à la concrétisation de l’idéal du peuple par la parole (Eno Belinga, 1978). Autrement dit, l’individu croit au témoignage de son entourage immédiat (communauté) et tire la source de sa satisfaction de ce dernier puisque sa confiance à son égard le prédispose à accepter la logique dominante de satisfaction exprimée dans le groupe. Cette évaluation n’est donc pas un processus purement cognitif. Elle répond beaucoup plus à une logique de confiance affective, puisque les traits typiques de la personnalité de base rendent l’individu réceptif aux normes et aux idéologies du groupe, lui permettent de s’adapter à la culture et de trouver un équilibre (Lipiansky, 1992 ; 2000 ; Linton, 1986).
28Au plan méthodologique, la présente recherche a permis de compléter les recherches sur les déterminants de la satisfaction des clients des entreprises de téléphonie mobile en les mesurant d’une part, à partir d’un modèle asymétrique, le modèle « tétraclasse », et d’autre part, sur un échantillon d’étudiants. Il ressort des résultats de l’application du modèle « tétraclasse » sur les éléments des services de téléphonie mobile que ces éléments n’établissent pas seulement des relations linéaires avec la satisfaction. Ils établissent également des relations non linéaires avec elle. En outre, il ressort de cette recherche qu’en Afrique, pour obtenir une meilleure classification des modes d’influence des éléments des services de téléphonie mobile sur la satisfaction à partir du modèle « tétraclasse », il faudrait les étudier sur le segment des étudiants puisqu’ils constituent les clients qui utilisent le plus souvent la quasi-totalité des services de téléphonie mobile (Rimbeuf et al., 2015 ; EmaConsulting, 2014 ; Traoré, 2007).
29Au plan managérial, notre recherche a permis de mettre en exergue les éléments des services sur lesquels les opérateurs téléphoniques doivent concentrer leurs investissements afin de mieux améliorer la qualité de leurs prestations. Il s’agira alors de prioriser respectivement les investissements sur les éléments « basiques », « clé », « plus » et « secondaires » (Llosa, 1997). Concrètement, il s’agira d’accorder la première des priorités d’investissement aux éléments « basiques ». Ce qui consistera à adopter des stratégies visant à réduire le coût de l’appel téléphonique non seulement en le diminuant ou en proposant plusieurs types de tarifs de communication au choix, mais également en les adaptant au niveau du revenu moyen des clients africains. Il s’agira également de veiller au bon fonctionnement des facturations du coût de l’appel téléphonique, en réparant les défaillances techniques observées, et en offrant des bonus de crédit consommables dans la matinée sur des délais de validité élargis. Quant à la deuxième priorité d’investissement, elle sera accordée aux éléments « plus ». Elle consistera à diminuer le coût de la connexion à internet et d’augmenter sa rapidité lors de l’envoi du message téléphonique en investissant sur des appareils permettant d’avoir de très hauts débits de connexion à Internet, d’augmenter la célérité d’exécution de l’appel téléphonique, d’abandonner ou de ne pas facturer les clients sur les précisions de la durée de communication restante et de bien former le personnel sur l’accueil, l’attention à accorder au client… Il serait également intéressant de multiplier les agences téléphoniques ou de multiplier les intermédiaires commerciaux afin d’être plus proche des clients et d’investir sur la beauté des points de vente et des agences. La troisième priorité d’investissement doit être accordée à l’élément « clé », la confidentialité du dialogue entre le conseiller clientèle et le client, à travers la création d’un cadre de travail spacieux qui permettra d’éloigner les bureaux au sein des agences. Enfin la dernière des priorités d’investissement doit être accordée aux éléments « secondaires ». Il s’agira de proposer des catégories de cartes de recharge à bas prix et de les rendre disponibles sur le marché afin que les clients puissent les acquérir aisément, d’améliorer la qualité de l’écoute téléphonique, d’avoir une disponibilité permanente du réseau téléphonique et d’accroître la couverture du réseau téléphonique surtout dans les zones rurales.
Limites et pistes de recherches
30Malgré ces apports, la réalisation de cette recherche présente quelques limites qui constituent autant de perspectives de recherche. Il s’agit notamment des limites liées au modèle de mesure utilisé et à la taille de l’échantillon de l’étude. Cependant, la principale limite est liée aux spécificités du cadre de l’étude. Cela conduit à s’interroger sur la validité externe des résultats obtenus : aurions-nous obtenu les mêmes résultats dans d’autres contextes socioculturels, économiques et politiques africains ? Des recherches supplémentaires seraient nécessaires pour étendre la portée de ces résultats.
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